AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:30
(Beware ! The Blob)
De Larry Hagman (Etats-Unis)
Avec Robert Walker Jr, Gwynne Gilford, Richard Stahl, Richard Webb, Godfrey Cambridge, Marlene Clark, Carol Lynley


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Le DVD est disponible ici

Cette suite / remake du classique Danger Planétaire, réalisé quelques quinze ans plus tôt, repose sur le même principe que son modèle, et fut un temps connue sous le titre un tantinet absurde de Son of Blob. Afin de la faire analyser, l’ingénieur Chester Hargis a rapporté du Pôle Nord une mystérieuse masse rouge gélatineuse conservée dans la glace. Par inadvertance, son épouse Marianne décongèle la substance, qui va se transformer en une matière animée capable d'engloutir tout être vivant. Une mouche et un chat en feront les frais, avant que le « Blob » ne se mette en quête de hors-d’œuvre plus consistants. Aucun obstacle ne semble désormais résister à l’entité informe qui ne cesse de grossir à mesure qu’elle engloutit ses victimes humaines. Après avoir semé la panique dans toute la ville, dévorant la moitié de ses habitants, le Blob envahit entièrement un complexe sportif dans lequel sont prisonniers le patron de l'établissement et un jeune couple. Alors que tout semble perdu, le Blob est finalement congelé par le système réfrigérant de la patinoire.

L’ensemble du film est très marqué par les seventies, notamment à travers les tenues pas possibles de ses héros, la fête d'anniversaire funky en diable, et ce couple de beatniks jouant de la guitare dans un tunnel en quête de recherche acoustique. Exit le rock’n roll, les courses de voiture et les émules du James Dean de La Fureur de Vivre

qui s’animaient dans Danger Planétaire. Ici, c’est l’esprit post-Easy Rider qui prime. La scène la plus drôle du film est d’ailleurs celle du coiffeur qui, à sa grande surprise, reçoit comme client un jeune homme à la tignasse excessivement abondante qu’on croirait issu de Hair. Du coup, le film oscille bizarrement entre la parodie déjantée et l’épouvante sérieuse, sans vraiment parvenir à choisir le ton juste. Ainsi, entre autres clins d’œil référentiels, Godfrey Cambridge, le géologue qui sera l’une des premières victimes de sa découverte, est en train de regarder Danger Planétaire à la télé avant d’être dévoré des pieds à la tête.

Les jeunes héros sont ici un couple particulièrement insignifiant, et Steve McQueen était tout de même autrement plus charismatique que cet inexpressif Robert Walker Jr en pattes d'éléphant. Le Blob lui-même est réalisé avec toutes sortes de matières rouge vif plus ou moins liquides. Mais le film est avare en effets spéciaux. Ainsi, le spectateur amateur n’a-t-il jamais la satisfaction de voir les victimes se faire engloutir, et lorsque le Blob atteint des proportions gigantesques, nous n'avons jamais l'occasion de le contempler dans son entier, via des plans larges apocalyptiques à la
Godzilla, et ce manque d’emphase s'avère assez frustrant. Le dénouement, quant-à-lui, recycle le traditionnel faux happy end sur un ton parodique, ce qui nous vaut un gag final plutôt délectable. Attention au Blob a acquis une certaine popularité du fait qu’il fut réalisé par Larry Hagman, lequel allait triompher une décennie plus tard en interprétant le cynique JR de la série Dallas. Du coup, les distributeurs vidéo, jamais à court d’idées promotionnelles, éditèrent-ils le film en 1982 accompagné d’un imparable slogan : « le film que JR a réalisé » !

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:18
(Quatermass 2)
de Val Guest (Grande-Bretagne)
avec Brian Donlevy, John Longden, Sid James, Bryan Forbes, William Franklyn, Vera Day, Charles Lloyd Pack, Tom Chatto


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Egalement connu en France sous le titre trompeur de Terre contre Satellites, La Marque raconte la suite des aventures du professeur Bernard Quatermass, amorcées au cinéma avec Le Monstre en 1956. Un an plus tard, Val Guest retrouve le scénariste Nigel Kneale et le comédien Brian Donlevy pour un nouveau thriller de science-fiction particulièrement bien ficelé. Quatermass 2 démarre sur des chapeaux de roues, invitant le spectateur à prendre l’action en route sans le moindre préliminaire. Un jeune couple en voiture fonce en pleine nuit à la recherche d’un hôpital et manque d’entrer en collision avec le véhicule de Quatermass. Ce dernier s’arrête pour leur venir en aide et découvre que le jeune homme souffre d’un mal étrange. Une marque purulente en forme de V orne sa joue, et il bascule bien vite dans la démence. Terrifiée, la jeune fille accuse de tous les maux des pierres mystérieuses qui seraient tombées du ciel dans une petite ville en pleine campagne britannique.

Tandis que Quatermass entreprend de faire analyser les pierres, le centre d’étude spatiale où il officie détecte une pluie d’objets non identifiés venus des étoiles. Le vaillant professeur (toujours aussi savoureusement irascible et autoritaire) mène sa propre enquête dans la bourgade en question et découvre une usine sévèrement gardée et entourée de secret. Pour pouvoir y pénétrer, il va devoir se heurter aux rouages rouillés de l’administration, dans une lutte très kafkaïenne, et s’adjoindre l’assistance de son ami l’inspecteur Lomax (John Longden) de Scotland Yard. Lorsqu’il découvre le fin mot de l’histoire, il n’en croit pas ses yeux. Des extra-terrestres en forme de blobs hideux et gigantesques souhaitent en effet s’établir sur Terre. Pour parvenir à leurs fins, ils contaminent et manipulent les humains à l’aide d’une substance vivante contenue dans les pierres tombées du ciel.

La tension croît donc progressivement dès la première minute du film, en même temps qu’un sentiment de paranoïa qui sait pourtant éviter les lieux communs rattachés au thème du « ils sont parmi nous » popularisé par L’Invasion des Profanateurs de Sépulture. La Marque ne recule pas devant les séquences d’horreur pure, la plus marquante étant sans conteste l’homme brûlé par un humus visqueux en combustion qui descend une longue échelle puis vient s’écrouler devant Quatermass avant d’agoniser en fumant. Les blobs eux-mêmes sont d’abord vus furtivement à travers un hublot de l’usine qui sert à les acclimater progressivement à l’atmosphère terrestre.

Effrayante, cette vision évoque les textes de Lovecraft, comme en témoigne cet extrait de « L’Appel de Chthulhu » : « Le monstre était indescriptible - aucun langage ne saurait rendre de tels chaos de folie immémoriale et hurlante, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière, de l’énergie et de l’ordre cosmique. » Lorsque les monstres s’échappent en détruisant l’usine, le film emprunte le registre de
Godzilla, mais les maquettes sont réussies et l’atmosphère nocturne permet de préserver l’aspect cauchemardesque du climax. Bref, Quatermass 2 est une réussite indéniable, annonçant un troisième épisode encore plus audacieux.

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Val Guest
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 19:18
(The Blob)
De Chuck Russell (Etats-Unis)
Avec Kevin Dillon, Shawnee Smith, Donovan Leitch, Joe Seneca, Candy Clark, Jeffrey DeMunn, Del Close, Paul McCrane


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En 1958,
Danger Planétaire mettait en scène un des monstres les plus originaux de l’histoire du cinéma. Quatorze ans plus tard, Attention au Blob ! en proposait une variante parodique. Qu'est-ce qu'un remake de plus, réalisé trente ans après l’original, allait bien pouvoir apporter ? Chuck Russell, réalisateur d’un honorable Freddy 3, répond à cette question avec une efficacité indiscutable : Le Blob version 1988 se pare d’une horreur très graphique, de personnages atypiques et d’un humour sous-jacent ne venant jamais désamorcer le sérieux des scènes d'épouvante. Le tout avec une spontanéité et une modestie qui rendent forcément l’entreprise sympathique. Co-scénariste de Russell, Frank Darabont allait plus tard connaître la gloire en réalisant Les Evadés et La Ligne Verte.

Au cours du prologue du nouveau Blob, comme dans moult films de SF, une météorite s’écrase dans une tranquille petite ville américaine du nom d’Arbeville. Le rocher venu de l’espace contient une masse gélatineuse, minuscule au départ, qui happe brusquement le bras d’un clochard. Celui-ci est conduit à l’hôpital par trois adolescents, Paul Taylor, sa petite amie Meg Penny, et Brian Flagg, le mauvais garçon du coin, qui fume, boit, fait de la moto, porte un blouson en cuir et défie les autorités. Un voyou typique des années 80, en somme. Le blob se met à dévorer le clochard, littéralement coupé en deux au niveau de la taille, ainsi que Paul, puis commence à prendre des proportions gigantesques. Terrifiés, Meg et Brian s’enfuient, tandis que le blob se glisse dans les égouts d’où il va pouvoir tranquillement continuer ses ravages. L’armée tente alors d’intervenir…

Aidé par des effets spéciaux particulièrement spectaculaires, mixant maquillages spéciaux, maquettes et animation image par image, Russell décrit l'évolution inexorable de cette chose infâme sous un jour très inquiétant. L'une des idées réjouissantes du scénario consiste à nous laisser croire que les protagonistes obéissent à des conventions héritées du slasher de base et s’acheminent donc vers des destinées très prévisibles. Or tout bascule assez rapidement. Ainsi, celui qui répondait trait pour trait aux caractéristiques du héros (genre Steve McQueen dans la première version) ne survit pas à la première bobine, à la grande surprise du spectateur. Le relais est pris par le « mauvais garçon » qu'on avait classé, à priori, parmi les premières victimes potentielles.

Le reste du film est à l'avenant, le film accumulant d'autant plus d'imprévus que l'on croit être en terrain connu. C'est également le cas des morts violentes, comme ce teenager englouti par son flirt en pleine séance de drague en voiture, cet employé d'un restaurant avalé littéralement par son évier, ou ces spectateurs en charpie dans une salle de cinéma ! Certaines séquences d’horreur marchent ainsi sur les traces de
The Thing, auquel ce Blob reprend l’idée d’une chose multiforme habitant ses victimes de l’intérieur pour mieux pouvoir les dévorer. Même le faux happy-end réussit à surprendre. Une très agréable surprise donc, que ce nouveau Blob, sans conteste le volet plus réussi d’une étrange trilogie.

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Chuck Russell - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 19:10
(Close Encounters of the Third Kind)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Gar, Melinda Dillon, Bob Balaban, Cary Guffey, Lance Henriksen


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Fan de SF depuis toujours, Steven Spielberg a pris avec Rencontres du Troisième Type le contre-pied des invasions extraterrestres agressives qui pullulaient sur les écrans depuis le début des années 50, à l’exception de quelques perles rares comme Le Jour où la Terre s’arrêta. Plusieurs faits étranges introduisent le récit. Des avions disparus depuis la dernière guerre sont retrouvés en parfait état de marche dans le désert mexicain. En ville, des pannes d’électricité surviennent soudain. Des chercheurs, dirigés par Claude Lacombe (François Truffaut), en déduisent une future rencontre extra-terrestre. L’électricien Roy Neary (Richard Dreyfuss), Jillian Guiler (Melinda Dillon) et son fils Barry (Cary Guffey) ont reçu intuitivement un message des visiteurs. Bientôt, Barry disparaît dans un flot de lumières et Roy quitte travail et famille pour se rendre sur le lieu de la rencontre…

Rarement film aura autant titillé l’imaginaire fébrile de l’enfant subsistant en chaque spectateur. Avec une sublime naïveté, Spielberg offre à son public en pleine béatitude les plus belles images d’OVNI jamais filmées, des images que nous rêvions de voir « avant même notre naissance » d’après Ray Bradbury en personne ! A travers l’adulte encore immature interprété par Richard Dreyfuss, le spectateur trouve un parfait terrain d’identification et de projection. Quasi surréaliste en pleine science-fiction, la présence de François Truffaut (un linguiste qui ne sait pas parler l’anglais !) apporte une touche insolite supplémentaire du meilleur cru. Avec ce vaisseau spatial “déguisé” en voiture, ces hélicoptères pris pour des OVNIS, ces cinq notes de musique lancinantes d’origine inconnue, cette forme montagneuse indéterminée, Spielberg joue avec les symboles et les faux-semblants.

Le surréalisme est aussi de la partie, sous la forme d’un navire échoué dans le désert de Gobi, ou d’un vaisseau mère gigantesque qui, bien qu’il soit plus gros qu’une montagne, réussit à se cacher derrière elle. Deux plans qui figurent parmi les plus beaux trucages de l’histoire du cinéma. Rencontres du Troisième Type est enfin une parabole de la lumière divine apparue derrière la Mont Sinaï, un extrait des Dix Commandements aperçu sur un écran de TV officialisant le parallèle. Douglas Trumbull (2001,
Star Trek le film) a réalisé pour ce film quelques-uns des effets spéciaux les plus beaux de sa carrière, et John Williams a composé à l’occasion la plus étrange et la plus envoûtante de ses partitions.

Même Carlo Rambaldi, d’ordinaire si peu inspiré (le King Kong de l’année précédente), a réalisé ici un extra-terrestre de toute beauté, nimbé de lumières surexposées. Rencontres du Troisième Type est donc le film ultime sur les OVNIS, l’œuvre de référence. Abyss, Independence Day, les X-Files et bien d’autres lui doivent presque tout. On note que le film existe dans trois versions distinctes : le montage original tel qu’il fut distribué en 1977, l’"édition spéciale" que Steven Spielberg ressortit en 1980, et une ultime édition spécifiquement concoctée pour la sortie en DVD, qui contient les meilleurs passages des deux versions précédentes et qu’on sera donc tenté de préférer.


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Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 16:50
(E.T. the extraterrestrial)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Henry Thomas, Dee Wallace-Stone, Robert MacNaughton, Drew Barrymore, Peter Coyote, K.C. Martel


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Après avoir tenté en vain une variation sur le thème des extra-terrestres via le projet « Nightskies » décrivant une attaque d’aliens belliqueux, Steven Spielberg est revenu à de plus paisibles rencontres du troisième type avec E.T., dont le héros, Elliot, âgé de 10 ans, est marqué par le divorce de ses parents. A deux pas de chez lui, un petit extra-terrestre amateur de plantes a été oublié sur terre par les siens. Recherché par des scientifiques avides d'informations, E.T. mourra s'il ne regagne pas rapidement sa planète. Elliot le découvre. Passée la peur naît une étrange amitié…

Pour avoir adulé La Quatrième Dimension pendant sa jeunesse et avoir collaboré de près avec l’un des auteurs récurrents de cette mythique série TV, Richard Matheson, à l’occasion de
Duel, Steven Spielberg sait que les éléments fantastiques d’un film de science-fiction ont d’autant plus d’impact que le cadre dans lequel ils se déroulent est familier, voire banal. D’où sa propension à situer la plupart de ses intrigues dans des banlieues résidentielles américaines, où il vécut lui-même. Le déchirement du voile rassurant de la réalité n’en est que plus surprenant, sans compter le potentiel autobiographique d’une telle démarche. Or de tous ses films, le cinéaste reconnaît qu’E.T. est le plus personnel. Voilà sans doute le secret de son succès colossal et de l’empathie générée autour de son hideux héros extra-terrestre. La sincérité serait-elle donc la clef de la réussite ?

Tant pis pour les détracteurs de Spielberg, persuadés que les grosses ficelles mélodramatiques et lacrymales eurent raison d’un public trop sensible. Si E.T. touche autant, c’est qu’il raconte sans épure le rêve réel d’un enfant devenu metteur en scène, ce dernier faisant ici preuve d’une indéniable maîtrise du récit et de la dramaturgie. D'emblée, le film surprend par la qualité picturale de ses images, le soin apporté aux éclairages et l'admirable composition de chacun des cadrages. Visuellement - et musicalement avec la très belle partition aérienne de John Williams - le film est magistral. L'histoire, d'une très grande simplicité, est transcendée par la mise en scène particulièrement rigoureuse d'un réalisateur arrivé ici au sommet de son art. Assez curieusement, E.T. semble constituer une sorte de préquelle de
Rencontres du Troisième Type, le petit extra-terrestre égaré laissant présager une venue plus massive de ses semblables.

De nombreuses réminiscences bibliques sont présentes dans l’œuvre de Spielberg, et E.T. ne déroge évidemment pas à la règle. Le parcours de cet étranger faiseur de miracles, traqué, mort puis ressuscité, n’est-il pas celui d’un être christique ? Malgré la tentation et les pressions dues au succès inespéré du film, et contrairement à ce qu’annonçait un roman pour enfants publié au milieu des années 80 et narrant de nouvelles aventures du petit extra-terrestre, Spielberg eut le bon goût de ne pas en réaliser de séquelle. Il eut en revanche la très mauvaise idée d’en effectuer un remontage vingt ans plus tard, insérant d’inutiles scènes coupées, des images de synthèse anachroniques, et modifiant des séquences entières pour effacer les fusils des policiers et les remplacer par des lampes de poche !


© Gilles Penso

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Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 16:43
(Un Angelo per Satan)
de Camillo Mastrocinque (Italie)
avec Barbara Steele, Antonio Stephen, Ursula Davis, Claudfio Gora, Marina Berti, Aldo Berti, Mario Brega, Giovanna Lenzi

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Contrairement à ses confrères Mario Bava, Riccardo Freda ou Antonio Margheriti, qui furent les grands artisans du cinéma d’épouvante italien des années 60, Camillo Mastrocinque s’est surtout fait connaître comme réalisateur de comédies (il dirigea notamment le fameux acteur burlesque Toto). Du coup, Un Ange pour Satan fait presque office d’exception dans sa filmographie, même si notre homme avait déjà approché le genre avec La Crypte du Vampire. Peu intimidé, il s’empare sans complexes de ce récit de possession diabolique et le dote d’une remarquable atmosphère déliquescente.

Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle. Accompagnés par les violons magnifiquement mélancoliques du compositeur Francesco de Masi, trois  hommes traversent en barque un lac lugubre pour atteindre bientôt la côte d’un village italien. Là, l’artiste Roberto Merigi (Antonio Stephen) a été engagé par le comte Montebruno (Claudio Gora) pour restaurer la statue d’une déesse antique qui, selon les villageois en proie à la superstition, est porteuse d’une terrible malédiction. Le comte lui-même semble attacher du crédit à ces racontars. « Sans le secours des légendes, l’art perdrait de sa force », lui rétorque Merigi, histoire d’afficher son scepticisme de manière élégante.

Lorsqu’Harriet (Barbara Steele), la nièce du comte, revient de ses études en Angleterre pour reprendre possession du domaine, Roberto est frappé par sa ressemblance avec le visage de la statue. Elle accepte même de poser pour lui pour l’aider dans ses travaux de restauration. Bientôt, une idylle s’installe entre eux, mais elle est de courte durée. La jeune femme est en effet prise de brusques changements de comportements. Autoritaire, cruelle, hystérique, elle se met à séduire tous les hommes du village, à semer la discorde autour d’elle et à provoquer des morts violentes. Harriet est-elle possédée par l’esprit maléfique de la statue ? Inspiré d’une nouvelle de Luigi Emmanuelle, Un Ange pour Satan évoque plusieurs œuvres littéraires, notamment la fameuse « Vénus d’Ille » de Prosper Mérimée et la « Vénus de Périgon » de Clark Ashton Smith, avec lesquelles il partage plusieurs thématiques.

Si Barbara Steele est connue pour ses rôles de femmes fatales à la beauté altière et glaciale, elle fut rarement aussi troublante et équivoque qu’ici, passant en un clin d’œil de l’aristocratie feutrée au sadisme le plus primaire. Plusieurs scènes équivoques ponctuent ainsi le métrage, notamment lorsqu’elle tente de séduire sa servante Rita, ou lorsqu’elle se dévêt devant l’idiot du village puis le flagelle en plein visage pour avoir osé la regarder… Mastrocinque lui-même compose habilement avec le budget étriqué à sa disposition, préférant aux visions gothiques de ses confrères une atmosphère plus naturaliste et plus austère, ce qui n’empêche pas quelques séquences d’épouvante quasi-surréalistes, notamment lorsque le visage grimaçant d’un tableau se boursoufle hideusement pendant une scène de cauchemar. Dommage que la révélation finale, un peu absurde, gâche quelque peu le sel de l’intrigue, sans toutefois altérer le charme vénéneux de cette œuvre d’exception conçue sur mesure pour la belle Barbara.

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie
Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 15:03
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter, Brad Johnson, John Goodman, Audrey Hepburn, Roberts Blossom


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Première tentative de Steven Spielberg dans l'exercice du remake, Always est une très honorable réussite, injustement ignorée au moment de sa sortie. Après Indiana Jones et la Dernière Croisade, les spectateurs s’attendaient sans doute à une nouvelle aventure épique digne d’une bande dessinée ou d’un serial. Or Spielberg change volontairement de style et de cap, quitte à dérouter un peu son public. Par une astucieuse adaptation scénaristique, le pilote de guerre d’Un Nommé Joe de Victor Fleming (le film qui sert d’inspiration à Always, et dont on pouvait voir un extrait dans
Poltergeist) est devenu pilote de Canadair, ce qui nous vaut d'époustouflants combats contre le feu, entièrement reconstitués via d’incroyables effets visuels à base de maquettes supervisés par ILM. Toutefois, la voie qu'emprunte Always s'éloigne du spectaculaire au profit d'un fantastique empreint de légèreté, de simplicité et de tendresse, voire de poésie en certains moments inspirés. Le choix des comédiens n'y est absolument pas étranger, puisque le film repose presque essentiellement sur eux.

Endeuillée s’efforçant maladroitement de réfréner ses émotions, Holly Hunter est extrêmement convaincante dans le rôle de Dorinda, qui vient de perdre son bien-aimé dans un de ces crash qu’elle redoutait depuis longtemps. Richard Dreyfuss, acteur fétiche de Spielberg, héros de deux de ses plus grands films (Les Dents de la Mer et
Rencontres du Troisième Type) campe un fantôme très attachant, partagé entre l'humour et l'amertume. Le père d’E.T. parvient à éviter la larmoyance facile pour aborder le sujet avec un maximum de réalisme et de justesse. Entouré de son équipe habituelle, Spielberg s'est cependant octroyé les services du directeur de la photographie Michael Salomon, auteur des images bleutées de Abyss, auquel Always fait allusion au cours d’un climax aquatique. Notons au passage la belle idée d'utiliser Audrey Hepburn dans le rôle d'un ange.  Ce qui nous ramène à l'époque du Choc des Titans où Laurence Olivier, Ursula Andress et Maggie Smith incarnaient les dieux de l'Olympe.

Spielberg n’ayant pas son pareil pour piquer au vif l’intérêt des spectateurs dès les premières secondes de ses films, il nous offre un extraordinaire plan d’ouverture dans lequel le calme somnolent de deux pêcheurs assoupis dans une barque est brutalement interrompu par l’entrée dans le champ d’un gigantesque Canadair venu recharger son réservoir juste derrière eux. C’est ce qui s’appelle savoir entrer dans le vif du sujet. Virtuose du symbole et de la métonymie, il ponctue par ailleurs Always d’images simples mais très évocatrices, comme cette petite cuiller entièrement pliée sur elle-même, que Dorinda tenait à la main pendant que Peter, en pleins cieux, était en difficulté. Sans le moindre dialogue, avec du langage cinématographique pur, l’angoisse et l’appréhension nimbent tout l’écran. En ce domaine, Spielberg s’affirme comme un maestro et un digne héritier d’Alfred Hitchcock. Assez ironiquement, Tom Cruise se vit proposer à l’origine le rôle de Ted Baker, qu’il refusa au profit de Brad Johnson. Il allait finalement retrouver Spielberg une décennie plus tard pour
Minority Report et La Guerre des Mondes.


© Gilles Penso

Thema: Fantômes et Maisons Hantées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 15:01
(Hook)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Dustin Hoffman, Robin Williams, Julia Roberts, Bob Hoskins, Maggie Smith, Caroline Goodall


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Avec Hook, Steven Spielberg s’attaquait à la fois à un remake et à une suite du Peter Pan de Walt Disney, l’une des œuvres qui marquèrent durablement son enfance. Malgré sa promesse de ne jamais grandir, Peter Pan est devenu adulte. Il s’est même marié et a eu des enfants. Aujourd’hui, il vit tranquillement aux Etats-Unis, porte le nom de Peter Banning, et s’est érigé au rang de célèbre avocat. Hélas, son travail envahissant le pousse à délaisser ses enfants, et même – horreur absolue ! – à rater le match de base-ball de son fils. Un jour, il revient à Londres avec sa famille pour les vacances de Noël. Son éternel ennemi, le Capitaine Crochet, en profite pour enlever ses enfants. Peter est alors contraint de replonger dans le monde de l’enfance oubliée, le Pays Imaginaire, cet endroit magique où il s’appelait encore Peter Pan….

Steven Spielberg et Peter Pan : cette association semblait logique, voire inéluctable, d’autant que le projet traînait depuis près d’une décennie dans les tiroirs du wonder boy. Hélas, en se réappropriant l’œuvre de James Barrie, le père d’
E.T. semble s’être laissé aller à une forme de paresse que nous ne lui connaissions pas. Toujours avide jusqu’alors d’innovations narratives, scéniques, scénaristiques, esthétiques, techniques, le cinéaste se repose ici sur ses acquis et n’invente plus rien. Il se paye le plus prestigieux des castings hollywoodiens de l’époque, mais pas forcément le plus judicieux. Certes, on rêvait depuis longtemps de le voir diriger Dustin Hoffman (dont le registre n’est pas si éloigné de celui de Richard Dreyfuss). Mais sous la défroque caricaturale du Capitaine Crochet, le sublime interprète du Lauréat et de Rain Man est à 10% de son potentiel.

Quant à Julia Roberts, malgré toute la sympathie qu’elle dégage, on ne peut s’empêcher d’appréhender son incarnation de la fée Clochette comme un non sens absolu. Une petite blonde pétillante comme Meg Ryan n’aurait-elle pas été cent fois plus adaptée au rôle ?… En fait, Spielberg pensait initialement à Carrie Fisher, mais la Princesse Leïa de La Guerre des Etoiles n’avait plus vraiment l’âge requis pour jouer les fées. Elle participa cependant au film en apportant une petite touche féminine au scénario de James V. Hart. Les spectateurs les plus attentifs le remarqueront même le temps d’une apparition très furtive aux côtés de George Lucas. D’autres stars font leur petit « cameo » au fil du métrage, notamment Glenn Close et Steven Spielberg lui-même grimés en pirates.

Les décors de Hook ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux du dessin animé de Walt Disney, c’est indéniable, mais ils passent mal le cap de la prise de vues réelle, et la féerie qu’ils veulent évoquer est bien trop artificielle pour séduire (les matte paintings 3D n’étaient alors pas aussi élaborés qu’aujourd’hui). Seule la bataille finale exhale un beau souffle épique, soutenue par une partition emphatique de John Williams. Mais c’est bien peu pour plus de deux heures de métrage, et Spielberg fut le premier à reconnaître que le résultat final n’était pas vraiment à la hauteur de ses espérances.


© Gilles Penso

Thema: Contes de Fées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : Autres Mondes...
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 23:23
(The Lost World – Jurassic Park)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Jeff Goldblum, Julianne Moore, Richard Attenborough, Peter Postlethwaite, Richard Attenborough, Vince Vaughn


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Deux périodes distinctes partagent la carrière de Steven Spielberg. La première s’achève avec Jurassic Park. La seconde commence avec Le Monde Perdu. Entre les deux, une œuvre définitive, bouleversante, irréversible, marqua à tout jamais le cinéaste : La Liste de Schindler. Reculant sans cesse la réalisation de ce projet qui l’effrayait, essayant même de convaincre Roman Polanski ou Martin Scorcese de le réaliser à sa place, il le prit finalement à bras le corps en en fit le chef d’œuvre que l’on sait. Mais en braquant ses caméras sur la Shoah, il changea sa manière d’appréhender le cinéma. Ecartant désormais les cadrages larges au Cinémascope, les éclairages trop artificiels (comment oublier les nuits sublimement irréelles de
Rencontres du Troisième Type ou E.T. ?), les partitions chargées de thèmes épiques à la Richard Wagner, les figures héroïques trop archétypales, il se mit en quête de réalisme, ce qu’Il Faut Sauver le Soldat Ryan allait confirmer avec un immense brio.

Comment, dans ce cas, aborder la suite de Jurassic Park ? Maladroitement, hélas. Il faut dire qu’avec le médiocre roman de Michael Crichton comme point de départ (tellement moins palpitant que le précédent), Spielberg partait entravé d’un sérieux handicap. Le scénario de David Koepp s’éloigne donc du matériau littéraire, reprend quelques éléments du premier livre (l’attaque de la petite fille par les minuscules compsognathus, le ptéranodon qui menace les héros) et semble surtout conçu pour accumuler les scènes qui firent le succès du film précédent : la première apparition en plein jour des gigantesques herbivores, les véhicules des héros attaqués en pleine nuit et sous la pluie par un tyrannosaure, l’assaut final des vélociraptors dans les locaux du parc…

Le fait que l’action se situe sur une île différente et que tout le casting (à l’exception de Jeff Goldblum et Richard Attenborough) ait changé n’ôte pas le sentiment de déjà-vu. L’effet de surprise ne jouant plus, seules quelques idées visuelles font vraiment mouche, notamment la battue des raptors qui se camouflent dans les hautes herbes pour mieux fondre sur leurs victimes ou la chasse aux dinosaures, variante antédiluvienne de celles d’Hatari. Le trop-plein de protagonistes empêche toute identification de la part du spectateur, et le summum de l’absurde est probablement atteint dans cette scène impensable où la fille adoptive de Ian Malcolm effectue des figures d’acrobatie sur des barres parallèles pour affronter les raptors !

Si le premier Jurassic Park entretenait de nombreuses similitudes avec King Kong, cette séquelle se pare d’allusions encore plus flagrantes au classique de Schoedsack et Cooper. Cette fois-ci, le tyrannosaure vedette est carrément ramené en ville dans un navire baptisé « Venture », comme celui qui transportait le gorille géant en 1933, et saccage la cité comme tout bon dinosaure qui se respecte (est-ce pour justifier le titre de Monde Perdu emprunté sans vergogne à Arthur Conan Doyle ?). Renforçant la référence, la partition de John Williams oublie en grande partie les thèmes composés dans le premier Jurassic Park pour imiter les accents martiaux de la musique de Max Steiner.


© Gilles Penso

Thema: Dinosaures
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 23:06
de Steven Spielberg (2001) – USA
Avec  Haley Joel Osment, Jude Law, Frances O’Connor, Brendan Gleeson, Sam Robards, William Hurt, Jake Thomas


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

La bande originale est disponible ici

Grand bruit fut fait autour de ce projet commun de Stanley Kubrick et Steven Spielberg, que ce dernier reprit seul à son compte après la mort du père de 2001. L’objet du film, ambitieux, est un questionnement sur l’émotion chez les robots, avec comme clef de voûte un scénario écrit par Spielberg lui-même, exercice auquel il ne s’était livré qu’une seule fois auparavant, à l’occasion de son chef d’œuvre
Rencontres du Troisième Type. Hélas, le résultat pèche par trop d’ambition, mais aussi par une incapacité manifeste à savoir sous quel angle aborder sa thématique. Ainsi A.I. renferme-t-il plusieurs films en un, qui ne s’apprécient pas comme autant de niveaux de lecture parallèles, mais plutôt comme diverses approches du même sujet, pas forcément complémentaires, juxtaposées de manière un peu arbitraires, et jamais vraiment approfondies.

Tout commence de fort prometteuse manière, dans un futur proche. Un couple, dont le petit garçon souffre d’une maladie qui le cloue dans un caisson, fait l’acquisition de David, un enfant robot capable de sentiments et d’émotions. Les choses se passent à merveille, jusqu’au jour où le petit garçon est guéri et retrouve ses parents. S’ensuivent la jalousie, la rivalité et la cruauté enfantine, qui vont pousser le petit androïde à commettre une erreur et à être abandonné dans la forêt, comme un Petit Poucet solitaire. Nous qui espérions un film sur la difficulté d’intégration sociale des robots au sein des groupes humains, nous en sommes pour nos frais. Car à partir de là, c’est une toute autre histoire qui commence. Perdu dans les bois, David rencontre tout un tas de freaks – en fait des robots en partie détruits qui se réparent comme ils peuvent en fouillant les décharges publiques – ainsi que Joe, un androïde gigolo interprété par Jude Law.

En cavale, ils échappent de peu à la « Foire de la Chair », une kermesse ultra-violente au cours de laquelle les humains détruisent les robots de mille et une manières. Nous voilà alors en pleine ambiance Mad Max, dans un futurisme féroce et bestial, souligné par de maladroites guitares électriques que John Williams intègre comme il peut à sa partition trépidante. Malgré quelques idées visuelles saisissantes – la montgolfière en forme de pleine lune, le petit ours animatronique – nous sommes pour le moins déstabilisés. Les deux fugitifs gagnent ensuite la grande ville, car David est en quête d’identité. Cette partie du film trouve la majeure partie de ses atouts dans des effets spéciaux et des décors dantesques, car pour le reste, l’intérêt s’étiole sérieusement.

Sans parler de la conclusion, qui se réfère lourdement à Pinocchio, sombre dans la larmoyance extrême avant de basculer dans le ridicule au moment de l’intervention saugrenue d’extra-terrestres en 3D du plus mauvais effet. Le film vire alors définitivement au n’importe quoi, s’achevant sur un étrange hommage au final de 2001, et laissant le spectateur complètement déboussolé. Autant de moyens, d’idées et d’énergie sollicités pour passer à ce point à côté du sujet, voilà qui est plus que dommage. A ranger dans la catégorie des rares ratages artistiques de l’ami Steven, aux côtés de
Hook et du Monde Perdu.


© Gilles Penso

Thema: Robots, Futur
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : The SciFi Geeks
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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