Vendredi 9 mai 2008
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18:33
de Neil Marshall (Grande-Bretagne)
Avec Rhona Mitra, Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddiq, David O’Hara, Malcolm McDowell, Craig Conway, Emma Cleasby
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La bande originale est disponible
ici
Dog Soldiers nous avait enchantés, The Descent nous avait
époustouflés… Autant dire que Doomsday, troisième incursion de Neil Marshall dans le cinéma
fantastique, était attendu avec espoir par les amateurs du genre. Ô joie, le résultat comble tous les désirs, s’affirmant ouvertement comme une série B jouissive bourrée de références. Les
prémisses du film évoquent irrésistiblement 28 Semaines plus Tard, dans la mesure où un nouveau virus, surnommé « La Faucheuse », vient de faire son
apparition en Ecosse, annihilant la majeure partie de la population. Pour endiguer l'épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable qui isole totalement l'Ecosse, devenue un no
man's land en ruines où les survivants sont coupés du monde.
Lorsque trente ans plus tard le même virus réapparaît au coeur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Ecosse où plusieurs gangs rivaux
semblent avoir miraculeusement survécu. A la tête du commando se trouve Eden Sinclair (la splendide Rhona Mitra), une combattante émérite qui espère, à travers cette mission, retrouver des traces
de sa mère, disparue trois décennies plus tôt. Bien vite, Marshall annonce les deux références essentielles de son film : New York 1997 et Mad Max 2, comme
au bon vieux temps des Guerriers du Bronx, 2019 Après la Chute de New York et autres Nouveaux Barbares. D’ailleurs, la
violence extrême de Doomsday et son approche délibérément « rentre dedans » renvoient directement aux imitations italiennes qui proliféraient sur les écrans
dans les années 80.
Dès les premières minutes, c’est l’ombre de John Carpenter qui plane sur le récit. L’héroïne désabusée n’a qu’un œil (comme Snake Plissken) et passe son temps à demander des cigarettes à ceux
qu’elle croise (comme le héros d’Assaut), tandis que la musique synthétique et répétitive de Tyler Bates est un hommage évident aux partitions du père
d'Halloween. Lorsque notre commando se heurte à une horde de barbares hystériques, punks et anthropophages, menés par l’impressionnant Sol (Craig Conway), c’est
l’influence de George Miller qui prend le relais, Neil Marshall se fendant d’un vibrant hommage au cinéaste australien à travers une ébouriffante poursuite finale où cascades démentes et effets
pyrotechniques à répétition lacèrent l’écran pour la plus grande joie d’un public acquis corps et âme au spectacle. En guise de clin d’œil, deux des membres du commando dirigé par Eden se nomment
d’ailleurs Carpenter et Miller !
Pour autant, Doomsday ne se contente pas de juxtaposer ses références. La personnalité du réalisateur de The Descent
émerge sans peine des cendres fumantes ce futur post-apocalyptique, et lorsque nos héros découvrent une communauté médiévale dirigée par le souverain Kane (Malcolm McDowell, impérial), le film
bascule dans un surréalisme anachronique tout à fait inattendu. La vraie révélation de Doomsday demeure Rhona Mitra, qui n’est pas inconnue des amateurs de
cinéma d’action, mais qui livre ici une de ses performances les plus physiques, sans que jamais son charisme et son charme n’en soient entachés, bien au contraire.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Neil Marshall
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