Samedi 10 mai 2008
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de Stuart Gordon (Etats-Unis)
Avec Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Barbara Crampton, David Gale, Robert Sampson, Gerry Black, Carolyn Purdy-Gordon
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La bande originale est disponible
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La nouvelle d'H.P. Lovecraft est
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Porter à l'écran l’écrivain H.P. Lovecraft, réputé « maître de l'indicible », n'était pas une tâche aisée. Le réalisateur Stuart Gordon, le producteur Brian Yuzna et les scénaristes Dennis
Paoli et William Norris ont relevé le défi avec culot, en reprenant les personnages et les événements décrits dans le roman à épisodes « Herbert West, réanimateur », publié en 1921. Afin d’adapter
le récit initial aux goûts de l’époque, Gordon et son équipe ont resserré les péripéties dans le temps (la nouvelle s'étale sur 16 ans) et les ont transposées en 1985. Pour couronner le tout, le
cinéaste a insufflé à son film deux éléments résolument étrangers à l'univers lovecraftien : la comédie et le sexe. Même si, convenons-en, l'humour est ici très noir et l'érotisme plutôt morbide.
Le style de l'écrivain n'est donc pas fidèlement restitué, mais le résultat est une vraie réjouissance, accommodée de surcroît aux débordements du gore cher aux années 80, via une accumulation de
séquences d'horreur trop excessives pour ne pas être drôles.
Le personnage central, Herbert West, jeune étudiant en médecine, débarque fraîchement à l'université d'Arkham. Il a trouvé le moyen de ressusciter les morts mais préfère pour l’instant en garder le
secret. Assez rapidement, West se choisit une demeure qu'il va partager avec Dan, un autre étudiant, et couve déjà d’un œil cupide la cave qui servira à ses hérétiques expériences. Il s'en prend
d'abord au chat de la maison qui, de cadavre conservé au frigo, se transforme bientôt en bête meurtrière avant d'être écrabouillé. Devant Dan, West démontre l'efficacité de son produit fluorescent
qui, par simple injection, fait revenir à la vie le cadavre mutilé. Bien qu'il soit effrayé, Dan accepte d'aider West. Un corps robuste est donc réanimé à la morgue de l'université et se jette
frénétiquement sur Alan Halsey, père de la fiancée de Dan et administrateur de l'école. West élimine le mort-vivant avec un trépan électrique et ressuscite aussitôt Halsey. Mais les morts, après
leur résurrection, n’ont plus du tout le comportement qu’ils avaient de leur vivant. D’où une cascade de situations virant du vaudeville au cauchemar le plus intense.
Dans la peau de l’ambigu Herbert West, personnage très sombre mais qui, peu à peu, gagne la sympathie des spectateurs, Jeffrey Combs révèle un grand talent, trouvant là indiscutablement le rôle de
sa vie. Pour Stuart Gordon, qui effectuait ici ses premiers pas dans la mise en scène, Re-Animator est également une œuvre d’exception, le cinéaste n’étant
jamais parvenu à l’égaler par la suite. Au cours du climax, sommet de frénésie et de démesure, West est carrément attaqué par les entrailles d’un cadavre qui tentent de l’étouffer comme un anaconda
! « Le premier montage de Re-Animator montrait un film très sérieux, sans humour du tout », nous explique Brian Yuzna. « Mais dès que Richard Band a composé la bande originale, certaines séquences ont pris un second degré comique, lorgnant même parfois du côté du cartoon. » (1) Quant au
thème du générique, c’est un hommage très appuyé à celui de Psychose. Le sujet du film évoque irrésistiblement Frankenstein, et la
suite, réalisée par Yuzna en personne, officialisera quasiment cette parenté.
(1) Propos recueillis pas votre serviteur en février 1994
© Gilles Penso
Thema: Zombies, Médecine
Par Gilles Penso
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