Jeudi 8 mai 2008
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23:09
(Jaws)
De Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary, Murray Hamilton, Carl Gottlieb, Jeffrey Kramer
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Le roman de Peter Benchley est
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Après un Duel très Hitchcockien, Steven Spielberg s’attaque à l’adaptation de « Jaws », un best-seller de Peter
Benchley, et signe un excellent exercice de style sur le thème pourtant éculé des attaques animales, dont le modèle phare demeure Les Oiseaux…
Hitchcock, toujours. Tel en est le point de départ : à cause de l’irresponsabilité du maire d’Amity, petite station balnéaire de la Côte Est des Etats-Unis, avide de sauvegarder la réputation de
celle-ci, et de l’entêtement des commerçants attirés par l’afflux touristique, un gigantesque requin blanc, déjà coupable de la mort d’une nageuse, d’un pêcheur et d’un petit garçon, va pouvoir
continuer à se repaître tranquillement des amateurs de baignade venus en foule sur la plage restée ouverte. Après une nouvelle attaque mortelle du poisson carnassier, le shérif Martin Brody décide
de braver une fois pour toutes les autorités municipales et d’affronter le monstrueux mangeur d’hommes. Il s’octroie pour ce faire l’aide de l’océanographe Matt Hooper et du pêcheur Quint.
La première heure des Dents de la Mer est faite d’angoisses collectives, d’apparitions, de fausses alertes et de magistraux effets de mise en scène, dont le
point culminant est une anthologique scène d’attente pesante sur une plage bondée. Puis le film prend, pour sa seconde moitié, la tournure d’un huis-clos mettant en valeur le talent des trois
acteurs principaux. Roy Scheider est le personnage auquel on s’identifie totalement dès le début (d’autant que la quasi-totalité du film est vue à travers ses yeux), Richard Dreyfuss est un jeune
scientifique qui emporte immédiatement la sympathie du spectateur, et Robert Shaw est un vieux loup de mer plus vrai que nature. La progression psychologique du trio, leurs oppositions, leurs
confidences, décrites parallèlement aux apparitions choc du monstre, sont des modèles de narration, et surclassent aisément tout ce que les films catastrophes, omniprésents à l’époque, ont décrit
en la matière.
Pour éviter de montrer trop souvent le requin (qui ne supporte guère les gros plans prolongés sans dévoiler sa nature mécanique), Spielberg use avec bonheur de la métonymie, l’aileron ou la bouée
accrochée à son flanc évoquant le monstre entier à tout moment. Cette méthode a également l’avantage de laisser s’exprimer l’imagination du spectateur, plus efficace que n’importe quel effet
spécial. Elle sera d’ailleurs réutilisée pour le tyrannosaure de Jurassic Park, dont la présence pesante sera suggérée par le
tremblement de l’eau dans un gobelet en plastique. Pour finir, on ne peut décemment parler des Dents de la Mer sans mentionner la formidable contribution de
John Williams à la puissance et l’efficacité du film. L’inoubliable thème en crescendo que le compositeur a écrit pour souligner chaque apparition du requin participe autant à la mise en scène que
le moindre cadrage ou effet de montage. Et dès lors, à deux exceptions près (Jerry Goldsmith sur La Quatrième Dimension et Quincy Jones sur La Couleur Pourpre), Williams et Spielberg deviendront inséparables.
© Gilles Penso
Thema: Monstres marins
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Steven Spielberg
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