Mercredi 7 mai 2008
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15:11
De Jonathan King (Nouvelle-Zélande)
Avec Nathan Meister, Peter Feeney, Oliver Driver, Danielle Mason, Glenis Levestam, Tammy Davis, Tandi Wright, Nick Fenton
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Le concept de Black Sheep est pour le moins alléchant : des moutons transgéniques et carnivores attaquent la population et transforment en créatures monstrueuses tous ceux qu’ils mordent !
Désireux d’aller au bout de ce délire cinématographique, le réalisateur néo-zélandais Jonathan King, qui réalise là son premier long-métrage, décide de tourner dans un magnifique scope 35 mm et de
s’adjoindre l’équipe de Weta Workshops, spécialistes de l’animatronique et des maquillages spéciaux largement rompus au genre avec la trilogie Le Seigneur des Anneaux et le
King Kong de Peter Jackson. Traumatisé par une mauvaise blague de son frère alors qu’il était adolescent, Henry Oldfield (Nathan Meister)
a développé une « ovinophobie », autrement dit une peur bleue de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un mouton.
Sous les conseils de sa thérapeute, ce citadin endurci retourne à la ferme familiale pour vendre ses parts à Angus (Peter Feeney), son aîné désireux de tirer profit au maximum du domaine depuis la
mort accidentelle de leur père… Quitte, pour y parvenir, à mener sur les moutons de peu avouables expériences génétiques. Au courant de ces pratiques contre-nature, deux activistes écologistes,
Grant (Oliver Driver) et Experience (Danielle Mason), libèrent par mégarde un agneau mutant du laboratoire secret. Aussitôt, une épidémie redoutable se répand dans la ferme telle une traînée de
poudre. Tous les moutons mordus deviennent férocement anthropophages. Quant aux humains contaminés, ils subissent une épouvantable mutation, passant du stade de zombies difformes à celui de
véritables moutons-garous !
La grande force de Black Sheep est la qualité de ses effets spéciaux, qui écartent avec opiniâtreté le recours aux effets numériques et aux images de synthèse au profit des bonnes vieilles
techniques popularisées par Rick Baker et Rob Bottin. Les séquences de métamorphoses évoquent du coup celles de Hurlements et du Loup-Garou de Londres, à la grande joie des
fantasticophiles de la première heure. Quant aux effets gore, ils s’avèrent généreux et particulièrement gratinés. Amputations, mutilations et éventrements éclaboussent ainsi l’écran avec une belle
frénésie. Pour autant, Black Sheep ne va jamais aussi loin que Braindead dans le domaine de l’horreur burlesque,
comme si Jonathan King, malgré la joyeuse absurdité du concept initial, refusait de faire basculer ses séquences horrifiques dans le domaine du cartoon.
Ce choix met en évidence l’une des faiblesses majeures du film : sa difficulté à adopter le ton juste. Jamais suffisamment effrayant pour angoisser ses spectateurs, ni suffisamment drôle pour les
secouer d’éclats de rires, Black Sheep cherche son style sans vraiment y parvenir, et manque cruellement de l’inventivité et de l’énergie des premiers films de Peter Jackson. En outre, les
motivations des protagonistes étant mollement exposées et les situations de suspense assez répétitives, le film souffre de régulières pertes de rythme. Malgré tout, chaque amateur de monstres
originaux et de films d’horreur excessifs trouvera son compte dans Black Sheep, qui compense ses carences par un grain de folie savoureux et un casting très attachant.
Par Gilles Penso
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