Vendredi 9 mai 2008
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(Demoni)
de Lamberto Bava (Italie)
avec Urbano Barberini, Natasha Hovey, Karl Zinny, Fiore Argento, Paola Cozzo, Fabiola Toledo, Nicoletta Elmi, Stelio Candelli
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Un brin opportuniste, Démons a manifestement été fabriqué sur
mesure pour séduire les adolescents amateurs de films d’horreur. Aux commandes de ce produit aux ingrédients savamment dosés, on retrouve Lamberto Bava, qui n’atteignit jamais le
savoir-faire de son illustre père malgré un effort constant et répété dans le domaine de l’épouvante cinématographique et télévisuelle. Le poste de producteur est assuré par Dario Argento, dont le
nom en tête d’affiche sert à la fois d’argument commercial et de légitimation du film aux yeux des fans du genre. On l’aura compris, Démons n’est pas
prioritairement mû par ses ambitions artistiques et l’extrême simplicité de son scénario est au diapason de son titre laconique.
Invitées par un homme mystérieux au visage partiellement métallique, façon Terminator, plusieurs dizaines
de personnes se retrouvent au cinéma Metropol, afin d’assister à une séance dont ils ignorent tout. Lorsque le film commence, avec en exergue la citation de Goya « le sommeil de la raison engendre
des monstres », nos spectateurs découvrent qu’ils ont affaire à un film d’horreur pas spécialement finaud. Un groupe de motards en mal de sensations fortes y explore une crypte ornée d’une
inquiétante inscription déclamant : « ils feront des cimetières leurs cathédrales et les cités seront vos tombes. » Lorsqu’ils tombent nez à nez avec le tombeau de Nostradamus, les joyeux drilles
découvrent non pas un corps putréfié mais un vieux grimoire et un masque grimaçant (via un clin d’œil apparent à Evil Dead et Le Masque du
Démon).
Par jeu, l’un des jeunes écervelés essaie le masque et se coupe le visage, se muant aussitôt en abominable démon assoiffé de sang. Or il se trouve que dans la salle de cinéma, une jeune femme a
elle aussi essayé le masque qui décorait l’entrée du Metropol. Elle subit bientôt la même hideuse métamorphose que le personnage du film, le mal s’insinuant des deux côtés de l’écran et le nombre
de démons s’accroissant dangereusement. Dès lors, Démons n’est plus qu’une accumulation de
transformations horrifiques (dont la plus mémorable est probablement le surgissement d’un démon déchirant l’échine de sa féminine victime) et de meurtres excessifs (égorgements à coups de griffes,
calotte crânienne arrachée, énucléation très sanglante). Le maquilleur Sergio Stivaletti ne fait pas dans la dentelle, mais il faut bien reconnaître que ses effets dégoulinants à souhait font
mouche, le tout aux accents d’une bande son tonitruante concoctée en partie par les groupes de hard-rock les plus en vogue de l’époque.
Dommage que le scénario ne tente guère d’employer avec plus de subtilité l’effet miroir et la mise en abyme, se contentant d’utiliser la mécanique du film dans le film à la manière d’un simple
gimmick. Vers la fin, le film collectionne quelques séquences absurdes, comme l’affrontement des démons à moto ou la chute incongrue d’un hélicoptère dans la salle de cinéma, avant que le final ne
nous laisse imaginer une propagation planétaire de la contamination. Une autre production de Dario Argento vient alors à l’esprit : le mythique Zombie de George
Romero.
Par Gilles Penso
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