AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 00:27
de Tobe Hooper (Etats-Unis)
Avec Dan Byrd, Stephanie Patton, Denise Crosby, Alexandra Adi, Rocky Marquette, Courtney Peldon, Bug Hall, Tarah Peige


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Le DVD est disponible ici

Auteurs du remake de Toolbox Murders, Jace Anderson et Adam Gierasch retrouvent Tobe Hooper pour une histoire à mi-chemin entre l’univers de H.P. Lovecraft, les films de zombies et L’Invasion des Profanateurs de Sépultures. Jamie et Jonathan Doyle (Stephanie Patton et Dan Byrd) emménagent dans la petite ville de Santa Llorana, et prennent possession d’une maison sinistre avec leur mère Leslie (Denise Crosby), qui vient d’accepter un travail d’entrepreneur de pompes funèbres. En nettoyant ses instruments, Leslie se coupe la main et quelques gouttes de sang coulent au sol en défiant les lois de la physique, se déployant comme une plante grimpante à la croissance accélérée.

Ce n’est que le prélude d’une série d’événements insolites. Tandis que Jonathan voit des silhouettes courir furtivement dans le cimetière, Leslie découvre dans une ancienne crypte un épitaphe emprunté à « L’appel de Cthulhu » de Lovecraft : « Ce qui est trépassé ne reposera pas à tout jamais. En cette étrange éternité, même la mort peut s’arrêter. » Bientôt, deux adolescents portés disparus refont surface, agissant comme des morts-vivants et crachant des flots de sang. Puis ce sont les cadavres eux-mêmes qui se raniment, contaminés par une moisissure envahissante. Tous ces événements auraient-ils un rapport avec la légende de Ben Fowler, descendant difforme d’une famille de croque-morts censé vivre dans le cimetière ?

Dès les premières minutes du film, la partition de Joseph Conlan, lancinante et synthétique, évoque l’atmosphère des films de John Carpenter. Mortuary nous renvoie d’ailleurs directement au cinéma d’épouvante des années 80, souvent maladroit et peu subtil mais non exempt de charme. Et si le personnage de Ben Fowler, qui cache sa laideur dans une antre emplie de restes humains, semble cligner de l’œil vers Leatherface, Mortuary retrouve surtout le schéma de L’Invasion Vient de Mars : les adultes qui représentent l’autorité sont contaminés, et les héros adolescents ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Plusieurs seconds rôles pittoresques égaient le métrage, en particulier l’élu hilare et détestable (Greg Travis) qui félicite Leslie d’avoir choisi un endroit aussi stratégique pour installer sa petite entreprise (proche de l’autoroute la plus dangereuse de l’état et d’une maison de retraite !), le shérif bègue et incompétent (Michael Shamus Wiles) et la patronne du café, ex-hippie, qui affirme avec aplomb : « j’ai complètement perdu la mémoire entre les présidents Kennedy et Reagan, à cause du LSD et de la CIA ».

Pour autant, Mortuary n’est pas une parodie, contrairement à ce que laissait penser la promotion française s’encombrant d’une accroche grassement référentielle : « Massacre l’été dernier au sous-sol dans la dernière maison du cimetière à gauche de la colline. » A vrai dire, le film de Hooper ne sait pas trop sur quel pied danser, alternant les ambiances sinistres, les clins d’œils humoristique, les effets gore et des images de synthèse bas de gamme visualisant le monstre dans le puits à l’origine de tout (une plante carnivore qui évoque le Sarlaac du Retour du Jedi). Mortuary eut donc du mal à trouver son public et passa quelque peu inaperçu.

© Gilles Penso

Thema: Végétaux, Zombies, Freaks
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Tobe Hooper - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 18:39
(Los Niños / Quien Puede Matar a un Niño ?)
de Narciso Ibanez Serrador (Espagne)
avec Lewis Fiander, Prunella Ransome, Antonio Iranzo, Miguel Narros, Maria Luisa Arias, Marisa Porcel, Juan Cazalilla


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Le DVD est disponible ici

Attention: cette chronique révèle plusieurs rebondissements importants de l'intrigue.

Les Révoltés de l’An 2000
: derrière ce titre français pataud, qui laisse imaginer un thriller de science-fiction post-apocalyptique, se cache une perle rare signée par un metteur en scène atypique. Narciso Ibanez Serrador est en effet spécialisé dans les productions pour le petit écran, mais chaque fois qu’il s’en échappe, c’est pour s’aventurer sur un terrain cinématographique peu balisé. Nous lui devons ainsi La Résidence, un « giallo » ibérique vénéneux précurseur des travaux de Dario Argento. Le titre original des Révoltés de l’An 2000 (Quien Puede Matar a un Niño ?, littérallement « Qui peut tuer un enfant ? ») est autrement plus explicite. Il fut d’ailleurs traduit tel quel en Grande-Bretagne (Who Can Kill a Child ?), les Américains préférant les plus sobres Trapped (« Piégé ») ou Island of the Damned (« L’île des Damnés », référence évidente au Village des Damnés de Wolf Rilla).

Inspirée du roman « El Juego de los Niños » de Juan José Plans, l’intrigue s’installe sur une petite île perdue de Méditerranée. Là, un couple de touristes britanniques, dont la femme est enceinte, découvre que les enfants semblent avoir subi une mutation psychologique violente. En effet, ils se mettent à tuer méthodiquement tous les adultes, comme s’il s’agissait pour eux d’un simple jeu. La structure du scénario et plusieurs séquences évoquent beaucoup Les Oiseaux : un prologue assez long présentant le couple vedette tout en disséminant de petits indices avant-coureurs, l’arrivée sur l’île, une succession d’attaques de plus en plus révélatrices, la vision soudain terrifiante d’une multitude d’enfants agglutinés au bout d’une rue (équivalent des centaines de corbeaux accumulés sur la cage à poule chez Hitchcock, mais souligné ici par un thème proche de celui des Dents de la Mer), et l’attaque finale dans la maison transformée en refuge.

Mais Les Révoltés de l’An 2000 n’a rien d’un plagiat, et sa vision de l’enfance monstrueuse est très éloignée de celle du Village des Damnés, avec lequel il semble pourtant présenter de nombreuses similitudes. L’efficacité du film repose sur son rythme faussement paisible, sur sa sobriété et sur son réalisme. Ce parti pris ne rend que plus fortes les scènes choc : les enfants jouant à colin-maillard avec une serpe et le corps d’un vieil homme pendu par les pieds, l’assaut oppressant du dernier refuge des héros, la jeune femme enceinte réalisant que son bébé est en train de la tuer de l’intérieur, ou la bataille finale sur la barque.

Le film de Serrador bouscule quelques tabous (le héros n’hésite pas au bout d’un moment à tuer les agresseurs en culotte courte), le malaise étant amplifié par les mines angéliques des petits assassins. La seule véritable faute de goût du film est probablement son générique de début qui, sous prétexte d’expliquer au spectateur que les enfants sont les premières victimes de la folie des hommes, détourne des images documentaires où les enfants sont morts de faim, irradiés, battus… l’intention est claire et compréhensible, mais n’est-ce pas un abus de pouvoir que de se servir crûment de telles images pour servir un propos fictif et métaphorique ?

© Gilles Penso

Thema: Enfants

Cet article a été publié sur le site
Cinémafantastique.be
Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 15:09
(The Guardian)
de William Friedkin (Etats-Unis)
avec Jenny Seagrove, Dwier Brown, Carey Lowell, Brad Hall, Miguel Ferrer, Natalia Nogulich, Pamela Brull, Gary Swanson

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Quand on réalise en début de carrière des œuvres aussi définitives que French Connection, L’Exorciste ou Le Convoi de la Peur, la comparaison est généralement difficile face aux films ultérieurs. La Nurse
en est un bon exemple. Le sujet est original, la mise en scène habile et les comédiens convaincants. Mais de la part de William Friedkin, est-ce suffisant ? Le scénario adapte un roman de Dan Greenburg et prend pour héros Phil (Dwier Brown, second rôle dans Jusqu’au bout du rêve) et son épouse Kate (Carey Lowell, James Bond Girl de Permis de Tuer), qui s’installent dans une belle maison californienne en lisière de forêt. Lorsque Kate donne naissance au petit Jake, ils se mettent en quête d’une nourrice, par l’entremise de l’agence « Les Anges Gardiens ». Celle qu’ils sélectionnent, une étudiante férue de sport, meurt mystérieusement dans un accident de vélo.

Ils optent alors pour leur second choix, la séduisante Camilla (Jenny Seagrove, future vedette de la comédie romantique Amour sous influence). Camilla s’installe chez eux, s’occupe du bébé à merveille, et la situation semble idéale. Mais peu à peu, Phil se sent troublé par la présence de la belle nourrice, qui vient même le hanter jusque dans ses rêves érotiques. Un jour, alors qu’elle est seule dans la forêt avec Jake, trois voyous l’agressent. Un arbre immense et inquiétant, dans l’écorce duquel ou pourrait deviner une grimace monstrueuse, s’en prend alors à eux, décapitant, écrasant, dévorant et empalant les assaillants, avant que leurs corps ne soient dévorés par une horde de coyotes. Car Camilla n’est pas une fille comme les autres. Il s’agit d’un esprit de la forêt, doté de pouvoirs surnaturels et adorant un arbre druidique auquel elle sacrifie régulièrement des nouveaux-nés…Trop frontal, le scénario de La Nurse annonce la couleur dès sa première séquence et nous prive du même coup du doute délicieux qui sied si bien à de nombreux films d’épouvante depuis Rosemary’s Baby.

Camilla est-elle une créature maléfique ou tout se passe-t-il dans la tête de parents paranoïaques ? Cette question, le public ne se la pose jamais, et l’intrigue suit dès lors un fil bien linéaire. D’autre part, plusieurs séquences sombreraient carrément dans le ridicule si Friedkin n’y apposait pas la patte du grand réalisateur qu’il n’a jamais cessé d’être. Ainsi parvient-il à nous effrayer avec des visions quasi-surréalistes, comme Phil poursuivi dans les bois par Camilla soudain délivrée des lois de la pesanteur, la nurse étendue nue sur l’arbre vivant qui la caresse du bout des branches sous l’œil d’une meute de coyotes ou ces visages pétrifiés de bébés qui semblent gravés dans l’écorce. La mise en scène transcende du coup un scénario basique et souvent incohérent, et nous gratifie même d’un climax assez mémorable où Phil attaque l’arbre monstrueux à la tronçonneuse, provoquant des geysers de sang à chaque entaille, tandis que Camilla tombe en morceaux en hurlant. Certes, le film est mineur et tout à fait facultatif, mais il se laisse apprécier sans déplaisir. D’autant que Jenny Seagrove a sans doute trouvé là le rôle le plus intéressant de toute sa carrière.

© Gilles Penso

Thema: Végétaux, Sorcellerie
Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 13:37
(Zombi 2 / The Island of the Living Dead)
de Lucio Fulci (Italie)
Avec Tisa Farrow, Ian McCulloch, Richard Johnson, Al Cliver, Auretta Gay, Stefania d’Amario, Olga Karlatos


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Si George Romero est aux films de zombies ce que John Ford était au western, on peut affirmer sans vergogne que Lucio Fulci est aux zombies italiens ce que Sergio Leone était aux westerns spaghettis. Sa vision transalpine est donc plus brute, plus crue, et si l’aspect socio-politique des films de Romero y est totalement évacué, l’épouvante y prend une dimension différente, plus volontiers ancrée dans les peurs primales, les anciennes croyances et les rites païens. Indûment présenté comme la suite de Zombie (la véritable suite, Le Jour des Morts-Vivants, ne sera réalisée que six ans plus tard), cet Enfer des Zombies ressemble plutôt à une « préquelle », puisqu’il raconte comment les morts se mettent soudain à ressusciter sur l’île de Matoul, au beau milieu des Caraïbes, où sont pratiquées des cérémonies vaudou.

Alors qu’Anne Bowles (Tisa Farrow), la fille d’un médecin, et le iournaliste Peter West (Ian McCulloch) mènent l’enquête sur place, les morts-vivants, ramenés à la vie par une intense faim anthropophage, assiègent un hôpital de l’île où se sont terrés les rares survivants d’un épouvantable massacre, puis prennent la mer et finissent par envahir les rues de New-York. Cette image forte et inquiétante, qui clôt en beauté L’Enfer des Zombies, constitue un formidable prologue au chef d’œuvre de Romero, et propose une explication possible de la situation décrite dans Zombie, tout en faisant du coup abstraction des suppositions science-fictionnelles échafaudées dans La Nuit des Morts-Vivants.

Fidèle à son habitude, Fulci se raccroche à un scénario un peu chaotique et désordonné pour égrainer les scènes choc et les séquences gore du meilleur cru. Le prologue est déjà très impressionnant, puisqu’il décrit la lutte entre deux policiers et un zombie colossal à bord d’un navire fantôme accostant à Manhattan. Le mort-vivant finit à la mer où il égorge un requin, puis prend la fuite ! Le meilleur reste à venir, avec l’éveil d’un groupe de zombies conquistadors vieux de plusieurs siècles, sur la fameuse île, qui évoque quelque peu La Révolte des Morts-Vivants
d’Amando de Ossorio et distille la même poésie macabre, sans parler de l’assaut final qui pour sa part tourne à la gigantesque boucherie. Et puis il y a toujours, chez Fulci, la séquence ultra-gore, où l’excès sanguinolent le dispute à la gratuité totale. Ici, il s’agit de l’œil d’une malheureuse survivante crevé en gros plan et en temps réel par une écharde ! Du grand-guignol à l’état pur, soutenu par les effets de maquillage outranciers de Gianetto de Rossi.

L’Enfer des Zombies est probablement l’une des plus grandes réussites de Fulci, une œuvre sans concession accompagnée pas à pas par une partition lancinante signée Fabio Frizzi et Giorgio Tucci. Même s’il n’entretient aucun rapport officiel avec la trilogie de George Romero, le film fut titré Zombi 2 en Europe et Zombie aux Etats-Unis. Et dès lors, le coup d’envoi était donné à une série d’imitations italiennes plus ou moins heureuses, signées par des artisans tels qu’Umberto Lenzi (L’Avion de l’Apocalypse), Joe d’Amato (La Nuit Fantastique des Morts-Vivants), Marino Girolami (La Terreur des Zombies) et Bruno Mattei (Virus Cannibale).

© Gilles Penso

Thema: Zombies
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Lucio Fulci - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 23:38
(The Empire Strikes Back)
d'Irvin Kershner (Etats-Unis)
Avec Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford, David Prowse, Frank Oz, Anthony Daniels, Kenny Baker, Billy Dee Williams


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La bande originale est disponible ici

L'Empire Contre-Attaque
est probablement le plus riche des trois épisodes de la saga Star Wars. Situé au cœur même du combat entre le bien et le mal, il narre la partie la plus complexe, une espèce d'Acte II au cours duquel les personnages gagnent en profondeur. Luke a perdu de sa naïveté, Solo de son ironie, Leïa de sa froideur. Même Chewbacca semble moins sauvage. Quant à la terrible malfaisance de Vader, elle devient ambiguë, et se relativise à l'annonce d'une entité plus grande, plus puissante et plus maléfique encore. Chassés de la planète Yavin par les forces impériales après la destruction de l’Etoile Noire dans La Guerre des Etoiles, les rebelles se sont réfugiés sur Hoth, la planète de glace. Darth Vader les attaque avec les monstrueux robots At-At, et ils doivent à nouveau prendre la fuite.

Leïa, Han Solo, Chewbacca et C3P0 abandonnent le quartier général à bord du Faucon Millenium et se dirigent vers Bespin, la planète dans les nuages, où ils sont capturés par l'Empire. Pendant ce temps, Luke Skywalker et R2D2 se rendent sur la planète Dagobah pour y rencontrer Yoda, le maître Jedi, suivant les conseils d’Obi Wan Kenobi. Yoda forme Luke et lui enseigne la force. Mais Luke perçoit l'appel de ses amis et part les retrouver sur Bespin avant la fin de sa formation. Là, Darth Vader l'attend pour lui faire une terrible révélation, l’une des plus marquantes de l’histoire du cinéma.

Le travail conjugué d'Irvin Kershner et George Lucas, respectivement directeur d'acteurs et conteur d'histoire, est prodigieux. Les trois comédiens vedettes, dominés par le talent d'Harrison Ford, parviennent sans peine à sensibiliser des spectateurs pourtant sollicités par des effets spéciaux encore plus spectaculaires que ceux du film précédent. A ce titre, la traversée du champ d'astéroïdes, à couper le souffle, ou l'attaque des At-At, vertigineuses machines de guerre quadrupèdes, font désormais figure de scènes d'anthologie. Cette dernière séquence semble avoir été conçue comme un vibrant hommage aux effets spéciaux de Ray Harryhausen. « Nous tenions absolument à utiliser l'animation image par image de manière inédite par rapport à ce que les spectateurs avaient déjà pu voir par le passé » nous confie l’animateur Phil Tippett. (1)

Toute la richesse de cette incroyable saga, portée en germe dans La Guerre des Étoiles, s'affirme vraiment au cours de ce second volet. Et si L’Empire Contre-Attaque n’a rien perdu de sa modernité, contrairement au film précédent qui a pris entre-temps un petit coup de vieux, c’est sans conteste grâce à la mise en scène d’Irvin Kershner, parée d’une direction artistique exceptionnelle, au scénario écrit à quatre mains par Lawrence Kasdan et Leigh Brackett, écrivain de science-fiction en vogue depuis les années 40 et auteur du script de Rio Bravo, et à des séquences inoubliables, comme la formation de Luke par l’incroyable maître Yoda, qui permet à Lucas de développer le concept de la Force et de ses deux penchants. Et pour couronner le tout, L’Empire Contre-Attaque se paie le luxe d’évacuer tout happy-end, s’achevant sur une note sombre et ouvrant la voie au Retour du Jedi.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en avril 1998. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.


© Gilles Penso

Thema: Space-Opera, Robots
Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 18:46
(The Little Shop of Horrors)
de Roger Corman (Etats-Unis)
avec Jonathan Haze, Jackie Joseph, Mel Welles, Dick Miller, Myrtle Vail, Tammy Windsor, Leola Wendorff, Jack Nicholson


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Recyclant les recettes du Baquet de Sang qu’il réalisa en 1959, et s’inspirant de la nouvelle « Green Thoughts » de John Collier, Roger Corman signe avec La Petite Boutique des Horreurs une curiosité ayant atteint le statut tant convoité de film culte (il faut dire que le titre lui-même est une belle trouvaille). Déjà héros du Baquet de Sang en question, Jonathan Haze incarne Seymour Krelboin, modeste fleuriste chargé des livraisons. Amoureux d’une jeune fille aussi idiote que lui, Audrey (Jackie Joseph), il est menacé de licenciement économique dans la mesure où la boutique qui l’emploie, tenue par Gravis Mushnick (Mel Welles), ne se porte pas à merveille. Mais les choses changent lorsque Seymour crée par croisements une plante carnivore facétieuse mais extrêmement gloutonne qu’il baptise Audrey Jr et qui devient vite la coqueluche du quartier. Peu à peu, cette invention lui permet de gagner du respect, d’acquérir une petite renommée et même de séduire Audrey, première du nom. Mais la plante n’est assouvie que lorsqu’elle consomme du sang humain. Et son appétit semble hélas insatiable.

 La comédie, même si elle est noire et empreinte de fantastique, ne semble pas être le point fort de Roger Corman. Le jeu des acteurs, terriblement dénué de subtilité, les gags, incroyablement poussifs, et les dialogues, ineptes de bout en bout, contribuent à rendre le film exaspérant. Mais La Petite Boutique des Horreurs fait partie de ces « œuvres » dont la nullité fait un peu le charme. Tourné avec un budget de 27 000 dollars en deux jours et demi (sans compter quelques prises de vues additionnelles), à la manière d’une captation de pièce de théâtre, ce petit objet filmique sans prétention se situe à des kilomètres des films stylisés que Corman réalisera en adaptant Edgar Poe (la même année, il mettait en scène le somptueux La Chute de la Maison Usher). Ici, la caméra se contente d’enregistrer en plan large les gesticulations des comédiens dans un décor unique (édifié à l’origine pour une autre production qui, finalement, fut avortée avant son tournage), et le montage, purement fonctionnel, est très approximatif.

On gardera surtout en mémoire cette plante en pleine crise de croissance et au look de noix de coco ouverte qui crie inlassablement « A manger ! » (« Feeeed me ! » en V.O., avec la voix du co-scénariste Charles B. Griffith), ainsi que les interventions burlesques de Dick Miller dans le rôle d’un client qui mange les fleurs, ou encore la courte mais fameuse prestation de Jack Nicholson en client masochiste d’un dentiste sadique (« pas de novocaïne », supplie-t-il pour éviter les anesthésies, « ça attenue les sensations ! »). Sur les jaquettes vidéo et DVD du film, le poster initial sera d’ailleurs remplacé par un nouveau visuel laissant la part belle à Nicholson, devenu entre-temps une superstar. Désormais, son nom surplombe le titre et son portrait laisse imaginer qu’il incarne le personnage principal. La renommée de La Petite Boutique des Horreurs lui vaudra la mise en chantier d’un remake en 1986, signé Frank Oz, et une adaptation sur les planches sous forme de comédie musicale.

© Gilles Penso

Thema: Végétaux
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roger Corman - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 10:45
(The Return of Swamp Thing)
de Jim Wynorski (Etats-Unis)
avec Louis Jourdan, Heather Locklear, Sarah Douglas, Dick Durock, Joe Sagal, Ace Mask, Monique Gabrielle, Ralph Pace


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Habitué aux nanars fantastico-érotiques et aux budgets ridicules, Jim Wynorski s’est vu accorder des moyens largement plus conséquents qu’à son habitude pour diriger cette improbable suite de La Créature du Marais de Wes Craven. Suite que les distributeurs français ont traduit curieusement par Le Retour de la Créature du Lagon, entretenant un lien trompeur avec L’Etrange Créature du Lac Noir et annihilant du même coup les liens avec le film précédent. Au premier degré sinistre du premier Swamp Thing, Wynorski préfère largement la franche rigolade, et sa séquelle prend par moments les allures d’un Toxic Avenger, avec force gags stupides, séquences burlesques et dialogues décalés. Comme lorsque ce redneck pur jus, en voyant la créature, s’écrie : « un homme-choucroute ! », ou lorsque ce couple de gardes du corps compare ses cicatrices en imitant une des scènes cultes des Dents de la Mer.

Le look du monstre vedette, toujours campé par le cascadeur Dick Durock, a sérieusement été amélioré. Si le caoutchouc prédomine encore, la texture végétale et les proportions colossales de son corps ont gagné en crédibilité, tout en se rapprochant des dessins de Bernie Wrightson. Louis Jourdan lui aussi rempile dans le rôle du maléfique docteur Arcane. Transformé en bestiole grotesque puis abattu à la fin de La Créature du Marais, nous le retrouvons ici en pleine forme et sous des traits humains, via un prétexte scénaristique absurde et évasif. Devenu  émule du docteur Moreau, il bricole toutes sortes de croisements bizarres entre l’homme et diverses espèces animales, comme ces incroyables homme-éléphant, homme-hippopotame ou homme-cafard, dus à l’imagination fertile des maquilleurs Steve Neill, Michael Jones et Dean Gates. Cet excès de monstres nous donne droit à un combat homérique entre la créature vedette et une espèce de bestiole humanoïde à la tête en forme d’aspirateur visqueux, qui semble tout droit issue d’un Godzilla.

Pour aller au bout de la thématique de la Belle et la Bête, amorcée timidement par Wes Craven, Wynorski ose carrément la scène d’amour entre l’homme-plante et la blonde Heather Locklear. Mais ici tout est en retenue. Pas de sexe, pas l’ombre d’un sein dans ce Swamp Thing 2, malgré un casting féminin plutôt sculptural. Wynorski s’est donc considérablement assagi, donnant même la vedette à deux gamins déjantés qui tentent de photographier la créature du marais pour se faire un peu d’argent. Beaucoup plus proche de l’esprit du comic book, beaucoup plus fun et volontairement dérisoire, cette séquelle enterre donc sans conteste son triste prédécesseur.

Conscients qu’une nouvelle suite pourrait finir par lasser, les producteurs ont ensuite eu l’idée de poursuivre les aventures de la créature sur le petit écran, sous forme d’une série télévisée mettant une fois de plus Dick Durock dans la peau de l’homme-plante (de 1990 à 1993), puis d’une mini série animée diffusée en 1991 sur Fox Kids. Plusieurs produits dérivés suivirent (des jouets, des jeux vidéo), mais force est de constater que la Créature du Marais n’a pas encore vraiment eu l’adaptation filmée qu’elle méritait.

© Gilles Penso

Thema: Super-héros, Végétaux
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 17:40
(Swamp Thing)
de Wes Craven (Etats-Unis)
avec Louis Jourdan, Adrienne Barbeau, Ray Wise, David Hess, Nicholas Worth, Don Knight, Al Ruban, Dick Durock, Ben Bates


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Le DVD est disponible ici

La BD d'Alan Moore est disponible ici

Après quatre slashers fort remarqués par le public et la critique, Wes Craven plante sa caméra dans les marécages de la Caroline du Sud pour s’essayer à l’adaptation d’un comic book.  La Créature du Marais s’inspire ainsi des planches créées au début des années 70 par Len Wein et Bernie Wrighston. Le docteur Alec Holland (Ray Wise, futur personnage clef de la série Twin Peaks) y expérimente la création d’une nouvelle espèce vivante mixant l’animal et la plante, à l’abri des regards curieux dans son laboratoire perdu dans les marais. Evidemment, comme tout apprenti-sorcier qui se respecte, ses expériences se retournent contre lui, et le voilà transformé en monstre mi-homme mi-végétal. Le maléfique docteur Anton Arcane (Louis Jourdan, le méchant d’Octopussy), qui a eu vent de ses projets, compte bien capturer la créature pour lui voler sa formule qui, selon lui, pourrait lui donner accès à l’immortalité…

Visiblement, Wes Craven n’est pas à l’aise avec l’univers de la bande dessinée, tant il peine à trouver le ton juste et le traitement adéquat. Le scénario pioche un peu au hasard du côté de L’Etrange Créature du Lac Noir, La Belle et la Bête, King Kong ou Frankenstein sans trop savoir sur quel pied danser, et n’ose pas vraiment aborder de front la thématique écologique pourtant sous-jacente. L’intrigue se réduit à sa plus simple expression, les dialogues sont d’une indigence confinant à la stupidité, et les personnages sont de simples caricatures sans l’ombre d’une profondeur. Le public visé semblerait donc à priori être enfantin, mais la mise en scène du créateur de La Colline a des Yeux dément formellement cette première impression.

En effet, l’horreur pointe parfois le bout de son nez, comme ce bras coupé à la machette ou ces métamorphoses douloureuses, sans parler de cet érotisme incongru et gratuit au cours de deux scènes topless parfaitement déplacées. L’une nous dévoile les charmes indiscutables d’Adrienne Barbeau, ex-égérie de John Carpenter, se baignant langoureusement dans le marais. L’autre concerne une danseuse vaguement orientale en plein strip-tease tandis qu’une demoiselle à l’avant-plan voit son soutien-gorge dégrafé à la hâte par un mercenaire goulu ! On nage donc en plein n’importe quoi, et ni la photographie hideuse, ni la musique de supérette n’améliorent évidemment la chose.

Quant aux effets spéciaux, ils suscitent carrément l’hilarité, tant ils font peine à voir. La créature vedette est engoncée dans un costume en caoutchouc qui plisse aux articulations, et le monstre que devient Arcane à la fin du film n’aurait pas dépareillé chez Spectreman ou X-Or. Il s’agit d’une espèce de crocodile bipède affublé d’une perruque du plus ridicule effet. Certes, le budget alloué au cinéaste - trois millions de dollars - ne lui permettait guère de faire des merveilles, mais était-ce une raison pour bâcler autant l’aspect artistique de son film ? Probablement frustré par cette étrange expérience, Craven créa deux ans plus tard un monstre autrement plus convaincant : l’incontournable Freddy Krueger des Griffes de la Nuit.

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros,
Végétaux
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Wes Craven - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 12:29
(The Amazing Spider-Man)
de B.W. Swackhamer (Etats-Unis)
avec Nicholas Hammond, Lisa Eilbacher, Michael Pataki, David White, Bob Hastings, Thayer David, Robert F. Simon


Voir la bande annonce (document rare !)

Le comic original (en VF) est disponible ici

Alors que les DC Comics allaient connaître la consécration sur grand écran avec la grandiose adaptation de Superman par Richard Donner et les frères Salkind, la firme concurrente Marvel se devait de réagir en proposant une version filmée de son héros le plus populaire : le bien nommé Spider-Man, dont l’adaptation sous forme de série animée au milieu des années 60 avait connu un immense succès. Faute d’ambition ou de budget ? Toujours est-il que L’Homme-Araignée n’a connu sa première aventure live que sous forme de téléfilm, pilote d’une série TV tellement peu mémorable que personne ne semble s’en souvenir. Ce premier épisode, curieusement, a connu les honneurs du grand écran chez nous, accompagné d’un slogan tonitruant : « enfin au cinéma les aventures du super-héros Spider-Man ! ».

Nous sommes à New York, où le jeune Peter Parker (un Nicholas Hammond fade et guère expressif), photographe amateur passionné d’expériences scientifiques, s’aperçoit qu’après avoir été piqué par une araignée plongée dans un champ radioactif, il a le pouvoir de grimper le long des murs et de marcher au plafond. A cette agilité proprement arachnéenne, il va ajouter un fluide capable de se transformer en toile qu’il va projeter par les poignets. Il se tisse alors un costume rouge et bleu et combat les forces du mal. Judy Tyler (Lisa Eilbacher, une jolie blonde qui sert ici de substitut à la Gwen Stacy de la bande dessinée originale), dont le père est accusé à tort de meurtre, fait appel à lui. Il se retrouve ainsi confronté à une secte d’hypnotiseurs qui incite ses victimes au suicide et réclame à la ville de New York une rançon de 55 millions de dollars.

Au vu de ce piètre téléfilm, une question taraude tout le monde : comment diable Stan Lee et Steve Ditko, créateurs de la meilleure BD de super-héros du monde, ont-ils pu accepter pareille adaptation ? Les personnages sont outrancièrement caricaturaux, les acteurs ne ressemblent que de très loin à leurs ancêtres dessinés, et l’intrigue vaguement policière évacue toute possibilité de mettre en scène un super-vilain digne de ce nom. Le grand méchant, un certain Edward Byron incarné sans saveur par Thayer David, est ici réduit au rôle de gangster hypnotiseur… Et il faut bien avouer que la mise en scène d’E.W. Swackhamer, vétéran de la série TV américaine des années 60/70 (Bonanza, Ma Sorcière Bien Aimée, M*A*S*H, Anna et le Roi), ne cherche jamais à rehausser le niveau général, assurant le service minimum d’un téléfilm dénué de la moindre ambition artistique.

Quant aux effets spéciaux, ils sont tellement ridicules qu’ils entraînent systématiquement l’hilarité en cascade, notamment lorsque ce Spider-Man maladroit aux collants plissés et au masque trop serré est censé grimper aux murs, via d’abominables incrustations sur fond bleu inlassablement répétées. Fous rires assurés ! La partition funky de Johmire Spence, quant à elle, se laisse volontiers inspirer par le « Gonna Fly Now » de Rocky. Bref L’Homme Araignée est un nanar, un vrai, dont le seul intérêt aura été de nous montrer pour la première fois notre monte-en-l’air favori en chair et en os.

© Gilles Penso

Thema:
Super-Héros, Araignées
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 23:47
de Sam Raimi (Etats-Unis)
avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Alfred Molina, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Donna Murphy, Dylan Baker


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Le double DVD version longue est disponible ici

Après avoir si brillamment retranscrit l’univers de l’homme-araignée dans son extraordinaire Spider-Man, on imaginait mal comment Sam Raimi allait pouvoir se prêter au jeu de la séquelle en évitant les redites. C’était compter sans son talent, son inventivité et son grain de folie. Car si Spider-Man 2 reprend à son compte la quasi-totalité des composantes de son prédécesseur, c’est pour mieux les transcender. Plus drôle, plus émouvant, plus mouvementé encore que le premier film, Spider-Man 2 s’avère surtout plus profond. La première partie du scénario est une véritable épreuve émotionnelle, car notre pauvre Peter Parker y souffre le martyre, ballotté entre son incapacité à garder un travail fixe, ses déboires amoureux avec Mary-Jane Watson, son amitié chancelante avec Harry Osborn, ses échecs scolaires et les problèmes financiers de sa tante. Bref, c’est un éprouvant parcours du combattant, à l’issue duquel il accuse de tous les maux son alter-ego et décide d’abandonner le métier de super-héros.

D’où ce plan mémorable où la panoplie de Spider-Man gît dans une poubelle, tandis que Peter s’éloigne dans une ruelle sombre, de dos, abattu… Une image directement reprise à l’une des sublimes vignettes dessinées par John Romita. Car ce second Spider-Man parvient aussi à coller davantage à l’esprit du comic book original, s’inscrivant d’ailleurs dans une atmosphère atemporelle et colorée à mi-chemin entre le 21ème siècle et les années 60. D’où l’emploi du fameux tube « Raindrops Keep Fallin' On My Head » de Burt Bacharach. N’oublions pas que l’homme-araignée est avant tout une incontournable icône des sixties, au moins autant que les Beatles, que Sean Connery dans les premiers James Bond ou que Raquel Welch posant en peau de bête sur l’affiche d’
Un Million d’Années avant JC.

L’une des faiblesses du premier opus était l’apparence du Bouffon Vert, une espèce de Joker en résine peu fidèle à son modèle dessiné. La donne a changé ici, avec l’un des plus beaux super-vilains de l’histoire du cinéma, un Docteur Octopus magnifiquement interprété par Alfred Molina, dont les redoutables tentacules télescopiques sont animés d’une vie propre et annihilent peu à peu sa volonté. Cette véritable incarnation en chair, en os et en image de synthèse des dessins de Steve Ditko et John Romita, nous vaut quelques homériques séquences d’affrontements avec le tisseur de toile, notamment une ébouriffante échauffourée sur le toit d’un métro lancé à vive allure.

Octopus permet à Sam Raimi de lorgner du côté du film d’horreur, genre qui l’a rendu célèbre, notamment au cours de la scène où les médecins tentent d’extirper les tentacules du torse du docteur. Le cinéaste s’amuse d’ailleurs à cligner de l’œil vers certains titres phares de sa filmographie, notamment Evil Dead (notre héros qui n’en finit plus de se prendre des meubles sur la figure),
Evil Dead 2 (le combat à la tronçonneuse contre l’un des tentacules) et Darkman (Octopus trouve refuge dans un entrepôt délabré et décide d’y reconstruire son laboratoire). Bref, Spider-Man 2 est une éblouissante réussite, qui s’achève à la fois sur une note joyeuse (enfin !) et sur un cliffhanger inquiétant, prélude à un troisième opus inévitable.


© Gilles Penso

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Super-Héros, Araignées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Sam Raimi - Communauté : Ciné DVD
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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