AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 21:08

Non, J.J. Abrams n'est pas le seul à avoir réalisé des films fantastiques en super 8 dans les années 80. La preuve…

 


Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 10:46

Super 8 New Posterde J.J. Abrams (Etats-Unis)

Avec Kyle Chandler, Elle Fanning, Amanda Michalka, Ron Eldard, Noah Emmerich, Joel Courtney, Riley Griffiths, Ryan Lee

 

Dès son titre, Super 8 annonce la couleur : nous allons voyager dans le temps. Effectivement, lorsque le logo d’Amblin emplit l’écran Cinémascope, soutenu par une partition emphatique et aérienne, nous voilà revenus au début des années 80, à l’époque où Steven Spielberg réalisait et produisait des contes pour adolescents emplis de monstres et de merveilles. La référence à l’époque glorieuse de Gremlins,  Retour vers le Futur ou Le Secret de la Pyramide est pleinement assumée par J.J. Abrams, qui a grandi devant ces films bien avant de devenir l’instigateur des séries Alias et Lost, puis d’offrir un nouveau souffle aux sagas Mission Impossible et Star Trek.

 

Officiellement parrainé par le réalisateur d’E.T., il lui déclare ici son amour cinéphilique sans jamais tomber dans le travers de l’imitation servile ou du clin d’œil appuyé. Car Super 8 possède sa propre personnalité et puise de toute évidence une grande partie de son inspiration dans les souvenirs d’enfance du cinéaste. Nous sommes en 1979, à la fin de l’année scolaire, dans une bourgade tranquille de l’Ohio. Un petit groupe de teenagers, qui tourne un film d’horreur en super 8 sous l’influence du  Zombie de George Romero, est témoin d’une catastrophe ferroviaire extrêmement spectaculaire. Suite à cet accident, les gens de la ville commencent à disparaître et les phénomènes étranges se multiplient. Tandis que l’armée commence à investir les lieux et que la police semble impuissante, nos jeunes héros semblent les seuls à pouvoir découvrir la vérité…

 

Si la plupart des figures imposées du genre semblent au rendez-vous, J.J. Abrams slalome habilement entre tous les clichés semés sur sa route, refusant l’archétype et la caricature (chers au très surestimé Les Goonies) au profit d’une construction dramatique solide et de protagonistes extrêmement touchants. Les séquences d’action ébouriffantes (le crash du train est un morceau d’anthologie qui fera probablement date) ne prennent donc jamais le pas sur les personnages, véhicules d’humour, de tendresse et d’émotion. Super 8s’affirme du coup comme un véritable exercice d’équilibrisme, à mi-chemin entre la nostalgie sincère (ceux qui ont connu les joies et les frustrations des courts-métrages en 8 mm verront leurs souvenirs ravivés), la quête permanente d’originalité (le scénario ne cesse de nous mener par le bout du nez jusqu’à un climax de toute beauté) et l’hommage assumé au cinéma de Steven Spielberg, dont l’ombre omniprésente semble planer sur l’ensemble du métrage.

 

Tour à tour, Rencontres du Troisième Type, E.T., Les Dents de la Mer , Jurassic Park et même La Guerre des Mondes y trouvent des correspondances visuelles et thématiques, tandis que la somptueuse bande originale écrite par Michael Giacchino paie son tribut aux symphonies de John Williams. Pour autant, Abrams conserve le style qui lui est propre, tant dans l’écriture de ses dialogues que dans ses partis pris visuels (les fameux « lens flare » de Star Trek sont toujours de la partie). Voilà donc une œuvre en état de grâce, dont l’alchimie presque miraculeuse tient autant à ses auteurs qu’à sa magnifique brochette de jeunes comédiens rivalisant de justesse et de spontanéité.

 

© Gilles Penso

Thema:
Extra-Terrestres

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de J.J. Abrams - Communauté : The SciFi Geeks
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 12:41

L'un des courts-métrages les plus fous de ces dernières années, tout droit venu d'Espagne et projeté à l'exxxccccellllent festival Mauvais Genre. Au menu: du bronzage et des zombies ! Il faut le voir pour le croire…


Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 09:55

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Des zombies asiatiques, des clowns psychopathes, des rockers chevelus, des super-héros noir et blanc, des  mutants carnivores et bien d'autres créatures étranges ont hanté la ville de Tours du 21 au 25 avril dernier, à l'occasion de la cinquième édition du Festival Mauvais Genre. Un grand moment pour tous les amateurs de cinéma déjanté, ponctué d'interventions de guest-stars prestigieuses, dont l'une des moindres n'était pas le maestro des effets spéciaux Steve Johnson (S.O.S. Fantômes, Abyss, La Mutante, Spider-Man 2)…

 

Voici un compte-rendu - tardif, certes, mais encore sous le coup de l'émotion ! - de cette manifestation éminemment sympathique. Et coup de chapeau à tous les organisateurs, qui luttent chaque année contre vents et marées pour faire débarquer monstres et merveilles dans cette cité  tranquille.

 

 


Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 21:42

X-Men commencement(X-Men : First Class)

de Matthew Vaughn (Etats-Unis)

Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, Beth Goddard, Rose Byrne, Oliver Platt, Jason Flemyng

 

Avec les deux premiers X-Men, Bryan Singer avait donné un véritable coup de fouet à l’univers Marvel et aux films de super-héros. Mais les déclinaisons suivantes (un troisième opus rejeté en bloc par les fans et un X-Men Origins : Wolverine moyennement convaincant) marquaient sans conteste les limites du concept. Aussi la mise en chantier de ce X-Men, le commencement ressemblait-elle à une opération marketing de la dernière chance, empruntant prudemment la voie ouverte par d’autres préquelles à succès telles que la seconde trilogie Star Wars ou le Star Trek de J.J. Abrams. Rien de bien palpitant ne s’annonçait donc dans cette « First Class » initiée par Fox et Marvel.

 

Et pourtant… quelle claque ! Bryan Singer, de retour aux commandes en tant qu’auteur et producteur, et Matthew Vaughn, passé derrière la caméra après avoir largement fait ses preuves grâce à Stardust et Kick-Ass, reprennent les choses en main avec une virtuosité qui confine au génie. En quelques minutes, X-Men, le commencement s’impose ainsi comme le meilleur épisode de la saga, articulant sa narration autour du droit à la différence, clef de voûte thématique de l’univers des X-Men tel qu’il fut imaginé par Stan Lee et Jack Kirby. Et pour traiter frontalement l’intolérance, le racisme et la marginalisation, l’arc narratif du film s’étend entre deux points historiques cruciaux : la seconde guerre mondiale et la crise des missiles cubains. Avec une audace scénaristique époustouflante, le quatrième long-métrage de Matthew Vaughn s’ouvre sur le prologue du premier X-Men et le prolonge.

 

Le jeune Eric Lehnsherr, prisonnier des camps de la mort nazis, y révèle des pouvoirs paranormaux qui attisent l’intérêt du professeur Shaw. Un traumatisme violent ne tarde pas à le frapper, creusant les stigmates de sa future personnalité et amorçant une dévorante soif de vengeance. Lorsque nous retrouvons Eric dans les années 60, c’est un homme extrêmement déterminé, maîtrisant désormais ses capacités télékinétiques. Glacial et charismatique comme le James Bond incarné par Sean Connery à l’aube de swinging sixties, il s’impose comme le protagoniste le plus complexe et le plus passionnant du film, révélant au passage l’immense talent de son interprète Michael Fassbender. A ses côtés, James McAvoy et Kevin Bacon excellent dans les rôles respectifs du jeune Charles Xavier et du redoutable Simon Shaw.

 

Aucun des personnages secondaires n’est d’ailleurs laissé au hasard, chaque sous-intrigue se nouant et se dénouant au fil d’un récit vertigineux qui mue les mutants en acteurs majeurs d’un conflit réel dont chacun connaît l’issue – et qui génère pourtant un suspense affolant au cours d’un climax excessivement tendu. Survolté dans ses séquences d’action palpitantes, paré d’une violence brute qui sait éviter toute complaisance, profondément touchant dans l’appréhension du mal-être de ses protagonistes en marge, X-Men le commencement est un véritable tour de force qui sait remplir toutes les conditions de son cahier des charges (amorcer une nouvelle trilogie qui respecte les codes déjà établis, abreuver les fans de références et des clins d’œil) sans jamais perdre sa personnalité et sa singularité.

 

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 12:07

thor-poster-film-marvel2de Kenneth Branagh (Etats-Unis)

Avec Chris Emsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Ray Stevenson, Idris Elba

 

En 1962, Stan Lee a déjà créé quelques-uns des super-héros les plus populaires de tous les temps : les Quatre Fantastiques, l’incroyable Hulk et Spider-Man. Mû par la volonté d’enrichir son écurie de justiciers surhumains et de varier les plaisirs, il se réapproprie alors le Thor de la mythologie nordique, un choix qui sied à merveille au style sublimement excessif du dessinateur Jack Kirby mais n’est pas sans écueils scénaristiques. Comment propulser un demi-dieu viking dans une cité du vingtième siècle sans sombrer dans le ridicule ? Sur le papier, Lee et Kirby rivalisent d’inventivité pour que l’alchimie fonctionne. A l’écran, c’est une autre paire de manches, comme en témoigne l’apparition anecdotique – et plutôt ridicule – de Thor dans le téléfilm Le Retour de l’incroyable Hulk en 1989. 

 

Mais depuis les succès d’Iron Man et de L’Incroyable Hulk, produits directement par le studio Marvel, une idée mégalomane s’est mise en place dans l’esprit des dirigeants de cette jeune major : consacrer au moins un long-métrage à chacun des membres fondateurs de l’équipe des Vengeurs (autrement dit Iron Man et Hulk mais aussi Captain America, Thor et Ant-Man) afin de les réunir ensuite dans un film choral. L’idée est séduisante, d’autant que les Vengeurs ont fait les belles heures du Marvel Comic Group. Revers de la médaille : les films en question risquent de s’apparenter d’avantage à des produits marketings qu’à de véritables projets cinématographiques. C’est en effet le problème majeur de Thor.

 

Le scénario, qui raconte le bannissement du héros sur Terre par son père Odin suite à son insubordination, l’amour qu’il voue à la mortelle Jane Foster, puis son affrontement avec le vil Loki, n’en finit plus de construire les prémisses d’une potentielle très grande aventure. Laquelle ne nous sera hélas jamais narrée. Car au moment où Thor devient enfin le super-héros que nous attendions, le film s’achève brutalement. Une frustration intense se dégage donc de ce demi-récit, conçu à la manière du pilote d’une série télévisée. Second problème du film : ses partis pris visuels. Certes, certains panoramas du royaume d’Asgard s’avèrent grandioses, fidèles en tout point aux dessins de Kirby. Mais la profusion de prises de vues acrobatiques slalomant au beau milieu de panoramas en images de synthèse criardes témoigne de fautes de goût assez flagrantes.

 

Tout le budget semble être passé dans cette indigestion d’effets visuels, car lorsqu’il s’agit de mettre en scène la population – qu’elle soit viking ou américaine – celle-ci se limite généralement à une demi-douzaine de figurants tassés dans un coin de décor. On le voit, Thor n’est pas exempt de défauts. Pourtant, il faut reconnaître que le film de Branagh demeure très divertissant, notamment grâce à son casting. Au-delà des présences toujours réjouissantes de Natalie Portman et Anthony Hopkins, on saluera surtout les performances de Chris Emsworth et Tom Hiddleston, véritables révélations dans les rôles respectifs de Thor et de Loki. Quant aux amateurs de créatures fantastiques, ils s’extasieront face aux exactions courtes mais spectaculaires du Devastateur, une sorte de robot d’un autre âge détruisant tout sur son passage via un rayon annihilateur digne du Gort du Jour où la Terre s’arrêta.

 

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 14:59

 

Scream-4.jpgde Wes Craven (Etats-Unis)

Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Emma Roberts, Hayden Panettiere, Mary McDonnell, Rory Culkin

 

A partir du milieu des années 2000, Wes Craven a surtout fait parler de lui à travers les remakes qui furent consacrés à quelques-uns de ses films les plus célèbres : La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Freddy : les griffes de la nuit… Lorsque lui-même repassa derrière la caméra pour diriger My Soul to Take, il passa totalement inaperçu. L’équation était donc simple : pour s’attirer à nouveau les faveurs du public, Craven devait capitaliser sur l’un de ses succès précédents. D’où ce Scream 4 qui se veut à la fois séquelle tardive (douze ans après le médiocre Scream 3) et remake du premier Scream, puisque la quasi-intégralité des péripéties du « classique » original sont servilement reproduites.

 

Le prétexte scénaristique ? Les événements sanglants survenus en 1996 à Hillsboro ont inspiré une série de films d’horreurs baptisés « Stab », et le tueur est ici un nouveau cinéphile psychopathe qui décide d’imiter les exactions de celui du premier film. L’idée d’un « copycat » influencé par un tueur de fiction lui-même inspiré d’un assassin réel pousse le concept de mise en abîme assez loin. Ce qui nous donne droit à un prologue très drôle au cours duquel les films dans le film s’emboîtent les uns les autres, en un exercice auto-parodique assez vertigineux. Le problème est que dès que nous entrons de plain pied dans le « vrai » film, les protagonistes s’avèrent aussi stéréotypés et les situations aussi improbables que dans les « Stab » dont ils sont censés se moquer.

 

Car le défaut majeur du scénariste Kevin Williamson, notamment apparent dans The Faculty de Robert Rodriguez, est qu’il se complaît souvent dans sa cinéphile compulsive et son approche au second degré sans pour autant parvenir à éviter lui-même les clichés qu’il dénonce. Or citer des centaines de titres de films d’horreur et en démonter savamment tous les mécanismes n’excuse aucunement un scénario aussi peu innovant. Les péripéties de Scream 4 s’avèrent si prévisibles et les réactions des héros tellement grotesques qu’on se croirait presque dans un Scary Movie ! Et plus le film nous assène ses réflexions érudites sur les films d’horreur, plus le scénario nous afflige par sa paresse et son laxisme. D’autant que Wes Craven semble avoir perdu la main dans le domaine de la mise en scène de purs moments d’épouvante. Le savoir-faire de l’auteur des Griffes de la Nuit et de L’Emprise des Ténèbres brille ici par son absence.

 

Rien ne fait vraiment peur dans ce Scream 4, dont la médiocrité formelle se double d’un nombrilisme hallucinant (ici, la référence absolue en matière de slasher n’est plus Halloween mais Scream) et d’une condescendance agaçante vis-à-vis du cinéma de genre. Les nombreux conflits survenus pendant la confection du film (notamment le départ précipité de Kevin Williamson en cours de tournage) n’ont probablement pas joué en sa faveur. Mais on espérait tout de même autre chose que cet exercice pédant truffé de répliques référentielles complètement à côté de la plaque (la palme revient à cet improbable « Fuck Bruce Willis ! »). La révélation finale relance tardivement l’intérêt, mais hélas les ultimes rebondissements font à nouveau sombrer le métrage dans le Vaudeville poussif. Et dire que c’est le point de départ d’une nouvelle trilogie…

 

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Wes Craven - Communauté : Horrorkult.com
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 00:39

 Attention, si vous avez six minutes devant vous, regardez donc la vidéo qui va suivre. Il s'agit de l'époustouflante entrée en matière de Sucker Punch, la dernière folie de Zack Snyder ! Un moment de pur bonheur cinématographique, pictural et musical. merci à l'équipe de Warner qui m'a permis de partager cette intro mémorable avec vous !

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Cinema
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 09:22

Sucker-Punch.jpgde Zack Snyder (Etats-Unis)

Avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Oscar Isaac, Carla Gugino, Scott Glenn

 

 Zack Snyder n’a peur de rien, pas même de mettre sa carrière en danger via un projet échappant à toutes les normes établies à Hollywood.  L'Armée des Morts, 300 et  Watchmen étaient déjà des paris risqués, mais Sucker Punch les bat à plate couture dans ce domaine, tant le concept même s’avère casse-gueule. Au lieu de s’appuyer sur un film l’ayant précédé ou sur un roman graphique, Zack Snyder ne se repose ici que sur sa propre imagination et s’intéresse à une jeune fille internée de force dans un hôpital psychiatrique par un beau-père abusif.

 

L’intrigue se situe quelques décennies en arrière, à l’époque où le traitement des malades mentaux se soldait par des méthodes radicales telles que la lobotomie. Et c’est le sort qui attend inéluctablement notre triste protagoniste. Pour échapper à cette réalité atroce, elle s’évade dans un monde parallèle qui n’est que le reflet déformé de son environnement. L’hôpital se transforme alors en un établissement étrange à mi-chemin entre le club de danse et la maison close, les infirmiers se muent en proxénètes mafieux et la psychiatre en chef devient une mère maquerelle / professeur de danse. Dans cet univers onirique, la jeune fille se fait appeler Babydoll et prépare un plan d’évasion imparable. Là, un second niveau de réalité virtuelle vient s’imbriquer au premier et nous fait basculer dans le fantastique le plus débridé…

 

Si Sucker Punch s’avère difficile à résumer, c’est sans doute parce qu’il s’affranchit souvent du langage parlé au profit d’une grammaire purement cinématographique. La prodigieuse séquence d’ouverture en témoigne. Dénuée de dialogue, purement visuelle, elle nous ramène aux grandes heures d’un cinéma expressif qui savait faire parler les plans au lieu des acteurs, celui d’Alfred Hitchcock et d’Orson Welles. Mais Snyder brise volontairement cette cohérence narrative lorsque son héroïne danse pour détourner l’attention de ses oppresseurs. Là, Babydoll et ses compagnes d’infortune basculent dans d’autres mondes qui semblent empruntés à l’imaginaire d’un petit garçon des années 2000. La musique appuie l’effet anachronique, à travers des reprises de tubes des Beatles, d’Eurythmics, de Bryan Ferry, d’Iggy Pop ou de Queen.

 

Quant à l’imagerie sollicitée, elle puise tous azimuts dans le fantastique et la science-fiction les plus débridés : samouraïs colossaux, robot géant, zombies nazis, dragons cracheurs de feu, trolls enragés, armada d’androïdes s’animent ainsi sous nos yeux ébahis, au sein de titanesques séquences de bataille dont l’indéniable générosité est quelque peu gâchée par un traitement tout numérique et des chorégraphies excessives qui se réfèrent trop frontalement à l’univers des jeux vidéo. Là où Peter Jackson, avec  Lovely Bones, s’efforçait de visualiser le parcours onirique d’une adolescente des années 70, Snyder fait fi de toute logique en plaquant ses propres fantasmes ludico-guerriers dans le cerveau de Babydoll. Le résultat est parfaitement déstabilisant, mais aussi extrêmement touchant. Car derrière les créatures imaginaires se dissimulent des monstres humains qui détruisent peu à peu la vie, la virginité et les rêves d’une jeune fille dont la seule échappatoire demeure l’imagination…

 

© Gilles Penso

Thema:  Rêves, Zombies, Dragons, Robots

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Autres Mondes...
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Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 17:25

Femme reptile(The Reptile)

de John Gilling (Grande-Bretagne)

avec Ray Barrett, Jacqueline Pearce, Jennifer Daniel, Noel Willman, Michael Ripper, John Laurie, Marne Maitland

 

Dans la mouvance de La Gorgone de Terence Fisher, dont il écrivit le scénario, John Gilling nous propose les forfaits d’une nouvelle femme-serpent, à l’occasion de ce film curieux tourné quasiment en même temps que L’Invasion des Morts-Vivantset dans les mêmes décors. L’intention est visiblement de varier les plaisirs en diversifiant le bestiaire classique de la Hammer, déjà gorgé à outrance de vampires, de monstres de Frankenstein et de loups-garous. L’intrigue se situe dans un village des Cornouailles, où une succession de morts mystérieuses s’accumule sans répit.

 

Chaque victime est retrouvé figée, le visage embruni et l’écume au lèvre, comme si elle avait été victime d’une attaque. Superstitieux, les villageois enterrent en silence chaque trépassé, persuadés d’être victimes d’une malédiction immémoriale. La dernière victime en date est Charles Spalding, qui lègue une mignonne maison de campagne à son frère Harry. Celui-ci se rend donc dans le petit village, en compagnie de son épouse Valerie, et s’y installe sous l’œil mauvais des habitants qui, de toute évidence, n’apprécient guère les étrangers. En découvrant le cadavre d’un vagabond, Harry et Valerie sont confrontés de plein fouet à la fameuse malédiction, et décident d’enquêter. Leurs investigations les mènent jusqu’à la vaste demeure du docteur Franklyn, qui vit avec sa fille Anna et un étrange serviteur au sourire inquiétant…

 

L’atmosphère mystérieuse du film est son atout majeur, car cette Femme Reptile souffre par ailleurs d’une mise en scène théâtrale, d’un scénario qui se traîne et d’un casting bien fade, à l’exception peut-être de Noel Willman, qui semble marcher sur les traces de Christopher Lee en campant l’étrange docteur Franklyn. (attention: spoilers) La clef de l’énigme est des plus insolites. Car l’auteur des crimes n’est autre que la douce Anna, laquelle se mue régulièrement en femme-cobra depuis que son père, professeur en théologie, a accédé à des connaissances interdites auprès de peuplades primitives de Malaisie. Depuis, sa progéniture est envoûtée, et plante régulièrement ses crocs envenimés dans la gorge de tous ceux qui s’aventurent chez elle. (fin - provisoire - des spoilers) Cette idée scénaristique, qui n’est finalement qu’une variante du vampirisme décliné maintes fois par les studios Hammer, est visualisée par un maquillage outrancier qui tire son efficacité de la furtivité de ses apparitions.

 

Car malgré son imagination et ses bonnes intentions (ici, il s’et même efforcé de mouler la peau d’un vrai cobra pour réaliser ses prothèses), Roy Ashton, maquilleur attitré des films d’horreur estampillés Hammer, n’a jamais fait dans la dentelle, ses  créations souffrant systématiquement de la comparaison avec celles du grand Jack Pierce, concepteur visuel des monstres mythiques d’Universal. (attention: re-spoilers) Comme il se doit, La Femme Reptile s’achève par un grand incendie ravageant la maison maudite des Franklyn et anéantissant l’infortunée Anna, au sein d’un climax qu’on aurait espéré plus imaginatif et moins expéditif. (vraie fin des spoilers) L’œuvre demeure donc mineure, mais elle témoigne de l’inépuisable imagination d’une petite famille de cinéastes britanniques s’étant efforcés au fil des ans de satisfaire les amateurs d’horreur en tout genre.

 

© Gilles Penso

Thema: Reptiles et Volatiles

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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