Vallee_de_gwangi-2.jpg(The Valley of Gwangi)

De James O’Connolly (USA)

Avec James Franciscus, Richard Carlson, Gila Golan, Laurence Naismith, Freda Jackson, Gustavo Rojo, Dennis Kilbane

 

Sensibilisé par le succès de Un Million d’Années Avant JC, le producteur Charles Schneer décida de reformer son duo avec Ray Harryhausen, et tous deux se penchèrent sur Gwangi, un projet avorté que Willis O’Brien préparait pour la RKO. Le scénario démarre dans une région écartée du Grand Canyon du Colorado, où l’on découvre un cheval haut seulement de 60 cm. Un groupe de cow-boys, héros d'un cirque ambulant, essaye de capturer la créature pour la montrer au public. Ils pourchassent le cheval jusque dans une vallée cachée où ils tombent sur de nombreux reptiles préhistoriques.

 

Ils rencontrent un ptéranodon qui s'empare de l'un d'eux, et attirent l'attention de Gwangi, un immense allosaure qu'ils essaient de prendre au lasso. Ils en sont empêchés par l'arrivée d'un styracosaure. Gwangi bat le reptile cuirassé, puis est pris dans un glissement de terrain au moment où il essayait de s'attaquer aux cavaliers. Ceux-ci enchaînent l'animal sur un chariot et le ramènent dans l'enceinte du cirque. Mais, au cours du spectacle, le dinosaure s'échappe, lutte contre un éléphant, sème la panique, puis périt dans une église en flammes… Bien qu'il calque fidèlement son intrigue sur celle de  King Kong, La Vallée de Gwangi tire son originalité du contexte du western - inhabituel pour un film fantastique - mais aussi d'un postulat de départ plein d'intérêt, aidé par des interprètes convaincants. Les deux acteurs principaux sont le vétéran James Franciscus et la débutante Gila Golan, qu’il fallut post-synchroniser à cause de son accent israélien savoureux mais plutôt déplacé en plein far west.

 

Pour permettre à Harryhausen d’insérer dans les prises de vues ses effets visuels, le réalisateur James O’Connolly se vit contraint de sacrifier les longues focales et les lumières contrastées qu’il chérissait tant, au profit de cadrages plus neutres. Cette situation n’entraîna pas de conflit particulier au sein de l’équipe, mais O’Connolly fit partie de ces metteurs en scène quelque peu frustrés par cette omniprésence créatrice leur ôtant à plusieurs reprises le dernier mot artistique. Les effets spéciaux font sans doute partie des plus réussis qu'ait jamais réalisés Ray Harryhausen, et les dinosaures de ce film appartiennent au groupe très restreint des plus convaincants jamais vus à l'écran. Ainsi, Gwangi, le redoutable allosaure qui donne son nom au titre du film, bénéficie d’une finition et d’une souplesse d’animation remarquables.

 

Du double point de vue morphologique et comportemental, il est très proche de celui qu’affrontait  King Kong en 1933 (il se gratte même frénétiquement l’oreille de la même façon !). Hélas, le réalisme de Gwangi est parfois entravé par la teinte de sa peau qui, d’un plan à l’autre, oscille entre le gris et le vert en passant par le bleu et le marron. Le film est truffé de plans ahurissants, comme lorsque les cow boys tentent d’attraper Gwangi au lasso, ou lorsque l’un des cavaliers enfonce une lance dans le flanc du styracosaure. Gwangi périt finalement dans l’incendie d’une cathédrale au cours d’un dénouement plein d’emphase.

 

© Gilles Penso
Thema:
Dinosaures
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