Galaxie-de-la-terreur.jpg(Galaxy of Terror)

De Bruce Clark (USA)

Avec Edward Albert, Erin Moran, Ray Waltson, Bernard Behrens, Zalman King, Robert Englund, Taafe O’Connell, Sid Haig

 

Alors qu’il vient tout juste de livrer sa sympathique imitation de La Guerre des Etoiles avec Les Mercenaires de l’Espace, Roger Corman ne perd pas une minute et décide dans la foulée de surfer sur une autre vague science-fictionnelle : celle d’Alien. Il confie donc à William Stout, Marc Siegel et Bruce D. Clark l’écriture d’un scénario mêlant l’espace et l’horreur, dans les limites d’un budget de 700 000 dollars. En voici le postulat : sans nouvelles du vaisseau spatial « Rebus », qui s’est posé sur une planète lointaine puis n’a plus donné signe de vie, le tout-puissant Maître, qui règne sur Terre, lance une mission de sauvetage dont il sélectionne lui-même l’équipage. Après un atterrissage mouvementé, les membres de cette mission de secours découvrent l’épave du « Rebus », jonché de débris et de cadavres. Sur cette planète mystérieuse trône une gigantesque pyramide qui brouille tous les signaux. C’est alors que des créatures surgies des ténèbres s’en prennent aux membres de l’équipage et les massacrent les uns après les autres.

 

La première chose qui frappe, dans La Galaxie de la Terreur, est la qualité de sa direction artistique. Réutilisant les coursives de vaisseau spatial construites pour les Mercenaires de l’Espace, qui seront encore amortis dans d’autres produits de SF maison comme Androïde ou Mutant, Corman confie la supervision visuelle du film à un tout jeune James Cameron, alors employé multitalents de la société New World (il conçut à l’époque des matte paintings, des maquettes et des effets optiques pour New York 1997 et Les Mercenaires de l’Espace). Cameron prend également en charge la réalisation de la deuxième équipe de La Galaxie de la Terreur et y imprime un style déjà très identifiable. Les éclairages bleutés de la planète hostile, l’emploi intensif des rétro-projections, des peintures sur verre et des éléments de décor miniatures, le design réaliste des combinaisons spatiales annoncent les futurs partis-pris de Terminator et surtout d’Aliens.

 

Au détour du casting de La Galaxie de la Terreur, on découvre quelques visages familiers comme Zalman King, héros de Blue Sunshine qui joue ici un officier acariâtre, Robert Englund, futur Freddy Krueger, ou encore Sid Haig (La Maison aux 1000 Morts, The Devil’s Rejects). Le scénario repose sur une idée passionnante, partiellement héritée de Planète Interdite : les monstres et les horreurs que rencontrent les explorateurs ne sont rien d’autre que la matérialisation de leurs propres peurs et phobies. En ce sens, La Galaxie de la Terreur est presque l’ancêtre de Sphère ou de Event Horizon. « Il n’y a aucune horreur que nous n’ayons créée nous-mêmes », dira l’astronaute incarné par Englund. Ce qui nous donne droit à de jolis moments d’horreur, comme le cristal qui se plante dans le bras d’un homme et glisse inexorablement sous sa peau, la fille littéralement violée par un immonde ver géant, ou celle dont le corps, enserré par une multitude de câbles, finit par éclater comme un fruit trop mûr ! Avec tous ces atouts en poche, La Galaxie de la Terreur se hisse sans mal au-dessus du panier des productions New World de l’époque, et s’achève sur un dénouement ne manquant pas d’ironie.

 

© Gilles Penso
Thema: Space Opera, Futur
Tag(s) : #FILMS