AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 11:00

tintin poster 3(The Adventures of Tintin: The Secret of the Unicorn)

de Steven Spielberg (Etats-Unis)

avec Jamie Bell, Andry Serkis, Daniel Craig, Nick Frost, Simon Pegg, Toby Jones, Mackenzie Crook 

 

Voir la bande annonce

 

La bande originale est disponible ici

 

Le magnifique "art of" du film est disponible ici

 

Annoncé par Steven Spielberg dès 1983, Les Aventures de Tintinn’aura finalement vu le jour qu’à l’aune des derniers perfectionnements technologiques. Car pour rester fidèle à l’environnement graphique mi-réaliste mi-irréel des dessins d’Hergé, et pour s’extraire de l’univers visuel des Indiana Jones, le cinéaste ne pouvait se contenter d’un tournage classique en prises de vues réelles. D’où son intérêt pour la performance capture.

 

En se soustrayant aux contraintes matérielles d’un tournage traditionnel et en testant pour la première fois les possibilités de la 3D, le réalisateur se permet des facéties de mise en scène extrêmement immersives, sans pour autant céder à la tentation d’une caméra virevoltant vainement en tous sens. Au contraire, ses prises de vues s’ancrent dans une réalité physique palpable, ne lâchant pas d’une semelle les pas de course de son jeune héros. Ce qui nous donne droit à une collection de séquences mouvementées inédites, la plus longue et la plus incroyable d’entre elles se déroulant en plan-séquence dans une ville imaginaire du Maroc. Les péripéties s’y enchaînent à un rythme effréné, nous laissant le souffle coupé et les yeux écarquillés, preuve que Steven Spielberg, à l’âge de 65 ans, demeure encore l’un des maîtres absolus en matière de scènes d’action imaginatives.

 

A y regarder de près, Les Aventures de Tintin est d’ailleurs un concentré de toute l’identité visuelle du cinéaste, comme si l’emploi d’un médium 100% numérique lui permettait de pousser à l’extrême les codes filmiques qui lui sont propres. Jeux d’ombre et de lumière, entrées de champ redéfinissant la composition des cadrages, plans-séquences en perpétuelle évolution, champs et contre-champs avec changements d’axe inattendus, toute la grammaire de l’auteur de Rencontres du Troisième Type est ici convoquée. La signature visuelle la plus évidente du cinéaste paraît à travers son utilisation répétée du reflet. L’image de Tintin se découpe ainsi dans les nombreux miroirs qui ornent un marché (comme autant de cases d’une bande dessinée), puis se surimpressionne sur la vitre qui protège la précieuse Licorne.

 

Le reflet est un motif visuel incontournable chez Spielberg. Aucun de ses films n’en est exempt, les miroirs, rétroviseurs, vitres et fenêtres s’échinant à renvoyer l’image plus ou moins déformée de ses protagonistes. Plus qu’un simple effet de style, il faut y voir une volonté d’appréhender la fiction cinématographique comme une vision fantasmée de la réalité. Car l’œuvre de Spielberg est jonchée d’éléments autobiographiques, de souvenirs intimes, de phobies ou d’obsessions personnelles. Et Tintin lui-même, éternel homme-enfant à l’insatiable curiosité, obéit trait pour trait à l’archétype du héros spielbergien, coincé entre deux âges et en quête d’une famille recomposée, le capitaine Haddock s’affirmant dès lors comme un grand frère turbulent mais extrêmement attachant. Le Secret de la Licorne se déguste donc avec délectation, en attendant déjà avec impatience une séquelle signée Peter Jackson.

 

© Gilles Penso

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : Critique de films à l'affiche ou cultes
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 01:53

PDC4(Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides)

de Rob Marshall (Etats-Unis)

avec Johnny Depp, Penelope Cruz, Geoffrey Rush, Ian McShane, Kevin R. McNally 

 

Inégale, la saga Pirates des Caraïbes s’est muée en véritable objet de culte, ravivant avec panache un sous-genre tombé en désuétude : le film de piraterie, mâtiné ici d’une bonne dose d’éléments fantastiques. Malgré la confusion extrême de son scénario et son déroutant manque de cohérence, le troisième opus avait su remplir à son tour les salles de cinéma et les tiroirs-caisse, au point qu’il semblait inévitable de poursuivre la franchise coûte que coûte. Le cinéaste Gore Verbinski ayant décidé d’aller nager dans d’autres eaux (en réalisant notamment le film d’animation Rango), c’est Rob Marshall (Chicago, Mémoires d’une Geisha) qui fut chargé de prendre le relais.

 

Si la mise en scène de Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence y perd en style et en flamboyance, l’intrigue, en revanche, a gagné en clarté et en rigueur. Donc l’un dans l’autre, nous serions tentés de préférer l’approche plus légère de ce quatrième épisode, qui présente en outre le mérite de puiser une grande partie de son inspiration dans une autre saga ultra-populaire : les Indiana Jones. A pirori, tout y est : la quête de l’objet surnaturel (en l’occurrence la fontaine de jouvence, équivalent du Graal d’Indiana Jones et la Dernière Croisade), l’intrigue sentimentale à rebondissements, l’expédition concurrente, la jungle sauvage truffée de pièges, le climax grandguignolesque… Mais il manque un élément essentiel qui empêche ce Pirates des Caraïbes de marcher dignement sur les traces des Aventuriers de l'Arche Perdue : des personnages forts et des sentiments exacerbés.

 

Or tout ici n’est que cabotinage, minauderie et maniérisme. Le jeu sentimental qui s'installe entre Jack Sparrow (Johnny Depp) et Angelica Teach (Penelope Cruz) laisse froid dans la mesure où les comédiens se contentent de se donner la réplique comme on échangerait des pas de danse, avec grâce mais sans la moindre émotion. Même travers du côté des complexes relations qui lient Angelica au redoutable Barbe Noire (Ian McShane, excellent par ailleurs). Or sans motivations fortes, sans enjeux humains solides, une telle aventure se vit comme une sympathique attraction de parc à thème (retour aux sources pour un concept initialement conçu pour Disneyland) mais nous prive de toute réelle implication.

 

Seuls deux personnages, pourtant tout à fait secondaires, parviennent à nous toucher et à nous faire vibrer, oasis de fraîcheur au sein d’un spectacle trop préfabriqué pour totalement convaincre. Restent quelques morceaux de bravoure mémorables (le navire de Barbe Noire qui s’anime pour capturer les membres de l’équipage, le soulèvement de zombies empruntés à l’imagerie vaudou, l’étourdissant assaut des sirènes qui calque sa dynamique sur l’attaque des raptors du second Jurassic Park), un grain de folie bienvenu et une partition toujours aussi énergisante qu’Hans Zimmer a joyeusement agrémentée de guitares hispanisantes du plus bel effet. A défaut d’entrer dans les annales, cet énième acte de piraterie sait distraire son public avec une générosité finalement très appréciable.

 

Le DVD: Pour ceux qui veulent prolonger le plaisir marin, le DVD édité chez Disney propose quelques bonus ludiques, à défaut d'être très instructifs : une séquence animée avec des légos, un bêtisier et un jeu consistant à attraper des sirènes. Le jeune public est évidemment principalement visé.

 

Pirates des Caraïbes :  la Fontaine de Jouvence, de Rob Marshall - En DVD, Blu Ray et Blu Ray 3d le 21 septembre 2011
Crédit : © 2011 Disney. Découvrez d'autres DVD Disney

 

Retrouvez sur Cinetrafic les films de cette année dans la catégorie Films 2011 ou découvrez la catégorie Films fantastiques

 

© Gilles Penso

Thema: Monstres marins

Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 12:32

 

Conan-le-Destructeur-Conan-the-Destroyer-1984-1(Conan the destroyer)

De Richard Fleischer (Etats-Unis)

Avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones, Wiilt Chamberlain, Mako, Olivia d'Abo, Tracey Walter

 

En échange de la résurrection de sa bien aimée Valeria, Conan promet à la reine Taramis (Sarah Douglas) d’accompagner la princesse Jehnna (Olivia d’Abo) aux confins du pays, au cœur d’un territoire ennemi, pour lui rapporter une corne légendaire incrustée d’un diamant magique. Le colossal Cimmérien ignore que la reine souhaite en réalité posséder le joyau afin de réveiller Dagoth, une divinité monstrueuse et démoniaque à laquelle elle souhaite sacrifier la princesse…

 

Les aventures magiques et enivrantes de Conan, contées avec verve par Robert Howard, avaient beaucoup perdu de leur impact lors de leur transposition à l’écran, malgré la maestria de John Milius et le souffle épique qu’il avait su donner à son œuvre. Cette suite, signée par le grand Richard Fleischer, vétéran du cinéma à grand spectacle (Vingt Mille Lieues sous les Mers, Le Voyage Fantastique, Soleil Vert ), confirme les pertes subies. Il faut dire que Fleischer eut du mal à terminer sa carrière avec éclat, tombant sous la coupe de Dino de Laurentiis pour lequel il signa l’année précédente Amityville 3. Arnold Schwarzenegger reste l’interprète idéal et indétronable du barbare, mais l’intrigue de ce second Conan est très anecdotique, moins chargée de sens et de symboles que celle du film précédent.

 

La quête du héros n’intéresse donc que dans une faible mesure le spectateur, les personnages secondaires s’avèrent pour le moins superficiels (y compris la sauvageonne interprétée par la sculpturale Grace Jones, à l’affiche de Dangereusement Vôtre la même année) et les décors évoquent tantôt ceux d’Indiana Jones et le Temple Maudit, tantôt ceux d’une série télévisée de science-fiction psychédélique des années 70 (époque Cosmos 1999 ou L’Âge de Cristal). Cependant, la plus grosse erreur artistique du film reste probablement d’avoir confié la fabrication du monstrueux Dagoth à Carlo Rambaldi. Ce démon séculaire, à l’apparition duquel le spectateur est psychologiquement préparé dès les premières séquences, était un élément particulièrement réjouissant du scénario, puisqu’il évoque les mythologies chères à Robert Howard mais aussi à ses confrères H.P. Lovecraft et Clark Ashton Smith.

 

Hélas, sa visualisation sous forme d’un homme costumé dans une balourde défroque de latex amenuise considérablement l’impact de sa prestation, et achève ce second Conan cinématographique sur une note bien passable. Roy Thomas et Gerry Conway, auteurs de l’histoire originale, furent d’ailleurs fort déçus par le résultat final, passablement remanié en cours de route par le scénariste Stanley Mann (Damien, Meteor), à tel point qu’ils publièrent en 1990 leur récit sous forme d’une bande dessinée mise en image par Mike Docherty, « Conan : The Horn of Azoth ». Il serait malgré tout injuste de réduire Conan le Destructeur à ses défauts et à son immense simplification du mythe initial. Car en l’état, et à condition évidemment de faire abstraction du matériau littéraire dont il est issu, le film demeure très divertissant et ménage un certain nombre de séquences hautes en couleur.

 

© Gilles Penso

Thema: Heroïc Fantasy
Par Gilles Penso - Communauté : Autres Mondes...
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 00:24

devil-posterde John Erick Dowdle (Etats-Unis)

Avec Chris Messina, Logan Marshall-Green ; Geoffrey Arend, Bojana Novakovic, Jenny O’Hara, Bokeem Woodbine, Matt Craven

 

Produit par M. Night Shyamalan, qui n’a jamais tout à fait su transformer l’essai miraculeux de Sixième Sens, et réalisé par John Erick Dowdle, signataire d’un parfaitement inutile En Quarantaine, Devil ne partait pas avec toutes les chances de son côté. Pourtant, les toutes premières images du film sont prometteuses. Aux accents d’une imposante partition cuivrée de Fernando Velasquez, la caméra survole les buildings de Philadelphie. Ce type de plan aérien, ultra banalisé, prend ici une tournure inattendue dans la mesure où les images sont inversées. La tête en bas, les immeubles s’offrent à nos yeux sous un jour inquiétant et un indicible sentiment de malaise s’installe.

 

Avec une virtuosité empruntée à un David Fincher, les prises de vues foncent en plan séquence à l’intérieur d’un des bâtiments, où un agent d’entretien nettoie les sols tandis qu’à l’arrière-plan un corps tombe dans le vide et s’écrase sur le toit d’une camionnette. Voilà une entrée en matière pour le moins intrigante, qui nous rappelle que l’auteur de Phénomènes a toujours su soigner ses prologues. Alors que l’inspecteur Bowden (Chris Messina) enquête sur ce trépas violent, cinq personnes qui ne se connaissent pas entrent dans l’ascenseur de l’immeuble : un agent de sécurité, une jeune femme séduisante, un jeune homme introverti, un VRP bavard et une vieille dame. Ici aussi, la caméra sait surprendre, captant en plan séquence l’entrée successive des acteurs du drame dans la cabine jusqu’à faire face au miroir. Brusquement, l’ascenseur se bloque entre deux étages. De la simple contrariété, la situation dégénère peu à peu et vire au cauchemar…

 

Le pitch, voisin de celui de Cube, est intéressant, mais sa mise en application s’avère bien vite besogneuse, jusqu’à ce que les cimes du grotesque soient peu à peu atteintes, annihilant tout l’impact de ce Devil finalement bien vain. Premier problème : incapable de gérer son concept jusqu’au bout, le film refuse de jouer la carte de la claustrophobie, en collectant finalement plus de séquences extérieures que de scènes confinées dans la cabine. Deuxième problème : la répétition des situations (la lumière s’éteint, quelqu’un meurt, et ainsi de suite) finit vite par lasser. Troisième problème, le plus grave : une volonté opiniâtre de tout expliquer en prenant le spectateur par la main de peur qu’il soit incapable de suivre l’intrigue tout seul.

 

D’où cette voix off puérile et omniprésente qui, tout au long du métrage, nous raconte que le diable s’immisce parfois parmi les humains pour emporter leur âme. Pire : le gardien stéréotypé campé par Jacob Vargas qui s’avère bardé de superstitions bigotes (normal, c’est un latino) et qui passe son temps à raconter aux autres personnages le mode de fonctionnement du Diable. Summum du grotesque : la scène de la tartine qui tombe du mauvais côté quand Satan est dans les parages (!) et celle du « Je vous salue Marie » que ledit gardien entonne à l’attention des prisonniers de la cabine (au secours !). Bref, ce « Diable dans l’ascenseur » perd tous ses atouts en cours de route, malgré ses nombreuses qualités formelles (auxquelles il faut ajouter la photographie stylisée de Tak Fujimoto) et le jeu plutôt convainquant de Chris Messina et Logan Marshall-Green.

 

© Gilles Penso

Thema: Diables et Démons

Par Gilles Penso - Communauté : Horrorkult.com
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 14:55

Captain AMerica 2011de Joe Johnston (Etats-Unis)

Avec Chris Evans, Hayley Atwell, Hugo Weaving, Tommy Lee Jones, Dominic Cooper, Sebastian Shaw, Stanley Tucci

 

 Si le studio Marvel avait su nous surprendre agréablement avec  L'Incroyable Hulk et Iron Man, l’enthousiasme était retombé aussi sec face à  Iron Man 2 et Thor, deux opus à la dramaturgie déficiente et au scénario laxiste. Que fallait-il donc attendre de Captain America, nouvelle pièce de cet étrange puzzle cinématographique annonçant la sortie du film choral The Avengers ? Les prédictions étaient mitigées, surtout au regard des précédentes adaptations « live » du héros en costume bleu blanc rouge (des catastrophiques téléfilms réalisés respectivement en 1978 et 1990). Mais c’était compter sans l’inventivité de Joe Johnston, signataire d’œuvres éminemment sympathiques telles que Chérie j’ai rétréci les gosses,  Rocketeer, Jumanji, Jurassic Park 3 et Wolfman.

 

S’appuyant sur un scénario habile de Joss Whedon, Christopher Markus et Stephen McFeely, le cinéaste crée un super-héros débordant d’humanité en l’inscrivant dans son contexte historique d’origine, la seconde guerre mondiale. Sous l’influence du Steven Spielberg des années 70/80, Johnston cligne plusieurs fois de l’œil vers le maître, dès le prologue qui nous renvoie illico à celui de  Rencontres du Troisième Type(des scientifiques emmitoufflés arpentent le désert pour y découvrir d’étranges vestiges), et surtout plus tard lorsque le nazi psychopathe incarné par Hugo Weaving découvre une inestimable source de pouvoir surnaturelle et s’exclame : « et dire que le führer perd son temps à chercher des breloques dans le désert ! » La référence à Indiana Jones dépasse d’ailleurs largement le cadre de cette réplique jouissive, l’ombre de l’archéologue rétro et de ses exploits de comic book se déployant au fil de ce long-métrage empreint de l’esprit des serials des années 30.

 

Par le biais d’effets numériques hallucinants, Chris Evans, déjà interprète de la Torche Humaine dans les deux Quatre Fantastiques, incarne le frêle et rachitique Steve Rogers, qui se porte volontaire pour devenir un « super-soldat » au service de l’armée américaine, développant à l’issue d’une expérience top-secrète une musculature et une force hors du commun. Incontestablement daté, le costume du super-héros, aux couleurs du drapeau US, est ici intelligemment détourné, Johnston nous en proposant d’abord une version volontairement kitsch (avec en prime une allusion directe aux serials en noir et blanc qui furent réellement tournés dans les années 40 ainsi qu’aux bandes dessinées de Jack Kirby et Joe Simons) avant d’opter pour une panoplie militaire respectant les graphismes initiaux de Kirby en les réadaptant sous un jour plus fonctionnel et moins tape-à-l’œil.

 

L’aventure se pare de séquences d’action généreuses et souvent inédites, tandis qu’Hugo Weaving et Tommy Lee Jones s’en donnent à cœur joie dans le registre du cabotinage et de l’auto-dérision. Certes, le film ne décolle jamais totalement, incapable d’atteindre le souffle épique propre aux chefs d’œuvre du genre, et c’est probablement un défaut imputable à la majorité des réalisations de Joe Johnston. Mais le spectacle ne déçoit jamais, et l’épilogue en forme de porte ouverte remplit allègrement sa fonction : donner envie de découvrir toutes affaires cessantes l’aventure collégiale des Vengeurs !

 

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros

Par Gilles Penso - Communauté : Critique de films à l'affiche ou cultes
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 13:13

La traqued’Antoine Blossier (France)

Avec Grégoire Colin, François Levantal, Joseph Malerba, Fred Ulysse, Bérénice Bejo, Isabelle Renauld

 

Bien qu’il narre les mésaventures de chasseurs menacés par des sangliers particulièrement agressifs au beau milieu de la forêt nocturne, La Traque n’a pas la vocation d’être un Razorback à la française. Il s’agirait plutôt du croisement inattendu entre les univers de Stephen King et Claude Chabrol. Le réalisateur Antoine Blossier et le scénariste Erich Vogel, attaquant ici leur premier long-métrage, ont en effet puisé leur inspiration dans les terreurs primales décrites par l’auteur de Cujo tout en y injectant l’hypocrisie larvée et les pressions familiales chères au metteur en scène de L’Enfer.  

 

La Traque s’ancre ainsi dans la campagne française et s’attarde dans un premier temps sur une famille aux relations complexes. Nicolas (François Levantal) est l’industriel le plus important de la région, mais il est clair que ses pratiques douteuses (dont l’emploi abusif de pesticides) ne sont du goût ni de son frère David (Joseph Marbela), ni de son père Eric (Fred Ulysse), tous deux agriculteurs liés par des rapports interdépendants pas très sains. Pièce rapportée de ce petit monde en vase clos, Nathan (Grégoire Colin) est le gendre du puissant David, et s’efforce d’inciter son épouse Claire (Bérénice Béjo) à prendre ses distances avec une famille décidément très envahissante. Les enjeux sont distincts, les tensions palpables, le drame peut donc commencer. Et pour exacerber les émotions en pleine nature, rien de tel qu’une agression animale monstrueuse, comme au bon vieux temps des Dents de la Mer et des Oiseaux

 

Le premier incident insolite se manifeste par la mort inexplicable de nombreux cerfs retrouvés couverts de morsures sur la clôture électrique de l’exploitation agricole. De toute évidence, des sangliers semblent être responsables de l’hécatombe. Les quatre hommes se plongent donc au cœur de la forêt voisine, fusil au poing, pour en découdre avec les prédateurs omnivores. Alors que le soleil décline et que d’inquiétantes bêtes se profilent aux alentours, la tension monte d’un cran et le cauchemar n’est pas loin… La Traque a beaucoup d’atouts en main : une mise en scène brute d’une très grande efficacité, une brochette de comédiens extraordinaires, une mise en image élégante signée Pierre Haïm (chef opérateur de La Haine et Les Morsures de l’Aube), une magnifique partition de Romaric Laurence (Ong-Bak, Vendues) qui semble directement puiser son inspiration chez le Danny Elfman de Wolfman

 

Seuls véritables bémols : l’utilisation abusive de la « sahky cam » et de la sous-exposition, qui empêchent souvent de saisir la teneur exacte des séquences d’action en les rendant parfois quasi-illisibles, ainsi que la présence trop discrète des créatures à l’écran, aucune ne montrant réellement le bout de son groin à cause d’évidentes restrictions budgétaires, et malgré le travail animatronique du très talentueux Pascal Molina Les Rivières Pourpres, La Cité des Enfants Perdus). Initialement titré Proie, le film a été rebaptisé La Traque quelques mois avant sa sortie pour éviter toute confusion avec La Proie d’Eric Vallette, au profit d’une homonymie assumée avec un thriller français de Serge Leroy qui plongeait Mimsy Farmer dans une cauchemardesque partie de chasse.

 

© Gilles Penso

Thema:
Mammifères
Par Gilles Penso - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 17:11

Harry Potter 8(Harry Potter and The Deathly Hallows Part 2)

de David Yates (2011) – USA

avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Maggie Smith

 

La médiocrité des trois Harry Potter précédents, tous réalisés par David Yates et tous empêtrés dans les mêmes défauts (intrigue filiforme, direction artistique déficiente, mise en scène peu inventive), ne laissait guère d’espoirs quant à un rattrapage de dernière minute à l’occasion de l’affrontement final entre le sorcier à lunettes et sa Némésis reptilienne Voldemort. La surprise n’en est que plus grande. Harry Potter et les Reliques de la Mort 2ème partie parvient en effet à dégager un sens de l’épopée qu’on n’espérait plus, multipliant les morceaux de bravoure, resserrant les enjeux dramatiques et véhiculant – enfin ! – du suspense et de l’émotion. Les meilleures séquences des opus signés Chris Colombus, Alfonson Cuaron et Mike Newell trouvent là un bel écho.

 

Dès les premiers plans iconiques du film, servis par une 3D particulièrement efficace, Yates nous immerge sans préambule dans le futur champ de bataille, un château de Poudlard sinistrement veillé par les fantômatiques Détraqueurs. En quelques minutes, plusieurs morceaux d’anthologies nous sont offerts, comme une récompense tardive pour avoir subi les langueurs de l'Ordre du Phénix, du Prince de Sang-Mêlé et des Reliques de la Mort 1ère partie. Tout commence dans la banque de Gringotts, théâtre d’une course-poursuite souterraine digne des wagonnets d’ Indiana Jones et le Temple Maudit, d’un suspense claustrophobique puisant son inspiration dans la légende du roi Midas, et de l’envolée d’un des plus beaux dragons de l’histoire du cinéma. Nous voilà ainsi préparés.

 

Le reste du métrage n’est pas aussi époustouflant, certes, mais d’autres moments forts le ponctuent régulièrement, notamment l’incendie « vivant » qui menace nos héros dans la « salle sur demande », l’assaut de Poudlard au cours duquel des statues massives se heurtent à des Trolls géants et à une marée humaine de belligérants, ou encore l’ultime combat entre Potter et Voldemort. Plusieurs faiblesses inhérentes aux épisodes précédents surnagent, en particulier l’interprétation toujours fade de Daniel Radcliffe, le traitement extrêmement maladroit des amours adolescentes (nous sommes bien loin de la remarquable série britannique Skins !), et l’emploi peu rigoureux des pouvoirs magiques (bien pratiques pour retourner chaque situation au mépris parfois de la logique la plus élémentaire).

 

Du coup, les conflits se résolvent souvent via d’étranges « deus ex machina » scénaristiques, et les petits regards énamourés de nos jeunes couples s’avèrent quelque peu risibles. Mais ces réserves n’amenuisent pas la qualité du spectacle, ni la charge émotionnelle qu’il dégage. Le jeu des comédiens adultes (Ralph Fiennes terrifiant sous son incroyable maquillage numérique, Alan Rickman cultivant à merveille l’ambiguité de son personnage) y est pour beaucoup. La perfection des effets spéciaux (toutes catégories confondues) aussi. Même la bande originale a été revue à la hausse, Alexandre Desplat prenant avec bonheur la relève de Nicholas Hooper. Pour ne rien gâcher, le film d’achève sur un épilogue empreint de tendresse et de nostalgie…

 

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie

Par Gilles Penso - Communauté : Critique de films à l'affiche ou cultes
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 14:01

Harry-Potter-et-les-Reliques-de-la-Mort-Part-2-Affiche-FR-0

 

Avouez-le, certains d'entre vous sont des aficionados du sorcier à lunettes le plus célèbre du monde ! La sortie imminente de l'ultime épisode de la saga (le 13 juillet pour être plus précis, soit trois jours avant l'anniversaire de votre humble serviteur, mais bon cessons les digressions) a tout d'un événement pour les potterophiles, même si la plupart d'entre eux savent exactement comment s'achèvera l'affrontement final pour en avoir lu tous les détails dans la prose imagée de J.K. Rowling.

 

Amateurs de baguettes magiques et de chouettes voyageuses, supporters de quidditch, nostalgiques de Dumbledore, ce jeu concours est fait pour vous, en partenariat avec nos amis de chez Warner.

 

Voici quatre questions liées à l'univers cinématographique d'Harry Potter. Pour y répondre, vous trouverez tous les indices nécessaires ICI.

 

1) Quel est le nom du scénariste de Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé ?

 

2) Qui a composé la bande originale de Harry Potter et l'Ordre du Phénix ?

 

3) Combien Chris Columbus a-t-il réalisé d'épisodes de la saga Harry Potter ?

 

4) Qui est l'interprète de Sirius Black ?

 

La première personne qui répondra correctement aux quatre questions recevra par courrier deux places gratuites pour aller voir au cinéma Harry Potter et les Reliques de la Mort 2ème partie. Le second gagnant aura droit au DVD de l'épisode précédent, Harry Potter et les Reliques de la Mort 1ère partie.

 

Répondez vite, en utilisant le lien CONTACT tout en bas de la page. Et n'oubliez pas de mentionner votre adresse postale, au cas où vous seriez l'un des deux heureux vainqueurs !

 

A vos baguettes !

Par Gilles Penso - Communauté : Cinéma
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 00:01

Transformers 3(Transformers 3 : Dark of the Moon)

de Michael Bay (Etats-Unis)

avec Shia LaBeouf, Rosie Huntington-Whiteley, Patrick Dempsey, Josh Duhamel, John Turturo, Frances McDormand


L’avantage, avec Michael Bay, c’est qu’il annonce tout de suite la couleur. Dès le prologue de Transformers 3, nous savons que nous en prendrons plein les mirettes : sur fond de voûte céleste en 3D, un gigantesque vaisseau spatial entre dans le champ à la manière du destroyer impérial de  La Guerre des Etoiles et nous plonge au cœur d’une vertigineuse odyssée emplie d’engins volants sophistiqués pilotés par des bataillons d’androïdes géants à faire pâlir George Lucas et James Cameron. Quelques minutes plus tard, un gros plan ostentatoire sur les fesses rebondies de Rosie Huntington-Whiteley (la bimbo sélectionnée pour remplacer une Megan Fox lassée des méthodes tyranniques du réalisateur) nous annonce l’autre facette du film : une vulgarité grassement assumée, susceptible de dérider un public peu exigeant tout en titillant la libido des adolescents auxquels le film est directement adressé.

 

Vulgaire et spectaculaire : en deux mots, le ton est donné. Le cocktail ayant déjà fait ses preuves à deux reprises, pourquoi changer son fusil d’épaule ? Cette fois-ci, l’intrigue s’appuie sur un flash-back bizarre (où les images d’archives granuleuses cohabitent sans la moindre cohérence visuelle avec des reconstitutions ultra-léchées) situé en 1969, le jour où Neil Armstrong pose le pied sur la Lune. Suivant des directives top-secrètes, l’astronaute part explorer la face cachée de notre satellite et y découvre la gigantesque épave d’un robot échoué, le vénérable Sentinel Prime. Ce postulat étant posé, le scénario nous ramène en 2011, alors qu’une nouvelle menace robotique plane sur nos têtes. Les Decepticons sont en effet décidés à prendre leur revanche, épaulés cette fois par le redoutable Shockwave…

 

Il faut une sacrée dose d’indulgence pour supporter le spectacle de Transformers 3 sans soupirer d’impatience (lé métrage dure tout de même plus de deux heures et demie !). Mais peut-on passer outre ce couple improbable auquel on nous demande de croire (La Beouf et son top model au brushing impeccable), ces acteurs échappés de l’univers des frères Coen qui se ridiculisent de la plus embarrassante des manières (John Malkovich, John Turturo, Frances MacDormand), cet anthropomorphisme grotesque (les vieux robots ont la barbe ou le crâne dégarni, les jeunes font du roller !), cette mise en scène clippée incapable d’enchaîner un champ et un contre-champ de peur d’ennuyer le public, ces dialogues calamiteux, ce patriotisme iconique, cette xénophobie latente, cette musique horripilante ?

 

Tout n’est pourtant pas à jeter dans Transformers 3. Les effets visuels sont toujours aussi époustouflants, la 3D supervisée par Vince Pace est très performante, et plusieurs séquences situées pendant l’acte final risquent de marquer les mémoires grâce à la très grande efficacité de leur suspense et aux effets de vertige immersifs qu’elles procurent. Steven Spielberg, producteur de cette foire d’empoigne, aurait-il mis la main à la pâte ? Toujours est-il que cette bataille finale, qui n’est pas sans évoquer World Invasion mais aussi les deux premiers  Jurassic Park et La Guerre des Mondes, est sans conteste le meilleur morceau de cette saga balourde.

 

© Gilles Penso

Thema:
Robots
Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 23:28

All that jazz(All That Jazz)

de Bob Fosse (Etats-Unis)

avec Roy Scheider, Jessica Lange, Leland Palmer, Ann Reinking, Cliff Gorman, Ben Vereen, Erzsebet Foldi

 

 

Que le spectacle commence est un objet filmique insaisissable, en ce sens qu’il constitue probablement l’une des autobiographies les plus atypiques de l’histoire du cinéma. Cette œuvre rétive aux étiquetages, à mi-chemin entre la comédie musicale, le documentaire et le conte fantastique, surprend d’autant plus que le légendaire chorégraphe et réalisateur Bob Fosse a choisi Roy Scheider, spécialiste du cinéma d’action populaire des années 70 (Les Dents de la Mer, French Connection, Marathon Man) pour incarner son alter ego. Mais la surprise cède vite le pas à l’évidence, tant le comédien parvient à s’approprier corps et âme le personnage. Charismatique en diable, tout de noir vêtu, une cigarette vissée à la bouche, Scheider incarne donc Joe Giddeon, maître d’œuvre des spectacles musicaux les plus tendance de Broadway.

 

La dureté du milieu nous est exposée dès les premières minutes, au cours d’une audition captée avec le naturalisme cru d’un reportage. Saturant par leur présence fourmillante les planches d’un théâtre, cent danseurs suent sang et eau pour prouver leur valeur, tandis que leur multitude se réduit progressivement jusqu’à atteindre le chiffre dérisoire d’une demi-douzaine. Gideon est sur le point de placer sous le feu des projecteurs un spectacle grandiose, volontairement provocant, qu’il envisage comme l’apothéose et l’achèvement de sa carrière. Car le brillant chorégraphe a bien conscience que ses jours sont comptés. Ayant abusé au-delà du raisonnable de l’alcool, de la drogue et des femmes, il sait que la mort l’attend quelque part dans les coulisses. A ce stade, le processus de mise en abîme devient vertigineux, car l’auteur de Cabaret et Lenny est lui-même en bout de course à la fin des années 70, rongé par les mêmes vices que son avatar fictionnel. Et si Que le spectacle commence n’est pas son œuvre cinématographique ultime (il aura encore le temps de signer Star 80 avant de passer l’arme à gauche), il s’agit sans conteste de son film testament.

 

Or au lieu de se livrer à un bilan pragmatique et objectif, le cinéaste emprunte la voie du fantastique onirique. Jessica Lange prête ainsi son sourire et sa candeur à une Mort séduisante qu’on jurerait surgie d’une chanson polissonne de Georges Brassens. Cette camarde paisible, qui a troqué la faux et le suaire contre une robe de mariée diaphane, s’entretient régulièrement avec Gideon, nimbant de surréalisme un récit par ailleurs extrêmement réaliste. Plus l'intrigue se noue, plus les frontières entre le monde réel et l'au-delà fantasmé deviennent poreuses, jusqu'à l'infarctus inévitable de Gideon. Au lieu de se désamorcer mutuellement, les deux  facettes du film s’enrichissent et se renforcent davantage. Lorsque les séquences chirurgicales douloureuses s’alternent avec des chorégraphies enjouées situées dans un purgatoire volontairement kitsch, c'est toute l'absurdité et la dérision de l'existence qui s’exposent à l’écran. Palme d’Or en 1980 (ex-æquo avec Kagemusha d’Akira Kurosawa), Que le spectacle commence est également récipiendaire de quatre Oscars, et n’en finit plus de nous émerveiller en se parant au fil des ans d’une patine irrésistible.

 

Le film est disponible ici

 

© Gilles Penso

 

Thema: La mort

Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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