AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 21:04
de Bryan Singer (Etats-Unis)
Avec Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden, Frank Langella, Parker Posey, Eva Marie Saint

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Le DVD est disponible ici

Le Blu-ray est disponible ici

Le voilà donc, ce fameux Superman Returns qu’on craignait de ne jamais voir éclore sur nos écrans, tant le projet semblait englué dans sa phase de développement. A l’issue d’un interminable jeu de chaises musicales, le projet échut finalement à Bryan Singer. « Avec les X-Men, j’avais une certaine marge de manœuvre, parce qu’aucun film le leur avait été encore consacré », explique le cinéaste. « Mais Superman est présent dans l’inconscient collectif grâce aux comics, aux émissions radiophoniques, aux dessins animés, aux séries TV, et surtout au film de Richard Donner que j’adore. J’ai donc dû trouver le juste équilibre entre l’hommage et l’originalité. » (1) Ainsi, contrairement à un Batman Begins qui faisait table rase sur toutes les adaptations l’ayant précédé, Superman Returns s’inscrit pleinement dans la continuité du classique de 1978.

Nouveau venu sur le grand écran, Brandon Routh prend dignement la relève du regretté Christopher Reeve (à qui le film est dédié), avec le subtil mixage de charisme et de naïveté qui sied si bien au héros. A ses côtés, la pétillante Kate Bosworth campe Loïs Lane, tandis que Kevin Spacey et Frank Langella nous régalent de leurs performances hautes en couleur, dans les rôles respectifs du super-vilain Lex Luthor et du rédacteur en chef Perry White. « Bryan Singer est resté le même réalisateur qu’à l’époque d’Usual Suspects », constate Spacey « Même avec un budget colossal et des effets spéciaux à foison, il continue à s’intéresser d’abord aux êtres humains ». (2) Les cinéphiles découvriront par ailleurs avec joie que la mère adoptive de Clark Kent est incarnée par Eva Marie Saint, mémorable héroïne de La Mort aux Trousses même si son rôle est hélas réduit à une poignée de minutes trop courtes.

Marlon Brando lui-même fait une apparition posthume dans le rôle de Jor-El, le père de Superman, sous forme d’un hologramme réutilisant des rushes tournés par Richard Donner. Les puristes crieront peut-être au sacrilège, mais il faut surtout voir là une véritable déclaration d’amour de Bryan Singer au film qui berça ses jeunes années. D’où la reprise par le compositeur John Ottman des célèbres thèmes composés par John Williams, ou la réadaptation de quelques morceaux d’anthologie du film de 1978. Ainsi, le sauvetage de Loïs dans l’hélicoptère en perdition trouve-t-il ici écho dans une époustouflante séquence au cours de laquelle un bœing 777 s’apprête à exploser en plein vol. L’inoubliable envolée romantique du super-héros et de la belle journaliste a elle aussi droit à une nouvelle variante, nos deux protagonistes virevoltant avec grâce au-dessus d’un Metropolis numérique.

Mais Singer ne s’est pas contenté de cligner de l’œil vers le film de Richard Donner. Soucieux de séduire les amateurs de la première heure de l’homme d’acier, il s’est amusé à reconstituer la couverture du premier numéro d’Action Comics, dans lequel Superman faisait ses premiers pas en 1938, ou à reprendre sur un ton semi-parodique de la fameuse réplique « C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non c’est Superman ! » « Je regrette de ne pas avoir moi-même les pouvoir de Superman », conclue SInger. « Ça m’aurait permis de réaliser Superman Returns et X-Men 3 en même temps ! » (3)

(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2006


© Gilles Penso

Thema: 
Super-Héros, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 15:31
d’Albert Puyn (Etats-Unis)
avec Matt Salinger, Ronny Cox, Ned Beatty, Michael Nouri, Melinda Dillon, Darren McGavin, Kim Gillingham


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Comme Superman et Batman, Captain America, créé par le scénariste Joe Simon et le dessinateur Jack Kirby en 1940, eut droit à son adaptation sous forme de serial, en 1944. Il ne réapparut sur les écrans qu’en 1979, via deux téléfilms médiocres produits dans la foulée de
L’Homme Araignée et L’Incroyable Hulk. Cette nouvelle relecture, plus moderne, était donc attendue avec un peu d’espoir. Le producteur Menahem Golan, qui possédait à l’époque une partie des droits de Spider-Man mais ne parvint jamais à en tirer un film, confia les rênes de ce nouveau Captain America à Albert Pyun (L’Epée Sauvage, Cyborg) et se mit en quête d’un acteur susceptible d’attirer les foules. Mais après les désistements successifs d’Arnold Schwarzenegger, Val Kilmer et Dolph Lungren, c’est l’inconnu et bien peu charismatique Matt Salinger qui se retrouve en tête d’affiche.

Le film démarre en 1936, dans l’Italie de Mussolini. Le calme d’une réunion familiale est brusquement interrompu par l’intervention d’une faction armée qui massacre tout le monde à l’exception d’un jeune garçon, enlevé « pour son intelligence supérieure ». Car dans la forteresse de Lorenzo, les nazis pratiquent des expériences visant à créer des soldats invincibles à la force et à l’intelligence accrues. Le premier fruit de leurs expériences est un rat monstrueux et écarlate qui s’agite furtivement dans une cage via un amusant effet spécial en animation image par image. Alors que l’enfant s’apprête à subir la même expérience pour se transformer en redoutable Crâne Rouge, le docteur Vasali, qui participe au programme, s’enfuit et part proposer ses services aux Etats-Unis.

Sept ans plus tard, Washington s’apprête à son tour à créer un super-soldat et cherche un volontaire. Atteint de polio, Steve Rogers, dont le père est mort au combat, se soumet aux tests et se transforme aussitôt en surhomme. Affublé d’un costume rouge et bleu assez ridicule (dessiné par Jack Kirby c’est très seyant, mais à l’écran au secours !), il court empêcher Crâne Rouge d’envoyer un missile sur la Maison Blanche. Accroché à la fusée, il se crashe en Alaska et ne se réveille que dans les années 90, découvert non pas par les Vengeurs, comme dans la BD, mais par une banale expédition polaire. Tel Hibernatus, notre vaillant justicier découvre un monde qu’il ne connaît pas et s’apprête à reprendre son combat contre l’infâme Crâne Rouge.

La première erreur de ce Captain America est de s’emparer d’un concept passablement dépassé sans chercher à le réadapter à son époque ni à le transcender. Des répliques aussi improbables que « il n’est peut-être pas Superman mais il sera le vivant symbole des valeurs de la nation américaine » ponctuent ainsi le métrage. Le scénario piétinant lourdement pendant 90 interminables minutes, la mise en scène n’assurant même pas le service minimum (rarement poursuites et batailles furent aussi mal filmées), la bande originale fleurant bon le synthétiseur et les comédiens n’exprimant rien (à l’exception peut-être de Scott Paulin assez convainquant sous un maquillage grimaçant créé par Greg Cannom), Captain America fut une cruelle déception que les distributeurs américains n’osèrent même pas sortir sur leur propre territoire.

© Gilles Penso

Thema:
Super-Héros
Par Gilles Penso - Communauté : Cinéma
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 13:41
(Superheo Movie)
de Craig Mazin (Etats-Unis)
avec Drake Bell, Sara Paxton, Christopher McDonald, Leslie Nielsen, Marion Ross, Pamela Anderson, Regina Hall


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Si plusieurs films se sont efforcés de passer à la moulinette le thème universel des super-héros, (la série des Toxic Avengers, Meteor Man, Mystery Men), aucun n’avait encore tiré parti de l’extrême regain de popularité de ce sous-genre de la science-fiction provoqué par les sagas X-Men et Spider-Man. Fort de son expérience indiscutable dans le domaine de la parodie (Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion, Top Secret, Y’a-t-il un Flic pour sauver la Reine), David Zucker s’est efforcé de combler cette lacune en produisant Super-Héros Movie et en sollicitant Craig Mazin (auteur de Scary Movie 3 et 4) pour l’écrire et le réaliser. Le résultat laisse pantois et confirme une équation mathématique imparable : sans ses comparses Jerry Zucker et Jim Abrams, David Zucker n’est qu’à un dixième de son potentiel, tant notre homme s’avère incapable de mettre sur pied un pastiche digne de ce nom.

Les clins d’œil cinéphiliques, le rythme enlevé, les répliques hilarantes et les arrière-plans surréalistes qui nous faisaient hurler de rire dans Airplane et Top Secret se sont bel et bien évaporés ici. Suivant servilement l’exemple de Scary Movie, Super-Héros Movie se contente donc de photocopier scène par scène le scénario du premier Spider-Man, cherchant maladroitement à tirer parti du potentiel comique de toutes les situations jadis mises en scènes par Sam Raimi, et se complaît dans un humour graveleux digne des petites sections de maternelle : flatulences à répétition, jets d’urine, crottes d’animaux, tout y passe ! Peter Parker s’appelle ici Rick Riker, Mary-Jane Watson est devenue Jill Johnson, l’araignée est remplacée par une libellule… Voilà pour les nouveautés.

Quant au super-vilain, il s’agit d’un savant fou mixant vaguement les personnalités du Bouffon Vert et du Docteur Octopus et répondant au nom de Sablier. Chaque fois qu’il touche un être humain, celui-ci vieillit à vitesse grand V. L’ennemi semble donc redoutable, mais étant donné que le script n’en tire aucun parti, le spectateur a tôt fait de se désintéresser du sort des personnages. Car la grande force des parodies du trio ZAZ était de construire de toutes pièces des intrigues originales, au sein desquelles s’inséraient les références aux autres films, et d’inciter le public à s’inquiéter pour les héros. Entre deux éclats de rire, nous voulions que Robert Hays et Julie Hagerty parviennent à faire atterrir leur avion sans encombre, que Val Kilmer échappe à ses poursuivants est-allemands…

Rien de tel ici, d’autant que Drake Bell,le comédien principal, ne dégage ni charme ni charisme. En guest-star, on retrouve l’indéboulonnable Leslie Nielsen en émule de l’oncle Ben, ainsi que Pamela Anderson en femme invisible (dont l’uniforme des Quatre Fantastiques a bien du mal à contenir son imposant poitrail) et Regina Hall en femme du Docteur Xavier (le temps d’un clin d’œil appuyé aux X-Men). Seul l’étonnant Miles Fisher parvient à déclencher nos zygomatiques. Il faut dire que son imitation de Tom Cruise est franchement irrésistible. Les amateurs peuvent d’ailleurs largement en profiter au cours du générique de fin qui accumule bon nombre de gags coupés au montage.

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros, Insectes et Invertébrés
Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 12:31
de Christopher Nolan (Etats-Unis)
Avec Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine, Katie Holmes, Morgan Freeman, Rutger Hauer, Liam Neeson


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La saga cinématographique Batman semble reposer sur le principe du contre-courant, comme si chaque relecture du mythe visait principalement à s’opposer à la précédente. Ainsi, après le sérial kitsch et coloré de Leslie H. Martinson, les visions gothiques de Tim Burton et les délires disco de Joel Schumacher, place à une nouvelle noirceur. Exit les costumes multicolores, les cités art-déco, les gadgets futuristes et les méchants de cartoon. D’où le choix du metteur en scène Christopher Nolan, porté aux nues par deux thrillers atypiques, Memento et Insomnia, et du comédien Christian Bale, évacuant le second degré de Michael Keaton et le glamour de Val Kilmer et George Clooney.

Le cahier des charges de Nolan (crédibilité à tout prix) s’avère louable, mais au-delà d’une volonté farouche chez Warner de relancer une franchise potentiellement rémunératrice, on s’interroge quelque peu sur la nécessité d’une telle préquelle. Car après tout, le premier Batman de Tim Burton nous racontait déjà les origines du super-héros, à travers un flash-back évoquant la mort des parents de Bruce Wayne et la transformation progressive du jeune garçon en justicier sur-équipé. Le scénario de Batman Begins emprunte donc des chemins déjà balisés, même s’il propose une approche intéressante, émaillée de choix artistiques novateurs. Ainsi suit-on le parcours semé d’embûches d’un Bruce Wayne meurtri, fréquentant la plus basse engeance pour mieux connaître le mal qu’il souhaite combattre, croupir dans une prison asiatique, se former aux arts martiaux auprès d’une mystérieuse confrérie, puis retourner dans son Gotham City natal pour se muer en homme-chauve-souris.

Le récit jongle ici avec deux interrogations passionnantes, qui nourrissent le personnage et ses motivations : la vengeance doit-elle se substituer à la justice, et peut-on retourner ses propres terreurs contre ses ennemis ? Car dans ses plus tendres années, Bruce Wayne fut traumatisé par une horde de chauves-souris au fin fond d’un souterrain qu’il transformera plus tard en batcave. Son équipement, Batman le puise dans les prototypes militaires non utilisés par la toute-puissante compagnie Wayne Entreprises fondée par son père. D’où un costume fonctionnel arborant un logo discret, et surtout une batmobile évacuant la ligne futuriste des précédents modèles pour se muer en char blindé noir et anonyme. Cette volonté de réalisme se prolonge dans la chorégraphie des combats, bruts et nerveux, et dans le choix des effets spéciaux, réduisant au maximum les images de synthèse.

Dommage que la bande originale, conjointement signée Hans Zimmer et James Newton Howard, se contente de jouer la carte du remplissage sans laisser place au moindre thème digne de ce nom. « Nous voulions ouvertement nous éloigner des musiques de super-héros traditionnelles », explique Zimmer. « Pour nous conformer à la vision de Chris Nolan, nous avons écrit une partition sombre et tourmentée. J’ai composé les scènes d’action, riches en sons électroniques, et James s’est plutôt occupé des parties orchestrales et mélancoliques. » (1) Du coup, bien qu’elle soit pétrie de bonnes intentions, cette sixième relecture du mythe pour le grand écran finit par manquer sérieusement de panache et d’emphase.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2005


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Christopher Nolan - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 11:16
(The Toxic Avenger)
de Michael Herz et Lloyd Kaufman (Etats-Unis)
Avec Mitch Cohen, Andree Maranda, Jennifer Babtist, Cindy Manion, Robert Prichard, Gary Schneider, Pat Ryan


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Fierté de la compagnie indépendante « Troma » dirigée avec enthousiasme par Lloyd Kaufman, et probablement inspiré par le scénario de L’Ange Meurtrier de Larry Stouffer (1974), The Toxic Avenger présente l'intérêt de mettre en vedette un super-héros pour le moins inhabituel : dégoulinant, affreux, un œil plus bas que l'autre, boursouflé, vêtu d'un tutu, armé d'une serpillère, et 100% radio-actif. Ses origines sont assez improbables, puisque Toxic nait de la chute de Melvyn - la risée de ses camarades, équivalent masculin de Carrie en quelque sorte - dans un fût de produits radioactifs tranquillement exposé à l'air libre, au pied d’un club de gym fréquenté par de stupides culturistes dont il était le souffre-douleur. Après sa chute, le produit toxique pénètre la peau de Melvyn qui subit une transformation assez spectaculaire (à l'aide d’effets de « bladders » qui le déforment à loisir).

Mais son visage définitif, désormais célèbre, n'apparaît que tardivement, afin de laisser d'abord au spectateur le loisir de l'imaginer d'après la réaction de ceux qui le voient. Errant à travers la ville, désormais haut de deux mètres, il retrouve ses agresseurs et les pulvérise, à grand renfort d’effets gore excessivement saignants. Pris au jeu, le vengeur toxique devient dès lors le défenseur des opprimés de la petite cité de Tromaville. Loin des fiers justiciers en collants des comics DC et Marvel, The Toxic Avenger est une bouffonnerie cartoonesque dans laquelle cohérence n'est pas vraiment le mot d'ordre. A l'instar de La Chose des « Quatre Fantastiques », Toxic connaît l'amour auprès d'une jolie aveugle qu'il sauve des griffes de malfrats dégénérés. Et voila notre héros en croisade contre la pègre et la pollution.

Malheureusement, la réalisation et l'interprétation du film sont très approximatives, et gâchent partiellement le potentiel comique d’un tel postulat. D’autant que les blagues de mauvais goût qui ponctuent régulièrement le scénario de Joe Ritter et Lloyd Kaufman ne sont que très moyennement drôles, malgré leur audacieux caractère subversif (le serpent caché dans les collants, le jeu de massacre des quatre motards, l’homme qui se masturbe devant des photos de victimes d’accidents de la route…). Relativement bien maîtrisées, des séquences de poursuites, de combats et de cascades rythment régulièrement le métrage, comme pour lui donner des allures pseudo-hollywoodiennes.

Quant à la quasi-débutante maquilleuse Jennifer Aspinall (qui allait ensuite œuvrer sur Street Trash, Spookies ou encore L’Ambulance), elle gratifie le film d’effets spéciaux horrifico-burlesques volontairement outranciers (corps écrasé par une moto, membres arrachés, ventres ouverts et eviscérés…). Au cours d’un final qui n’hésite pas à en faire des tonnes, Toxic et sa dulcinée campent au milieu d'un champ où ils sont traqués par toute une armée. Mais, qu'on se rassure, c'est le bien qui triomphe, dans un dénouement béat dont il est difficile de savoir si l'aspect caricatural est volontaire ou non. Une chose est sûre : Toxic est devenu non seulement l’icône de Troma, mais aussi un véritable objet de culte, le héros d’une série animée, d’un comic book et de trois autres films tout autant déjantés.

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros
Par Gilles Penso
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 10:27
(The Hulk)
De Ang Lee (Etats-Unis)
Avec Eric Bana, Jennifer Connely, Nick Nolte, Sam Elliott, Josh Lucas, Paul Kersey, Cara Buono, Todd Tesen, Kevin O. Rankin


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L’accueil chaleureux qui accompagna les adaptations des X-Men et de Spider-Man conforta les pontes de Marvel dans la transposition sur grand écran de toutes leurs vedettes dessinées. Le prochain sur la liste fut Hulk, héros d’une série télévisée assez populaire dans les années 70, et confié ici aux bons soins d’Ang Lee, auteur du magnifique Tigre et Dragon. Le scénario assez curieux de ce Hulk nouvelle génération prend le parti d’aborder l’histoire du docteur Bruce Banner sous deux angles différents. D’un côté nous avons l’accident qui inonde de rayons Gamma le bon docteur (incarné par le monolithique Eric Bana), son amourette avec Betty Ross (la délicieuse Jennifer Connely), ses déboires avec le général Ross (Sam Elliott), père de cette dernière, et son affrontement avec l’armée, via d’époustouflantes séquences d’effets spéciaux dans lesquelles un Hulk tout en 3D fait des bonds de cent mètres de haut, envoie valdinguer des tanks comme s’il s’agissait de yoyos et joue à cache cache avec des missiles.

Cette approche, fidèle à la bande dessinée originale de Stan Lee et Jack Kirby, aurait amplement suffi à réjouir tous les fans du géant vert. Mais les scénaristes James Schamus, John Turman et Michael France se sont crus obligés de rajouter une seconde intrigue, qui n’est pas complémentaire mais plutôt antithétique de la précédente. Ce récit parallèle tourne autour du père de Banner, interprété par Nick Nolte, qui se modifie génétiquement et transmet cette lourde hérédité à son fils, puis crée des chiens mutants comme un savant fou de sérial, et finalement se mue lui-même un monstre multiforme, carrément ! Tout ceci n’apporte que confusion, lourdeur et ralentissements à l’intrigue initiale. Pour être honnête, le film, long de presque deux heures et demi, supporterait fort bien un remontage l’épurant de tout ce surplus. Le scénario aurait ainsi pu se concentrer davantage sur la romance complexe qui lie le couple Bruce-Betty, et sur la thématique de la Belle et la Bête, joliment amorcée au cours d’une rencontre nocturne qui évoque beaucoup King Kong, mais trop vite escamotée.

Pour rappeler le support dessiné duquel est issu le colosse verdâtre, Ang Lee a paré sa mise en scène de facéties très ludiques, à base de split-screens et de transitions inventives ultra-dynamiques. Dommage qu’il n’ait pas autant soigné sa direction d’acteurs, car Bana et Connelly sont assez inexpressifs (eux qui étaient si bouleversants dans des œuvres telles que, respectivement, Chopper et Un Homme d’Exception), et Nolte, en roue libre, part dans tous les sens sans la moindre retenue. La musique, elle, est l’œuvre de Danny Elfman, un choix peu imaginatif de la part des producteurs (Elfman a signé les BO de Batman, Darkman, Flash, Spider-Man), mais il faut reconnaître que le compositeur a renouvelé quelque peu son registre, intégrant dans sa trépidante partition du didgeridoo australien, des rythmiques électroniques et des chœurs aériens emphatiques. Petit détail amusant destiné aux fans purs et durs : Stan Lee et Lou Ferrigno, inoubliable interprète de Hulk dans les années 70, font une apparition en vigiles au début du film !

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros
Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 09:46
(Fantastic Four)
de Tim Story (Etats-Unis)
Avec Ioan Gruffudd, Jessica Alba, Chris Evans, Michael Chiklis, Julian McMahon, Hamish Linklater, Kerry Washington


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Voici l’adaptation à gros budget du célèbre comic book qui condamna aux oubliettes le Fantastic Four produit par Roger Corman. Comme on pouvait s’y attendre, la Fox a mis le paquet, nous offrant des effets spéciaux époustouflants et des séquences d’action d’anthologie. Mais derrière le spectacle numérico-pyrotechnique, force est de constater que cette version n’a pas beaucoup plus d’ambition scénaristique que la précédente, lui empruntant même un certain nombre d’idées. Le destin du docteur Victor Von Fatalis et des quatre futurs super-héros sont donc liés d’emblée, tous étant irradiés par des rayons cosmiques dans une station en orbite autour de la Terre. De retour sur Terre, Reed Richards se mue en homme élastique, Suzanne Storm en femme invisible, Johnny Storm en torche humaine et Ben Grimm en golem de pierre.

Quant à Fatalis, financier de l’expédition, il connaît une mutation plus insidieuse. Sa peau intègre peu à peu des composantes métalliques et électroniques (version soft de Tetsuo) et il semble peu à peu capable de contrôler l’électricité. Sa raison vacillant et sa mégalomanie s’accroissant, ses compagnons d’infortune vont devoir se liguer contre lui, formant désormais un inséparable quatuor aux belles combinaisons bleu électrique. L’intrigue prend donc une tournure des plus classiques, ne s’embarrassant guère de profondeur ni de finesse. En ce sens, nous sommes à des années lumière d’un Spider-Man, le film étant visiblement ici destiné à un public peu regardant en matière de construction psychologique et dramatique.

Cette approche exclusivement récréative était assumée dès les slogans sur les posters présentant les personnages principaux (du genre « il peut sauter à l’élastique sans élastique ! » ou encore « il fait fuir les méchants… et les filles ! »). Johnny Storm et Ben Grimm sortent tout de même du lot, par la grâce de leurs interprètes respectifs (Chris Evans, sorte de jeune Tom Cruise mixant habilement l’arrogance et la sympathie, et Michael Chiklis, héros bourru de la série The Shield), par les problématiques qu’ils véhiculent (une quête absolue d’indépendance qui passe par l’inconscience et l’absence de responsabilité pour l’un, la volonté de se soustraire au regard des autres malgré un besoin de reconnaissance pour l’autre), et par la grande réussite des effets spéciaux qui visualisent leurs pouvoirs.

Reed et Suzan sont bien en deçà, malgré une histoire d’amour frustré induite dans leur passé commun. Mais le grand perdant, en matière de caractérisation, reste le docteur Fatalis, et ce malgré le charisme de son interprète Julian McMahon (chirurgien séducteur de la série Nip/Tuck). Taillé d’un seul bloc, évacuant tout dilemme et toute dualité, il est traité par-dessus la jambe. Ses origines n’ont pas grand-chose à voir avec la BD originale, ses pouvoirs restent mal définis, sa panoplie semble sortir de nulle part, et ses motivations s’avèrent des plus basiques. Et si l’on est sensible à l’adage d’Alfred Hitchcock associant la réussite d’un film à celle de son méchant, on conviendra que ces Quatre Fantastiques loupent un peu le coche, malgré un casting de choix et quelques séquences fort impressionnantes.

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros
Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 08:46
de Sam Raimi (Etats-Unis)
Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco, Cliff Robertson, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Joe Manganiello


Voir la toute première bande annonce (retirée des salles après les attentats du 11 septembre 2001)

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« Désiré » aurait pu être le sous-titre de ce Spider-Man, car le public l’attendait depuis des décennies. Après le dessin animé culte des années 60, les téléfilms ratés des années 70 et la série d’animation des années 90, cette première transposition des aventures du « monte-en-l’air » sur grand écran a bien failli ne jamais voir le jour, suite à un inextricable imbroglio juridique. Acquis par Menahem Golan et Yoram Globus au milieu des années 80, le projet est passé entre les mains de James Cameron dix ans plus tard, pour finalement échoir à Sam Raimi. On imagine à peine la pression qu’a dû subir le créateur d’Evil Dead, mais au vu du résultat il peut dormir sur ses deux oreilles. Non seulement l’adaptation est réussie, mais son Spider-Man est probablement le meilleur film de super-héros jamais porté à l’écran.

Le secret de son succès ? Avoir concentré toute son attention sur son jeune héros (magnifiquement incarné par Tobey Maguire), sur sa vie, ses amis, ses amours, sa famille, ses problèmes d’adolescent, comme l’avait si bien fait le comic book de Stan Lee et Steve Ditko. Une fois ce contexte réaliste mis en place, la science-fiction peut s’immiscer en douceur, et le processus d’identification fonctionne à plein régime. Lorsque Peter Parker est mordu par l’araignée, nous découvrons ses pouvoirs avec lui, nous grimpons aux murs, nous sautons de toit en toit, nous lançons la toile… Avec beaucoup de finesse, Raimi emploie la métaphore des super-pouvoirs pour raconter le passage de la puberté, la sortie de l’enfance et l’accès à l’âge adulte, reprenant à son compte le leitmotiv de la BD : « de grands pouvoirs engendrent de grandes responsabilités. »

Le défi technique est remporté haut la main, Spidey voltigeant dans les airs avec la même agilité que son alter-ego dessiné, ce qui provoque forcément des cris de joie chez les fans qui n’en croient pas leurs yeux. Mais c’est le défi narratif qui est le plus surprenant. Car en deux heures, Raimi et son scénariste David Koepp ont résumé trois décennies d’aventures de l’homme-araignée, liant entre eux les épisodes clef de l’âge d’or : la découverte des pouvoirs de Peter, la première rencontre avec Mary-Jane Watson, la révélation de l’identité du bouffon vert et la mort de Gwen Stacy. Sauf qu’ici la rousse Mary-Jane remplace la blonde Gwen, qui fut le grand amour de Peter Parker dans les années 70, et que l’issue de l’aventure est moins tragique. Après la mort de l’oncle Ben, une deuxième perte douloureuse eut sans doute exagérément noirci le ton du film, qui oscille habilement entre le drame et la comédie.

Autres libertés prises par Raimi et Koepp : l’araignée qui mord Peter n’est plus radio-active mais génétiquement modifiée, et la toile du super-héros n’est pas un produit chimique de son invention mais un des pouvoirs que lui a transmis l’arachnide. Au titre des réserves, on pourra regretter que le Bouffon Vert ait été affublé d’une cuirasse en plastique qui semble tout droit sortie d’un Bio-Man ou d’un Power Rangers. Une peau reptilienne en latex eut été plus heureuse et plus proche du personnage original. Déplorons également la partition de Danny Elfman, qui s’est ici contenté de composer une musique d’ambiance sans se fendre d’un vrai thème héroïque, comme il avait si brillamment su le faire pour Batman. Ces réticences mises à part, le film demeure une extraordinaire réussite. L’œuvre d’un fan réalisé pour des fans. Sincère, ludique et intelligent. Que demande le peuple ?


© Gilles Penso

Thema: Super-Héros, Araignées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Sam Raimi - Communauté : Cinéma
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 20:10
de Tim Burton (Etats-Unis)
Avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Pat Hingle, Billy Dee Williams, Michael Gough, Robert Wuhl

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Batman
s’anima dans deux serials des années 40 avant de devenir le héros d’une série TV semi-parodique au milieu des années 60. Pour relancer la franchise, les studios Warner décidèrent de revenir aux sources du comic book de Bob Kane, situé dans une cité inquiétante aux architectures staliniennes. Fort du succès inattendu de Pee Wee et Beetlejuice, Tim Burton fut sollicité pour traduire cette vision gothico-futuriste. Les producteurs convoquèrent deux superstars, Jack Nicholson dans le rôle du Joker et Kim Basinger pour incarner la journaliste Vicki Vale. En acceptant un tel casting, Burton put imposer son acteur principal : Michael Keaton, qui fut le fantôme hystérique de Beetlejuice. Là où l’on attendait un athlète musclé (Alec Baldwin, Mel Gibson, Charlie Sheen et Pierce Brosnan furent tour à tour envisagés), le cinéaste nous prend ainsi par surprise et nous offre le super-héros le plus humain qui soit.

Et de fait, les meilleures scènes du film sont probablement celles qui mettent en scène Bruce Wayne sans son masque. Un déséquilibre se fait d’ailleurs sensiblement sentir tout au long du film, Burton alternant les séquences de comédie presque intimistes avec des passages mouvementés obligatoires certes bien menés mais cruellement dénués de personnalité. Par moments, on croirait avoir affaire au montage de séquences extraites de deux longs-métrages distincts. D’un point de vue visuel, Batman est une pure merveille, assumant l’influence du Los Angeles de Blade Runner pour composer un Gotham City magnifique mis en forme par le directeur artistique Anton Furst. A cette époque, Burton storyboardait encore tout ce qu’il filmait. « Je dessinais le moindre cadrage, le moindre mouvement de caméra, le moindre regard des personnages », raconte-t-il. « Aujourd’hui encore, je continue à dessiner des choses et d’autres tout au long de la préparation des films. Je fais quelques aquarelles montrant les personnages principaux. Ça m’aide dans mes recherches, ça fait partie du processus ». (1)

Aux décors presque monochromes de Batman s’ajoutent une panoplie aux allures d’armure sombre et deux véhicules racés indissociables de l’homme chauve-souris : la batmobile qui fonce dans les rues nocturnes de la cité avec beaucoup d’allure, et la batwing qui traverse les cieux et passe devant la pleine lune avant de se crasher un peu trop prématurément pour que le spectateur puisse en profiter. Danny Elfman se met au diapason, troquant la chanson pop « Batman » qui était jadis sur toutes les lèvres contre un thème menaçant et alerte très inspiré. Pour que Batman soit une pleine réussite, il aurait sans doute fallu que Burton s’intéresse autant à son héros qu’à son vilain, car on sent bien une prédilection du réalisateur pour le Joker, lequel vole systématiquement la vedette au justicier masqué et le transforme trop souvent en pantin insipide. Le combat final, qui aurait dû être épique, n’est donc qu’une bouffonnade digne d’un cartoon et se prive d’enjeux dramatiques dignes de ce nom. Finalement, ce sont les créateurs de l’excellente série animée dérivée du film qui allaient trouver la véritable alchimie entre une direction artistique somptueuse et des scénarios en béton armé.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en janvier 2008


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Tim Burton - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 14:08
de Bryan Singer (Etats-Unis)
Avec Patrick Stewart, Hugh Jackman, Ian McKellen, Halle Berry, Famke Janssen, James Marsden, Rebecca Romijn-Stamos


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Après tant d’adaptations modestes (
L’Incroyable Hulk), ratées (Captain America) voire catastrophiques (L’Homme-Araignée) de l’univers Marvel, X-Men apparaît comme une bouffée d’air frais. Stan Lee trouve enfin une fière transcription de ses héros de papier sur grand écran, un mouvement amorcé par le Blade vivifiant (malgré ses nombreux défauts) que réalisa Stephen Norrington en 1998. Certes, X-Men est loin d’être parfait. La faute en incombe principalement à la nature même de la BD originale : mettre en vedette une large groupe de héros, qui par ailleurs n’a pas cessé de changer et d’évoluer au cours des années. Difficile, en deux heures, de s’attacher à chacun d’entre eux. Le film pèche donc par excès de protagonistes, et faute de les traiter tous, il se contente de les survoler. Cyclope et Tornade ne sont que figurants, Malicia est un peu abandonnée en cours de route, Xavier n’intervient que par intermittence… Seul Wolverine a droit à un traitement de faveur, et on en vient à se demander si le film n’aurait pas dû se concentrer davantage sur lui.

La structure globale du scénario souffre des mêmes problèmes. Témoin le prologue à tiroirs qui s’ouvre sur l’enfance de Magnéto, puis sur les déboires amoureux de Malicia, puis sur la vie bohème de Wolverine… La thématique générale du film elle-même, qui tourne autour du racisme et de l’intolérance, ne parvient pas non plus à se développer par manque de place. C’est d’autant plus dommage que les intentions de Bryan Singer, le talentueux réalisateur et scénariste d’Usual Suspect, étaient on ne peut plus honorables. « Peu importent le nombre d’effets spéciaux ou le genre de bande dessinée dont on s’inspire », déclare-t-il. « Ce qui m’intéresse de prime abord dans un scénario, c’est l’aspect humain. A mes yeux, les gens sont comme des oignons : chaque couche révèle de nouvelles facettes. Voilà ce qui me fascinait notamment chez les X-Men. Il faut creuser pour apprendre à les connaître, quel que soit le camp qu’ils ont choisi. » (1)

Or il y avait matière à de nombreux approfondissements en puisant dans le riche matériau créé par Stan Lee et Jack Kirby, et partiellement hérité du roman « A la poursuite des Slans » d’A.E. Van Vogt (1946) dans lequel les mutants étaient déjà objets de haine et de jalousie à cause de leurs capacités paranormales les reléguant automatiquement au rang d’êtres anormaux aux yeux du commun des mortels. Restent quelques séquences d’anthologie, comme l’apesanteur des armes qui se retournent contre leurs possesseurs ou la brève altercation entre Cyclope et le Crapaud dans la gare. Notons aussi un casting très judicieux, qui a permis à chaque héros de papier de trouver un visage en chair et en os, Hugh Jackman et Patrick Stewart en tête. Au final, X-Men ressemble au pilote d’une série TV luxueuse plus qu’à un film à part entière, et le dénouement très ouvert est d’ailleurs construit en ce sens. Toujours est-il que le film de Bryan Singer a su revigorer un genre en sérieuse perte de vitesse – le film de super-héros – et donner une seconde chance cinématographique au patrimoine Marvel, dont le point culminant allait être le prodigieux
Spider-Man de Sam Raimi.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2006

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros, Mutants
Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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