Vendredi 9 mai 2008
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18:45
(Dawn of the Dead)
De George A. Romero (Etats-Unis)
Avec David Emge, Ken Foree, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross, David Crawford, David Early, Richard France, Tom Savini
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Avec La Nuit des Morts-Vivants, on pensait que George Romero avait fait le tour de la question des zombies remis aux goûts du jour et
modernisés. Or « La Nuit » n’était que le début, et en s’attaquant à « L’Aube », le cinéaste crée une suite/remake qui deviendra le film ultime sur les morts-vivants, la référence absolue en la
matière. Les distributeurs européens ne s’y trompent guère, en le rebaptisant tout simplement Zombie.
Ici, comme l’amorçait La Nuit des
Morts-Vivants, les cadavres ressuscités ont envahi la terre et le monde bascule dans l'horreur. Fran, qui travaille pour la
télévision, Stephen, pilote d'hélicoptère, Roger et Peter, policiers, décident de fuir loin de la ville. Malgré les attaques des morts-vivants, les quatre survivants parviennent à trouver refuge
dans un centre commercial abandonné. La vie s'organise, parsemée de raids contre les zombies et de luttes pour assurer leur survie. Roger est un jour mordu par un zombie et il doit être abattu
avant de devenir à son tour un mort-vivant. Bientôt, une horde de Hell's Angels pille le supermarché et Stephen subit les effets de la terrible mutation. Pourchassés par Stephen devenu zombie, Fran
et Peter ne devront leur salut qu'à un hélicoptère providentiel…
Film d'action reposant surtout sur son rythme effréné, Zombie utilise l'horreur comme prétexte, le véritable dessein de l’œuvre étant une cinglante satire
sociale. La société de consommation est banalisée (par le biais du supermarché dans lequel les héros peuvent disposer de tout ce qu'ils désirent) puis ridiculisée (par l'intermédiaire des zombies
qui, en traînant sur les escaliers roulants, en se collant aux vitrines, en errant entre les rayons, sont des caricatures des humains et de leur instinct consumériste grégaire). Romero se moque de
ses semblables et de leurs déambulations sans but, dénonce les répressions violentes de l'armée et de la police, condamne les politiciens et leurs projets aberrants (du style nourrir les
morts-vivants jusqu'à ce qu'ils soient rassasiés ou faire exploser des bombes atomiques dans les villes où ils sont concentrés). Le rythme, d'une constance remarquable, sert magistralement le
pamphlet social.
Après l’épouvante quasi-documentaire de La Nuit des
Morts-Vivants, Zombie change donc de style, affichant ici ouvertement les horreurs
visuelles (têtes qui explosent, tournevis dans l’oreille, machette dans un crâne, amputations en tout genres). « Je voulais donner au film l’aspect d’un comic book
», avoue Romero. « D’un point de vue stylistique, j’ai tenté de refléter un peu le type de cinéma qu’on faisait à cette époque. Voilà pourquoi il y a des
couleurs éclatantes et brillantes comme dans les films d’action des seventies. » (1) Le film se distingue aussi par une structure narrative inhabituelle, relatant un épisode parmi d’autres
d’une situation cauchemardesque qui s’est amorcée bien avant les premières images et s’avère loin d’être terminée après le dénouement. « Dans la plupart des films
fantastiques, le monde est perturbé par un élément surnaturel, mais à la fin l’ordre est rétabli », conclue Romero. « Dans mes films, le désordre perdure
jusqu’au bout, le problème existe toujours. » (2)
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Romero
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