Mercredi 7 mai 2008
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(Planet of the Apes)
De Franklin J. Schaffner (1968) – USA
Avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Maurice Evans, James Daly, Linda Harrison, Robert Gunner, Lou Wagner
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Le roman de Pierre Boulle est
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Adapté librement de l’extraordinaire roman que Pierre Boulle écrivit en 1963, et qui plaçait la condition humaine au cœur des ses préoccupations, La Planète des Singes ressemble à un long
épisode de La Quatrième Dimension, ce qui n’est pas un hasard dans la mesure où Rod Serling en a signé le scénario. Le monumental coup de théâtre final constitue d’ailleurs un chef d’œuvre à
lui seul, et le film lui doit une bonne part de sa célébrité. Tout commence lorsqu’un engin spatial égaré dans l’espace-temps s’écrase sur une planète inconnue, habitée par des singes très évolués
et une humanité primitive. Les gorilles gèrent l’armée, les orangs-outans la justice, les chimpanzés la science, et les humains sont relégués derrière les barreaux des prisons ou enchaînés pour les
travaux des champs. Les astronautes sont faits prisonniers. Seul Taylor (Charlton Heston) survit, mais les singes, en l’entendant parler, comprennent qu’il est plus évolué que ses semblables. Un
couple de jeunes chimpanzés scientifiques, Zira (Kim Hunter) et Cornélius (Roddy McDowall), est persuadé qu’il représente le chaînon manquant de l’évolution.
Par-delà l’insolite provoqué par le retournement de toutes les situations entre l’homme et le singe (le jonathan Swift de « Gulliver » n’est pas loin), le film se sert des primates comme parabole
des comportements humains, en particulier vis-à-vis des autres espèces animales. Le tribunal dirigé par Zaïus (Maurice Evans) évoque à la fois l’inquisition médiévale jugeant hérétique qui ose
avancer des théories bousculant celles établies par les hautes instances, et les régimes totalitaires réécrivant l’histoire à leur manière et l’enseignant ainsi falsifiée dans les écoles.
Dommage que la belle Nova (Linda Harrison) n’ait ici droit qu’à un rôle de bimbo muette d’arrière-plan, alors que ses interventions étaient bien plus étoffées dans le roman. Les comédiens maquillés
en singes bénéficient de masques faciaux pour le moins incroyables, conçus par John Chambers pour mettre en évidence l’expression de leurs regards. Sur le plateau, lorsque des centaines de
figurants avaient à être transformés en gorilles, chimpanzés et orang-outangs pour les scènes de foules, acteurs et maquilleurs se retrouvaient à quatre heures du matin pour une quinzaine d’heures
consacrées à l’application des prothèses. Le spectacle devait être pour le moins folklorique.
La qualité du résultat à l’écran est quelque peu tempérée par les déclarations de Stuart Freeborn, génial maquilleur de La Guerre des
Etoiles, chagriné que la 20th Century Fox ait envoyé dans son atelier un assistant pour « espionner »
ses techniques de moulage et de sculpture alors qu’il travaillait sur les hommes-singes de 2001 l’Odyssée de l’Espace. D’ailleurs, ironiquement, c’est La Planète des SInges qui
remporta l’Oscar des maquillages spéciaux, et non 2001 (dans lequel la plupart des spectateurs de l’époque croyaient avoir affaire à de vrais primates). Quoiqu’il en soit, La Planète des Singes
demeure un très grand moment de l’histoire du cinéma de science-fiction, entraînant dans son sillage quatre séquelles, une série télévisée, une bande dessinée et un remake.
Par Gilles Penso
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