AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:00

Alice Wonderland Burton

 


 

 

(Alice in Wonderland)

de Tim Burton (2010) – USA

avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Crispin Glover, Anne Hathaway, Matt Lucas


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Tim Burton et Alice au Pays des Merveilles : l’équation semblait logique, mais était-elle souhaitable ? Quand on se souvient du désastre artistique de Hook, résultat de la rencontre de Steven Spielberg avec son héros d’enfance Peter Pan, il était permis d’en douter. Un point commun relie d’ailleurs ces deux projets. Dans les deux cas, un long-métrage Disney sert de référence, et le scénario du film pend la forme d’une séquelle nous présentant le personnage principal devenu adulte pour s’immerger malgré lui dans l’univers fantastique de son enfance. Qu’on se rassure, les ressemblances s’arrêtent là. Car s’il est loin d’être le film le plus novateur et le plus personnel de Tim Burton, Alice au Pays des Merveilles se situe bien au-dessus du niveau du triste Hook.


L’héroïne a aujourd’hui 19 ans, et la voilà promise à un jeune homme profondément ennuyeux mais dont le statut aristocratique semble tout à fait convenable pour une jeune londonienne de l’époque victorienne. Au cours de la garden party organisée pour que le futur fiancé fasse sa demande officielle, Alice croit apercevoir un lapin en gilet qui court dans les fourrés. En le suivant, elle tombe dans un terrier, et la voilà replongée dans le Pays des Merveilles, celui qu’elle croyait onirique mais qui semble être un univers parallèle bien tangible. Là, la cruelle Reine Rouge (Helena Bonham Carter), flanquée de son valet Stayne (Crispin Glover), fait régner la terreur. Or selon les présages, Alice est la seule capable de renverser son règne pour permettre le retour de la Reine Blanche (Anne Hathaway). Aidée par toute une ménagerie loufoque et par le Chapelier Fou (Johnny Depp), elle se prépare donc à affronter l’arme ultime de la Reine Rouge, le redoutable dragon Jabberwocky…


D’un point de vue purement artistique, Alice au Pays des Merveilles est un spectacle inédit, porté par les dernières technologies en matière d’effets numériques et d’images de synthèse. Les animaux fantaisistes qui peuplent le Pays des Merveilles sont donc de toute beauté (avec une mention spéciale pour le fauve Bandersnatch, la chenille Absolem qui parle avec la voix doucereuse d’Alan Rickman et le Jabberwocky auquel Christopher Lee prête son timbre inimitable), tout comme certaines innovations délirantes telles que la tête surdimensionnée de la Reine Rouge ou le corps démesuré de Stayne.


Mais sans vouloir donner dans le « bon vieux temps », l’époque où Burton disposait de moins de technologie et de plus de liberté, celle de Beetlejuice et d’Edward aux Mains d’Argent, semblait résolument plus inventive. Débarrassé de tous ses atours esthétiques, Alice au pays des Merveilles ne raconte en effet rien de bien palpitant, et véhicule même des thématiques qui semblent contredire tout ce que le réalisateur d’Ed Wood semblait défendre jusqu’alors. Oubliés les sympathiques « freaks » qui défendent bec et ongle leur singularité face à une société trop uniforme. Ici, on célèbre la défaite des monstres et la victoire d’une reine conformiste jusqu’à la caricature. Bizarre. Il nous restera toujours, pour nous consoler, la sublime partition de Danny Elfman, bien plus émouvante et enivrante que le film lui-même.

 

© Gilles Penso

Thema: Contes de Fées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Tim Burton - Communauté : Cinéma
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 13:01

beetlejuicede Tim Burton (Etats-Unis)

Avec Alec Baldwin, Geena Davis, Michael Keaton, Jeffrey Jones, Winona Ryder, Catherine O’Hara, Glenn Shadix


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Le DVD est disponible ici


Le Blu-ray est disponible ici


La bande originale est disponible ici


Louez le film ici


Bien qu'il traite d'un sujet familier, celui de la maison hantée, Beetlejuice ne ressemble à rien de connu. Adam et Barbara Maitland (Alec Baldwin et Geena Davis, pas encore têtes d’affiche à l’époque), jeunes mariés qui habitent une pittoresque maison au cœur du Connecticut, meurent dès le début du film dans un accident de voiture, en évitant un chien sur la route. Devenus fantômes, ils voient avec horreur leur maison envahie par les Deetz, une riche et bruyante famille new-yorkaise. A l’instar du « Fantôme inexpérimenté » imaginé par H.G. Wells, qui ne sait pas comment hanter une maison, les Maitland tentent en vain de chasser leurs envahisseurs. Ils demandent conseil à une vieille femme bien placée dans la hiérarchie de l’au-delà. Mises en pratique, les recettes destinées à se débarrasser des intrus échouent lamentablement. Ultime recours : l’exorciste hystérique Betelgeuse, alias Michael Keaton rendu méconnaissable sous un savant maquillage de Robert Short.


Une fois n’est pas coutume, le point de vue adopté est ici celui des fantômes. Nous n’avons donc pas affaire à une chasse aux fantômes mais bel et bien à une chasse aux humains, qui représentent les véritables intrus du film. Tim Burton a une vision très personnelle de la mort. Pour lui, l'au-delà est une administration kafkaïenne et multicolore où les trépassés, dans l'état où ils ont quitté la vie (un plongeur avec un requin en train de le dévorer, un explorateur à la tête réduite, une femme coupée en deux, un homme brûlé des pieds à la tête), attendent leur tour, un ticket à la main. Quant à la tâche ingrate des fonctionnaires, elle échoit aux suicidés. A ces géniales trouvailles scénaristiques se greffe une multitude d'idées visuelles concrétisées par des effets spéciaux parfois maladroits mais inventifs et pleins de charme. Leur supervision fut confiée à Alan Munro, ancien dessinateur de storyboards qui tomba d'accord avec le réalisateur sur l'emploi de techniques le plus souvent artisanales. L'animation image par image y occupe une place de choix, ce qui semble logique étant donnés l'attrait de Tim Burton pour ce mode d'expression, comme en témoigne son premier court-métrage Vincent.


Les spectateurs ébahis découvrent ainsi une rampe d’escalier se muant en serpent géant, des vers des sables titanesques (émules de ceux de Dune) rampant autour de la maison des Maitland ou encore des sculptures hideuses qui prennent soudain vie. « Tim Burton a essayé de retrouver l'esprit d'un dessin animé en réalisant Beetlejuice , et on peut dire qu'il a réussi son coup ! » (1), déclare à ce propos Doug Beswick, responsable des séquences d’animation Le délire bat donc son plein tout au long du film (au cours d’une séquence mythique, les habitants, hantés par les fantômes, chantent soudain le « Day O » de Harry Belafonte en plein repas) et la musique de Danny Elfman rythme l'ensemble de manière trépidante, imposant les gimmicks incontournables qui feront sa réputation (violon galopant, piano en contrepoint, chœurs enjoués). Même si la dernière partie du film se laisse aller à une surenchère un peu excessive, Beetlejuice demeure l’une des œuvres maîtresses de Tim Burton, l’un de ses films les plus populaires et les plus appréciés.

 

(1) propos recueillis par votre serviteur en avril 1998

 

 

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Tim Burton - Communauté : Ciné DVD
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 11:16

Amerd’Hélène Cattet et Bruno Forzani (France/Belgique)

Avec Cassandra Forêt, Charlotte Eugène Guibeaud , Marie Bos, Delphine Brual, Harry Cleven, Bianca Maria d’Amato


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Le magnifique poster d’Amer, œuvre du dessinateur Gilles Vranckx, et les propos des réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani, s’attaquant là à leur premier long-métrage, nous laissaient espérer un bel hommage au giallo, ce fameux courant filmique italien des années 60/70 qui mixait l’enquête policière et l’horreur graphique avec une touche de surréalisme et d’érotisme. Notre déception n’en est que plus grande. Car si les auteurs de cette co-production franco-belge semblent connaître sur le bout des doigts l’œuvre de Mario Bava et Dario Argento, leur réinterprétation du genre laisse songeur.


A vrai dire, Amer (pourtant récipiendaires de nombreux prix internationaux) ressemble bien plus à un exercice de style expérimental qu’à un film de fiction, tant il s’évertue à effacer toute dramaturgie, tout dialogue et toute intrigue au profit d’une approche purement sensorielle des états d’âme de son héroïne. Celle-ci, Ana, nous est présentée à trois âges clefs de sa vie. Enfant, elle est effrayée dans la grande villa familiale. Il faut dire que le corps de son grand-père décédé, les ébats violents de ses parents et le comportement inquiétant de sa vieille nounou ont de quoi faire vagabonder son imagination fébrile… Adolescente, elle s’éveille au désir charnel, troublée par les présences masculines rôdant dans son village… Adulte, elle revient sur les lieux de son enfance pour affronter ses propres démons…


La plupart des giallos transcendaient leur intrigue – souvent très classique – par des décalages violents et surprenants. Effets de mise en scène déconcertants, design sonore insolite, direction artistique baroque, autant de bizarreries empreintes de poésie engendrant des morceaux d’anthologie inscrits dans toutes les mémoires cinéphiliques. Or dans Amer, Hélène Cattet et Bruno Forzani ont décidé de ne conserver que les étrangetés sans s’encombrer de structure narrative digne de ce nom. Du coup, le contraste n’existe plus et la dynamique du récit s’annihile. Face à cet enchaînement ininterrompu de très gros plans, d’effets sonores oppressants et de cadrages biscornus, l’intérêt du spectateur s’attise dans un premier temps, puis s’étiole en cours de métrage et finit par se muer en profond ennui.


Alors certes, le fétichisme du cuir inhérent aux giallos est ici omniprésent, l’érotisme déviant est de la partie, et une scène de meurtre à l’arme blanche plutôt éprouvante nous est livrée en prime vers la fin du film. Est-ce suffisant pour nous captiver ? Loin s’en faut. D’autant que les choix musicaux du film, pour leur part, cèdent à la facilité. Au lieu de demander à un compositeur de réinterpréter à sa manière les célèbres bandes originales de l’époque, Cattet et Forzani se sont contentés de les réutiliser tels quels, compilant des extraits directement empruntés à Bruno Nicolaï, Stelvio Cipriani et Ennio Morricone. En attendant que les jeunes duettistes mettent leur sensibilité au service d’une véritable histoire, avec des personnages, des enjeux et des rebondissements, mieux vaut se replonger dans Six femmes pour l’Assassin, L’Oiseau au Plumage de Cristal ou Les Frissons de l’Angoisse dont les moments de grâce fulgurants n’empêchaient pas une construction dramatique solide, bien au contraire.

Par Gilles Penso
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 10:08
La horde photo
Merci à tous d'avoir participé en masse au jeu concours La Horde organisé en partenariat avec Le Pacte ! Voici les réponses gagnantes :
1) Creepshow
2) Mutants ou Les Dents de la Nuit
3) Braindead
Et les grands vainqueurs (les plus rapides en tout cas) sont :
Benjamin Salard, Lydie Thelier, Francis Heuillon, Elisabeth Gallet, Catherine Haese, Badour, Martylo, Florence Fauconnier, Marguerite Houria, Brigitte, Olivoï et Séverine Droulin.
N'oubliez pas de me communiquer vos adresses postales (en utilisant le lien "contact" en bas de la page) pour pouvoir recevoir vos lots !
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 01:26

La horde 


 

 

de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (France)

avec Eriq Ebouaney, Jean-Pierre Martins, Jo Prestia, Aurélien Recoing, Claude Perron, Alain Figlarz, Doudou Masta, Yves Pignot


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C’est en réalisant plusieurs reportages sur le cinéma de genre français que Yannick Dahan et Benjamin Rocher laissent germer l’idée de leur premier long-métrage, envisagé comme « le premier film de zombies français ». Le titre est abusif, puisque même s’ils n’entreront dans aucun panthéon, Le Lac des Morts-Vivants, L’Abîme des Morts-Vivants, La Morte-Vivante et La Revanche des Mortes-Vivantes ont précédé nos duettistes de trois décennies. Considérons plutôt La Horde comme le premier film de zombies hexagonal depuis l’arrivée de la « nouvelle vague fantastique française » lancée par Alexandre Aja.


La structure de La Horde se calque sur celle d’Une nuit en enfer, glissant progressivement du thriller vers l’horreur. Cinéphiles et téléphages, nos deux hommes décident de construire leurs protagonistes sur le modèle des flics ripoux de la série The Shield et de les envoyer, ivres de vengeance, à l’assaut d’une tour HLM dans laquelle se sont barricadés des gangsters responsables de la mort de l’un des leurs. Bientôt déboule sans crier gare une horde de zombies, obligeant policiers et malfrats à s’unir pour se laisser une chance de survivre dans cet enfer. Le concept n’est pas révolutionnaire, et l’ambition des deux réalisateurs se limite visiblement à un jeu de massacre savamment orchestré pour satisfaire leur double passion du cinéma d’horreur et du jeu vidéo. « Le gros avantage est d’être deux réalisateurs est qu’aucune de nos idées n’est dictée par un plaisir égoïste », atteste Rocher. (1)


« Le thème du zombie n’est pas politique mais philosophique », avance Yannick Dahan. « On parle de morts qui reviennent pour manger des vivants. A partir de là, pas besoin d’en rajouter ». (2) Mais face à l’affluence de films de zombies sur les écrans depuis le début des années 2000, La Horde peine à sortir du lot, n’évitant guère les situations classiques, les personnages archétypaux et les figures imposées. Certes, la réalisation est limpide, les scènes d’action souvent efficaces, et les maquillages spéciaux d’Olivier Afonso et son équipe (Mutants, Vertiges) impeccables. « Yannick et Benjamin envisageaient leurs zombies comme des gens hébétés qui viennent de subir un accident, des rescapés couverts de blessures et assoiffés de sang », nous explique ce dernier.  « Ils ne souhaitaient pas que leurs créatures aient un aspect animal trop marqué. Ils voulaient conserver avant tout leur côté humain, avec l’idée que ce sont des créatures en souffrance. » (3)


Clou du spectacle : l’assaut d’un des héros, perché sur le toit d’une voiture, par trois cents créatures frénétiques, assurément la séquence la plus impressionnante et la plus graphique du film, tournée avec une armada de figurants venus gracieusement se prêter au jeu pour le plaisir d’incarner des zombies ! Une poignée de scènes de cet acabit valent le détour, tout comme l’interprétation irrésistible d’Yves Pignot dans le rôle d’un ancien combattant trop heureux de démastiquer du mort-vivant pour se rappeler le bon vieux temps de Dien-Bien-Phu ! Quelques minutes de grâce qui surnagent au sein d’un film par ailleurs peu mémorable faute d’une originalité intrinsèque, de personnages mieux construits et d’un véritable discours.

 

(1) (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en janvier 2010

 

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 00:01

Wolfman-copie-1 

 

de Joe Johnston (Etats-Unis)

Avec Benicio del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving, Geraldine Chaplin, Art Malik, Michael Cronin


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Le remake de La Momie réalisé en 1999 par Stephen Sommer avait prouvé que le studio Universal pouvait ressusciter les franchises de l’âge d’or du fantastique avec panache et bon goût. Dix ans plus tard, une nouvelle version du Loup-Garou de George Waggner semblait donc de bon aloi. Mais les difficultés précédant sa concrétisation (changements de réalisateurs et de compositeurs, tournages additionnels, date de sortie sans cesse repoussée) laissaient craindre le pire. Or face au résultat, toutes les craintes s’évaporent : le Wolfman de Joe Johnston est une superbe relecture du mythe lycanthropique, très respectueuse du film original mais proposant de nouveaux rebondissements inattendus.


Benicio del Toro reprend le rôle de Lawrence Talbot, tenu en 1941 par Lon Chaney Jr. Forcé de revenir au domaine familial de Blackmoor suite à la disparition de son frère, il recontacte à contrecœur son père (Anthony Hopkins) et prend connaissance d’une superstition locale, selon laquelle un monstre transforme ses victimes en loups-garous les nuits de pleine lune. Evidemment, ce n’est pas une simple légende, et Talbot se retrouve bientôt victime du lycanthrope… Si l’ambiance mélancolique et folklorique du film de Waggner a été conservée telle quelle (avec en prime la reprise du fameux poème inventé par Curt Siodmak : « même un homme dont le cœur est pur, et qui récite ses prières le soir, peut devenir un loup »), ce remake est truffé de séquences gore inimaginables à l’époque, concoctées par le maestro Rick Baker.


Du coup, Wolfman est le seul film classé R (restricted) de Joe Johnston, ce dernier s’étant jusqu’alors habitué au divertissement familial (Chérie j’ai rétréci les gosses, Rocketeer, Jurassic Park 3). Baker était le candidat idéal pour visualiser ce loup-garou rétro, tout le monde ayant gardé en mémoire son travail exceptionnel sur Le Loup-Garou de Londres. S’il ne surpasse pas les métamorphoses qu’il créa pour John Landis (mais quelqu’un les surpassera-t-elles un jour ?), le génial maquilleur rend en vibrant hommage à son prédécesseur Jack Pierce en concevant un faciès de loup-garou très similaire à celui qu’arborait Lon Chaney Jr. Les transformations ont évidemment été modernisées, bénéficiant de l’apport des effets numériques, mais c’est surtout d’un point de vue narratif qu’elles s’avèrent marquantes, notamment lorsque le pauvre Talbot est exhibé dans une école de médecine, face à une audience incrédule, alors que la pleine lune s’apprête à provoquer l’inéluctable métamorphose…


Les séquences inédites imaginées pour ce nouveau Wolfman, en particulier une incroyable course-poursuite dans les rues de Londres, s’entremêlent sans heurt avec celles empruntées au classique des années 40. Le parti pris de Joe Johnston s’oppose à celui de La Momie de Sommers, dans la mesure où son film s’appréhende au premier degré, évitant tout humour décalé ou toute digression afin de mieux cerner le drame de ses protagonistes et les tourments de leurs destinées, preuve que deux approches résolument opposées peuvent donner lieu à deux films tout autant réjouissants, pour peu que leurs auteurs soient amoureux du sujet au point de lui déclarer leur flamme avec enthousiasme et sincérité.

 

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 16:03

Evil Twins(Simon Says)

de William Dear (Etats-Unis-

avec Crispin Glover, Margo Harshman, Greg Cipes, Kelly Vitz, Artie Baxter, Carrie Finklea, Lori Lively, Bruce Glover, Blake Lively


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Le DVD est disponible ici

Evil Twins est la « traduction » française de Simon Says, les distributeurs ayant jugé que le recours au cliché du jumeau maléfique sonnait mieux que « Jacques a dit » pour un film d’horreur. Sans doute ont-ils eu raison, d’autant qu’il est bien question de gémellité et de perversion dans ce slasher qui fleure bon les années 80. Deux noms rattachés aux eighties se détachent d’ailleurs de l’équipe du film : le réalisateur William Dear, dont on n’avait plus de nouvelle depuis Bigfoot et les Henderson, et le comédien Crispin Glover, inoubliable George McFly dans Retour vers le Futur. Mais si ces deux comédies fantastiques touchaient un public large et familial, Evil Twins donne quant à lui dans l’horreur la plus débridée, comme si nos deux hommes se défoulaient des deux côtés de la caméra, loin des sentiers « mainstream ».


Les premières scènes du film accumulent sans vergogne tous les poncifs hérités de Massacre à la Tronçonneuse et Vendredi 13 : le van empli de jeunes lycéens stéréotypés partis camper dans la montagne, les autochtones patibulaires, la légende urbaine inquiétante, rien ne semble manquer à l’appel… Mais dès qu’un tueur psychopathe entre en jeu, le gore outrancier transforme l’addition de lieux communs en jeu de massacre franchement réjouissant. Car notre psychopathe, dont le frère jumeau travaille à la station service la plus proche, concocte des pièges complexes à base de pioches, de mécanismes et d’objets tranchants divers, provoquant toutes sortes d’amputations, de démembrements, d’éventrements et de décapitations extrêmement graphiques, toutes ces joyeusetés étant confiées aux bons soins du maquilleur spécial Michael Broom (qui a fait du chemin depuis, concevant notamment les créatures de The Mist, Aliens contre Predator Requiem, Starship Troopers 3 et le futur Predators de Nimrod Antal).


Les effets visuels, les décors, la direction de la deuxième équipe et les cascades, de leur côté, sont signés Oliver Dear, un homme-orchestre qui n’est autre que le propre fils du réalisateur. Quelques visions macabres additionnelles parsèment le métrage, en particulier des cadavres décomposés grimaçants, une fille transformée en poupée mange-disque horriblement surréaliste ou encore un brûlé vif très impressionnant. Evidemment, la gratuité d’un tel étalage de viande saute aux yeux, comme en témoigne cette scène parfaitement inutile – d’un point de vue scénaristique – au cours de laquelle tous les membres d’une équipe de paintball se font massacrer à tour de rôle.


Mais plus le film avance, plus il gagne en intérêt, et le dernier tiers, qui évoque non seulement le dîner lugubre deMassacre à la Tronçonneuse mais aussi le climax de Psychose, bénéficie d’une intensité dramatique indéniable et de moments de suspense franchement éprouvants. Partagé entre l’épouvante psychologique, l’horreur visuelle et l’humour noir, Evil Twins se déguste sans modération. Dommage que Crispin Glover, qui nous offrit des prestations si remarquables dans Charlie Angels, Willard et Beowulf, en fasse ici des tonnes, amenuisant par son absence de retenue le caractère effrayant de sa double interprétation.

 

http://www.cinetrafic.fr

 

Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 17:01

Percy Jackson(Percy Jackson & the Olympians: The Lightning Thief)

de Chris Columbus (Etats-Unis)

Avec Logan Lerman, Brandon Jackson, Alexandra Daddario, Jake Abel, Sean Bean, Pierce Brosnan, Steve Coogan, Uma Thurman

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Percy Jackson semble être un lycéen ordinaire. Mais en réalité, il est le fils du dieu des océans Poséidon. Accusé à tort d’avoir volé la foudre de Zeus, il se retrouve au cœur d’une guerre ouverte entre les divinités de l’Olympe et va devoir affronter plusieurs redoutables créatures mythologiques… En imaginant le personnage de Percy Jackson à la fin des années 90, l’écrivain Rick Riordan s’est mis en tête de dépoussiérer l’imagerie traditionnelle des mythes gréco-romains en les transposant dans le monde moderne, tout en choisissant comme protagoniste un adolescent susceptible de créer auprès des jeunes lecteurs un pôle idéal d’identification. Cette démarche et les ressorts dramatiques qui en découlent évoquent beaucoup les romans de J.K. Rowling, et il n’est sans doute pas fortuit de trouver aux commandes de l’adaptation cinématographique des aventures du demi-dieu new-yorkais le réalisateur Chris Columbus, qui dirigea justement les deux premiers Harry Potter.


Scénariste de talent (Gremlins, Le Secret de la Pyramide), Columbus n’a en revanche jamais brillé par l’originalité ou la pertinence de sa mise en scène, souvent anonyme. Percy Jackson ne déroge pas à la règle, et les morceaux de bravoure du film reposent bien plus sur les effets visuels et les décors – souvent magnifiques – que sur la réalisation elle-même.  Une belle galerie de créatures orne le métrage : la Méduse (Uma Thurman), l’Hydre de Lerne, le centaure Chiron (Pierce Brosnan), le satyre Grover (Brandon T. Jackson), le dieu Hadès (Steve Coogan), une harpie déchaînée ou encore un minotaure colossal. Tous évoquent les travaux de Ray Harryhausen sur deux de ses films les plus populaires, Jason et les Argonautes et Le Choc des Titans. D’ailleurs, le patronyme Percy Jackson est visiblement une américanisation des noms de Persée et Jason, les deux héros valeureux des films pré-cités.


L’anachronisme inhérent au concept du film est à la fois savoureux et réducteur. Car si le surgissement de Poséidon (Kevin McKidd) sur la côte new-yorkaise donne lieu à une vision pré-générique joliment surréaliste, la transposition de l’Olympe dans l’Empire State Building et la relocalisation de toutes les figures clefs de la mythologie aux Etats-Unis laisse quelque peu perplexe. La Grèce n’eut-elle pas été un site géographique plus logique ? La saga Harry Potter avait au moins eu le bon goût de prendre racine sur le vieux Continent, plus propice à la perpétuation des vieux récits de sorcellerie médiévaux que le sol américain. Mais de toute évidence, Percy Jackson ne cherche pas d’alibi culturel, pas plus qu’il n’essaie de capitaliser sur l’inestimable richesse symbolique des mythes de la Grèce antique (le vol de la foudre, motif prométhéen par excellence, n’est ici qu’un prétexte scénaristique dénué du moindre sous-texte métaphorique). Son objectif est celui d’un simple divertissement tout public, et de ce point de vue sa réussite est indiscutable. Si le succès est au rendez-vous, les séquelles ne tarderont pas à débarquer sur les écrans, la saga littéraire de Percy Jackson étant déjà riche de nombreux volumes.


© Gilles Penso

Thema: Mythologie
Par Gilles Penso
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 15:36
La Horde, le film de zombies de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (dont vous pouvez voir une interview ici), sortira sur nos écrans le 10 février 2010. A cette occasion, voici un jeu concours qui vous permettra de tester vos connaissances en matière de zombies et de films d'horreur français, et de remporter plusieurs lots ! A vos claviers…

Jeu LA HORDE

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 01:10

Lovely Bones Affiche Teaser 120x160

 

 

 

de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande)

Avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Stanley Tucci, Susan Sarandon, Michael Imperioli, Rose McIver, Reece Ritchie


Voir la bande annonce

 

Voir l'interview de Peter Jackson

 

Après les quatre mastodontes cinématographiques que représentaient la saga du Seigneur des Anneaux et King Kong, Peter Jackson se penche sur un récit plus intimiste, constellé de nostalgie et empreint d’éléments autobiographiques. Puisant son inspiration dans le roman « La nostalgie des anges » d’Alice Sebold, le cinéaste néo-zélandais signe une œuvre riche et complexe qui oscille entre le drame, la comédie, le thriller et le fantastique pur. A la manière de Sunset Boulevard, Lovely Bones commence par la voix-off d’un défunt, un narrateur d’outre-tombe qui prend ici les traits de la jeune Susie Salmon nous déclarant tout de go : « j’avais quatorze ans quand on m’a assassinée ». Jackson plante ses caméras dans l’Amérique du début des années 70, encore nimbée d’insouciance, et dresse le portrait d’une famille classique, portée par un casting confondant de justesse.


Aux côtés de valeurs sûres telles que Mark Wahlberg, Rachel Weisz et Susan Sarandon, campant respectivement les parents aimants et la grand-mère truculente, le jeune talent de Saoirse Ronan, aux yeux de poupée et au visage ingénu, éclate dans le rôle de Susie Salmon. Errant entre le monde des morts et celui des vivants, cette dernière assiste au déchirement des siens, inconsolables, tout en se préparant à basculer dans l’au-delà, tandis que l’assassin court toujours. Ce dernier, point de mire de toutes les haines, est prodigieusement incarné par un Stanley Tucci quasi-méconnaissable. A l’instar de Créatures Célestes, Lovely Bones situe sa narration dans deux univers parallèles et complémentaires : le monde réel et celui conçu par l’imagination fébrile d’une adolescente. Car Susie n’est pas encore passée « de l’autre-côté ».


Les décors surréalistes dans lesquels elle évolue ne sont donc pas les visions fantasmées d’un paradis judéo-chrétien, façon Au-delà de nos rêves, mais celles d’une jeune fille nourrie par l’imagerie « new age » des années 70 (d’où le choix judicieux de Brian Eno pour signer la bande originale du film). Susie construit ainsi elle-même le berceau de son errance post-mortem, nourri de métaphores délicieusement poétiques (le kiosque, la forêt, les bateaux mis en bouteille). « Les métaphores utilisées ne devaient pas être trop simplistes, pour éviter les clichés, mais pas trop hermétiques non plus, afin que les spectateurs puissent les comprendre sans mal », explique Jackson. « Lorsque son père cueille un camélia fané et que ce dernier se met à éclore dans sa main, c’est littéralement la métaphore d’une idée qui éclot. A ce moment précis, le père de Susie comprend quelle est l’identité du tueur. Sa fille lui a soufflé cette idée d’outre-tombe. » (1)


Au fil de l’intrigue, le réalisateur concocte une poignée de séquences de suspense diaboliquement efficaces. Très hitchcockiennes sur le fond mais complètement novatrices dans la forme, elles vissent les spectateurs sur leurs fauteuils et jouent durablement sur leurs nerfs, via un découpage ciselé au millimètre près, un travail d’orfèvre sur la bande son et un usage inédit des caméras endoscopiques. Capable d’adapter son style polymorphe à tous les sujets, Jackson nous confirme une fois de plus son statut de cinéaste hors norme et d’artiste passionnant.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en novembre 2009

 

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Un monde plus beau
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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