Jeudi 8 mai 2008
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22:57
(Creature From the Black Lagoon)
de Jack Arnold (Etats-Unis)
avec Richard Carlson, Julie Adams, Richard Denning, Antonio Moreno, Nestor Paiva, Whit Bissell, Bernie Gozier, Henry Escalante
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la bande annonce
Le DVD est disponible ici
Après avoir usé jusqu’à la corde Dracula, Frankenstein, le loup-garou et la momie, à coup de séquelles, de cross-over et de parodies, les studios Universal avaient besoin d’un nouveau monstre,
propre à enrichir un peu leur mythique bestiaire. Le producteur William Alland s’inspira donc d’une légende urbaine, prétendant qu’un homme-poisson vivrait quelque part en Amazonie, et se lança
dans cette Etrange Créature du Lac Noir appelée à devenir un classique. On y suit une
expédition paléontologique aux abords d’un sinistre lagon, constituée d’une petite équipe de spécialistes : le professeur David Reed, l’industriel Mark Williams, le plongeur Carl Maia et sa fiancée
scientifique Kay Lawrence.
Tout ce beau monde se retrouve bientôt nez à nez avec un chaînon manquant entre l’homme et le poisson, qui les agresse en se sentant envahi sur son propre territoire, puis s’émeut face à la beauté
de Kay. Au cours d’une mémorable séquence de ballet aquatique, le monstre marin, tapi au fond de son lagon, imite les mouvements gracieux de la belle qui fait innocemment trempette dans son joli
maillot de bain blanc. La musique d’Hans J. Slater et les cadrages en caméra subjective de cette séquence inspireront Steven Spielberg lorsqu’il s’attellera vingt ans plus tard aux
Dents de la Mer. Reproduisant assez fidèlement le schéma de King Kong, la créature saccage tout pour emporter la belle dans son
repaire, jusqu’à ce que les hommes ne parviennent à l’abattre et l’envoyer par le fond.
Même si Bud Westmore, alors à la tête du département maquillages spéciaux d’Universal, s’octroya la paternité de cette étrange créature, il faut savoir qu’elle fut le fruit du travail d’une solide
équipe de sculpteurs et de designers, notamment de la talentueuse Millicent Patrick. Cette dernière imagina en effet le look définitif du monstre, s’inspirant entre autres du « Moine des Mers »,
une bête marine apparaissant sur une vieille gravure du 17ème siècle. A la demande de Jack Arnold, la présence des branchies fut accentuée sur la tête du monstre, ce qui lui valut son surnom de «
Gill Man » (« l’homme aux branchies »). Interprétée tour à tour par Ricou Browning (sous l’eau) et Ben Chapman (à la surface), elle ne fait d’abord que de furtives apparitions, sa main palmée et
griffue surgissant lentement des eaux tandis que la bande originale d’Hans J. Slater s’affole avec tonitruance. Puis elle se montre au grand jour, exhibant sa surréaliste anatomie mi-humanoïde
mi-écailleuse.
Jack Arnold donne ici la vedette à Richard Carlson, déjà héros du Météore de la Nuit, pilier d’un petit groupe de comédiens très convaincants. Le scénario
s’enrichit d’une rivalité amoureuse marquée entre David et Mark, autour de la belle Kay par ailleurs courtisée par la créature, ce qui fait beaucoup pour une seule femme. Entièrement reconstitué en
Floride (pour les extérieurs) et aux studios Universal (pour les intérieurs), le décor du lagon amazonien est criant de vérité et lugubre à souhait. Sorti en pleine vogue des films en trois
dimensions, L’Etrange Créature du Lac Noir bénéficia à l’époque d’une imposante campagne publicitaire, clamant haut et fort qu’il s’agissait du premier film
en relief avec des séquences sous-marines.
© Gilles Penso
Thema: Monstres marins
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Jack Arnold
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