AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 14:09
De Tod Browning (1931) – USA
Avec Bela Lugosi, Helen Chandler, David Manners, Dwight Frye, Edward Van Sloan


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Le roman de Bram Stoker est disponible ici

Après le Nosferatu de Murnau, détournant habilement le problème des droits d’auteur, voici la première adaptation officielle du roman de Bram Stoker, qui fut aussi le premier film d’épouvante sonore. Pour simplifier les péripéties du texte initial, les scénaristes ont remplacé le héros Jonathan Harker par Renfield, dans la scène du prologue, et transposé l’histoire au vingtième siècle. Malgré les recommandations des villageois, Renfield, un jeune agent immobilier, se rend donc en Transylvanie pour rencontrer le comte Dracula qui veut acquérir une demeure en Angleterre. Mais Dracula est un vampire, et avec l’aide de ses trois femmes non-mortes, il vampirise Renfield et en fait son esclave, avant de partir à la conquête de l’Angleterre.

Le producteur Carl Laemmle et le réalisateur Tod Browning ont eu l’idée de génie de confier à Bela Lugosi le rôle du comte vampire imaginé par Bram Stoker. Enveloppé dans sa cape noire, les traits livides, le regard hypnotiseur et la voix précieuse au fort accent de l’Est, Lugosi est inoubliable en Dracula, et sa première apparition, dans un magnifique château brumeux rempli de toiles d’araignées, de gros rats et de tatous (!), est un véritable morceau d’anthologie. Le prologue sur la route menant au château (une très belle peinture sur verre), la première rencontre entre Renfield et Dracula (avec la célèbre réplique « je ne bois jamais… de vin »), ou l’affrontement final dans le souterrain du vampire sont également des scènes très visuelles. Notons aussi l’idée de l’étui à cigarette qui fait office de miroir, dans lequel Dracula ne se reflète pas.

Mais le reste du temps, la mise en scène s’avère assez figée, empruntant la majeure partie de ses effets au théâtre. D’ailleurs, le scénario adapte plus fidèlement la pièce de Hamilton Deane et John Balderston que le roman de Bram Stoker. Au lieu de profiter de l’avènement du parlant pour utiliser une partition adéquate, Browning délaisse la musique (seulement présente au cours du générique de début, par le biais du « Lac des Cygnes » de Tchaikovsky, et au cours de la scène du concert) au profit des dialogues. Ainsi les événements sont-ils plutôt dits que montrés, comme lorsque Dracula s’enfuit de la maison du Dr Seward sous la forme d’un loup. Du coup, certaines scènes, comme la mort de tout l’équipage du vaisseau transportant Dracula à Londres, ou celle de Lucy vampirisée, n’ont-elles pas la force qu’elles devraient avoir.

Ce Dracula demeure malgré tout une œuvre de très haut niveau, un petit joyau porté en grande partie par le jeu superbe de Lugosi et celui du trop sous-estimé Dwight Frye. Simultanément au tournage de ce Dracula, George Melford mit en scène une version espagnole, dans le même décor et sur le même scénario, selon une méthode souvent pratiquée dans les années 30. Ce Dracula ibérique était interprété par Pablo Alvarez Rubio, Barry Norton, Carlos Villarias et Lupita Tova, et d’aucuns le jugent supérieur à celui de Tod Browning. En 1999, Universal demanda au compositeur Philip Glass de concocter une nouvelle musique pour la réédition du film, laquelle, planante et très discrète, n’apporte à vrai dire pas grand-chose à la bande son originale.

© Gilles Penso

Thema:
Dracula, Vampires
Par Gilles Penso
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 13:57
(Planet of the Apes)
De Franklin J. Schaffner (1968) – USA
Avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Maurice Evans, James Daly, Linda Harrison, Robert Gunner, Lou Wagner


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Le roman de Pierre Boulle est disponible ici

La bande originale est disponible ici

Adapté librement de l’extraordinaire roman que Pierre Boulle écrivit en 1963, et qui plaçait la condition humaine au cœur des ses préoccupations, La Planète des Singes ressemble à un long épisode de La Quatrième Dimension, ce qui n’est pas un hasard dans la mesure où Rod Serling en a signé le scénario. Le monumental coup de théâtre final constitue d’ailleurs un chef d’œuvre à lui seul, et le film lui doit une bonne part de sa célébrité. Tout commence lorsqu’un engin spatial égaré dans l’espace-temps s’écrase sur une planète inconnue, habitée par des singes très évolués et une humanité primitive. Les gorilles gèrent l’armée, les orangs-outans la justice, les chimpanzés la science, et les humains sont relégués derrière les barreaux des prisons ou enchaînés pour les travaux des champs. Les astronautes sont faits prisonniers. Seul Taylor (Charlton Heston) survit, mais les singes, en l’entendant parler, comprennent qu’il est plus évolué que ses semblables. Un couple de jeunes chimpanzés scientifiques, Zira (Kim Hunter) et Cornélius (Roddy McDowall), est persuadé qu’il représente le chaînon manquant de l’évolution.

Par-delà l’insolite provoqué par le retournement de toutes les situations entre l’homme et le singe (le jonathan Swift de « Gulliver » n’est pas loin), le film se sert des primates comme parabole des comportements humains, en particulier vis-à-vis des autres espèces animales. Le tribunal dirigé par Zaïus (Maurice Evans) évoque à la fois l’inquisition médiévale jugeant hérétique qui ose avancer des théories bousculant celles établies par les hautes instances, et les régimes totalitaires réécrivant l’histoire à leur manière et l’enseignant ainsi falsifiée dans les écoles.

Dommage que la belle Nova (Linda Harrison) n’ait ici droit qu’à un rôle de bimbo muette d’arrière-plan, alors que ses interventions étaient bien plus étoffées dans le roman. Les comédiens maquillés en singes bénéficient de masques faciaux pour le moins incroyables, conçus par John Chambers pour mettre en évidence l’expression de leurs regards. Sur le plateau, lorsque des centaines de figurants avaient à être transformés en gorilles, chimpanzés et orang-outangs pour les scènes de foules, acteurs et maquilleurs se retrouvaient à quatre heures du matin pour une quinzaine d’heures consacrées à l’application des prothèses. Le spectacle devait être pour le moins folklorique.

La qualité du résultat à l’écran est quelque peu tempérée par les déclarations de Stuart Freeborn, génial maquilleur de
La Guerre des Etoiles, chagriné que la 20th Century Fox ait envoyé dans son atelier un assistant pour « espionner » ses techniques de moulage et de sculpture alors qu’il travaillait sur les hommes-singes de 2001 l’Odyssée de l’Espace. D’ailleurs, ironiquement, c’est La Planète des SInges qui remporta l’Oscar des maquillages spéciaux, et non 2001 (dans lequel la plupart des spectateurs de l’époque croyaient avoir affaire à de vrais primates). Quoiqu’il en soit, La Planète des Singes demeure un très grand moment de l’histoire du cinéma de science-fiction, entraînant dans son sillage quatre séquelles, une série télévisée, une bande dessinée et un remake.

© Gilles Penso

Thema: Singes,
Voyages dans le Temps, Futur
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /Mai /2008 23:39
de E.B. Schoedsack et M.C. Cooper (Etats-Unis)
Avec Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher, Noble Johnson, Sam Hardy, Steve Clemento


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

La bande originale est disponible ici

Fruit de l’imagination fertile du producteur Merian C. Cooper, spécialisé dans les documentaires animaliers depuis le milieu des années 20,
King Kong est devenu l’un des icônes les plus marquants du 7ème Art, tous genres confondus. Le film met en scène le cinéaste Carl Denham (Robert Armstrong) qui débarque avec son équipe sur l’île du Crâne. Fascinés par la chevelure blonde d'Ann (Fay Wray), l'actrice engagée par Denham, les insulaires l'enlèvent et l'offrent en sacrifice au dieu Kong, un gorille géant. Pour sauver la belle, l'équipe de Denham part à la poursuite du monstre dans une jungle hostile peuplée de dinosaures, le capture et le ramène à New York pour l’exhiber sous le nom de « La Huitième Merveille du Monde ». Mais le soir de la première, Kong s'échappe et emmène Ann au sommet de l'Empire State Building…

Pour apprécier pleinement King Kong, il faut  le replacer dans son contexte historique : la grande dépression économique de 1933. Dans les dix premières minutes du film (absentes de la version française), nous voyons une société ravagée par la crise, les bas-fonds d’une ville, la misère et la déchéance. Dans la dernière partie, cette crise est symbolisée par un monstre destructeur qui s’abat sur la société. Le début est réaliste, la fin métaphorique. Entre ces deux parties, les séquences de l’île du Crâne ressemblent à un rêve, à un cauchemar. Dans cette jungle mythique, le ciel est constamment traversé par d'étranges reptiles volants et des créatures antédiluviennes ne cessent de surgir des buissons. Anthropophage, violent, hargneux, le gorille géant attire pourtant la sympathie, et lorsqu’il tombe du haut de l’Empire State Building, on ne peut s’empêcher d’écraser une petite larme. Les aviateurs qui abattent Kong sont d’ailleurs interprétés par les deux réalisateurs du film !

La beauté de cette monstrueuse histoire d’amour est transcendée par un noir et blanc quasi-expressionniste, de magnifiques décors influencés par Gustave Doré et une wagnérienne partition signée Max Steiner. A l’origine, Cooper envisageait d’utiliser un vrai gorille et de l’emmener sur l’île de Komodo pour le filmer face à un varan. Mais la crise économique du début des années 30 empêcha une telle expédition. Finalement, c’est le magicien des effets spéciaux Willis O’Brien qui donna corps à Kong, en utilisant la technique alors balbutiante de l’animation image par image. Dans le film, le monstre velu est ainsi interprété par six figurines de 45 centimètres de haut manipulées dans des décors miniatures. Si, pour le spectateur d’aujourd’hui, les mouvements du gorille semblent saccadés et tremblotants, celui de 1933, lui, fut abasourdi par un spectacle alors révolutionnaire.

King Kong ressemble ainsi à un gigantesque tour de magie réalisé par une extraordinaire équipe d’illusionnistes. Contrairement à ses contemporains
Dracula et Frankenstein, King Kong ne repose ni sur une œuvre littéraire classique, ni sur le prestige de son réalisateur et de ses comédiens. C’est donc la force son motif thématique, superbe transfiguration du motif de la Belle et la Bête, qui lui vaut sa renommée, et son statut indiscuté de chef d’œuvre atemporel.

© Gilles Penso

Thema: Singes,
Dinosaures
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Actualité

http://www.wikio.fr

 


Nombre de visiteurs
depuis le 6 mai 2008



Il y a actuellement
 18 fantasticophile(s) sur ce site

Thema

Interviews exclusives

Recommander

Coup de zoom sur…

Derniers Commentaires

L'auteur de ce site

  • L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
  • Gilles Penso
  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés