Vendredi 16 mai 2008
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23:06
de Steven Spielberg (2001) – USA
Avec Haley Joel Osment, Jude Law, Frances O’Connor, Brendan Gleeson, Sam Robards, William Hurt, Jake Thomas
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Grand bruit fut fait autour de ce projet commun de Stanley Kubrick et Steven Spielberg, que ce dernier reprit seul à son compte après la mort du père de 2001. L’objet du film, ambitieux, est un
questionnement sur l’émotion chez les robots, avec comme clef de voûte un scénario écrit par Spielberg lui-même, exercice auquel il ne s’était livré qu’une seule fois auparavant, à l’occasion de
son chef d’œuvre Rencontres du Troisième
Type. Hélas, le résultat pèche par trop d’ambition, mais aussi par une incapacité manifeste à savoir sous quel angle aborder sa
thématique. Ainsi A.I. renferme-t-il plusieurs films en un, qui ne s’apprécient pas comme autant de niveaux de lecture parallèles, mais plutôt comme diverses approches du même sujet, pas
forcément complémentaires, juxtaposées de manière un peu arbitraires, et jamais vraiment approfondies.
Tout commence de fort prometteuse manière, dans un futur proche. Un couple, dont le petit garçon souffre d’une maladie qui le cloue dans un caisson, fait l’acquisition de David, un enfant robot
capable de sentiments et d’émotions. Les choses se passent à merveille, jusqu’au jour où le petit garçon est guéri et retrouve ses parents. S’ensuivent la jalousie, la rivalité et la cruauté
enfantine, qui vont pousser le petit androïde à commettre une erreur et à être abandonné dans la forêt, comme un Petit Poucet solitaire. Nous qui espérions un film sur la difficulté d’intégration
sociale des robots au sein des groupes humains, nous en sommes pour nos frais. Car à partir de là, c’est une toute autre histoire qui commence. Perdu dans les bois, David rencontre tout un tas de
freaks – en fait des robots en partie détruits qui se réparent comme ils peuvent en fouillant les décharges publiques – ainsi que Joe, un androïde gigolo interprété par Jude Law.
En cavale, ils échappent de peu à la « Foire de la Chair », une kermesse ultra-violente au cours de laquelle les humains détruisent les robots de mille et une manières. Nous voilà alors en pleine
ambiance Mad Max, dans un futurisme féroce et bestial, souligné par de maladroites guitares électriques que John Williams
intègre comme il peut à sa partition trépidante. Malgré quelques idées visuelles saisissantes – la montgolfière en forme de pleine lune, le petit ours animatronique – nous sommes pour le moins
déstabilisés. Les deux fugitifs gagnent ensuite la grande ville, car David est en quête d’identité. Cette partie du film trouve la majeure partie de ses atouts dans des effets spéciaux et des
décors dantesques, car pour le reste, l’intérêt s’étiole sérieusement.
Sans parler de la conclusion, qui se réfère lourdement à Pinocchio, sombre dans la larmoyance extrême avant de basculer dans le ridicule au moment de l’intervention saugrenue d’extra-terrestres en
3D du plus mauvais effet. Le film vire alors définitivement au n’importe quoi, s’achevant sur un étrange hommage au final de 2001, et laissant le spectateur complètement déboussolé. Autant
de moyens, d’idées et d’énergie sollicités pour passer à ce point à côté du sujet, voilà qui est plus que dommage. A ranger dans la catégorie des rares ratages artistiques de l’ami Steven, aux
côtés de Hook et du Monde
Perdu.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Steven Spielberg
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