Vendredi 9 mai 2008
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(The Texas Chainsaw Massacre)
De Tobe Hooper (Etats-Unis)
Avec Marilyn Burns, Gunnar Hansen, Allen Danziger, Paul A. Partain, William Vail, Teri McMinn
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Alors que des sépultures ont été profanées dans une petite ville du Texas, Sally, Jerry, Franklyn, Pam et Kirk décident de passer quelques jours dans la région. Sur la route, ils embarquent
un auto-stoppeur étrange qui leur montre son attirance pour le sang avant de s'enfuir. Les cinq amis s'arrêtent un peu plus loin pour la nuit. Manquant d'essence, ils demandent de l'aide à leurs
voisins. Mais la maison la plus proche abrite l’auto-stoppeur dément et ses deux frères, trois bouchers au chômage. Depuis la fermeture des abattoirs de la région, ils détroussent les cadavres et
les conservent dans leur chambre froide. Le plus dégénéré d’entre eux, surnommé Leatherface, porte un masque en chair humaine et est armé d’une tronçonneuse. Dès lors, le carnage commence…
Massacre à la Tronçonneuse a la réputation d'un film d'horreur ultra-sanglant, qu’il doit en grande partie à son titre fort évocateur. Or la terreur engendrée par le film provient justement
de la sobriété avec laquelle sont filmées ses abominations, l’imagination du spectateur complétant efficacement les horreurs suggérées par l’habile mise en scène de Tobe Hooper. « Je ne pense pas que l’horreur graphique soit le moyen le plus efficace de faire peur, même s’il m’est arrivé d’y recourir », nous révélait le cinéaste quelque vingt
ans plus tard. « Beaucoup de gens se souviennent de Massacre à la Tronçonneuse comme d’un film excessivement sanglant, et
pourtant la plupart des meurtres y sont simplement suggérés. » (1)
Les scènes les plus éprouvantes sont celles où l'unique survivante est poursuivie par Leatherface, armé de sa tronçonneuse et à plusieurs reprises sur le point de la rattraper, en une
course-poursuite inexorable et interminable qu’on croirait issue d’un cauchemar. Mais la séquence où le grand-père grabataire, une masse à la main, essaie en vain d'achever la malheureuse, comme il
le faisait jadis avec le bétail, confine à l'insoutenable. Outre ce réalisme cru et quasi-documentaire, l'épouvante naît aussi de l'incapacité pour l'héroïne à trouver un refuge pour échapper à ces
assassins dégénérés et cannibales, probablement issus de mariages consanguins. Et pour cause : la belle villa et la station service leur appartiennent. La poussée d'adrénaline s'intensifie en même
temps que les hurlements stridents et interminables de Marilyn Burns, surpassant en décibels les cris mémorables de Fay Wray dans King Kong.
Quand la malheureuse découvre un cadavre empaillé et que les violons déchirent soudain le silence, on ne peut s'empêcher de penser à Psychose, les
deux films étant librement inspirés du même fait divers macabre. Massacre à la Tronçonneuse s'achève sur une scène insolite, presque surréaliste, au cours de
laquelle Sally s'enfuit à demi folle à l'arrière d'une camionnette tandis que Leatherface, exagérément apprêté et maquillé, danse sur la route, la tronçonneuse à la main, nimbé d’un lever de soleil
paisible. Ce tueur anthropophage et masqué se muera vite en icône incontournable du cinéma d’horreur, générant moult imitations, trois séquelles officielles et deux remakes.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 1995
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Tobe Hooper
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