Samedi 10 mai 2008
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00:15
(Night of the Living Dead)
De George A. Romero (Etats-Unis)
Avec Duane Jones, Judith O’Dea, Karl Hardman, Marilyn Eastman, keith Wayne, Judith Ridley, Kyra Schon
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Le DVD est disponible
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Le roman de John Russo est
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Après plusieurs décennies de zombies créés par des savants fous émules du docteur Frankenstein, praticiens du vaudou ou apprenti sorciers jouant avec
l’atome, George Romero propose sa propre version du mythe, le révolutionnant à tout jamais en y injectant une bonne dose de satire sociale très en accord avec les mentalités de cette fin des années
60. « J’ai emprunté l’idée au roman « Je suis une légende » de Richard Matheson », avoue Romero. « Le livre commençait
alors qu’il ne restait plus qu’un seul homme sur terre. Je me suis donc dit qu’il serait intéressant de raconter ce qui a pu se passer avant cette situation critique. » (1)
Le film s’amorce assez abruptement. Alors qu’ils se rendent au cimetière, Barbara et son frère Johnny sont attaqués par un zombie qui tue Johnny, carrément. Barbara, terrifiée, s’enfuit avec sa
voiture mais un accident la rend inutilisable. Elle poursuit sa course à pied et trouve refuge dans une maison abandonnée où elle rencontre Ben, qui résiste lui aussi contre une horde de morts
ranimés soudainement sans explication logique. La radio évoque bien une expérience atomique, ou les retombées d’un satellite envoyé par la Terre, mais rien n’est confirmé. Ce qui est sûr, c’est que
toute personne blessée ou tuée par un des morts-vivants devient l’un des leurs. Dans la cave de la vieille maison se sont réfugiés deux couples et une petite fille. Les survivants devront donc à la
fois lutter contre les cadavres ambulants qui les assaillent, mais aussi régler les guerres intestines qui, peu à peu, se développent au sein de l’angoissant huis-clos.
La photographie achrome et les cadrages à l’épaule donnent à La Nuit des Morts-Vivants une patine réaliste et pseudo-documentaire qui a le don de
singulièrement déranger le spectateur. Malgré un argument de science-fiction qui ne constitue à vrai dire qu’un prétexte, l’invasion des morts-vivants est traitée avec une sobriété et une
crédibilité qui rendent très palpable la terreur des protagonistes. Point d’effet de mise en scène appuyé (si l’on excepte la tonitruante partition musicale) ni d’effets spéciaux spectaculaires
(quelques impacts de balle et des maquillages blafards surexposés) ne viennent troubler cette sensation de réalisme. Romero joue ainsi la carte de la retenue et de l’austérité.
« J’ai cadré le film moi-même », raconte-t-il, « et j’avais en tête les films d’Orson Welles, notamment ses adaptations de
Shakespeare aux images noir et blanc contrastées et aux longues ombres portées. » (2) L’aspect volontairement anecdotique du récit (nous ne nous intéressons qu’à une poignée de personnages
sans savoir ce que devient le monde pendant ce temps) et le choix d’un décor étouffant et étriqué décuplent le potentiel angoissant du récit. Et comme Romero ne se fait guère d’illusions sur la
nature humaine, il nous montre les survivants s’entredéchirer au lieu de se soutenir, et les chasseurs courser les zombies comme du gibier avec une bonne humeur inquiétante. Quant à la chute
finale, monstrueusement injuste, elle laisse pantois. Maintes fois copié et plagié, La Nuit des Morts-Vivants connaîtra plusieurs suites signées par Romero
lui-même, et un nombre incalculable de fausses séquelles et de remakes en tout genres.
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Romero
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