Lundi 12 mai 2008
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/05
/2008
22:55
(Dr. No)
de Terence Young (1962) - GB
Avec Sean Connery, Ursula Andress, Joseph Wiseman, Eunice Gayson, Anthony Dawson, John Kitzmiller, Bernard Lee, Jack Lord
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James Bond est né en 1953, sous la plume de l’écrivain Ian Fleming qui injecta dans ses aventures une bonne dose de souvenirs personnels hérités de ses années de service dans les renseignements
britanniques pendant la guerre. Le premier roman de la série, « Casino Royale », connaît une adaptation télévisée dès 1954, avec Barry Nelson dans le rôle principal, mais pour inaugurer les
aventures de 007 sur le grand écran, les producteurs Harry Salzman et Albert Broccoli optent pour le septième récit écrit par Fleming, un cocktail d’espionnage, d’action, d’érotisme et de
science-fiction baptisé « Docteur No ».
Armés d’un modeste budget d’un million de dollars alloué par United Artists, les deux hommes ont l’idée géniale de confier le rôle de Bond à Sean Connery. Malgré les protestations de Fleming, qui
aurait plutôt vu David Niven dans le smoking de son agent, Connery incarne à merveille cet espion froid et méthodique que l’écrivain décrivait ainsi : « Un visage à la peau brune, aux traits bien
dessinés, où se détachait sur la peau hâlée de la joue droite une cicatrice de sept centimètres environ. Les yeux grands et bien horizontaux, sous des sourcils noirs rectilignes et assez fournis. »
Sa première mission sur grand écran consiste à contrecarrer les plans du sinistre docteur No (Joseph Wiseman), un agent de l’organisation criminelle S.P.E.C.T.R.E. installé dans une forteresse sur
l’île de Crab Key, au large de la Jamaïque. Avec l’aide de Quarrel (John Kitzmiller), son contact local de la CIA, et de Honey Rider (Ursula Andress), une magnifique jeune pêcheuse, il infiltre le
repaire du savant fou et l’empêche de détruire les fusées lancées par Cap Canaveral.
Le film regorge de séquences légendaires, de l’apparition onirique de la sculpturale Ursula Andress émergeant des eaux telle la Vénus de Boticcelli à la très stressante intrusion d’une tarentule
dans le lit de James Bond, en passant par l’attaque d’un tank déguisé en dragon cracheur de feu et le climax explosif dans le repaire du docteur No. Le thème musical principal, composé par Monty
Norman et orchestré par John Barry, dote l’aventure d’une énergie peu commune, malgré quelques pertes de rythme au cours de la seconde moitié du métrage. Même si Honey Rider dépasse à peine le
statut de jolie potiche, et si Quarrel se contente de jouer le rôle du « bon Noir » de service, le film échappe fort heureusement aux dérapages misogynes et racistes auxquels se laissait volontiers
aller Ian Fleming.
« Les femmes sont faites pour la récréation », pouvait-on lire dans « Casino Royale », ou encore « pourquoi diable ne restent-elles pas chez elles avec leurs casseroles, leurs robes et leurs
commérages, et ne laissent-elles pas aux hommes les travaux d’hommes ? » Tandis qu’en découvrant Quarrel dans le roman « Vivre et laisser Mourir », notre héros constatait que, malgré son allure
avenante, « le nez épaté et les paumes de mains pâles révélaient le sang noir. » Mais à vrai dire, James Bond contre Dr No fut surtout taxé d’anticommunisme primaire par le Kremlin et de
provocation sexuelle et sadique par le Vatican, ce qui ne fit qu’accroître l’intérêt du public et renforcer son colossal succès au box-office, le film rapportant 60 fois sa mise !
Par Gilles Penso
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Publié dans : les James Bond
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