Lundi 12 mai 2008
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22:34
(Indiana Jones and the Last Crusade)
De Steven Spielberg (1989) - USA
Avec Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Elliott, Alison Doody, John Rhys-Davies, Julian Glover, River Phoenix
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Pas tout à fait satisfaits par l’ambiance sombre et cauchemardesque dont ils avaient nimbé Indiana Jones et le Temple
Maudit, George Lucas et Steven Spielberg se sont efforcés de retourner aux sources du premier film pour cette Dernière Croisade. Les nazis, le maladroit Marcus Brody, le jovial
Sallam et les étudiants en archéologie sont donc de retour, l’Arche d’Alliance ayant été remplacée par le Graal. Du coup, ce troisième épisode prend presque les allures d’un remake des Aventuriers de l’Arche Perdue, et aurait viré au simple plagiat si le scénario n’avait pas intégré une idée extraordinaire :
mettre dans les pattes d’Indiana Jones son père, faire de ce père une espèce de professeur Tournesol excentrique, et surtout donner le rôle à Sean Connery. Ce choix apporte au personnage tout
l’humour et la symbolique nécessaires, puisque James Bond est le père spirituel d’Indiana Jones.
Pour enfoncer le clou et assouvir les goûts de Lucas en matière de « préquelles » (comme allait en témoigner sa reprise de la saga Star Wars), le prologue du film, petit chef d’œuvre d’action, d’humour référentiel et de démesure, nous présente Indiana Jones
encore adolescent. Interprété par River Phœnix, qui fut le fils d’Harrison Ford dans Mosquito Coast, le futur archéologue surprend un mystérieux étranger en train de profaner une tombe
indienne où repose la légendaire Croix de Coronado, et la lui subtilise pour la confier à un musée. Mais, après une poursuite effrénée dans un train de cirque traversant les étendues rocheuses de
l’Utah, le mercenaire récupère son bien. En 1938, sur le pont d’un petit cargo, Indiana Jones adulte réussit à récupérer la Croix de Coronado. De retour à l’université où il enseigne l’archéologie,
il est sollicité par un industriel fortuné, Walter Donovan, qui cherche à trouver le Saint Graal. Indy décline l’offre, mais se ravise en apprenant que son père, Henry Jones, a disparu au cours de
cette mission.
Ainsi, la quête du Graal, symbole celte puis chrétien de la connaissance et de l’éternité, se mue rapidement en quête du père. Et c’est là que résident l’intérêt majeur et le génie intrinsèque du
scénario d’Indiana Jones et la Dernière Croisade. Du coup, on en oublierait presque les incohérences narratives, les multiples faux raccords et les trucages terriblement maladroits qui
parsèment le film (les techniciens d’ILM étaient à l’époque débordés par les effets spéciaux d’Abyss et de S.O.S. Fantômes 2). De toute évidence, Spielberg s’est tant intéressé à ses
personnages qu’il semble en avoir négligé les séquences d’action, assez pataudes à l’exception de la formidable poursuite en side-car. Sans parler des multiples redites empruntées aux films
précédents : le temple rempli de pièges mortels, le convoi allemand pris en chasse par Indy à cheval, les maléfices surnaturels frappant ceux qui ont osé profaner l’objet sacré… Malgré ces
nombreuses réserves, le charme opère toujours, de manière presque miraculeuse, et Indiana Jones et la Dernière Croisade demeurera pour le public et pour l’équipe du film l’un des épisodes préférés
des aventures du célèbre archéologue au fouet et au Stetson.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Steven Spielberg
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