Samedi 10 mai 2008
6
10
/05
/2008
12:01
(Conan the barbarian)
De John Milius (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sandahl Bergman, Max von Sydow, William
Smith
Voir la bande
annonce
Le DVD est disponible ici
La bande originale est disponible
ici
Les récits de Robert Howard sont
disponibles ici
Douze mille ans avant notre ère, le jeune Conan reçoit de son père un glaive d’acier et une mission : découvrir le secret de cet alliage que détient le dieu Crom. Mais son village est
dévasté par les cavaliers du Nord et sa mère est décapitée par leur chef, Thulsa Doom. Esclave, Conan passe sa jeunesse à actionner la roue d’un moulin, ce qui sculptera son impressionnante
musculature. Un jour, il reconquiert la liberté et part avec deux compagnons, le Mongol Subotaï et la ravissante reine des voleurs, à la recherche de Thulsa Doom…
Il y a de fortes chances pour que les amateurs du Conan de Robert Howard (dix sept récits publiés dans « Weird Tales » entre 1932 et 1936) aient été assez déçus par cette adaptation appauvrie en
terme de fantasy pure. Où sont donc passés les morts-vivants, les araignées géantes, les statues vivantes, les limaces monstrueuses et les vampires des merveilleuses pages de l’écrivain ? Pour
autant, il serait injuste d’en conclure que Conan le Barbare, écrit par Oliver Stone et dirigé par John Milius (lui-même scénariste d’Apocalypse Now), soit un échec. Le producteur Dino de Laurentiis s’étant spécialisé dès le milieu des années 70 dans le sabotage des grands mythes fantastiques
(King Kong, Flash Gordon, Sheena, Dune), on pouvait tout de même craindre le pire.
Fort heureusement, si on fait abstraction de la richesse incomparable de son origine littéraire, Conan se révèle être un film d’action mené avec beaucoup
d’habileté, mais aussi le mètre étalon de toute l’héroïc fantasy cinématographique à venir. Une grande partie du crédit de cette réussite est à attribuer à Arnold Schwarzenegger, qui s’avère tout
simplement parfait dans le rôle du Cimmérien. Ex Monsieur Univers, Ex Hercule, Arnold se rapproche tant du Conan décrit par Howard, ainsi que des magnifiques dessins de Frank Frazetta, qu’il paraît
désormais inconcevable d’imaginer un autre acteur dans la peau du personnage. Le film comporte en outre un certain nombre d’attraits et de personnages étonnants : une fiancée coriace pour Conan qui
prend les traits de Sandhal Bergman (tous deux effectuant eux-mêmes leurs cascades dans la mesure où aucune doublure convaincante ne fut dénichée pour les remplacer), James Earl Jones en méchant
(dont le look et les attitudes sont directement inspirés par les guerriers du Alexandre Nevsky d’Eisentsein), le grand Max Von Sydow (L'Exorciste) en roi
viking, et en prime un serpent géant fort impressionnant.
Conan le Barbare doit également beaucoup à la sublime et emphatique partition de Basil Poeldouris, qui lui donne bien souvent les allures d’opéra wagnérien.
Assez curieusement, c’est d’abord Vladimir Cosma, le légendaire compositeur de La Boum et de Rabbi Jacob, qui était
pressenti pour composer la musique du film. « Le succès de Diva avait fait connaître mon nom en Amérique »,
explique-t-il. « De Laurentiis m’a contacté, j’ai fait mes valises, j’étais prêt à partir… Et puis au dernier moment j’ai refusé leur offre, pour une raison très
triviale : j’ai la hantise de l’avion ! » (1) Comme quoi, les grandes décisions artistiques du cinéma tiennent parfois à peu de choses.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 2005
Par Gilles Penso
-
3
-
Partager
Derniers Commentaires