Samedi 17 mai 2008
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16:50
(E.T. the extraterrestrial)
de Steven Spielberg (Etats-Unis)
Avec Henry Thomas, Dee Wallace-Stone, Robert MacNaughton, Drew Barrymore, Peter Coyote, K.C. Martel
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Après avoir tenté en vain une variation sur le thème des extra-terrestres via le projet « Nightskies » décrivant une attaque d’aliens belliqueux, Steven Spielberg est revenu à de plus paisibles
rencontres du troisième type avec E.T., dont le héros, Elliot, âgé de 10 ans, est marqué par le divorce de ses parents. A deux pas de chez lui, un petit extra-terrestre amateur de plantes a
été oublié sur terre par les siens. Recherché par des scientifiques avides d'informations, E.T. mourra s'il ne regagne pas rapidement sa planète. Elliot le découvre. Passée la peur naît une étrange
amitié…
Pour avoir adulé La Quatrième Dimension pendant sa jeunesse et avoir collaboré de près avec l’un des auteurs récurrents de cette mythique série TV, Richard Matheson, à l’occasion de
Duel, Steven Spielberg sait que les éléments fantastiques d’un film de science-fiction ont d’autant plus d’impact que le cadre dans lequel ils se déroulent
est familier, voire banal. D’où sa propension à situer la plupart de ses intrigues dans des banlieues résidentielles américaines, où il vécut lui-même. Le déchirement du voile rassurant de la
réalité n’en est que plus surprenant, sans compter le potentiel autobiographique d’une telle démarche. Or de tous ses films, le cinéaste reconnaît qu’E.T. est le plus personnel. Voilà sans
doute le secret de son succès colossal et de l’empathie générée autour de son hideux héros extra-terrestre. La sincérité serait-elle donc la clef de la réussite ?
Tant pis pour les détracteurs de Spielberg, persuadés que les grosses ficelles mélodramatiques et lacrymales eurent raison d’un public trop sensible. Si E.T. touche autant, c’est qu’il
raconte sans épure le rêve réel d’un enfant devenu metteur en scène, ce dernier faisant ici preuve d’une indéniable maîtrise du récit et de la dramaturgie. D'emblée, le film surprend par la qualité
picturale de ses images, le soin apporté aux éclairages et l'admirable composition de chacun des cadrages. Visuellement - et musicalement avec la très belle partition aérienne de John Williams - le
film est magistral. L'histoire, d'une très grande simplicité, est transcendée par la mise en scène particulièrement rigoureuse d'un réalisateur arrivé ici au sommet de son art. Assez curieusement,
E.T. semble constituer une sorte de préquelle de Rencontres du Troisième Type, le petit extra-terrestre égaré laissant présager une venue plus massive de ses semblables.
De nombreuses réminiscences bibliques sont présentes dans l’œuvre de Spielberg, et E.T. ne déroge évidemment pas à la règle. Le parcours de cet étranger faiseur de miracles, traqué, mort
puis ressuscité, n’est-il pas celui d’un être christique ? Malgré la tentation et les pressions dues au succès inespéré du film, et contrairement à ce qu’annonçait un roman pour enfants publié au
milieu des années 80 et narrant de nouvelles aventures du petit extra-terrestre, Spielberg eut le bon goût de ne pas en réaliser de séquelle. Il eut en revanche la très mauvaise idée d’en effectuer
un remontage vingt ans plus tard, insérant d’inutiles scènes coupées, des images de synthèse anachroniques, et modifiant des séquences entières pour effacer les fusils des policiers et les
remplacer par des lampes de poche !
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Steven Spielberg
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