Samedi 10 mai 2008
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/2008
10:55
(Village of the Damned)
de Wolf Rilla (Grande-Bretagne)
avec George Sanders, Barbara Shelley, Martin Stephens, Michael Gwynn, Laurence Naismith, Richard Warner, Jenny
Laird
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Le DVD est disponible ici
Le roman original est disponible
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Le Village des Damnés fait partie de ces classiques de la science-fiction dont chaque scène ou presque est devenue mythique. A l’origine se
trouve un roman écrit en 1957 par John Wyndham, l’auteur de « La Révolte des Triffides ». Contrairement à ce que pourrait faire croire le titre du livre, « Les Coucous de Midwich », il n’est pas
ici question d’ornithologie mais d’une armée d’enfants maléfiques semant la terreur chez leurs aînés. Tout commence dans le village anglais de Midwich, frappé un beau jour par un étrange phénomène
de perte de conscience collective. Tous les habitants s’y endorment subitement, s’écroulant au sol sans préavis. Les tracteurs tournent en rond, les fers à repasser brûlent sur leurs planches, les
robinets coulent inlassablement, et tous les êtres vivants restent inertes pendant plusieurs heures…
Cette brutale narcolepsie est délimitée par une zone invisible entourant le village, et tous ceux qui y pénètrent sombrent aussitôt dans les bras de Morphée. Deux mois après cet événement
inexplicable, douze femmes de Midwich se retrouvent enceintes, alors qu’aucun acte sexuel ne semble en être à l’origine. Or cette immaculée conception n’a pas une origine divine mais
extra-terrestre, comme en prélude à une invasion massive et parasitaire. D’où la référence aux coucous, connus pour déposer leurs œufs dans les nids des autres oiseaux. Les douze enfants issus de
ces grossesses mystérieuses s’avèrent différents du commun des mortels. Parfaitement développés d’un point de vue physique, ils arborent tous une crinière blonde platine bien peignée et un regard
glacial.
Aucune chaleur humaine ne se dégage d’ailleurs de cette progéniture à l’intelligence bien au-dessus de la moyenne. Lorsqu’ils révèlent leur capacité à lire dans les pensées d’autrui et à influer
sur leur comportement, poussant ceux qui les gênent à se suicider brutalement, la menace devient tout à fait tangible. Mais comment lutter contre des enfants capables par simple suggestion de vous
inciter à précipiter votre voiture contre un mur, à vous tirer une balle en pleine tête ou à vous immoler ? Le professeur Gordon Zellaby (George Sanders), lui-même père d’une de ces redoutables
têtes blondes, va tenter le tout pour le tout…
L’efficacité du récit imaginé par John Wyndham est ici relayée par une mise en scène efficace, nerveuse et dénuée de fioritures. Entrée au panthéon des séquences clef de l’histoire du cinéma
fantastique, la vision très inquiétante des enfants fixant sur les adultes un regard lumineux hypnotisant fut obtenue en incrustant sur le visage des jeunes comédiens l’image en négatif de leurs
propres pupilles. Quant à leur perruque blonde, les maquilleurs les conçurent autour d’une structure conique laissant subtilement imaginer un crâne surdéveloppé. Mais toutes ces trouvailles
n’auraient été que d’ingénieux artifices sans le jeu extraordinaire des acteurs en culottes courtes, dominés par un Martin Stephens tout à fait étonnant. Le suspense final, au cours duquel notre
héros s’efforce de se concentrer sur l’image d’un mur de briques pour ne pas laisser les petits monstres pénétrer dans ses pensées, clôt magnifiquement ce chef d’œuvre incontesté.
Par Gilles Penso
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