AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

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Chers fantasticophiles,


Ridley Scott revient à la science-fiction qu'il révolutionna déjà à deux reprises. Préparez-vous à embarquer à bord du Prometheus et à découvrir le secret de nos origines…

  

Bonne visite et bons films !


Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 23:22

(Star Trek – The Motion Picture)
De Robert Wise (Etats-Unis)
Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, Persis Khambata


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Le DVD est disponible ici

La bande originale est disponible ici


En 1978, soit une décennie après le premier épisode de la mythique série Star Trek, Paramount décide de relancer le succès planétaire de la franchise avec une seconde série TV plus luxueuse. Mais le succès mitigé de Galactica, diffusé par Universal, refroidit Paramount. En même temps, coup sur coup, La Guerre des Etoiles et Rencontres du Troisième Type s’avèrent être des triomphes spectaculaires sur grand écran. La décision s’impose alors d’elle-même : la suite de la série Star Trek sera un long métrage. La réalisation échoit à Robert Wise (Le Jour où la Terre s’arrêta et La Maison du Diable, tout de même !). Etranger à l’univers Star Trek, il visionne des dizaines d’épisodes puis prend deux décisions importantes : imposer le retour de Monsieur Spock, non prévu au départ, et remplacer les pyjamas de l’équipage par un vrai uniforme.

L’intrigue se situe en plein XXIIIème siècle. Les contrôleurs de la station Epsilon 9 assistent impuissants à la désintégration de trois croiseurs appartenant aux Klingons par un envahisseur étranger qui fonce à toute vitesse sur la Terre. Missionné pour enquêter sur cette inquiétante affaire, l'amiral Kirk est nommé commandant du vaisseau de combat USS Enterprise par la fédération des Planètes Unies. La toute belle Ilia, venue de la planète Delta, et Spock, le Vulcanien, se joignent à l'équipage. Le voyage s’avère long et éprouvant. Dès qu'il approche de l'envahisseur, le vaisseau spatial est englouti, et Ilia enlevée par une sonde laser. Nos héros finissent par découvrir que V-Ger, le cerveau de l'envahisseur, n'est autre que Voyager 6, une sonde lancée par l'homme au XXème siècle, perdue dans l'espace, qui a accumulé assez de connaissances pour acquérir l'intelligence…

Les magnifiques effets spéciaux du film, supervisés par le génial Douglas Trumbull (2001, Rencontres du 3ème Type) ont de quoi surprendre les téléspectateurs habitués aux sempiternels plans timides de l'Enterprise passant devant une planète ou traversant sagement l'espace. Les exploits d’ILM sur La Guerre des Etoiles ont en effet incité l’équipe du film à ne plus se montrer avare en grandioses séquences intergalactiques. Mais était-ce une raison pour que la caméra s'attarde aussi lentement sur les vaisseaux, étirant jusqu'à l'ennui la visite du nouvel Enterprise par un Kirk émerveillé, ou rallongeant sans commune mesure certaines séquences purement contemplatives ?

Robert Wise reconnut lui-même avec le recul que, s’il en avait eu le temps, il aurait raccourci le film de six ou sept minutes. Et c’est justement ce problème de rythme qui ampute ce premier Star Trek cinématographique de tout l’impact qu’il méritait. Car son scénario repose sur une idée géniale, inspirée par plusieurs épisodes de la série T.V., et qui ne prend tout son sens qu'au cours d'un impressionnant dénouement. Le coup d’envoi fut cependant donné à une série de longs-métrages voués au succès. Pour inaugurer en beauté ce nouveau départ, le compositeur Jerry Goldsmith a oublié le thème célébrissime d'Alexander Courage pour écrire une partition de toute beauté, structurée autour d'un motif majestueux devenu un classique à son tour.

© Gilles Penso

Thema: Space Opera, Extra-Terrestres, Futur
Par Gilles Penso - Publié dans : les Star Trek
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 18:56
(Friday the 13th)
de Sean S. Cunningham (Etats-Unis)
avec Betsy Palmer, Adrienne King, Mark Nelson, Harry Crosby, Laurie Bartram, Kevin Bacon, Ari Lehman, Jeannine Taylor


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Attention: cette chronique révèle plusieurs rebondissements importants de l'intrigue.

Promu au rang de genre cinématographique par Psychose en 1960, puis popularisé par Halloween dix-huit ans plus tard, le slasher a définitivement été banalisé par Vendredi 13. Au vu de l’ « œuvre », on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi, comme on ne cesse de s’étonner face à l’incroyable longévité de la série de films qu’il initia. Car cette succession métronomique de meurtres violents, qui calque son mécanisme sur La Baie Sanglante de Mario Bava tout en imitant les effets de style de John Carpenter sans hésiter à cultiver un humour gras à la Porky’s, n’a rien à priori de transcendant.

Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey qui terrorisera des générations d’adolescents, n’est ici qu’un enfant attardé mort avant le début du film, à cause de la négligence des moniteurs d’une colonie de vacances, occupés à boire, se droguer et copuler au lieu de se préoccuper des têtes blondes dont ils sont responsables. Résultat : Jason se noie dans le lac avoisinant, entachant à tout jamais la réputation du camp de Crystal Lake. Vingt ans plus tard, un groupe de jeunes gens revient investir les lieux, avec la ferme intention de relancer les activités du camp et d’oublier le drame passé. Mais ils vont déchanter lorsqu’un tueur redoutable s’évertue à les assassiner un à un, de préférence lorsqu’ils absorbent des substances illicites ou jouent à la bête à deux dos.

Réactionnaire en diable, le meurtrier agit ainsi en sanglant défenseur des bonnes vieilles valeurs morales judéo-chrétiennes d’antan. S’agit-il du fantôme revanchard de Jason, revenu hanter les parages ? Tout porte à le croire, mais en réalité il n’en est rien. Le tueur n’est autre que Madame Voorhees, la mère de Jason, bien décidée à se venger de tous les moniteurs de colonie de vacances en les réduisant en charpie. Voilà pour l’argument scénaristique. Certes, les crimes sont souvent imaginatifs et colorés (une hache plantée en plein visage, une flèche qui s'enfonce dans un œil, une autre qui traverse la gorge d'un malheureux incarné par le tout jeune Kevin Bacon), mais ils ne suffisent évidemment pas à combler l’attente d’un spectateur un tant soi peut exigeant. D’autant qu’entre les assassinats, il ne se passe strictement rien d’intéressant.

Les acteurs jouent comme des savates, leurs personnages et leurs dialogues n’ont aucune consistance, les violons d’Harry Manfredini s’inspirent lourdement de ceux de Bernard Herrmann, Sean S. Cunningham abuse de la caméra subjective pour s’efforcer de créer de la tension (imitant sans vergogne le prologue d’Halloween), et les filles se déshabillent un peu dans l’espoir de tirer le public de sa torpeur. Vendredi 13 s’apprécie donc principalement à l’aide de la touche « accéléré » de la télécommande. A l’issue du film, Madame Voorhees est décapitée par Alice, l’unique survivante du massacre, laquelle a plus tard une vision subite et cauchemardesque de Jason surgissant des flots, inspirée probablement du dénouement choc de Carrie. Sauf qu’ici, la vision est prémonitoire, puisque l’ami Jason ne cessera, dès lors, de poursuivre l’œuvre vengeresse de sa génitrice, via des dizaines de longs-métrages à l’intérêt tout à fait discutable.

© Gilles Penso

Merci à Prem pour ses éclaircissements et ses précisions !

Thema: Tueurs
Par Gilles Penso
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 17:48
(Back to the future)
De Robert Zemeckis (Etats-Unis)
Avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover, Thomas F. Wilson, Claudia Wells


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Le coffret DVD de la trilogie est disponible ici

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Certains films sont naturellement en état de grâce. Par le biais d’une prodigieuse alchimie, les acteurs, les réalisateurs, les scénaristes, les compositeurs y sont au sommet de leur art. Retour vers le Futur est de cette trempe. Jamais Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover ou Lea Thompson, tous excellents comédiens, ne trouveront un rôle aussi marquant que celui qu’ils tiennent ici. Robert Zemeckis, qui s’était jusqu’alors principalement distingué avec un sympathique mais peu révolutionnaire démarcage d’Indiana Jones, A la Poursuite du Diamant Vert, révèle d’un seul coup toute l’ampleur de son talent. Le compositeur Alan Silvestri nous régale d’une partition digne de John Williams, le co-scénariste Bob Gale démontre une minutie peu apparente dans le script de 1941 qu’il écrivit pour Spielberg, bref Retour vers le Futur déborde de talents et de savoir-faire.

L’un des secrets de son succès est d’avoir su exhumer un thème classique du cinéma de science-fiction, le voyage dans le temps, pour le moderniser, le truffer d’humour et en tirer toutes les possibilités narratives possibles et imaginables (une voie que suivront notamment L’Aventure Intérieure et Chérie J’ai Rétréci les Gosses). Le héros est Marty Mc Fly (incarné par Michael J. Fox, après des essais infructueux réalisés avec Eric Stolz), un adolescent épris de rock’n roll et de la charmante Jennifer (Claudia Wells). Sa famille n’est guère reluisante : son père George (Crispin Glover) est un écrivain raté, sa mère Lorraine (Lea Thompson) est alcoolique et ses frères et sœurs insupportables. Son amitié avec un vieux savant farfelu et génial, Emmet Brown (Christopher Lloyd), l'amène à expérimenter une voiture reconvertie en machine à voyager dans le temps et à basculer trente ans en arrière. Là, il retrouve ses parents encore adolescents et s’apprête malgré lui à briser deux tabous : bouleverser le continuum espace temps et concrétiser le complexe d’Œdipe !

Le mélange de comédie, de science-fiction, de teenagers et de musique peut donner des résultats affligeants (Howard de Willard Huyck en est un bon exemple), surtout lorsque les grands studios s’en mêlent. Or Retour vers le Futur ne « fait » pas jeune, il EST jeune, fougueux, rythmé au tempo des années 80 sans jamais chercher à forcer le trait. On peut certes reprocher au film de cultiver sans demi-mesure la politique des « battants » chère à l’Amérique de Ronald Reagan, qui transparaît également beaucoup dans SOS Fantômes. Mais le plaisir que procure Retour vers le Futur n'en est jamais gâché. Le comique est issu des situations impossibles dans lesquelles se fourrent les héros et d’un casting extrêmement intelligent. Il faut également - et surtout - saluer la richesse du scénario de Zemeckis et Gale, jonglant en virtuose avec les paradoxes temporels et s'amusant à disséminer tout au long du récit des détails apparemment anodins qui s'avèrent finalement jouer un rôle fondamental au fur et à mesure des péripéties sans cesse rebondissantes. Ce perfectionnisme se retrouve dans la mise en scène de Zemeckis, qui achève son film sur un climax d’anthologie clignant de l’œil vers l’une des cascades les plus fameuses d’Harold Lloyd.


© Gilles Penso

Thema: Voyages dans le Temps
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Robert Zemeckis - Communauté : The SciFi Geeks
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 15:27
(Day of the Dead)
De George A. Romero (Etats-Unis)
Avec Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato, Jarlath Conroy, Anthony Dileo Jr, Richard Liberty, Sherman Howard


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Il y eut d’abord la nuit (Night of the Living Dead) puis l’aube (Dawn of the Dead). Voici donc le jour (Day of the Dead), troisième volet d’une trilogie dont chaque épisode est autant la suite que le remake du précédent. Ce nouvel opus était d’autant plus attendu que Zombie demeure aux yeux de beaucoup le meilleur film jamais réalisé sur le thème des morts-vivants. Après la vieille maison et le supermarché, George Romero choisit d’enfermer ses protagonistes dans un abri anti-atomique, troquant l’esprtit révolutionnaire de 1968 et la critique du consumérisme de 1977 contre un acerbe pamphlet antimilitariste. Dans ce nouveau huis clos propice aux tensions en tout genre, une poignée de rescapés, des savants et des militaires, résistent aux assauts répétés des morts-vivants qui ont envahi la Terre. Se supportant de moins en moins, les scientifiques et les soldats luttent aussi entre eux, ce qui finit par faciliter l’infiltration des zombies dans le bunker.

« Les personnages ne sont pas les mêmes d’un épisode à l’autre parce que chaque histoire se déroule à une époque différente au sein d’une même "mythologie" », explique Romero. « Les films sont très différents les uns des autres, du point de vue du style et de l’atmosphère. Par exemple, on ne peut pas vraiment dire que Le Jour des Morts-Vivants soit la séquelle de Zombie. A titre personnel, cet épisode est mon préféré de la trilogie » (1) Des moments extraordinaires parsèment en effet le film, notamment les plans démentiels de la ville désertée où se répandent dans l’indifférence générale des centaines de billets de banque, ainsi que les séquences avec le zombie apprivoisé Bub, ou encore le prologue onirique où l’héroïne est attaquée par des centaines de bras qui déchirent les murs qui l’entourent (réminiscence d’une séquence hallucinatoire du Répulsion de Roman Polanski).

De son côté, le maquilleur Tom Savini est allé bien plus loin que dans Zombie, ses effets spéciaux composant parfois des centaines de visages décomposés et surréalistes, au lieu des simples visages blafards et bleutés du film précédent. Dommage, malgré tout, que Romero ait choisi un trop-plein de dialogues successifs pour illustrer le différend qui oppose de plus en plus violemment les scientifiques et les militaires. Le rythme du film s’en ressent. Les oppressantes luttes intestines du premier film et l’action soutenue du second n’atteignent jamais ici la même intensité, malgré une claustrophobie fort bien restituée.

« Nous étions alors dans une époque de méfiance et d’incertitudes », raconte Romero. « Tout le monde perdait foi dans le gouvernement, l’industrie et l’armée. Voilà pourquoi mes héros rampent au fond d’un trou. Finalement, le personnage le plus sympathique, dans ce film est Bub le zombie. C’est un film plus sombre et plus triste que les deux autres. » (2) Fidèle à son habitude, le cinéaste opte pour un dénouement ouvert. Le carnage final n’épargnera qu’une poignée de survivants qui partiront en hélicoptère vers une île déserte, seul refuge à leurs yeux susceptibles de les extraire aux griffes des zombies mais aussi de leurs semblables. De là à dire que Le Jour des Morts-Vivants
est un film misanthrope…

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005

© Gilles Penso

Thema: Zombies
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de George Romero - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 14:06
(Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
avec Harrison Ford, Karen Allen, Shia La Beouf, Cate Blanchett, Ray Winstone, John Hurt, Jim Broadbent, Andrew Divoff


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Lorsqu’Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Elliott et John Rhys-Davies s’éloignèrent à dos de cheval à la fin d’Indiana Jones et la Dernière Croisade, comme dans la dernière case d’un album de Lucky Luke, la saga semblait bel et bien terminée. Mais les héros des années 80 ont la peau dure. Après les retours successifs de Rocky Balboa, John McLane et John Rambo, pourquoi un Indiana Jones sexagénaire n’aurait-il pas droit lui aussi à son come-back ? Repoussant sans cesse ce projet annoncé dès 1995, George Lucas, Steven Spielberg et Harrison Ford ont enfin pu accorder leurs agendas et surtout s’appuyer sur un scénario propre à les satisfaire, œuvre de David Koepp (Jurassic Park,
Spider-Man, La Guerre des Mondes).

L’action de ce quatrième épisode se situe au début des années 50, et après un nouveau jeu visuel sur le logo de la montagne Paramount, Spielberg nous ramène dans un lieu mythique : le colossal entrepôt du gouvernement américain où était stockée l’Arche d’Alliance à la fin des Aventuriers de l’Arche Perdue. Là, de vilains Soviétiques aussi caricaturaux que l’étaient les nazis des films précédents, menés d’une poigne de fer par l’officier Irina Spalko (Cate Blanchett), obligent Indiana Jones et son ami George McHalle (Ray Winstone) à retrouver un mystérieux artefact : une caisse contenant un objet hautement magnétique, ramené de Roswell en 1947, dans laquelle gît un corps momifié qui n’a visiblement rien d’humain… Sans la moindre retenue, ce quatrième Indiana Jones ose ainsi marier l’exotisme fantastique avec la science-fiction pure et dure, sans pour autant dénaturer les fondements de la saga.

Au lieu d’opter pour un foisonnement numérique comme le fit Lucas pour la seconde trilogie Star Wars, Spielberg entend bien remonter aux sources. Il filme donc sur pellicule, privilégie les cascades réelles et les effets spéciaux de plateau, et semble surtout se faire plaisir. Car cette quatrième aventure, tout autant imprégnée que les autres de l’ambiance des serials des années 30 et des BD d’Hergé, ressemble surtout à une récréation, une pause détente que le cinéaste s’octroie après l’éprouvant Munich. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, Shia La Beouf excelle dans le rôle du sympathique « bad boy », les retrouvailles entre Harrison Ford et Karen Allen sont hilarantes, bref tout le monde semble prendre du bon temps.

Revers de la médaille, la rigueur scénaristique, le rythme serré et le découpage ciselé ne sont plus vraiment au rendez-vous, comme si l’équipe du film, trop confiante, gardait tranquillement la bride sur le cou. Le récit n’a donc rien de vraiment palpitant, les séquences d’action ne marqueront pas les mémoires (à l’exception peut-être d’une folle poursuite motorisée dans la jungle et de l’attaque d’une horde de fourmis voraces) et le climax digne d’X-Files
risque d’en dérouter plus d’un. Le bonheur que procure le visionnage d’Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est donc principalement nostalgique, doublé de la promesse d’une nouvelle saga possible dont le héros serait Mutt Williams, le propre fils d’Indy.


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 21:31
de Roman Polanski (Grande-Bretagne)
Avec Catherine Deneuve, Ian Hendry, John Fraser, Yvonne Furneaux, Patrick Wymark, Renne Houston, Valerie Taylor


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Le coffret 3 DVD Roman Polanski est disponible ici

Répulsion s’inscrit à l’aune de la carrière de Roman Polanski et Catherine Deneuve. Le réalisateur de Chinatown n’ayant pas encore fait ses preuves et la star du Dernier Métro étant loin de l’image glacialement élégante qu’elle allait véhiculer quelques décennies plus tard, le champ des possibles était vaste. Polanski utilise alors Deneuve comme vecteur de ses angoisses et de ses obsessions, ébauchant les chefs d’œuvre de l’épouvante que seront Rosemary’s Baby et Le Locataire. La future égérie de Michel Demy incarne ici Carole, une jeune Française introvertie qui travaille dans un cabinet d’esthétique de Londres et partage son appartement avec sa sœur Hélène (Yvonne Furneaux, héroïne de La Malédiction des Pharaons). Cette dernière vit une aventure un peu sordide avec un homme marié mais est sexuellement épanouie.

On ne peut en dire autant de Carole. Renfermée sur elle-même, distante, le regard perdu, elle semble presque développer une phobie vis-à-vis du genre masculin. Son vague flirt avec un homme du quartier en atteste. Dès qu’il tente de l’embrasser, elle prend la poudre d’escampette, se frotte la bouche compulsivement puis rentre chez elle se brosser les dents ! Deneuve livre là une interprétation remarquable, surchargeant son jeu de tics nerveux, se rongeant les ongles, dépoussiérant nerveusement sa chemise de nuit ou se frottant sans cesse l’arête du nez. Parfois, elle s’arrête dans la rue, prostrée face à une fissure qui se creuse dans le trottoir… Une fissure qu’elle est peut-être la seule à apercevoir. La nuit, lorsque les ébats de sa sœur et de son amant son trop bruyants, le trouble de la jeune femme s’approfondit. Mais c’est encore pire lorsqu’Hélène part en vacances avec son homme. Livrée à elle-même, Carole va basculer dans la folie. La psychopathie meurtrière n’est pas loin. Deux hommes, l’amoureux transi et le gérant de l’immeuble, en feront les frais…

Nimbé dans une belle photographie noir et blanc, bénéficiant d’une bande son extrêmement travaillée et réalisé avec des moyens très modestes, Répulsion est une extraordinaire peinture de la solitude, de la dépression, de la perte de repères et de l’abandon de la raison. Mais au drame réaliste, Polanski préfère l’épouvante surréaliste, comme en témoignent les hallucinations qui frappent la blonde héroïne : des fissures immenses se creusent dans les murs, des hommes pénètrent dans sa chambre à coucher pour la violer, des mains crispées traversent les murs du couloir pour l’agripper (version horrifique du corridor aux chandeliers de La Belle et la Bête).

En laissant tout décrépir autour d’elle (la baignoire déborde, les pommes de terre pourrissent sur le plan de travail, un lapin se décompose dans une assiette), Carole marque son abandon définitif du monde réel. L’appartement en décrépitude symbolise alors la déchéance interne du personnage. C’est son cerveau qui prend l’eau, son crâne qui se fissure. C’est elle qui est fêlée. A l’issue d’un récit éprouvant, le film s’achève à peu près comme s’achèvera Le Locataire, jusqu’à une image ultime laissant imaginer que la folie était déjà en sommeil chez la jeune femme depuis sa prime enfance.

© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roman Polanski - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:43
de Larry Cohen (Etats-Unis)
Avec Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Paul Sorvino, Scott Bloom, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon


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Fidèle à ses habitudes, Larry Cohen met ici en vedette son vieil ami Michael Moriarty, héros trois ans plus tôt d’Epouvante sur New York, et se livre à l’une de ses activités préférées : marier en un étrange cocktail le fantastique outrancier hérité des années 50 et la satire sociale moderne. Ici, c’est la publicité, les fast-food et la société de consommation qui sont en ligne de mire, et même si l’on eut aimé que la critique soit plus acerbe et mieux développée, le scénario de Cohen fait mouche plus d’une fois. L’auteur/réalisateur utilise pour son propos le « Stuff » (littéralement le « Truc »), une friandise blanche et visqueuse qui s’inspire directement des mashmallows en pot dont raffolent les Américains, la marque la plus connue en la matière s’appelant « Fluff » !

Ici, pas de demi-mesure : ce dessert qu’adorent petits et grands est en réalité une matière vivante extra-terrestre qui dévore les gens de l’intérieur et les mue en automates serviles dénués d’émotions. Larry Cohen revisite ainsi Danger Planétaire et L’Invasion des Profanateurs de Sépulture, en les teintant de l’humour et de la désinvolture qui sont sa marque de fabrique. Cette légèreté de ton est principalement véhiculée par Moriarty, qui incarne Moe Rutherford, un expert en espionnage industriel enquêtant sur le Stuff pour le compte d’une société concurrente. Les effets spéciaux qui donnent vie au blob sucré, mélange de maquettes et de trucages mécaniques, sont souvent basiques mais toujours très réussis, et le film se permet même quelques séquences gore assez excessives, histoire de visualiser les méfaits du Stuff une fois qu’il a été ingéré. D’où des moments assez dégoulinants où hommes et animaux vomissent des litres de matière blanchâtre en se déformant hideusement, secoués par de terribles spasmes.

Moins horrifiques mais tout aussi spectaculaires, on garde également en mémoire les étonnants passages où le Stuff rampe au sol et sur les murs, ou envahit carrément une chambre d’hôtel dans laquelle se sont réfugiés nos héros. Le cinéaste tire ainsi parti au mieux d’un budget pourtant très modeste. Comme s’il voulait malgré tout rendre son film accessible à un public familial, Cohen a donné l’un des rôles principaux à un petit garçon, Scott Bloom, dans le rôle du malheureux Jason dont la famille a été intégralement « contaminée »… Ce qui n’est pas sans évoquer le jeune héros des Envahisseurs de la Planète Rouge, lui aussi en proie à des adultes possédés par des aliens.

A ce titre, la séquence où père, mère et frère sourient artificiellement, en insistant pour que Jason ingère à son tour le Stuff qui a envahi tous les étages du réfrigérateur, s’avère assez inquiétante. Mais cet aspect paranoïaque, que Cohen exploita avec une redoutable efficacité dans la série Les Envahisseurs, passe ici au second plan, au profit d’un ton récréatif et distancié. C’est tout le paradoxe de Cohen, qui ne peut pas s’empêcher de mêler les genres. Du coup, la mayonnaise ne prend pas toujours, comme le prouve ce final très classique et très premier degré, avec intervention massive de l’armée, assaut général et explosions en tout genres, qui nous laisse un peu sur notre faim.

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Larry Cohen - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:37
(The Attack of the Giant Mousaka / I Epithesi Tou Gigantiaiou Mousaka)
De Panos Koutras (Grèce)
Avec Yannis Aggelakas, Myriam Vourou, Christos Mantakas, Gregory Patrikareas, Eugene Dimitriou, Themis Bazaka


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Pour son premier long-métrage, Panos Koutras s’est lancé un défi pour le moins surprenant : réaliser une parodie des films de science-fiction des années 50 en y intégrant deux des clichés les plus communément associés à la Grèce : la moussaka et l’homosexualité ! Le résultat est un délirant fourre-tout qui semble croiser les univers de Pedro Almodovar, Tim Burton, John Waters et Ed Wood. Ainsi, près de vingt ans après L’Attaque des Tomates Tueuses, voici L’Attaque de la Moussaka Géante. Nous sommes à Athènes, au début des années 2000. Dans une villa luxueuse, le plus jeune ministre grec et son épouse Joy, très portée sur la cocaïne, se disputent en plein dîner. Excédé, leur fils Aris quitte la table et va donner sa part de moussaka au chien. Soudain, une soucoupe volante psychédélique surgit dans le ciel nocturne. A son bord se trouvent un quatuor de superbes extra-terrestres femelles en bikini affriolant, dont la plastique sculpturale semble égaler la stupidité béate.

Soucieuses de téléporter l’une d’entre elles, nommée Gora, sur la planète Terre, elles envoient vers le sol un rayon lumineux, mais le résultat n’est pas du tout celui escompté. En effet, le rayon irradie la moussaka, et aussitôt celle-ci se met à grandir de manière alarmante, atteignant en un clin d’œil la taille d’un immeuble de six étages. Dès lors, le film prend les allures de pastiche du Blob, car la colossale masse d’aubergine, de béchamel et de viande hachée rampe dans les rues de la ville en émettant d’affreux bruits de succion et sème une mort brûlante sur son passage, aspergeant les citoyens de jets d’huile mortels. Aux premières loges de ce terrible spectacle se trouvent des astrophysiciens homosexuels en blouse rose et Tara, un travesti rondouillard qui rêve de devenir styliste ou top-model (ou les deux) et qui se rendait à une fête disco en compagnie de ses deux amis Dimis et Chanel. Tandis que le monde entier s’interroge sur l’origine et les motivations de cet abominable monstre culinaire, les victimes se multiplient, muant progressivement Athènes en ville fantôme.

Panos Koutras en profite pour dresser un portrait satirique des médias en général et de la télévision en particulier, le film étant scandé de flash d’information témoignant heure par heure de l’avancée dramatique des événements. La bourgeoisie athénienne en prend aussi pour son grande, à coup de quelques salves vitriolées joyeusement disséminées. Les trucages numériques qui donnent vie à la moussaka géante et à la soucoupe volante sont pour le moins grotesques et donnent l’impression d’avoir été réalisés par des enfants chahuteurs sur un petit PC. Mais grâce au caractère loufoque du film, de telles approximations passent comme des lettres à la poste. D’autant que Koutras eut toutes les peines du monde à trouver le financement de cette Attaque de la Moussaka Géante, tous les investisseurs du pays l’ayant pris pour un gentil psychopathe lorsqu’il leur fit part du projet. Sa persévérance a depuis porté ses fruits, puisqu’au bout de trois longues années de tournage et avec la participation de nombreux amis improvisés comédiens ou techniciens, le réalisateur a vu son film se muer en véritable objet de culte.

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:30
(Beware ! The Blob)
De Larry Hagman (Etats-Unis)
Avec Robert Walker Jr, Gwynne Gilford, Richard Stahl, Richard Webb, Godfrey Cambridge, Marlene Clark, Carol Lynley


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Cette suite / remake du classique Danger Planétaire, réalisé quelques quinze ans plus tôt, repose sur le même principe que son modèle, et fut un temps connue sous le titre un tantinet absurde de Son of Blob. Afin de la faire analyser, l’ingénieur Chester Hargis a rapporté du Pôle Nord une mystérieuse masse rouge gélatineuse conservée dans la glace. Par inadvertance, son épouse Marianne décongèle la substance, qui va se transformer en une matière animée capable d'engloutir tout être vivant. Une mouche et un chat en feront les frais, avant que le « Blob » ne se mette en quête de hors-d’œuvre plus consistants. Aucun obstacle ne semble désormais résister à l’entité informe qui ne cesse de grossir à mesure qu’elle engloutit ses victimes humaines. Après avoir semé la panique dans toute la ville, dévorant la moitié de ses habitants, le Blob envahit entièrement un complexe sportif dans lequel sont prisonniers le patron de l'établissement et un jeune couple. Alors que tout semble perdu, le Blob est finalement congelé par le système réfrigérant de la patinoire.

L’ensemble du film est très marqué par les seventies, notamment à travers les tenues pas possibles de ses héros, la fête d'anniversaire funky en diable, et ce couple de beatniks jouant de la guitare dans un tunnel en quête de recherche acoustique. Exit le rock’n roll, les courses de voiture et les émules du James Dean de La Fureur de Vivre

qui s’animaient dans Danger Planétaire. Ici, c’est l’esprit post-Easy Rider qui prime. La scène la plus drôle du film est d’ailleurs celle du coiffeur qui, à sa grande surprise, reçoit comme client un jeune homme à la tignasse excessivement abondante qu’on croirait issu de Hair. Du coup, le film oscille bizarrement entre la parodie déjantée et l’épouvante sérieuse, sans vraiment parvenir à choisir le ton juste. Ainsi, entre autres clins d’œil référentiels, Godfrey Cambridge, le géologue qui sera l’une des premières victimes de sa découverte, est en train de regarder Danger Planétaire à la télé avant d’être dévoré des pieds à la tête.

Les jeunes héros sont ici un couple particulièrement insignifiant, et Steve McQueen était tout de même autrement plus charismatique que cet inexpressif Robert Walker Jr en pattes d'éléphant. Le Blob lui-même est réalisé avec toutes sortes de matières rouge vif plus ou moins liquides. Mais le film est avare en effets spéciaux. Ainsi, le spectateur amateur n’a-t-il jamais la satisfaction de voir les victimes se faire engloutir, et lorsque le Blob atteint des proportions gigantesques, nous n'avons jamais l'occasion de le contempler dans son entier, via des plans larges apocalyptiques à la
Godzilla, et ce manque d’emphase s'avère assez frustrant. Le dénouement, quant-à-lui, recycle le traditionnel faux happy end sur un ton parodique, ce qui nous vaut un gag final plutôt délectable. Attention au Blob a acquis une certaine popularité du fait qu’il fut réalisé par Larry Hagman, lequel allait triompher une décennie plus tard en interprétant le cynique JR de la série Dallas. Du coup, les distributeurs vidéo, jamais à court d’idées promotionnelles, éditèrent-ils le film en 1982 accompagné d’un imparable slogan : « le film que JR a réalisé » !

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 11:18
(Quatermass 2)
de Val Guest (Grande-Bretagne)
avec Brian Donlevy, John Longden, Sid James, Bryan Forbes, William Franklyn, Vera Day, Charles Lloyd Pack, Tom Chatto


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Egalement connu en France sous le titre trompeur de Terre contre Satellites, La Marque raconte la suite des aventures du professeur Bernard Quatermass, amorcées au cinéma avec Le Monstre en 1956. Un an plus tard, Val Guest retrouve le scénariste Nigel Kneale et le comédien Brian Donlevy pour un nouveau thriller de science-fiction particulièrement bien ficelé. Quatermass 2 démarre sur des chapeaux de roues, invitant le spectateur à prendre l’action en route sans le moindre préliminaire. Un jeune couple en voiture fonce en pleine nuit à la recherche d’un hôpital et manque d’entrer en collision avec le véhicule de Quatermass. Ce dernier s’arrête pour leur venir en aide et découvre que le jeune homme souffre d’un mal étrange. Une marque purulente en forme de V orne sa joue, et il bascule bien vite dans la démence. Terrifiée, la jeune fille accuse de tous les maux des pierres mystérieuses qui seraient tombées du ciel dans une petite ville en pleine campagne britannique.

Tandis que Quatermass entreprend de faire analyser les pierres, le centre d’étude spatiale où il officie détecte une pluie d’objets non identifiés venus des étoiles. Le vaillant professeur (toujours aussi savoureusement irascible et autoritaire) mène sa propre enquête dans la bourgade en question et découvre une usine sévèrement gardée et entourée de secret. Pour pouvoir y pénétrer, il va devoir se heurter aux rouages rouillés de l’administration, dans une lutte très kafkaïenne, et s’adjoindre l’assistance de son ami l’inspecteur Lomax (John Longden) de Scotland Yard. Lorsqu’il découvre le fin mot de l’histoire, il n’en croit pas ses yeux. Des extra-terrestres en forme de blobs hideux et gigantesques souhaitent en effet s’établir sur Terre. Pour parvenir à leurs fins, ils contaminent et manipulent les humains à l’aide d’une substance vivante contenue dans les pierres tombées du ciel.

La tension croît donc progressivement dès la première minute du film, en même temps qu’un sentiment de paranoïa qui sait pourtant éviter les lieux communs rattachés au thème du « ils sont parmi nous » popularisé par L’Invasion des Profanateurs de Sépulture. La Marque ne recule pas devant les séquences d’horreur pure, la plus marquante étant sans conteste l’homme brûlé par un humus visqueux en combustion qui descend une longue échelle puis vient s’écrouler devant Quatermass avant d’agoniser en fumant. Les blobs eux-mêmes sont d’abord vus furtivement à travers un hublot de l’usine qui sert à les acclimater progressivement à l’atmosphère terrestre.

Effrayante, cette vision évoque les textes de Lovecraft, comme en témoigne cet extrait de « L’Appel de Chthulhu » : « Le monstre était indescriptible - aucun langage ne saurait rendre de tels chaos de folie immémoriale et hurlante, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière, de l’énergie et de l’ordre cosmique. » Lorsque les monstres s’échappent en détruisant l’usine, le film emprunte le registre de
Godzilla, mais les maquettes sont réussies et l’atmosphère nocturne permet de préserver l’aspect cauchemardesque du climax. Bref, Quatermass 2 est une réussite indéniable, annonçant un troisième épisode encore plus audacieux.

© Gilles Penso

Thema: Blob, Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Val Guest
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