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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 09:48

bad-taste.jpgde Peter Jackson (Nouvelle-Zélande)

Avec Peter Jackson, Mike Minett, Pete O'Herne, Terry Potter, Craig Smith, Doug Wren

  

En 1983, Peter Jackson, fan des Monty Pythons, de Ray Harryhausen, de Gerry Anderson et de King Kong, s’achète une caméra 16 mm et commence à tourner dans sa petite ville natale de Pukerua Bay, au sud de Wellington, un film amateur qui, petit à petit, se transformera en long-métrage. Bad Taste raconte l’invasion d’une ville côtière néo-zélandaise par des extra-terrestres anthropophages décidés à transformer les humains en ingrédients pour une chaîne de fast-food. Une poignée de résistants hargneux, armés jusqu’aux dents, tente bientôt de résister contre l’envahisseur.

 

Avec les moyens du bord, le cinéaste, alors à peine âgé de 22 ans, cède à tous les débordements, prône la gratuité et voit son inventivité stimulée par l’anémie de son budget. Jackson joue lui-même deux rôles dans le film, dont celui d’un homme obligé de nouer sur son front un bandeau pour éviter la chute de son cerveau ! Il en profite pour démontrer déjà une virtuosité indéniable dans l’art du montage, puisque les deux personnages qu’il interprète finissent par se battre. Autre astuce de montage qui a fait couler beaucoup d’encre : le mouton qui explose suite à la propulsion d’une roquette. Omniprésent, Jackson occupe tous les postes clefs derrière la caméra : scénariste, réalisateur, producteur, chef opérateur et créateur des effets spéciaux. Le reste de l’équipe est constitué d’amis motivés et pour la plupart étrangers aux métiers du cinéma. Pendant quatre ans, chaque dimanche, le petit groupe enchaîne les prises de vues et assemble petit à petit ce film déjanté.

 

Fusillades, poursuites, maquillages spéciaux audacieux (les fameux masques extra-terrestres grimaçants), maquettes (la maison qui s’envole), pyrotechnie (les voitures qui explosent), la petite équipe ne recule devant rien et ne se laisse jamais intimider par les moyens ridicules mis à sa disposition. Dans une ambiance de tournage proche de celle d’Evil Dead, Jackson tourne principalement caméra à l’épaule et bricole lui-même ses grues, ses steadycams et ses chariots de travelling. Un financement complémentaire alloué par la Commission du Cinéma Néo-Zélandais permettra au film de se terminer enfin et de s’achever même sur un climax franchement spectaculaire. Certes, l’humour gras du film, très proche de celui de la plupart des productions Troma, et la vacuité nihiliste de son scénario n’en font pas le chef d’œuvre absolu que beaucoup vénèrent aux quatre coins du globe.

 

Mais le talent de Jackson est déjà très largement perceptible, et sa persévérance force le respect. Parti de rien, dans une Nouvelle-Zélande à la cinématographie alors inconnue, il signe carrément l’un des films les plus gore de l’histoire du cinéma (dans ce registre, il se surpassera lui-même avec l’incroyable Braindead). En 1987, Bad Taste devient l’une des meilleures surprises du Festival de Paris du Film Fantastique et du Marché du Film à Cannes. Il démarre dès lors une fructueuse carrière sur grand écran, surtout si l’on tient compte de son budget anémique, estimé à 11 000 dollars. Peter Jackson est dès lors promu réalisateur culte auprès des fantasticophiles. C’est le début d’une carrière prometteuse qui se muera bien vite en spectaculaire success story.


© Gilles Penso
Thema:
Extra-Terrestres

Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 26 novembre 2012 1 26 /11 /Nov /2012 20:43

Les-revenants.jpgDe Robin Campillo (2004) – France

Avec Géraldine Pailhas, Jonathan Zaccaï, Frédéric Pierrot, Catherine Samie, Marie Matheron, Djemel Barek, Victor Garrivier

 

Pour son premier long-métrage, le talentueux monteur (Ressources Humaines, Qui a tué Bambi ?) et scénariste (L’Emploi du Temps, Entre les Murs) Robin Campillo décide de s’attaquer à un projet ambitieux, qu’on pourrait définir comme le premier drame social avec des zombies. Le point de départ est pour le moins accrocheur : en l’espace de deux heures, les portes de l’au-delà s’ouvrent, ramenant à la vie soixante dix millions de morts récents. Les premières images, qui montrent des centaines d’hommes et de femmes sortir d’un cimetière et errer dans les rues, sont particulièrement fortes. « L’impensable vient de se produire » dit le maire d’une des villes investies par ces hordes de trépassés.

 

Très vite, la population s’interroge. Que faire d’eux ? Comment les réinsérer dans leurs familles et leurs métiers ? Face à cet événement imprévisible, les cités tentent de s’organiser. Les savants, aussitôt sollicités, constatent que les revenants ont des symptômes proches de l’aphasie post-traumatique. Ils sont lents, en retard, désynchronisés avec le monde, mais en mouvement permanent. On met donc en circulation un médicament, le lithanol, qui calme leur hyperactivité et les réfrène dans leurs déambulations incessantes. Pour pouvoir les repérer et analyser leurs déplacements (estimés à une moyenne de quinze kilomètres par jour et par individu), on fait survoler la ville de ballons sondes équipés de caméras thermiques, dans la mesure où les revenants ont une température corporelle inférieure de cinq degrés à celle des vivants. 

 

Le scénario des Revenants aborde ainsi le sujet sous un angle hyperréaliste, presque clinique, sans toutefois chercher à donner la moindre explication au phénomène. On l’accepte parce qu’on n’a pas le choix et on s’adapte. Le film s’attache à traiter en parallèle l’analyse du phénomène (études scientifiques, dispositions médicales et sociales), et les complexités de la réinsertion des revenants chez les leurs (famille qui se recompose, parents retrouvant leur enfant). Dans ses moments les plus intimes, l’intrigue s’intéresse principalement à Mathieu et Rachel, un couple incarné par Jonathan Zaccaï et Géraldine Pailhas. Jamais les mots « zombie » ou « morts-vivants » ne sont prononcés dans le film, qui choisit sciemment de ne pas arpenter les voies de l’horreur et de l’épouvante malgré le sujet qu’il aborde.

 

Ponctuellement, au détour d’une séquence anodine, Robin Campillo renforce l’étrangeté de son propos en ralentissant légèrement les mouvements de sa caméra pour engourdir les déplacements de ses corps ambulants, post-synchronisant même leurs dialogues pour les recaler sur cette altération du rythme. Les Revenants se pare de plans parfois très graphiques, de belles idées visuelles et de scènes empreintes de bizarrerie poétique, comme ces réunions nocturnes des morts qui communiquent en chuchotant. Hélas, le traitement du film est d’une terrible froideur, et passée la surprise suscitée par la situation de départ, le spectateur saisit mal les finalités d’un scénario s’extrayant difficilement de l’anecdote, et échouant du même coup à traiter frontalement la thématique qui semblait le structurer, celle du deuil et de ses conséquences.

 

© Gilles Penso
Thema:
Zombies
Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 15 novembre 2012 4 15 /11 /Nov /2012 22:38

 staunton-poster2.jpgde Cameron Romero (USA)

Avec David Rountree, Paula Rhodes, Christine Carlo, Kathy Lamkin, B.J. Hendricks, Charlie Bodin…

 

Oui, le grand George A. Romero (cinéaste de valeur et géant de pratiquement deux mètres) a un fils. Il s’appelle Cameron et, comme papa, fait carrière dans l’horreur. Pas découragé par deux coups d’essai restés commercialement inexploités (Plant Life et The Screening), il entreprend avec Staunton Hill un projet plus « ambitieux » que les précédents : la visite guidée d’une cambrousse à la  Massacre à la Tronçonneuse, relevée du piment rouge de séances de torture à la Saw et Hostel. S’il y a un risque que le « fils de » ne prend pas, c’est bien celui de l’originalité, d’idées un tant soit peu fraîches.

 

Pas très aventureux dans sa démarche, Cameron Romero installe son scénario en 1969, au plus profond des Etats-Unis, en Virginie. Cinq jeunes adultes y font de l’auto-stop, en route vers Washington où ils prévoient de manifester contre la politique gouvernementale. Mauvaise pioche ; ils tombent sur un conducteur qui, faux bon samaritain, simule la panne pour les laisser se jeter dans la gueule du loup. Ou, plutôt, les envoyer se faire trucider par les membres d’une famille bien azimutée, dont les membres brandissent les préceptes de la Bible d’un côté et, de l’autre, les ustensiles nécessaires à leur perte. Elle se compose principalement d’une mama obèse (Kathy Lamkin, déjà vue dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse et sa suite), d’une vieille teigne se déplaçant dans un grand fauteuil roulant customisé au goût de la région, ainsi qu’un dadais chargé des basses œuvres. Une sorte de Leatherface sans le masque.

 

Conformément aux règles du genre et au terme des préliminaires de rigueur, les Staunton (c’est le nom des ruraux en question) scalpent, équarrissent, écorchent, amputent, électrocutent… La routine en somme, d’autant plus que le décorum (la ferme isolée, la casse automobile...) et l’accompagnement musical (harmonica et autres instruments du cru) ne se hasardent jamais hors des sentiers battus. Prévisible, Staunton Hill donne aussi l’impression d’un film excessivement bricolé au montage, rafistolé vaille que vaille, et oubliant de traiter son vrai sujet (l’Amérique bigote des campagnes confrontée à l’Amérique contestataire de la fin des sixties).

 

Pourtant, malgré ses ruptures de rythme et incohérences, il parvient, au détour de telle ou telle séquence, à distiller une atmosphère. Glauque, malsaine évidemment, en s’appuyant sur des détails anodins. Un exemple ? La manière dont le tueur de la petite communauté plie et range les vêtements de ses victimes après les avoir réduites au silence éternel. Pas de quoi faire de Staunton Hill un bon film de genre, mais assez pour le rendre intéressant, intrigant. Le talent n’étant pas héréditaire, Cameron Romero ne partage manifestement pas celui de son paternel. Du moins, pas encore… En faisant un peu de progrès et, surtout, en choisissant mieux ses scripts, il peut cependant prétendre à la maîtrise d’un certain savoir-faire. Depuis Staunton Hill, il a tourné un court (The Auctioneers) et deux longs-métrages (Radical, Auteur). Autant  d’occasions de redresser la barre et de faire honneur à un certain héritage. 

 

© Marc Toullec
Thema:
Tueurs
Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Horrorkult.com
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Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 11:12

la_crypte_du_vampire-0.jpg(La Maldicion de los Karnstein)

De Camillo Mastrocinque (1964) – Italie / Espagne

Avec Christopher Lee, Ursula Davis, Adriana Ambesi, Carla Calo, Jose Campos

 

Grâce à la renommée acquise sur les films Hammer, Christopher Lee a rapidement mis à contribution ses capacités polyglottes pour promener son imposante silhouette dans moult productions européennes à partir du milieu des années 60. Dans La Crypte du Vampire, il incarne le comte Ludwig de Karnstein, dont la fille Laura est en proie à de terribles cauchemars. Régulièrement, elle s’éveille en hurlant après s’être vue assassiner des membres de sa propre famille. Or les rêves semblent prémonitoires, car les victimes sont retrouvées vidées de leur sang.

 

Soupçonnant une malédiction ancestrale, le comte sollicite les services de Klaus, un jeune étudiant spécialisé dans la restauration d’œuvres anciennes. Sa mission consiste à remettre à neuf le portrait d’une ancêtre de la famille, Sheena de Karnstein, jadis accusée de sorcellerie et sacrifiée sur l’autel de la superstition. Ludwig craint que sa fille ne soit la réincarnation de l’aïeule maudite, ce qui expliquerait ses morbides obsessions. Cette petite galerie de personnages se complète d’une austère gouvernante, d’une jeune servante un peu trop curieuse, d’un majordome sinistre et de la blonde amante de Ludwig. Comme Klaus est joli garçon, Laura lui fait les yeux doux, soupirant « nous vivons comme dans une tombe, comme au fin fond du monde », tandis que Ludwig passe le plus clair de son temps à arpenter les vastes couloirs du château dans son peignoir de soie.

 

Puis survient la scène la plus improbable du film, dans laquelle Laura se couche nue sur une étoile à cinq branches tracée sur le sol tandis que la gouvernante psalmodie « Sheena de Karnstein, nous t’invoquons » en agitant une autre étoile – en carton découpé celle-ci – au-dessus des flammes d’une bougie. La Crypte du Vampire jongle ainsi avec plusieurs thèmes fantastiques sans trop s’embarrasser de cohérence scénaristique, mêlant vampirisme et sorcellerie en un joyeux cocktail. Lorsqu’intervient le personnage de Ljuba, une jeune fille victime d’un accident de carrose qui séjourne quelques temps au château, l’influence du « Carmilla » de Sheridan le Fanu imprègne le film, quoi que de manière très superficielle. La relation saphique censée lier Laura et Ljuba n’est qu’esquissée au profit d’une amitié exclusive et enfantine.

 

Le film souffre d’une direction d’acteurs dénuée de subtilité, Laura surjouant le désespoir, Ljuba exagérant son ingénuité, Christopher Lee roulant des yeux sévères en crispant la mâchoire. Mais la poésie s’immisce souvent, à travers quelques dialogues métaphoriques (« la nature a préparé son spectacle et attend l’entrée des acteurs, mais on ne peut savoir s’ils joueront une comédie ou une tragédie… » susurre Ljuba, perdue dans la contemplation de la campagne rayonnante), une bande son se ponctuant parfois de lugubres sonneries de cloches, une photographie noir et blanc laissant les rais de lumière souligner les regards inquiets, ou quelques visions macabres surprenantes comme ce chandelier élaboré à partir d’une main coupée. Dans la crypte du titre s’élabore un dénouement riche en rebondissements et en révélations, parachevant théâtralement cette sympathique co-production italo-espagnole.

 

© Gilles Penso

Thema: Vampires

Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Horrorkult.com
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Vendredi 2 novembre 2012 5 02 /11 /Nov /2012 17:00

sector_7_affiche_2.jpg(7 Gwanggu)

de Ji-hoon Kim (Corée)

avec Ji-won Ha, Sung-kee Ahn, Ji-ho Oh, Ae-ryeon Cha, Ye-ryeon Cha, Han-wi Lee, Cheol-min Park, Sae Byeok Song

 

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Grâce à ses effets spéciaux haut de gamme et son sens du spectaculaire, The Last Day avait fait son petit effet en 2009, surfant allègrement sur le tsunami du 2012 de Roland Emmerich. Les producteurs et le réalisateur de ce fleuron du cinéma catastrophe asiatique nous transportent cette fois-ci sur la plate-forme pétrolière off shore Eclipse, perdue au beau milieu d’un océan sauvage et déchainé. Après de nombreux forages éprouvants, l’équipe à bord doit se rendre à l’évidence : le pétrole refuse de jaillir. Prêts à baisser les bras, les vaillants techniciens tentent une dernière percée à près de deux mille mètres de profondeur. L’or noir continue à jouer l’arlésienne, mais ils semblent avoir réveillé une chose inconnue qui, peu à peu, se met à décimer leurs rangs…

 

La double influence d’Alienet d’Abyss est manifeste dès les premières minutes du métrage, preuve que Ji-hoon Kim continue à se laisser porter par les grands succès américains pour nourrir son propre cinéma. Les bathyscaphes en pleine exploration abyssale et la présence d’une entité hostile dans les coursives du site industriel évoquent donc les univers de James Cameron et Ridley Scott, mais le réalisateur parvient à exprimer sa propre personnalité et surtout ses propres effets de style. Motivé par ses trucages numériques dernier cri et par l’exploitation de son film en relief, il multiplie ainsi les mouvements de caméra vertigineux, visualisant sous toutes ses coutures la plateforme au milieu de vagues en furie, démarrant ses travellings sur des gros plans pour élever ensuite sa caméra plusieurs centaines de mètres dans les airs.

 

La finesse n’est pas vraiment de mise, d’autant que la bande originale, calquée sur les travaux d’Hans Zimmer et de ses disciples, martèle lourdement l’action. Mais Sector 7 se laisse voir sans déplaisir, s’appuyant sur des décors très photogéniques et une mise en scène particulièrement soignée. Lorsque l’intrus révèle enfin sa véritable nature, le film assume alors son statut de monster movie et l’amateur est aux anges. Car la créature sait soigner chacune de ses apparitions, rampant et rugissant avec beaucoup de panache. La mâchoire carnassière, l’échine hérissée de tentacules, la peau gélatineuse, la bête s’avère difficile à décrire, se situant quelque part à mi chemin entre la chenille, la méduse et le dinosaure. Une langue extensible et des pattes de morse parachèvent sa morphologie composite.

 

Les pauvres humains mués malgré eux en garde-manger comprennent qu’ils ont affaire là au fruit d’une expérience ayant mal tourné. Car vingt ans plus tôt, les scientifiques de la plateforme découvrirent une forme de vie étrange capable de s’enflammer et de produire une combustion permanente. Fascinés par cette nouvelle source d’énergie susceptible à terme de remplacer le pétrole, ils accélérèrent la croissance d’un des spécimens pour gagner en productivité. Et voilà le travail ! Superbe création numérique, le monstre, en perpétuelle mutation, semble invincible, et nous offre des séquences d’affrontement homérique, qui méritent à elles seules le visionnage de ce film généreux et décomplexé, s’achevant sur un épilogue aquatique étonnamment émouvant.

 

© Gilles Penso

Thema: Monstres marins

Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 11:40

halloween_2_poster_02.jpgde Rick Rosenthal (USA)

Avec Donald Pleasence, Jamie Lee Curtis, Charles Cyphers, Jeffrey Kramer 

 

 « Le succès de films comme La Nuit des Masques s’explique par le fait que les slahers ne coûtent pas cher et rapportent souvent beaucoup d’argent » nous expliquait un jour John Carpenter (1). Pragmatique, il se doutait bien que la rentabilité de son premier Halloween allait rapidement générer une séquelle. Occupant une nouvelle fois les postes de producteur et de scénariste avec sa collaboratrice Debra Hill, il céda cependant le poste du réalisateur à Rick Rosenthal, œuvrant pour la première fois sur un long-métrage. Ce dernier s’acquitta de sa tâche avec les honneurs, se lançant dans une méticuleuse entreprise de mimétisme qui, aujourd’hui encore, sème le trouble.

 

En effet, tous les effets de style de La Nuit des Masques sont ici reproduits avec fidélité, sans pour autant reléguer Halloween 2 au statut de simple plagiat. Les longs plans séquence tournés en courte focale génèrent toujours autant de suspense, par le biais d’astucieux jeux d’avant et d’arrière-plans. La photographie en clairs obscurs de Dean Cundey irradie une fois de plus les panoramas urbains en Cinémascope, jouant sur les nerfs des spectateurs lorsque l’ombre cache les exactions du croquemitaine. La partition métronomique de John Carpenter et Alan Howarth rythme savamment un récit qui, à nouveau, se resserre sur une double unité de lieu et de temps. Bref, le père de New York 1997 et Fog a trouvé en Rick Rosenthal un disciple idéal, à tel point que la paternité d’Halloween 2 fut souvent attribué à Carpenter seul.

 

Certes, celui-ci a lui-même mis la main à la pâte lorsqu’il décida, au vu du premier montage trop sage à son goût, d’injecter dans le métrage plus de violence (d’où un certain nombre de meurtres beaucoup plus graphiques et démonstratifs que dans La Nuit des Masques, dont le point culminant est la double attaque dans un jaccuzzi). Mais parler de co-réalisation semble cependant abusif, et ne rendrait pas justice au travail remarquable de Rosenthal. Halloween 2 commence exactement là où s’achevait le film précédent. Après avoir été abattu par le docteur Sam Loomis (Donald Pleasence), Michael Myers semblait hors d’état de nuire. Or son corps a disparu, et le psychiatre hystérique se lance à sa recherche, pistolet au poing, répétant aux fonctionnaires de police : « Je lui ai tiré six balles dans le corps, il n’est pas humain ! ».

 

De son côté, Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) est admise à l’hôpital de la ville pour se remettre de son agression. Dans un état second, elle refuse qu’on l’endorme, comme si un pressentiment funeste la hantait. Bien sûr, ses craintes sont fondées, et le croquemitaine au masque blanc ne tarde pas à pointer le bout de son couteau dans les couloirs de l’établissement, semant la mort partout où il passe. Le climax nous réserve une surprise offrant une mise en perspective inattendue sur les relations du monstre et de sa proie. Bien souvent, Halloween 2 s’élève au même niveau artistique que son prestigieux prédécesseur, avec lequel il compose un excellent diptyque. Ce sera le seul coup d’éclat de Rick Rosenthal, ce dernier se perdant ensuite dans l’anonymat de la réalisation télévisée dont il ne sortira que furtivement, le temps d’un Halloween Résurrection très anecdotique.


(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 1995
© Gilles Penso
Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 11:52

Halloween-3.jpg(Halloween 3 : Season of the Witch)

de Tommy Lee Wallace (USA)

avec Tom Atkins, Dan O’Hearlihy, Stacey Nelkin, Michael Currie, Ralph Strait, Jadeen Barbor, Brad Schacter

 

Michael Myers périssant dans un brasier purificateur à l’issue d’Halloween 2, il semblait absurde de le ressusciter. Pour éviter malgré tout d’interrompre si tôt une franchise promise à un bel avenir, John Carpenter proposa de poursuivre la saga Halloween sous forme d’une série de longs-métrages mettant à chaque fois en scène des personnages différents et un récit original. Prototype de ce projet à long terme, Halloween 3, le Sang du Sorcier s’extrait donc des mécanismes du slasher pour s’aventurer sur les sentiers d’une horreur surnaturelle.

 

Tom Atkins (vu dans Fog et New York 1997) endosse la blouse du docteur Daniel Challis, surpris de voir débarquer dans l’hôpital où il exerce un homme gravement blessé qui, dans ses brefs moments de reprise de conscience, s’écrie : « ils vont venir pour tous nous tuer ! ». Peu de temps après ces sinistres prédictions, un homme impassible pénètre dans la chambre du malheureux, lui arrache les yeux, puis s’immole dans sa voiture. Dès son entrée en matière, Halloween 3 annonce ainsi une brutalité et une absence de concession que ne démentira guère le reste du métrage. La violence y est en effet exacerbée et les morts plutôt graphiques. Têtes arrachées à mains nues, visages déchirés d’où surgissent des nuées d’insectes rampants, meurtres à la perceuse s’enchaînent inexorablement.

 

L’enquête que Daniel Challis et la fille de la victime mènent ensemble les conduit dans la petite ville de Santa Mira, siège de la fabrique Silver Shamrock qui s’est spécialisée dans l’élaboration de masques pour Halloween. Leurs trois dernières créations (une tête de citrouille, un visage de démon grimaçant et un squelette) s’arrachent dans tous les magasins, tandis que leurs spots télévisés décomptant les jours avant le 31 octobre saturent les chaînes de télévision. Si les liens narratifs entre Halloween 3 et ses deux prédécesseurs sont volontairement rompus, une unité artistique persiste, grâce à la musique synthétique entêtante de John Carpenter et Alan Howarth, à la photographie nocturne que Dean Cundey concocte une nouvelle fois sur un format Cinémascope, et à un sentiment de paranoïa croissant qui annonce plusieurs œuvres phares du père de Michael Myers, notamment Prince des Ténèbres, Invasion Los Angeles et L’Antre de la Folie.

 

Myers lui-même fait une petite apparition sous forme de clin d’œil, via une bande annonce et un extrait de La Nuit des Masques diffusés sur les petits écrans de la ville. Lorsque Conal Cochran (Dan O’Herlihy), vénérable patron de Silver Shamrock, fait visiter fièrement son usine, le Willy Wonka de « Charlie et la Chocolaterie » n’est pas loin. Mais le conte de fées vire à l’horreur viscérale lorsque sa diabolique machination prend corps, à travers une séquence choc où un enfant coiffé d’un masque en forme de citrouille s’écroule au sol, son visage expulsant des cafards et des serpents venimeux qui assaillent ses parents terrifiés ! Malgré – ou à cause de – ses audaces, Halloween 3 désarçonna le public, qui ne lui réserva qu’un accueil mitigé. Michael Myers renaîtra donc de ses cendres dans un Halloween 4 beaucoup plus convenu.

 

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie

Par Gilles Penso - Publié dans : FILMS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 23:39

Oh non ! C'est au tour du cultissime Evil Dead de Sam Raimi de subir les outrages d'un nouveau remake ! Mais pourquoi ? Quel intérêt ? Difficile de juger avant de l'avoir vu, me direz-vous, mais tout de même, cette épidémie de photocopies modernisées des classiques des années 70/80 finit par s'avérer plus inquiétante qu'une invasion de zombies dans un supermarché ou d'infectés dans les rues de Londres. Aux commandes de ce reboot/remake/replay/réchauffé, l'inconnu Fede Alvarez. En attendant d'en savoir plus, voila de quoi nourrir quelque peu vos rétines :

 

EvilDeadremake-photo-3-e1351115925113.png

evildeadremake.jpg

EvilDeadremake-photo-2.jpeg

Par Gilles Penso - Publié dans : NEWS - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 00:01

Le remake de Robocop sera-t-il pire ou meilleur que celui de Total Recall ? Quelle que soit la réponse, les fans de Paul Verhoeven attendent ce nouvel opus avec une méfiance qu'on ne saurait leur reprocher. Jose Padilha en sera le réalisateur, et Joel Kinnaman enfilera la cuirasse, tandis que Gary Oldman, Samuel L. Jackson et Michael Keaton assureront la fonction de guest-stars de luxe. Sortie prévue en 2014. D'ici là, voilà quelques images pas foncièrement rassurantes…

 

robocop-motorcycle-scenes-05


Robocop maigh7Olsq1r1928to3 1280


Robocop-120709

 

robocop-new-armor-set-photo

 

robocop-introduction-scene-01

Par Gilles Penso - Publié dans : NEWS - Communauté : The SciFi Geeks
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Mardi 23 octobre 2012 2 23 /10 /Oct /2012 08:05

iron-man-3-poster.jpg

 

Voici les toutes premières images d'Iron Man 3. Voila de quoi  patienter en attendant la sortie en France annoncée le 1er mai 2013. D'ici là, les extraits, bandes annonces et photos ne tarderont pas à affluer en masse… Ci-dessus : le poster teaser. Ci-dessous  un sympathique visuel et les deux bandes annonces tout juste sorties des salles de montage de chez Marvel. Enjoy !

 

image001.jpg

Par Gilles Penso - Publié dans : NEWS - Communauté : The SciFi Geeks
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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