AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 19:08

black christmas ver4de Glenn Morgan (Etats-Unis)

Avec Katie Cassidy, Michelle Trachtenberg, Kristen Cloke, Mary Elizabeth Winstead, Lacey Chabert, Andrea Martin, Chrystal Lowe

 

 

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Source d’inspiration majeure de La Nuit des Masques, le Black Christmas original, réalisé en 1974 par Bob Clark, est souvent considéré comme le mètre étalon du slasher moderne. La plupart des codes du genre y étaient en effet mis en place et exploités avec beaucoup d’originalité. Il était évident que tôt ou tard, la grande foire aux remakes des années 2000 se penche sur le sujet. C’est Glenn Morgan, pilier de la série X-Files et déjà réalisateur du remake d’un classique des seventies, Willard, qui se chargea de la relecture de ce « Noël Noir ».

 

Un groupe d’étudiantes de la Clement University de Boston décide de réveillonner ensemble dans une maison où, jadis, vécut le psychopathe Billy Lenz. Maltraité par une mère alcoolique durant son enfance, enfermé dans le grenier, il donna naissance à Agnes, fruit de ses amours incestueux avec une génitrice décidément détestable. Au cours d’une révolte sanglante, il assassina cette dernière et la dévora avant d’atterrir dans une institution psychiatrique sous haute surveillance. Or aujourd’hui, Billy vient de s’évader de sa cellule et repart hanter la maison de son enfance avec une seule idée en tête : passer Noël en famille. Ce qui équivaut, dans son esprit dérangé, à transformer en chair à saucisse toutes les jeunes filles réunies chez lui pour les muer en sanglants trophées…

 

Contre toute attente, Glenn Morgan se débarrasse chaque fois que possible des oripeaux traditionnels du slasher pour tendre ouvertement vers une épouvante plus graphique, héritée des giallos italiens des années 60. Voir les gants noirs et les bottes du Père Noël filmés à la manière de ceux des tueurs de Mario Bava vaut déjà largement le détour ! D’ailleurs, l’emploi entêtant d’une ritournelle (en l’occurrence la « Danse de la Fée Dragée » de Tchaikovsky) s’inscrit dans la droite lignée des travaux de Dario Argento. Saturant ses couleurs, brisant l’horizontalité de ses cadrages, exagérant jusqu’à l’outrance ses effets gore, le réalisateur plonge ainsi dans le baroque le plus débridé et transcende du même coup ce qui n’aurait pu être qu’une simple variante d’Halloween et Scream version 24 décembre. Enfin, en apparence tout du moins.

 

Car si toutes les scènes de flash-back nagent dans des eaux troubles et souvent malsaines (on y aborde frontalement l’inceste, la pédophilie, le cannibalisme) tout en basculant dans une horreur quasi-surréaliste, les séquences situées au présent n’apportent rien de neuf au genre, se contentant d’aligner des protagonistes sans saveur ni caractère pour mieux les massacrer selon une méthode éliminatoire galvaudée. Certes, la mise en scène de Morgan continue à surprendre (la mort dans la voiture couverte de neige), quelques trépas ne reculent devant aucune exubérance (le crâne transpercé par une stalactite) et ce tueur givré (au sens propre) qui arrache les yeux de ses victimes pour les dévorer sort un peu du lot. Mais l’ombre de Michael Myers et de Jason Voorhes plane d’un peu trop près sur ce Black Christmas. Restent les transgressions de l’imagerie de Noël (avec comme point d’orgue ce sapin orné de têtes décapitées !), toujours bienvenues en ces périodes de fêtes grasses et exagérément euphoriques.


© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Vendredi 24 décembre 2010 5 24 /12 /Déc /2010 08:13

Jean Rollin est un cinéaste qui aimait les femmes-vampires.

L'œuvre de Jean Rollin n'entrera probablement pas au panthéon, pas plus qu'elle n'ornera les rayons des cinémathèques. Pourtant, ce cinéaste hors norme a marqué son temps par une filmographie insolite qui s'est muée en véritable objet de culte, notamment outre-Atlantique.

Son credo ? Un mariage contre-nature entre l'épouvante et la sensualité, avec une prédilection toute particulière pour les femmes-vampires court-vêtues, les cimetières brumeux et les plages normandes.

C'est en 1968 que Jean Rollin lance les hostilités avec "Le Viol du Vampire", qui contient déjà en substance toutes les composantes de l'œuvre à venir : un scénario nébuleux, des acteurs amateurs, des dialogues absurdes, une mise en scène très approximative et un humour irrésistible, mais hélas involontaire.

Mais au milieu de ce fatras digne de la foire d'empoigne, un certain sens de la poésie macabre émerge parfois, tout comme une sincérité à fleur de peau qui rend le réalisateur attachant.

L'homme lui-même était d'ailleurs passionnant, d'une grande culture et d'une sensibilité indéniable. Qualités qui n'apparaissent qu'en filigrane dans des films aux titres souvent improbables : "La Vampire nue", "Requiem pour un Vampire", "Les Raisins de la Mort", "Les Démoniaques", "La Morte-Vivante", "Les Deux Orphelines Vampires" ou encore "La Fiancée de Dracula".

Rollin tournera un dernier long-métrage surréaliste d'inspiration vaguement mythologie, "Le Masque de la Méduse", avant de succomber à un cancer le 15 décembre 2010. Il laisse derrière lui une trentaine de longs-métrages et une quinzaine de romans.

Par Jack Driscoll - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 23:30

Jack-Brooks-tueur-de-monstres(Jack Brooks : Monster Slayer)

de Jon Knotz (Canada)

Avec Trevor Matthews, Daniel Kash, David Fox, Dean Hawes, Rachel Skarsten, James A. Woods, Ashley Bryant

 

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Comme son titre le laisse imaginer, Jack Brooks, Tueur de Monstres est un film excessif et décomplexé qui nous ramène aux glorieuses années 80, en un temps révolu où les images de synthèse n’avaient pas droit de cité à l’écran et où l’horreur et le burlesque faisaient bon ménage. Après avoir conçu un certain nombre de courts-métrages très remarqués au sein de leur compagnie Brookstreet Pictures, le réalisateur Jon Knotz et l’acteur/producteur Trevor Matthews eurent l’idée de ce film abracadabrant. Le Jack Brooks du titre (incarné par Matthews) est un homme en proie à d’incontrôlables accès de colère et de violence. Traumatisé depuis le massacre de sa famille par une bête aux allures de lycanthrope alors qu’il était encore enfant, Jack est devenu plombier, consulte régulièrement un psychiatre (Daniel Kash) sans grands résultats et suit des cours du soir auprès d’un jovial professeur de chimie (Robert Englund).

 

Un soir, en effectuant un dépannage dans la maison de ce dernier en question, il éveille sans le savoir un démon ancestral enterré dans une vieille caisse. A l’intérieur gît un squelette poussiéreux et un cœur encore vivant qui possède soudain l’enseignant. Au cours d’une scène hilarante, l’homme se mue soudain en monstre boursouflé face à des étudiants médusés, triplant de volume tout en faisant jaillir de son corps difforme des tentacules interminables qui capturent ses proies humaines pour les dévorer vives ou les muer en démons à son service. Face à ce déchaînement de forces maléfiques, Jack Brooks prend les armes et se met en tête de pourfendre l’immonde créature…

 

Malgré l’outrance des séquences qu’il met en scène, Jon Knotz ne traite jamais son long-métrage sous l’angle de la parodie, pas plus qu’il ne s’attache à cligner de l’œil vers son public pour citer ses sources cinéphiliques. C’est donc avec un premier degré improbable que Jack Brooks nous est conté. L’humour découle naturellement des séquences hallucinantes qui ponctuent le film, des monstres aberrants qui s’y agitent et du jeu savoureux de Robert Englund (décidément très à l’aise dans le registre de la comédie). Le rejet opiniâtre des effets numériques induit des effets spéciaux rafraîchissants, presque anachroniques, à base d’animatronique, de maquillages spéciaux, de trucages mécaniques et de prothèses animées, sous la supervision d’Allan Cook (Resident Evil Apocalypse, Land of the Dead, Outlander).

 

A mi-chemin entre Jack Burton, Histoires de Fantômes Chinois et la saga Freddy, ces effets résolument « eighties » manquent souvent de finesse (le cyclope de la forêt fleure bon le latex !) mais confèrent au film un charme irrésistible. Chaque apparition du monstre glouton qu’est devenu Robert Englund (une marionnette grandeur nature manipulée par une demi-douzaine d’animateurs) est une véritable source de ravissement pour les amateurs que nous sommes. Conçue comme le premier épisode d’une série de longs-métrages riches en créatures excentriques, cette fantaisie au budget modeste (deux millions et demie de dollars canadiens) connaîtra en 2010 une séquelle conçue par la même équipe de joyeux drilles.


© Gilles Penso

Thema: Diables et Démons

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 10:44

Oiseau plumage cristal 

 

 

(L’Uccello dalle piume di cristallo)

De Dario Argento (1969) – Italie/Allemagne

Avec Tony Musante, Suzy Kendall, Enrico Maria Salerno, Eva Renzi, Umberto Raho, Renato Romano

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Premier film de Dario Argento, L’Oiseau au Plumage de Cristal contient déjà en substance tout ce qui fera l’œuvre future du cinéaste : un recyclage du « giallo » que son mentor Mario Bava et maints autres cinéastes italiens ont longuement pratiqué (meurtres à l’arme blanche, assassins vêtus et gantés de noir, belles victimes féminines), quelques éléments thématiques et visuels empruntés à Hitchcock (en particulier à Psychose), un titre animalier poétique et mystérieux, et surtout un récit concentré sur une énigme liée à un souvenir faussé.

 

Le film se déroule à Rome et prend pour héros Sam Dalmas (Tony Musante), un écrivain américain qui assiste en pleine nuit à l’agression d’une jeune femme par un homme tout de noir vêtu, à travers la vitrine d’une exposition d’art. La galerie étant fermée, Sam ne peut porter secours à la jeune femme qui se traîne de douleur, et il n’a pu apercevoir que la silhouette de l’agresseur. Mais son intervention permet au moins à l’assassin de s’enfuir avant de tuer sa victime. Devenu témoin numéro un, l’Américain voit sa vie menacée à plusieurs reprises, tandis que le tueur en série multiplie ses victimes. Sam essaie désespérément de se souvenir précisément du meurtre, mais tout s’est passé très vite, et il sent qu’un détail important échappe à sa mémoire. Sur l’enregistrement de plusieurs coups de téléphone anonymes que reçoit Sam, la police entend en arrière plan un son répétitif, métallique, qui se révèle être le cri d’un oiseau rarissime, exposé dans un zoo à Rome. Cet élément va permettre aux enquêteurs de situer l’adresse du suspect…

 

Composant très adroitement sur le thème de l’interprétation arbitraire d’un événement aperçu brièvement, Argento renforce avec un talent alors très prometteur l’identification du public au personnage principal. « Ce qui m’intéressait dans ce film, c’était de jouer sur les à priori des spectateurs », nous explique-t-il. « Notre culture veut que si nous voyons une jeune femme en blanc lutter avec un homme tout en noir, nous pensions automatiquement qu’elle est la victime et lui l’agresseur. Cela altère nos perceptions, fausse notre jugement, et du coup nous croyons voir des choses alors qu’il n’en est rien. » (1) Ce motif deviendra récurrent dans l’œuvre d’Argento, et donnera naissance à quelques-unes de ses plus belles réussites.

 

A mi-chemin entre le récit policier et le film d’horreur, le réalisateur injecte déjà dans L’Oiseau au Plumage de Cristal un style très personnel, pas encore très marqué, certes, mais déjà fort reconnaissable. Les angles de prise de vue surprennent souvent, tout comme plusieurs rebondissements scénaristiques qui annoncent beaucoup ceux de Ténèbres. L’enquête policière, qui aurait pu emprunter la voie du classicisme, sert de prétexte à de nombreuses idées originales (la plus mémorable étant indiscutablement le bruit pendant l’appel téléphonique, qui donne au titre tout son sens, et dont l’idée sera reprise entre autres dans Peur sur la Ville de Henri Verneuil et Le Fugitif d’Andrew Davis) ainsi qu’à des scènes d’épouvante relativement tempérées en regard des futures œuvres horrifiques de Dario Argento.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 1994.

 


© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Dario Argento - Communauté : Ciné DVD
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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 14:13

suspiria21

 

 

de Dario Argento (Italie/Allemagne)

Avec Jessica Harper, Stefania Casini, Flavio Bucci, Miguel Bosé, Barbara Magnolfi, Susanna Javicoli, Udo Kier, Alida Valli

 

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Suspiria est la première incursion de Dario Argento dans l’univers du fantastique pur, la sorcellerie servant ici de base à l’intrigue. L’étrangeté s’y immisce d’emblée, dès l’arrivée de son héroïne Suzie (Jessica Harper) à l’aéroport. En pays étranger (elle est Américaine et vient s’inscrire dans une école de danse européenne, la prestigieuse Académie Talm), la jeune fille plonge dans un univers quasi-parallèle, ce que semble confirmer l’attitude bizarrement inquiétante des employés de l’établissement. Le surnaturel n’intervient pourtant pas tout de suite, Argento reprenant une partie des codes du « giallo » pour décrire un meurtre préliminaire extrêmement spectaculaire, au cours duquel une jeune fille est percée d’une dizaine de coups de couteau, le dernier perforant son cœur mis à nu. La victime traverse un vitrail et finit suspendue dans le vide.

 

Pour autant, le traitement de l’horreur n’a rien de réaliste dans Suspiria. Le sang y ressemble à de la peinture rouge, muant presque la violence en une abstraction, une vue de l’esprit. D’ailleurs le rouge vif est très présent dans les décors et la lumière, évoquant le titre original d’un autre classique d’Argento, Profondo Rosso (Les Frissons de l’Angoisse). Pour renforcer le caractère insolite du film, le cinéaste multiplie les cadrages inattendus, plaçant parfois sa caméra derrière une ampoule, à la place d’un verre de vin ou au-dessus d’un lavabo. Avec ce fameux premier meurtre, Argento exploite l’idée d’un témoin qui n’a aperçu que les bribes déformées d’un événement et tente d’en reconstituer le puzzle, comme dans L’Oiseau au Plumage de Cristal, récurrence que le cinéaste a toujours partagée avec Brian de Palma. On trouve également des correspondances avec l’univers de Lucio Fulci qui réutilisera plusieurs motifs de Suspiria : la pluie d’asticots (Frayeurs), l’agression du chien d’aveugle (L’Au-delà), l’attaque de la chauve-souris (La Maison près du Cimetière).

 

A pas feutrés, Suspiria bascule dans le Fantastique avec un grand F, les inquiétantes respirations nocturnes qui résonnent dans l’école de danse annonçant l’apparition furtive mais marquante d’une sorcière répondant à tous les critères physiques énoncés dans les contes des frères Grimm. « Pour moi, Suspiria est un conte de fée à la Blanche-Neige », nous avoue d’ailleurs Argento. « Voilà pourquoi on y trouve une héroïne innocente et fragile confrontée à l’adversité ainsi qu’une méchante sorcière » (1) Avec Suspiria se met en place la mythologie des « Trois Mères » que Dario Argento déclinera sur deux autres longs-métrages, Inferno et Mother of Tears. Un psychiatre que consulte Suzie lui apprend ainsi que l’Académie Talm a été fondée en 1895 par Elena Marcos, une sorcière répondant au doux surnom de « Reine Noire », avant d’affirmer avec matérialisme que « le malheur ne vient pas des miroirs fêlés mais des cerveaux fêlés ». Suspiria serait-il donc une allégorie de la folie ? A l’extraordinaire direction artistique du film s’ajoute une inoubliable bande originale du groupe Goblin, jouant sur les sonorités des boîtes à musique et les halètements oppressants, et parachevant ce que d’aucuns considèrent comme LE chef d’œuvre de Dario Argento.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 1994

 

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Dario Argento - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 19:48

planet of dinosaurs(Planet of Dinosaurs)

De James K. Shea (USA)

Avec James Whitworth, Pamela Bottaro, Harvey Shain, Louie Lawless, Charlotte Speer, Chuck Pennington, Derna Wylde

 

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Le DVD est disponible ici

 

Voila ma foi un petit film indépendant fort sympathique qui utilise un scénario de science-fiction prétexte pour accumuler de magnifiques séquences d'animation image par image mettant en scène des dinosaures très réussis et surtout très nombreux. Explorant les confins de notre galaxie, une fusée terrienne découvre une planète inconnue. Contraints d'abandonner leur vaisseau spatial, qui s'enfonce dans le lac sur lequel ils se sont posés, les nouveaux naufragés vont devoir affronter un monde peuplé de monstres préhistoriques agressifs ardemment décidés à protéger leur territoire. Conçus par James Aupperle, tous les animaux sont sculptés et moulés par Stephen A. Czerkas, spécialisé dans les reconstitutions de dinosaures pour les musées, les académies de sciences et les centres d’éducations, et principalement animés par le talentueux Doug Beswick ( Evil Dead 2 ,  Freddy 3, Beetlejuice).

 

Le premier saurien à faire son apparition est un massif brontosaure qui mâchonne tranquillement des fougères en observant les visiteurs. Bien plus pugnace, un quadrupède cornu aux allures de tricératops se met bientôt à courser l'un des hommes jusqu’au bord d’un précipice avant de lui planter sa corne dans le ventre, en une variante sanglante de la scène du chasmosaure de Quand les Dinosaures Dominaient le Monde. Parmi les autres rencontres guère engageantes de l'équipage se trouve une araignée géante qui attaque l'une des naufragées dans une grotte. Mais la star du film est un redoutable tyrannosaure qui lutte contre un stégosaure, dévore un jeune allosaure et tue un sosie du Monstre des Temps Perdus, le temps d’un clin d’œil pour le moins inattendu au maître incontesté de la stop-motion. « C’était un vrai bonheur de faire bouger une créature que Ray Harryhausen avait animée avant moi ! » reconnaît avec joie Doug Beswick (1). Le tyrannosaure vedette finit d’ailleurs empalé sur un pieu, comme l’allosaure de  Un Million d’Années Avant JC.

 

C'est donc un véritable festival non-stop qui ne peut que combler les fans d'animation. Certes, les mouvements et les « expressions » des créatures ne vont pas aussi loin que les merveilles que nous offrirent jadis Ray Harryhausen et Jim Danforth, mais les monstres préhistoriques de La Planète des Dinosaures restent dans le domaine des plus réussis jamais vus à l'écran, ce qui constitue un véritable exploit pour un film aussi modeste. En outre, les rétro-projections, les sols miniatures et les caches qui permettent la confrontation avec les humains ne trahissent jamais le travail des animateurs. Il faut également signaler les belles peintures sur verre de Jim Danforth qui prolongent les paysages réels. « Il fallait trouver des tas d’idées pour que rien ne coûte trop cher, car le budget de ce film était très faible », se souvient Beswick (2). Le seul véritable regret qu'on puisse formuler, en dehors du jeu très approximatif des comédiens, concerne la musique synthétique, assez peu audible. Quelque dix ans plus tard, Fred Olen Ray réutilisera des plans de ces dinosaures très photogéniques pour The Phantom Empire. Ces sauriens, qui ont décidément la vie longue, réapparaîtront également sous forme de stock-shots dans Galaxy of Terror en 1992.

 

Un grand coup de chapeau à l'audacieux éditeur Artus qui a eu la bonne idée d'exhumer ce petit joyau en DVD. Nos vieilles VHS commençaient sérieusement à s'essouffler…

 

(1) et (2) Produits recueillis par votre serviteur en avril 1998. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.

 

© Gilles Penso

Thema:
Dinosaures
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 11:01

logo-La battle de l'univers

Pour fêter ses cinq ans d'existence, la chaîne SYFY France, spécialisée dans le fantastique et la science-fiction, prépare une soirée spéciale pendant les fêtes de fin d'année. A cette occasion, votre humble narrateur est en charge d'une émission très particulière : « LA BATTLE DE L'UNIVERS », un jeu dans lequel plusieurs personnalités du monde du spectacle s'opposent à des candidats fans de fantastique et de science-fiction, qui doivent venir costumés en leur personnage favori ! A la clef de ce jeu, il y aura plusieurs récompenses, notamment un séjour tous frais payés au prochain Festival du Film Fantastique de Gérardmer!


Il est temps de récupérer vos panoplies de Spider-Man, vos costumes de Dark Vador, vos masques de Gollum, vos oreilles de Spock et vos déguisements de Harry Potter. Si vous voulez participer à cette journée très spéciale (dont le tournage aura lieu le 25 novembre à Aubervilliers à partir de midi), contactez-moi par mail (cliquez sur "contact" en bas de la page) et je vous expliquerai tout. Et parlez-en à vos amis. Objectif : 50 candidats costumés !

 

ATTENTION : LA DATE DU TOURNAGE A CHANGÉ. CE N'EST PLUS LE 19 MAIS LE 25 NOVEMBRE…

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 23:28

Savez-vous quel est le point commun entre Star Wars, Terminator, Jurassic Park, Hellboy, Pirates des Caraïbes, Le Seigneur des Anneaux, L'Etrange Noël de Monsieur Jack, Starship Troopers, Wallace et Gromit, Robocop, La Momie, Mars Attacks!, Monstres et Compagnie et Avatar ? Tous ces films adulés du public ont été inspirés par un seul et même homme : Ray Harryhausen.

 

Génie des effets spéciaux et de l'animation image par image, féru de mythologie et de science-fiction, il créa des séquences mythiques pour Le Septième Voyage de SInbad, Jason et les Argonautes, Le Choc des Titans (l'original !) et une douzaine d'autres films fabuleux.

 

Pour rendre hommage à cette figure incontournable du cinéma fantastique (qui vient de fêter ses 90 ans à Londres), votre humble serviteur a décidé d'initier un documentaire entièrement consacré à sa carrière et à son influence colossale sur la culture populaire actuelle. Depuis le début de cette aventure (commencée en 2004), j'ai été rejoint par Alexandre Poncet et la petite équipe de Frenetic Arts, ainsi que par la très officielle Ray and Diana Harryhausen Foundation.

 

Le petit documentaire est devenu un projet gigantesque auquel participent quelques-unes des personnalités les plus importantes du cinéma actuel : réalisateurs ultra-prestigieux (Tim Burton, James Cameron, Peter Jackson, Terry Gilliam, Robert Zemeckis, John Landis, Joe Dante, Guillermo del Toro, Henry Selick, Jean-Pierre Jeunet, Vincenzo Natali, Peter Lord et bientôt - croisons les doigts - Steven Spielberg !), maestros des effets spéciaux (Douglas Trumbull, Rick Baker, Phil Tippett, Dennis Muren, Randy Cook, Ken Ralston, Andrew Johnson, Greg Broadmore, Colin Arthur), comédiens spécialisés dans le genre (Caroline Munro, Martine Beswick, Simon Pegg), compositeurs (Christopher Young), producteurs (Tony Dalton, Robert Townson) et même Vanessa Harryhausen, la propre fille de Ray, qui se prête pour la première fois au jeu de l'interview.

 

L'info est relayée ici sur le site officiel de Ray Harryhausen.

 

Ce film événementiel est en cours de production, et je vous tiendrai régulièrement au courant de son avancement… En attendant, voici un nouveau teaser de 3'30. Enjoy !

 


Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 12:34

5150 rue des ormes


 

 

d’Eric Tessier (2009) – Canada

avec Marc-André Grondin, Normand d’Amour, Sonia Vachon, Mylène St-Sauveur, Elodie Larivière, Catherine Bérubé

 

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Voir l'entretien avec le réalisateur pendant le Festival du Film Fantastique de Gérardmer

 

Suite à une chute de vélo, Yannick, un étudiant en cinéma, frappe à la porte de Jacques Beaulieu, au 5150 rue des Ormes, au bout d’une allée tranquille dans une petite ville sans histoire. Mais sous ses airs affables, Beaulieu est un déséquilibré qui mène d’une main de fer sa famille et séquestre sans raison Yannick dans une petite chambre au premier étage. Tandis que le jeune homme tente par tous les moyens de s’échapper, son geôlier semble sur le point de peaufiner un mystérieux projet qu’il camoufle dans sa cave…

 

Partagé entre l’humour noir, l’horreur psychologique et le suspense, 5150 rue des Ormes parvient sans faille à nous captiver et à conserver une unité de ton grâce à l’indéniable savoir faire du réalisateur Eric Tessier, signant ici son troisième long-métrage après le drame d’épouvante Sur le Seuil et la comédie Vendus. Sa mise en scène minutieuse et ses comédiens très convaincants emportent immédiatement l’adhésion et savent habilement jouer avec nos nerfs tout au long de cette œuvre atypique laissant entrevoir la possibilité d’un souffle de vent nouveau sur le cinéma populaire canadien. « Nous nous sommes efforcés de donner à chaque personnage sa propre courbe dramatique, et je trouvais intéressant de suivre chacun d’entre eux indépendamment », explique Eric Tessier. « Mais il est difficile, au cinéma, de multiplier les personnages sans perdre le spectateur. A la télévision, c’est beaucoup plus simple parce qu’on peut étaler les histoires sur de nombreux épisodes » (1).  

 

Evacuant tout manichéisme trop évident, Eric Tessier et son scénariste Patrick Sénécal (auteur du roman homonyme dont s’inspire le film) s’attachent ainsi tour à tour à tous les acteurs du drame, bourreaux ou victimes, et parviennent à développer pour chacun d’eux une problématique susceptible de toucher les spectateurs. Le père Beaulieu est tellement attaché aux valeurs morales qu’il bascule sans s’en rendre compte dans la psychopathie ; son épouse se soumet au régime autocratique familial en enterrant ses doutes sous d’épaisses couches de bigoterie judéo-chrétienne ; la fille aînée développe une frustration grandissante face à sa propre incapacité à satisfaire les exigences paternelles ; la cadette s’enferme dans un mutisme pathologique qui pourrait bien être une forme cachée de lucidité…  

 

« Chaque famille a son propre fonctionnement, sa propre logique », raconte Tessier. « Et quand on rencontre Beaulieu dans le film, le tortionnaire, on trouve ses actes épouvantables mais on n’arrive pas vraiment à le détester. Cet aspect ambigü, un peu malsain, m’intéressait beaucoup » (2). Quant à notre captif, il lutte comme il peut pour conserver sa raison et, à l’instar de l’infortuné héros du « Joueur d’échec » de Stefan Zweig, trompe son ennui en imaginant des affrontements de pièces noires et blanches sur un échiquier virtuel, ce qui plonge certaines séquences du film dans un onirisme surréaliste inattendu. De toute évidence, Eric Tessier est un réalisateur à suivre désormais de très près, et le final paroxystique de 5150 rue des Ormes, duquel personne ne ressortira indemne, nous donne déjà envie de découvrir ses futurs travaux de cinéaste.

 

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en férvrier 2010.

 

© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Par Gilles Penso - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 08:02

Dernier-exorcisme(The Last Exorcism)

de Daniel Stamm (2010) - USA

avec Patrick Fabian, Ashley Bell, Louis Herthum, Iris Bahr, Caleb Landry Jones, Tony Bentley, Becky Fly, Shanna Forrestall

 

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A priori, un film d’horreur tourné en vidéo, façon reportage à la première personne, n’a rien de foncièrement d’original après Le Projet Blair Witch, [Rec], Cloverfield Diary of the Dead ou encore Paranormal Activity. Si en outre le scénario tourne autour d’un prêtre parti exorciser une adolescente possédée, l’appréhension du sentiment de déjà-vu guette légitimement tout spectateur normalement constitué. Pourtant, dès ses premières minutes, Le Dernier Exorcisme parvient à nous intriguer et à manifester une tonalité surprenante, loin des sentiers que l’on craignait battus.

 

Le protagoniste de ce faux documentaire est le révérend Cotton Marcus (Patrick Fabian), un homme d’église en perte de foi s’efforçant de démontrer la supercherie que camouflent la plupart des séances d’exorcisme. Il accepte donc qu’une équipe de tournage le suive au cours d’une de ses « missions divines » et s’équipe de tout un attirail d’accessoires truqués (crucifix à fumigène, enregistrement de fausses voix démoniaques, systèmes de câbles pour faire trembler le mobilier, etc…). Il choisit au hasard une des nombreuses lettres qu’il reçoit quotidiennement, en l’occurrence celle d’un fermier persuadé que sa fille est possédée par le démon, et s’enfonce dans la campagne profonde en compagnie d’un caméraman et d’une journaliste. L’accueil qu’il reçoit sur place est plutôt mitigé : si le père, un homme simple et bigot, et si sa fille Nell, une adolescente joviale mais visiblement troublée psychiquement, se réjouissent de sa venue, le fiston de la famille, pour sa part, le regarde d’un œil très mauvais. Les séances de faux exorcisme commencent, mais bientôt les convictions de Cotton et de sa petite équipe vont être mises à rude épreuve…

 

Toute la première moitié du Dernier Exorcisme s’avère savoureuse, grâce au jeu cynique de Patrick Fabian, au regard distancié que le film porte sur le fanatisme religieux (avec une parodie assumée des séquences clef de L'Exorciste entrées dans l’inconscient collectif) et à la mise en scène minutieuse de Daniel Stamm. Mais en cours de route, toute rigueur semble s’évaporer. Le langage filmique, qui respectait jusqu’alors le principe d’un documentaire tourné par une petite équipe vidéo, fait soudain fi de toute logique. Les discussions sont filmées en champ et contrechamp (un procédé évidemment impossible avec une seule caméra), une musique d’ambiance et des effets de montage purement cinématographiques brisent tout sentiment de réalisme…

 

Pire : au moment où Nell, visiblement possédée, se contorsionne atrocement, le caméraman choisit de filmer les réactions des gens présents au lieu de rester concentré sur le phénomène ! Tous ces choix de réalisation, conçus pour dynamiser le montage et laisser vagabonder l’imagination du spectateur, sont incompatibles avec l’idée d’un tournage subjectif. Le scénario lui-même oublie ses innovations initiales, accumulant les lieux communs jusqu’à imiter servilement (et cette fois ci sans aucun second degré) L'Exorciste et Rosemary’s Baby. « Mieux vaut partir du cliché qu’y arriver » disait Alfred Hitchcock. Stamm et son producteur Eli Roth, hélas, ont fait exactement le contraire.

 

© Gilles Penso

Thema:  Diables et Démons

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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