Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /Mai /2008 22:23
(Indiana Jones and the Temple of Doom)
de Steven Spielberg (1984) – USA
Avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Amrish Puri, Ke Huy Quan, Roshan Seth, Philip Stone, Roy Chiao, Dan Aykroyd


Voir la bande annonce


Le DVD est disponible ici

La bande originale de la trilogie est disponible ici

Premier exemple d’une séquelle signée par Steven Spielberg (qui avait échappé à la tentation après
E.T.), Indiana Jones et le temple Maudit réussit à renouveler un mythe né à peine trois ans plus tôt. Tout en conservant les éléments clefs des Aventuriers de Arche Perdue, tant en ce qui concerne le rythme du film que la personnalité de son héros, cette suite met une fois de plus en évidence les influences cinématographiques de Spielberg et Lucas : la comédie musicale avec une séquence d’ouverture ultra-hollywoodienne, puis la série des James Bond au moment où Indiana Jones, paré du même smoking que Sean Connery dans Goldfinger, entre dans un cabaret de Shangaï pour négocier un gros diamant. La bagarre générale qui ne tarde pas à suivre bascule dans une réjouissante frénésie.

L’archéologue frôle cent fois la mort, ne devant son salut qu’à une fuite éperdue dans laquelle il entraîne la chanteuse Willie Scott (Kate Capshaw, future madame Spielberg). Fort heureusement, Demi-Lune (Ke Huy Quan), le petit Chinois qui accompagne désormais Indiana, est un as du volant. Abandonné en plein vol dans un avion en panne de carburant, sans pilote et sans parachute, au-dessus de l’Himalaya, le trio plonge en canot pneumatique. Emportés par un fleuve indien, ils se retrouvent dans un village où un vieux chaman semble les attendre. Là, le film bascule progressivement dans le cauchemar, en une descente aux enfers si noire que Spielberg aura tendance à renier quelque peu ce second Indiana Jones, rétrospectivement trop sombre à son goût.

Les paliers de l’épouvante s’amorcent avec l’abominable repas à la cour du maharadjah de Pancott (serpents surprise, scarabées fourrés, soupes d’yeux et cervelles de singes en sorbet !), s’enchaînent avec la traversée du tunnel grouillant d’énormes insectes, dépassent les bornes avec ce sacrifice humain émaillé d’effets gore (le cœur arraché, l’homme brûlé vif), et s’achèvent par l’outrage suprême : la transformation du héros en serviteur du mal, après qu’il ait absorbé de force le sang de Kali, tandis que le jeune maharadjah le torture à distance avec une poupée vaudou ! Après avoir atteint une telle noirceur, le script rebondit enfin vers l’action énergisante et positive tant espérée.


En la matière, ce
Temple Maudit parvient à surpasser son prédécesseur, via deux séquences d’anthologie : la course-poursuite en wagonnets dans la mine et le combat sur le pont suspendu à flanc de falaise, combinant prises de vues réelles et animation image par image. « Le mouvement humain est très difficile à imiter », explique l’animateur Tom Saint Amand. « J’ai passé beaucoup de temps à observer les prises de vues réelles de la séquence des wagonnets, notamment la manière dont Harrison Ford bougeait, et j’ai essayé d’incorporer sa gestuelle dans mon animation. Quelques-uns des plans nécessitaient de très longues journées de travail, d’autant qu’il fallait parfois animer simultanément six personnages qui interagissaient entre eux. » (1) Bel exercice de surenchère et de variation sur un thème, Indiana Jones et le Temple Maudit entraînera presque aussitôt moult imitations plus ou moins inspirées.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en septembre 1999
. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.


© Gilles Penso

Thema:
Exotisme Fantastique, Sorcellerie, Insectes et Invertébrés
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg
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Commentaires

C'est vrai que le film a choqué, à l'époque, et qu'il est souvent considéré comme le moins bon de la saga. Pourtant, certains pensent le contraire et estiment ce volet comme un Indy plus adulte et plus percutant, débarrassé des facilités du premier tout en restant fidèle à l'esprit des serials. J'hésite un peu je dois dire, et c'est sans doute l'objet de la quête qui me rend cette succession de morceaux de bravoure moins attachante : les Trois Pierres de Sankara (orthographe douteuse), ça en jette moins que le Graal ou l'Arche.
Commentaire n°1 posté par Vance le 15/05/2008 à 14h33

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