Samedi 17 mai 2008
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15:03
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter, Brad Johnson, John Goodman, Audrey Hepburn, Roberts Blossom
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Première tentative de Steven Spielberg dans l'exercice du remake, Always est une très honorable réussite, injustement ignorée au moment de sa sortie. Après Indiana Jones et la Dernière Croisade, les spectateurs s’attendaient sans doute à une nouvelle aventure épique digne d’une bande
dessinée ou d’un serial. Or Spielberg change volontairement de style et de cap, quitte à dérouter un peu son public. Par une astucieuse adaptation scénaristique, le pilote de guerre d’Un Nommé
Joe de Victor Fleming (le film qui sert d’inspiration à Always, et dont on pouvait voir un extrait dans Poltergeist) est devenu pilote de Canadair, ce qui nous vaut
d'époustouflants combats contre le feu, entièrement reconstitués via d’incroyables effets visuels à base de maquettes supervisés par ILM. Toutefois, la voie qu'emprunte Always
s'éloigne du spectaculaire au profit d'un fantastique empreint de légèreté, de simplicité et de tendresse, voire de poésie en certains moments
inspirés. Le choix des comédiens n'y est absolument pas étranger, puisque le film repose presque essentiellement sur eux.
Endeuillée s’efforçant maladroitement de réfréner ses émotions, Holly Hunter est extrêmement convaincante dans le rôle de Dorinda, qui vient de perdre son bien-aimé dans un de ces crash qu’elle
redoutait depuis longtemps. Richard Dreyfuss, acteur fétiche de Spielberg, héros de deux de ses plus grands films (Les Dents de
la Mer et Rencontres du Troisième
Type) campe un fantôme très attachant, partagé entre l'humour et l'amertume. Le père d’E.T. parvient à
éviter la larmoyance facile pour aborder le sujet avec un maximum de réalisme et de justesse. Entouré de son équipe habituelle, Spielberg s'est cependant octroyé les services du directeur de la
photographie Michael Salomon, auteur des images bleutées de Abyss, auquel Always fait allusion au cours d’un climax
aquatique. Notons au passage la belle idée d'utiliser Audrey Hepburn dans le rôle d'un ange. Ce qui nous ramène à l'époque du Choc des Titans où Laurence Olivier, Ursula Andress et Maggie Smith
incarnaient les dieux de l'Olympe.
Spielberg n’ayant pas son pareil pour piquer au vif l’intérêt des spectateurs dès les premières secondes de ses films, il nous offre un extraordinaire plan d’ouverture dans lequel le calme
somnolent de deux pêcheurs assoupis dans une barque est brutalement interrompu par l’entrée dans le champ d’un gigantesque Canadair venu recharger son réservoir juste derrière eux. C’est ce qui
s’appelle savoir entrer dans le vif du sujet. Virtuose du symbole et de la métonymie, il ponctue par ailleurs Always d’images simples mais très évocatrices, comme cette petite cuiller
entièrement pliée sur elle-même, que Dorinda tenait à la main pendant que Peter, en pleins cieux, était en difficulté. Sans le moindre dialogue, avec du langage cinématographique pur, l’angoisse et
l’appréhension nimbent tout l’écran. En ce domaine, Spielberg s’affirme comme un maestro et un digne héritier d’Alfred Hitchcock. Assez ironiquement, Tom Cruise se vit proposer à l’origine le rôle
de Ted Baker, qu’il refusa au profit de Brad Johnson. Il allait finalement retrouver Spielberg une décennie plus tard pour Minority Report et La Guerre des Mondes.
© Gilles Penso
Thema: Fantômes et Maisons Hantées
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Steven Spielberg
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