(The Wraith)

de Mike Marvin (USA)

avec Charlie Sheen, Nick Cassavetes, Sherilyn Fenn, Randy Quaid, Matthew Barry, David Sherrill, Jamie Bozian, Clint Howard

 

Ecrit et réalisé par un Mike Marvin n’ayant alors guère plus qu’un épisode de la série McGyver à son actif, The Wraith (autrement dit « Le Spectre ») est un long-métrage étrange qui semble autant s’inspirer de La Fureur de Vivre que des films de science-fiction à succès de la fin des années 70 et du début des années 80, comme en témoignent ces nuits étoilées traversées d’objets lumineux non identifiés à la Rencontre du 3ème Type, ces voyous aux véhicules customisés semant la terreur et se jouant des policiers à la manière de Mad Max ou cet inquiétant personnage casqué tout de noir vêtu aux lointaines allures de Dark Vador.

 

L’intrigue prend place dans une petite ville américaine où Packard Walsh (Nick Cassavetes, fils du cinéaste John Cassavetes et futur bad guy de Volte Face) dirige un petit gang de bons à riens motorisés dont l’activité principale consiste à organiser des courses automobiles illégales pour pouvoir rançonner tous les possesseurs de voitures à leur goût. Possessif, violent et maladivement jaloux, Packard agresse tous ceux qui osent tourner autour de sa petite amie Keri Johnson (Sherilyn Fenn, dont les yeux doux envoûteront cinq ans plus tard les protagonistes de la série Twin Peaks). C’est ainsi qu’un jeune homme ayant couché avec Keri est retrouvé assassiné, même si sa mort n’a officiellement pas été élucidée. Un jour, un mystérieux motard, Jake Kasey (Charlie Sheen, en tout début de carrière) débarque en ville et séduit Keri. Son arrivée correspond au surgissement soudain d’une voiture noire et de son occupant mystérieux, défiant la bande de Packard et semant la mort sur son passage.

 

Etant donné le titre original et sa « traduction » lors de la première distribution du film en France (Phantom), il n’est pas difficile de comprendre que nous avons affaire à un fantôme vengeur ayant troqué le drap blanc et les chaines traditionnelles contre un bolide et une tenue de pilote futuriste. Pourquoi un revenant aux pouvoirs surnaturels a-t-il besoin d’attributs aussi terre-à-terre qu’une voiture ou un fusil pour réclamer une justice d’outre-tombe ? Le mystère reste entier. Mais il est rapidement évident que le scénario de Turbo Interceptor ne cherche pas spécialement à s’embarrasser de cohérence. Son objectif principal reste la mise en scène d’un maximum de poursuites automobiles spectaculaires riches en cascades et en effets pyrotechniques, rythmées sur le tempo d’une musique résolument eighties composée par Michael Hoenig et J. Peter Robinson, alors grands spécialistes du synthétiseur.

 

Visiblement conçu pour devenir culte, le film de Mike Marvin sombrera pourtant quelque peu dans l’oubli, ses clichés sur la jeunesse des années 80, le jeu outrancier de la plupart de ses comédiens et son intrigue abracadabrante ne jouant pas particulièrement en sa faveur. Charlie Sheen auto-parodiera d’ailleurs son personnage de motard ténébreux dans Hot Shots six ans plus tard. Cela dit, il faut reconnaître que le personnage central de Turbo Interceptor possède un fort potentiel iconique et que ses apparitions en contre-plongée devant son véhicule noir, sous les éclairages de faisceaux bleutés perçant la brume nocturne, ne manquent pas d’attraits visuels.

 

© Gilles Penso

Thema: Fantômes

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