(Back to the future)
De Robert Zemeckis (Etats-Unis)
Avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover, Thomas F. Wilson, Claudia Wells
Certains films sont naturellement en état de grâce. Par le biais d’une prodigieuse alchimie, les acteurs, les réalisateurs, les
scénaristes, les compositeurs y sont au sommet de leur art. Retour vers le Futur est de cette trempe. Jamais Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover ou Lea Thompson, tous
excellents comédiens, ne trouveront un rôle aussi marquant que celui qu’ils tiennent ici. Robert Zemeckis, qui s’était jusqu’alors principalement distingué avec un sympathique mais peu
révolutionnaire démarcage d’Indiana Jones, A la Poursuite du Diamant Vert, révèle d’un seul coup toute l’ampleur de son talent. Le compositeur Alan Silvestri nous régale d’une partition
digne de John Williams, le co-scénariste Bob Gale démontre une minutie peu apparente dans le script de 1941 qu’il écrivit pour Spielberg, bref Retour vers le Futurdéborde de talents et de savoir-faire.
L’un des secrets de son succès est d’avoir su exhumer un thème classique du cinéma de science-fiction, le voyage dans le temps, pour le moderniser, le truffer d’humour et en tirer toutes les
possibilités narratives possibles et imaginables (une voie que suivront notamment L’Aventure Intérieure et Chérie J’ai Rétréci les Gosses). Le héros est Marty Mc Fly (incarné par
Michael J. Fox, après des essais infructueux réalisés avec Eric Stolz), un adolescent épris de rock’n roll et de la charmante Jennifer (Claudia Wells). Sa famille n’est guère reluisante : son père
George (Crispin Glover) est un écrivain raté, sa mère Lorraine (Lea Thompson) est alcoolique et ses frères et sœurs insupportables. Son amitié avec un vieux savant farfelu et génial, Emmet Brown
(Christopher Lloyd), l'amène à expérimenter une voiture reconvertie en machine à voyager dans le temps et à basculer trente ans en arrière. Là, il retrouve ses parents encore adolescents et
s’apprête malgré lui à briser deux tabous : bouleverser le continuum espace temps et concrétiser le complexe d’Œdipe !
Le mélange de comédie, de science-fiction, de teenagers et de musique peut donner des résultats affligeants (Howard de Willard Huyck en est un bon exemple), surtout lorsque les grands
studios s’en mêlent. Or Retour vers le Futur ne « fait » pas jeune, il EST jeune, fougueux, rythmé au tempo des années 80 sans jamais chercher à forcer le trait. On peut certes reprocher au
film de cultiver sans demi-mesure la politique des « battants » chère à l’Amérique de Ronald Reagan, qui transparaît également beaucoup dans SOS Fantômes. Mais le plaisir que procure
Retour vers le Futur n'en est jamais gâché. Le comique est issu des situations impossibles dans lesquelles se fourrent les héros et d’un casting extrêmement intelligent. Il faut également -
et surtout - saluer la richesse du scénario de Zemeckis et Gale, jonglant en virtuose avec les paradoxes temporels et s'amusant à disséminer tout au long du récit des détails apparemment anodins
qui s'avèrent finalement jouer un rôle fondamental au fur et à mesure des péripéties sans cesse rebondissantes. Ce perfectionnisme se retrouve dans la mise en scène de Zemeckis, qui achève son film
sur un climax d’anthologie clignant de l’œil vers l’une des cascades les plus fameuses d’Harold Lloyd.
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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