AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 01:14

I-Spit-On-Your-Grave-Poster-originalde Meir Zarchi (Etats-Unis)

Avec Camille Keaton, Eron Tabor, Richard Pace, Anthony Nichols, Gunter Kleemann, Alexis Magnotti, Terry Zarchi

 

Descendant contre-nature de Délivranceet de La Dernière Maison sur la Gauche, ce surprenant I Spit on your Grave est un film OVNI, d’une noirceur à la limite du soutenable, dont les intentions et la morale nous échappent quelque peu. Film voyeuriste et malsain pour pervers en tout genres ? Film d’horreur « survival » dans la droite lignée de Massacre à la Tronçonneuse ? Drame psychologique dénonçant la violence à la manière des Chiens de Paille ? Film féministe au ton revanchard (comme le laisserait entendre son autre titre connu, Day of the Woman) ? A vrai dire, la classification de I Spit on your Grave est des plus malaisées, mais la dernière option pourrait bien être la bonne, dans la mesure où Meir Zarki eut l’idée de ce film après avoir porté secours à la jeune victime d’un viol, à l’encontre d’une police désespérément inerte.

 

Son infortunée héroïne est une romancière du nom de Jennifer Hill, interprétée par la splendide Camille Keaton, petite-nièce du grand Buster en personne. Elle fuit la ville pour terminer calmement son dernier livre dans une charmante maison de campagne au bord de l’eau, en lisière d’une petite ville du Sud. Mais sa beauté ingénue finit par attirer l’attention d’un pompiste libidineux, de l’idiot du village et de deux bons à rien qui passent le plus clair de leur temps à jouer au couteau ou à faire des ronds dans l’eau avec leur barque à moteur. Un jour, poussés par leurs instincts les plus bestiaux, tous les quatre fondent sur elle comme des oiseaux de proie et la violent à tour de rôle, pendant trois quarts d’heure particulièrement éprouvants pour le spectateur. Humiliée, tabassée, laissée pour morte, Jennifer se remet douloureusement de la quadruple agression et panse une à une ses blessures. Une fois d’aplomb, elle ne prévient pas la police, pas plus qu’elle ne quitte les lieux. La seule chose qui l’anime désormais est la soif de vengeance. Muée en véritable ange exterminateur, elle attire donc chacun de ses agresseurs dans ses filets séducteurs et leur réserve un sort des moins enviables. L’un finit pendu à un arbre, l’autre émasculé dans une baignoire, le troisième abattu à coup de hache et le dernier réduit en charpie par l’hélice d’un bateau.

 

Voilà pour le scénario, cinglante démonstration d’autodéfense réduite à sa plus simple expression. La mise en scène est à l’avenant, exempte d’effets de style, épaulée par des comédiens sobres et des dialogues épurés. Pour autant, Meir Zarchi n’opte pas pour une forme pseudo-documentaire, avec caméra portée, improvisations des comédiens et gros grain à l’image. Il assume au contraire pleinement le statut fictionné de son film, contrairement à La Dernière Maison sur la Gauche par exemple, qui puisait une grande partie de son impact sur son réalisme cru. I Spit on your Grave est donc un film ô combien déroutant, l’un des plus marquants fleurons d’un sous-genre insolite et parfois douteux connu sous l’appellation de « rape revenge ». Le slogan de l’époque ne reculait devant aucune démesure : « Cette femme vient de découper, hacher, écrabouiller et brûler cinq hommes jusqu’à les rendre méconnaissables… Mais aucun jury américain ne la condamnera ! »

 

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 01:24

Gulliver(Gulliver’s Travel)

de Rob Letterman (Etats-Unis)

avec Jack Black, Jason Segel, Emily Blunt, Amanda Peet, Billy Connolly, Chris O’Dowd, T.J. Miller, James Corden, Catherine Tate

 

Malgré une boulimie qui l’incite à jouer dans tout et n’importe quoi, Jack Black est un acteur qui force la sympathie, ne serait-ce que pour ses prestations dans des œuvres aussi recommandables que King Kong ou Soyez sympa rembobinez. Le savoir en tête d’affiche d’une nouvelle adaptation du classique de Jonathan Swift, modernisée et parodique, n’avait a priori rien d’incongru. « Les Voyages de Gulliver » originaux étaient d’ailleurs des écrits extrêmement cyniques, jouant sur les codes de l’odyssée fantastique et sur les lois de la relativité pour mieux décrier les travers des contemporains de leur auteur.

 

Avec Rob Letterman derrière la caméra (spécialiste de l’animation à qui nous devons notamment le savoureux Monstres contre Aliens) et Joe Stillman à la co-écriture du script (Shrek, Shrek 2, Planète 51), une bonne tranche de rigolade semblait au menu. Hélas, l’humour rase ici les pâquerettes et le cynisme se limite à quelques références balourdes à la culture pop américaine juxtaposées les unes aux autres comme autant de gros clins d’œil faussement complices adressés aux spectateurs. Star Wars, Titanic, X-Men, Avatar sont convoqués à tour de rôle, mais sans la nostalgie sincère d’un Michel Gondry, une telle accumulation embarrasse plus qu’elle n’amuse. Jack Black incarne donc un Lemuel Gulliver du 21ème siècle. Modeste employé préposé au courrier dans les locaux d’un grand journal, il est secrètement amoureux de la rédactrice Darcy Silverman (Amanda Peet). Suite à un quiproquo, le voilà qui part en reportage au beau milieu du Triangle des Bermudes. Naufragé après avoir été happé par un cyclone, il échoue sur l’île de Lilliput et fait la rencontre de ses minuscules habitants, en guerre perpétuelle contre leurs voisins de Blefescu.

 

Les figures visuelles imposées par l’œuvre initiale sont logiquement intégrées au film (Gulliver ficelé sur la plage, luttant contre la flotte ennemie, s’asseyant dans la cour du château royal) et prennent corps par l’entremise de trucages supervisés par Jim Rygiel (les trois Seigneurs des Anneaux, La Nuit au Musée, Narnia 3). Mais ces effets visuels ne comblent évidemment pas les trous d’un scénario aussi peu étanche qu’une tranche de gruyère, d’autant que des prouesses techniques très similaires étaient déjà appréciables dans les versions précédentes du roman, notamment celles de Jack Sher (1960) et Charles Sturridge (1996). Quelques gags font tout de même mouche (la première partie située à Manhattan, le recyclage des paroles du « Kiss » de Prince pour séduire la belle princesse) mais la plupart d’entre eux se cantonnent à des farces d’école maternelle (comme lorsque l’un des Lilliputiens est écrasé par les fesses du héros déculotté). Même les idées les plus folles du script (Gulliver affrontant un robot géant d’inspiration nippone) tournent court, faute d’une exploitation correcte de leur concept (où est le combat titanesque tant attendu ?). Bref, pas grand-chose à sauver de ce long sketch pataud qui n’a su conserver ni la drôlerie, ni la subversion de son modèle littéraire, et dont la morale lénifiante se résume à : « il n’y a pas de petits métiers, il n’y a que de petites personnes… »

 

© Gilles Penso

Thema: Nains et géants

Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 14:22

Insane(Storm Warning)

de Jamie Blanks (Australie)

avec Nadia Farès, Robert Taylor, David Lyons, Mathew Wilkinson, Joh Brumpton, Jonathan Odham


De la part du réalisateur d’Urban Legend et de Mortelle Saint Valentin, on n’attendait forcément pas grand-chose. Mais avant de se retrouver à la tête de ces purges post-Scream édulcorées jusqu’à l’excès par des producteurs à côté de la plaque, Jamie Blanks était un fan d’horreur dans la pure tradition des slashers des années 70/80. Pour pouvoir s’adonner à son genre favori sans subir les desideratas des studios américains, il retourna dans son Australie natale et s’acoquina avec le scénariste Everett de Roche, à qui nous devons quelques petits bijoux océaniques tels que Patrick, Harlequin, Long Week-End ou Razorback.

 

De leur collaboration est né Insane, un survival dont le scénario ne déroge guère aux lieux communs du genre mais dont la mise en scène et les performances d’acteurs forcent le respect. Tout se met en place selon des codes bien établis : un avocat australien et son épouse française (Robert Taylor et Nadia Farès) décident de s’octroyer une bouffée d’air frais en s’aventurant à bord d’une frêle embarcation de pêche. L’orage qui couve ne les inquiète pas outre mesure, les incitant plutôt à braver les intempéries au lieu de rebrousser chemin. Cette obstination un peu absurde est surtout l’apanage du fier époux, sa moitié laissant transparaître une relative docilité.

 

Mais la nature reprend vite ses droits et nos yuppies en vadrouille sont forcés d’accoster la première île venue, sur laquelle ils ont toutes les peines du monde à trouver le moindre signe de civilisation… A l’exception d’une ferme crasseuse et délabrée apparemment déserte. Tels Boucle d’Or dans la demeure des trois ours (une référence que le scénario assume pleinement en citant nommément le conte lui-même), nos tourtereaux s’immiscent dans les lieux, en quête d’un téléphone ou d’un véhicule susceptible de les ramener vers des terres moins hostiles. En découvrant un hangar mué en serre à marijuana, ils comprennent un peu tard qu’ils sont allés trop loin. Et c’est justement le moment que choisissent les trois ours (en l’occurrence deux frères et leur père qui rivalisent de tares et de vices) pour rentrer à la maison. Le choc social et culturel bascule alors bien vite dans le cauchemar, suivant une mécanique parfaitement huilée depuis le séminal Délivrance.

 

Mais ce schéma narratif connu n’empêche nullement Insane d’exhaler sa propre personnalité et un style unique, dû au savoir-faire indéniable d’un cinéaste enfin libéré de ses entraves. La violence physique n’intervient que tardivement, Blanks prenant tout son temps pour construire minutieusement un climat étouffant et oppressant, à l’image de cet orage qui couve dangereusement et qui donne au titre original Storm Warning tout son sens. Mais lorsque le sang finit par couler, c’est avec une brutalité excessive et subite qui laisse bouche bée et qui mue le troisième acte du film en véritable jeu de massacre dénué de la moindre concession. La conviction des comédiens et les tours de force visuel de Blanks (qui recourt une fois de plus à ses fameuses prises de vues en plongée totale et compose au passage une bande originale énergisante) rendent finalement très recommendable ce survival à l’ancienne.

 

http://www.cinetrafic.fr

 

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 13:49

 

Medusa

titre

 

The name Ray Harryhausen may not be familiar to everyone but to those who do know it, his name stands as a landmark in the history of a genre and cinematic art, the art of dimensional stop-motion animation. Ray made his name by developing fantastic stories and creatures based on legends and mythology and creating a unique genre of fantasy films during the 1950s, 60s and 70s that took the movie making world, and the public, by storm. Ray Harryhausen stands as a beacon to today’s fantasy filmmakers as the creator who inspired them and made the impossible possible.  

 

At last, here is Ray Harryhausen: Special Effects Titan, the definitive documentary about this living legend. Aside from interviews with the great man himself, shot over five years, there are also interviews and tributes from a lot of filmmakers and special effects artists such as Steven Spielberg, James Cameron, Tim Burton, Peter Jackson, Terry Gilliam, John Landis, Joe Dante, Guillermo del Toro, Robert Zemeckis, Rick Baker, Phil Tippett, Dennis Muren, Douglas Trumbull and many many more…

 

• Rhedosaurus 2

 

For the first time Ray have provided unprecedented access to film all aspects of the collection including models, artwork and miniatures as well as Ray's private study, where he designed most of his creations, and his workshop where he built them. In addition the documentary will use unseen footage of tests and experiments. Never before has so much visual material been used in any previous documentary about Ray.

 

This definitive production will not only display a huge part of the unique collection but will illustrate the influence that Ray's work has had on film makers during the past fifty or so years.

 

Watch this space for further updates and screening dates.

 

• Skeletons 2

 

Film clips:

The first trailer

The second trailer

Dynamation explanation by the great animator Randy Cook

 

Stills:

Models gallery

Casting gallery

Behind the scenes

 

Websites:

The Official Ray Harryhausen Website

The Internet Movie Database

The Facebook Page

 

Reviews:

Bleeding Cool (US)

Sci-Fi Universe (french)

L'Ecran Fantastique (french)

Cinemafantastique.net (french)

Forgotten Silver (french)

Paperblog (french)

Colossa (spanish)

 

 

Written and directed by

Gilles Penso

 

Produced by

Alexandre Poncet

 

Associate producer

Tony Dalton

 

Original music

Alexandre Poncet

 

Animated sequences

Sacha Feiner

 

Editing

Gilles Penso

 

With

Ray Harryhausen

James Cameron

Steven Spielberg

Peter Jackson

Tim Burton

John Landis

Joe Dante

Terry Gilliam

Robert Zemeckis

Guillermo del Toro

Nick Park

Simon Pegg

John Lasseter

Henry Selick

Rick Baker

Phil Tippett

Dennis Muren

Randy Cook

Ken Ralston

Douglas Trumbull

Vincenzo Natali

Jean-Pierre Jeunet

Peter Lord

Caroline Munro

Martine Beswick

Colin Arthur

Christopher Young

Greg Broadmore

Andrew Jones

Robert Townson

Vanessa Harryhausen

Tony Dalton


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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 00:48

ghosts-of-marsde John Carpenter (Etats-Unis)

Avec Natasha Henstridge, Ice Cube, Jason Statham, Clea DuVall, Pam Grier, Joanna Cassidy, Richard Cetrone, Rosemary Forsyth

 

A l’aube du vingt et unième siècle, Hollywood s’est aussi subitement qu’éphémèrement passionné pour la planète Mars, comme en témoignent notamment Mission to Mars et Planète Rouge. Dans la même mouvance, John Carpenter s’est lancé dans Ghosts of Mars, l’occasion pour lui de combiner ses trois genres de prédilection : le western, la science-fiction et l’horreur. Le récit se situe 500 ans dans le futur, sur la planète écarlate, et met en vedette une unité de police dirigée par Melanie Ballard (la sculpturale Natasha Henstridge, ex-Mutante, remplaçant Courtney Love à la dernière minute). Leur mission : transférer un dangereux prisonnier nommé Desolation Williams (Ice Cube). Mais lorsqu’ils arrivent dans la petite ville de Chryse, ils constatent que tout le monde ou presque a été assassiné par une horde de sauvages inhumains armés jusqu’aux dents. Ceux-ci sont en réalité d’anciens ouvriers possédés par l’esprit des Martiens, et dont le but est d’éliminer purement et simplement la race humaine.

 

Tourné intégralement de nuit au Nouveau-Mexique, le film, raisonnablement distrayant, regorge de réminiscences à l’univers de Carpenter. Le commissariat de police violemment assiégé évoque évidemment Assaut, l’entité extra-terrestre qui voyage de corps en corps nous renvoie bien sûr à The Thing, et les batailles rangées entre les héros et les bandes meurtrières rappellent celles de New York 1997 et Los Angeles 2024 (avec en prime un nouveau personnage haut en couleur incarné par Pam Grier). Ces dernières séquences sont d’ailleurs joliment chorégraphiées, et se permettent quelques écarts gore surprenants, notamment bon nombre de mutilations et de décapitations à coup de projectiles tranchants.

 

Carpenter profite également de cette histoire de Martiens antédiluviens influençant la comportement des humains pour rendre une nouvelle fois hommage à l’un de ses films de chevet, Les Monstres de l’Espace, dont il fit quasiment un remake avec Prince des Ténèbres. Assez curieusement, Ghosts of Marsadopte le choix d’une narration complète en flash-back, Melanie Ballard racontant sa mésaventure à un juge martial. Ce parti pris, pas vraiment justifié, ôte de plus un enjeu au film : jamais le spectateur ne s’inquiète du sort de la belle policière, puisqu’il sait qu’elle a survécu à toutes les épreuves qu’elle relate. Plus bizarrement, au sein même de ce grand flash-back, de nombreux autres flash-backs s’insèrent, chaque personnage racontant des événements auxquels il a assisté, jusqu’à ce que l’intrigue se perde dans des tiroirs narratifs qui relèvent plus du gimmick que de la trouvaille scénaristique.

 

Prolongeant les expérimentations qu’il avait inaugurées dans Vampires, John Carpenter truffe désormais sa mise en scène de fondus enchaînés à la John Woo qui, eux aussi, semblent faire office de gadgets esthétique dans la mesure où leur usage excessif ne renforce en rien à l’impact du film. Quant au dénouement, il s'avère à la fois illogique, expéditif et dénué de la moindre finesse. Malgré tout, Ghosts of Marsrelève le niveau d’un Los Angeles 2024 et d’un Vampiresqui avaient placé la barre assez bas malgré quelques poignées de séquences assez jouissives. Un John Carpenter pas vraiment imperissable donc, mais efficace, bien rythmé, et qui se regarde d’un bout à l’autre sans déplaisir. C’est déjà pas mal.

 

© Gilles Penso

 

Thema: Extra-Terrestres

 

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 09:16

Prisonnières des martiens(Chikyu Boeigun)

De Inoshiro Honda (Japon)

Avec Kenji Sahara, Yumi Shirakawa, Momoko Kochi, Akihiko Hirata, Takashi Shimura, Susumu Fujita, Fuyuki Murakami

 

Premier film de science-fiction japonais à bénéficier du format cinémascope couleur, Prisonnières des Martiens s’est érigé dès sa sortie en classique du genre, et ce malgré une intrigue des plus improbables qui semble avoir inspiré celle de Mars Needs Women. La jolie fête des moissons qui ouvre le film est soudain perturbée par un curieux incendie de forêt, suivi par un glissement de terrain et par l'arrivée impromptue d'un robot géant et dévastateur.

 

Les habitants de Mystéroïd (et non de Mars, contrairement à ce que laisse imaginer le titre français) ont débarqué sur Terre suite à la destruction de leur planète par une catastrophe nucléaire et exigent deux choses : une parcelle de terrain et surtout quelques jolies terriennes triées sur le volet afin d'assurer leur descendance. Les effets de la radioactivité les empêchent en effet de se reproduire entre eux. Fasciné par les pouvoirs et l’intelligence des envahisseurs, un jeune savant humain se rallie à leur cause. A cette collaboration s’oppose un mouvement de résistance, reflet à peine caché des expériences personnelles qu’Inoshiro Honda vécut pendant la seconde guerre mondiale.

 

Un véritable grain de folie nimbe la direction artistique et les effets spéciaux du film, assurés par Eiji Tsuburaya, truqueur attitré de tous les premiers Godzilla. Hélas, la réalisation technique s’avère rarement à la hauteur des ambitions initiales. D’où des lignes de cache bien visibles (comme lorsque les protagonistes contemplent l'effet d'un glissement de terrain) et des incrustations sur fond bleu franchement épouvantables (notamment le tank qui avance vers le dôme extra-terrestre). Mais la palme du ridicule revient tout de même au robot des Mysterians, un bibendum caoutchouteux et pataud au vague look de samouraï, affublé d'un bec d’oiseau et de petites antennes, qui sème une panique godzillesque au début du film. Quelques jolies maquettes évoquent les Thunderbirds, mais la plupart d'entre elles ressemblent trop à des jouets pour qu'on puisse y croire une seconde.

 

Par ailleurs, certains grands moments d'humour involontaire émaillent le film : le présentateur TV qui, après l'attaque du robot et l'invasion des soucoupes volantes, affirme « cela confirmerait peut-être l'existence des extra-terrestres », ou encore les Mysterians qui choisissent d'après photo les femmes dont ils ont besoin pour se reproduire ! Si on ajoute le look Bio Man avant l'heure des extra-terrestres et les soucoupes volantes à la Ed Wood, on comprend à quel point il est difficile de prendre le film au sérieux, malgré son statut d’œuvre référentielle aux yeux de nombreux fantasticophiles. La seconde moitié de Prisonnières des Martiens est structurée autour d’un affrontement épique entre extra-terrestres et militaires, au cours duquel le rayon des envahisseurs fait fondre les canons et les tanks de l'armée, comme le faisait Gort dans Le Jour où la Terre s'arrêta. Le Japon et les Nations-Unies parviendront finalement à éradiquer la menace grâce à la mise au point des « markalites », de gigantesques antennes paraboliques conçues pour bombarder les Mysterians avec un rayon destructeur imparable.

 

© Gilles Penso

 

Thema: Extra-Terrestres

 

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 01:18

Invasion vient de mars(Invaders From Mars)

de Tobe Hooper (Etats-Unis)

avec Hunter Carson, Karen Black, James Karen, Timothy Bottoms, Larraine Newman, Louise Fletcher

 

Tobe Hooper à la réalisation, Dan O’Bannon au scénario, Menahem Golan et Yoram Globus à la production : cette équipe avait déjà fait ses preuves sur Lifeforce, même si le public n’avait pas particulièrement ovationné cette histoire de vampires mâtinée de science-fiction. Pas démontés pour autant, nos quatre hommes se retrouvent à l’occasion d’un remake des Envahisseurs de la Planète Rouge. Les familiers du « classique » de William Cameron Menzies ne sont pas dépaysés, dans la mesure où le récit du film original n’a pas bougé d’un poil. Une nuit, le petit David Gardner (Hunter Carson) croit apercevoir un ovni qui atterrit derrière une colline, à deux pas de sa maison.

 

Alerté, son père (Timothy Bottoms) se rend sur place, mais lorsqu’il revient son comportement devient étrange. Bientôt, la mère de David (Larren Newman) agit elle aussi très bizarrement, tout comme les policiers du coin, sans compter son institutrice, la très revêche madame McKelch (Louise Fletcher), que David surprend en train de dévorer une grenouille vivante ! Cette déshumanisation inquiétante de tout son entourage s’étend même à sa petite camarade Heather. Tous les « contaminés » ont un point commun : ils portent une blessure étrange sur la nuque. Paniqué, David trouve refuge auprès de Linda Magnusson (Karen Black), l’infirmière de l’école. Celle-ci demeure cependant incrédule, jusqu’à ce que David ne l’emmène dans le repaire souterrain des extra-terrestres…

 

Si le scénario des Envahisseurs de la Planète Rouge reste quasiment inchangé, O’Bannon et Hooper évacuent la paranoïa très premier degré, typique des années 50, au profit d’un humour référentiel qui semble hérité des œuvres de Joe Dante et John Landis. David regarde ainsi un extrait de Lifeforce sur son téléviseur, son école s’appelle Menzies, et Jimmy Hunt, qui incarnait le jeune héros du film original, joue ici un policier lâchant la réplique imparable : « Je suis déjà venu ici quand j’étais petit ». Les dialogues ne font d’ailleurs pas dans la dentelle, notamment lorsque le vénérable général Wilson (James Karen) affirme fièrement : « C’est pas des Martiens globuleux qui vont arrêter nos marines ! »

 

Les extra-terrestres sont la vraie surprise du film. Conçus par un Stan Winston en plein essor (avec déjà à son actif Terminator et Aliens), ils défient toutes les lois anatomiques et rendent difficilement décelable la présence des comédiens sous leur costume animatronique. Massifs, courts sur pattes, affublés de bras démesurés  et d’immenses gueules garnies de dents, ils témoignent d’une belle inventivité. Tout comme l’« intelligence suprême », relecture audacieuse du « bébé-méduse » initial. A ces trouvailles s’adjoint une direction artistique en rupture avec celle de Cameron Menzies, les décors et la technologie des Martiens révélant des atours organiques et bio-mécaniques dignes de H.G. Giger. Mais la réussite artistique du film ne parvient pas à transcender son script désespérément convenu et ses péripéties poussives. L’Invasion vient de Mars ne fera donc pas de merveilles au box-office et infléchira sérieusement la carrière de Tobe Hooper.

 

© Gilles Penso

 

Thema: Extra-Terrestres 

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 00:53

mars-attacks!-posterde Tim Burton (Etats-Unis)

Avec Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan, Natalie Portman, Michael J. Fox, Sarah Jessica Parker, Martin Short 

 

Contrairement à ses pairs hollywoodiens, qui ont souvent aimé faire du neuf avec du vieux en accumulant les remakes modernisés, Tim Burton tient généralement à préserver le look rétro de ses films et à citer ses sources. Mars Attacks !, en l’occurrence, s’inspire de cartes illustrées datant de 1962 et décrivant une invasion extraterrestre gore et burlesque. Dès le début du film, des milliers de soucoupes volantes venues de Mars encerclent la Terre. Quelle attitude adopter face à une telle situation ? C’est la question qui tourmente le président des Etats-Unis. Le général Decker prône l’attaque armée et l’extermination, et le professeur Kessler le dialogue et la compréhension. Lorsque les Martiens révèlent leur vraie nature, c’est hélas le premier qui semblait avoir raison.

 

Pour ce « bubble gum movie », Burton est parvenu à réunir un casting de rêve, comme à l’époque des films catastrophe des années 70. En tête d’affiche, Jack Nicholson est reconverti dans un double rôle de président affable et de businessman avisé. Ces deux interprétations conjointes évoquent la triple performance de Peter Sellers dans Docteur Folamour, une référence qui se confirme lors des grandes scènes de débats houleux dans la Salle de Guerre ornée d’une vaste carte du monde. La femme du président a pris les traits de Glenn Close, et sa fille ceux de Natalie Portman. A proximité, en professeur pacifiste et optimiste, Pierce Brosnan nous offre une composition extraordinaire, à mille lieues de James Bond. A leurs côtés, on trouve Michael J. Fox, Sarah Jessica Parker, Annette Bening, Danny de Vito, Martin Short, Pam Grier, Rod Steiger, Tom Jones, bref rien que du beau monde.

 

D’un point de vue technique, Tim Burton a opté pour des effets spéciaux ultra-sophistiqués, sans évacuer pour autant le parfum de nostalgie qui lui est cher. Du coup, les vaisseaux martiens sont les copies conformes de ceux des Soucoupes Volantes Attaquentanimés par Ray Harryhausen quarante ans plus tôt. Le robot géant qui pourchasse l’un des héros évoque aussi la SF des fifties, et lorsque les soucoupes s’échouent en mer, on croirait visionner le final des Survivants de l’Infini. Les Martiens eux-mêmes sont extraordinairement expressifs, d’autant que c’était la première fois qu’un long-métrage mettait en scène autant de personnages humanoïdes en 3D. Visuellement, Mars Attacks ! est donc une vraie réussite. Mais les débordements pyrotechniques et numériques finissent par nuire au film.

 

Les personnages n’étant finalement que des pions dans ce gigantesque jeu de massacre, le spectateur a toutes les peines du monde à leur accorder l’intérêt qu’ils sont supposés susciter. L’humour noir de Burton et son sens permanent de la dérision rattrapent souvent les carences de ce scénario-prétexte, mais l’auteur d’Edward aux Mains d’Argentsemble avoir oublié en cours de route la naïveté et surtout la sincérité qui le guidaient jusqu’alors. L'échec d'Ed Wood, l'un de ses films les plus personnels et les plus touchants, est probablement à l'origine de ce fâcheux changement de cap. Burton se contente ici de tout casser avec un cynisme qu'on ne lui connaissait pas. L'effet défoulant est garanti, certes, et en comparaison du navrant Independence Day de tels débordements anarchiques ne font pas de mal… mais on ne peut s'empêcher de préférer les films dans lesquels Burton aime ses personnages envers et contre tous.

 

© Gilles Penso

 

Thema: Extra-Terrestres 

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Tim Burton - Communauté : The SciFi Geeks
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 20:56

 

Chers fantasticophiles, voici la dernière bande annonce du documentaire Ray Harryhausen, le Titan des Effets Spéciaux, consacré à une légende vivante du cinéma fantastique et de science-fiction. Au menu : des images d'archives inédites, des témoignages exclusifs et la participation d'intervenants aussi prestigieux que Steven Spielberg, James Cameron, Tim Burton, Peter Jackson, Terry Gilliam, John Landis, Joe Dante, Guillermo del Toro, Robert Zemeckis, Jean-Pierre Jeunet, Edgar Wright, Nick Park, John Lasseter, Henry Selick, Caroline Munro, Ray Bradbury, Martine Beswick, Simon Pegg, Rick Baker, Phil Tippett, Dennis Muren, Douglas Trumbull et bien d'autres !

 

Co-produit par Freneticarts et The Ray & Diana Harryhausen Foundation, le film est actuellement en cours de post-production. Sa page IMDb est consultable ici.

 

 

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 23:53

 

Voici enfin le compte-rendu du dernier jour du 18ème Festival du Film Fantastique de Gérardmer. Les derniers films projetés, les dernières interviews et le palmarès :

 

Par Gilles Penso - Communauté : Cinema
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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