Halloween-3.jpg(Halloween 3 : Season of the Witch)

de Tommy Lee Wallace (USA)

avec Tom Atkins, Dan O’Hearlihy, Stacey Nelkin, Michael Currie, Ralph Strait, Jadeen Barbor, Brad Schacter

 

Michael Myers périssant dans un brasier purificateur à l’issue d’Halloween 2, il semblait absurde de le ressusciter. Pour éviter malgré tout d’interrompre si tôt une franchise promise à un bel avenir, John Carpenter proposa de poursuivre la saga Halloween sous forme d’une série de longs-métrages mettant à chaque fois en scène des personnages différents et un récit original. Prototype de ce projet à long terme, Halloween 3, le Sang du Sorcier s’extrait donc des mécanismes du slasher pour s’aventurer sur les sentiers d’une horreur surnaturelle.

 

Tom Atkins (vu dans Fog et New York 1997) endosse la blouse du docteur Daniel Challis, surpris de voir débarquer dans l’hôpital où il exerce un homme gravement blessé qui, dans ses brefs moments de reprise de conscience, s’écrie : « ils vont venir pour tous nous tuer ! ». Peu de temps après ces sinistres prédictions, un homme impassible pénètre dans la chambre du malheureux, lui arrache les yeux, puis s’immole dans sa voiture. Dès son entrée en matière, Halloween 3 annonce ainsi une brutalité et une absence de concession que ne démentira guère le reste du métrage. La violence y est en effet exacerbée et les morts plutôt graphiques. Têtes arrachées à mains nues, visages déchirés d’où surgissent des nuées d’insectes rampants, meurtres à la perceuse s’enchaînent inexorablement.

 

L’enquête que Daniel Challis et la fille de la victime mènent ensemble les conduit dans la petite ville de Santa Mira, siège de la fabrique Silver Shamrock qui s’est spécialisée dans l’élaboration de masques pour Halloween. Leurs trois dernières créations (une tête de citrouille, un visage de démon grimaçant et un squelette) s’arrachent dans tous les magasins, tandis que leurs spots télévisés décomptant les jours avant le 31 octobre saturent les chaînes de télévision. Si les liens narratifs entre Halloween 3 et ses deux prédécesseurs sont volontairement rompus, une unité artistique persiste, grâce à la musique synthétique entêtante de John Carpenter et Alan Howarth, à la photographie nocturne que Dean Cundey concocte une nouvelle fois sur un format Cinémascope, et à un sentiment de paranoïa croissant qui annonce plusieurs œuvres phares du père de Michael Myers, notamment Prince des Ténèbres, Invasion Los Angeles et L’Antre de la Folie.

 

Myers lui-même fait une petite apparition sous forme de clin d’œil, via une bande annonce et un extrait de La Nuit des Masques diffusés sur les petits écrans de la ville. Lorsque Conal Cochran (Dan O’Herlihy), vénérable patron de Silver Shamrock, fait visiter fièrement son usine, le Willy Wonka de « Charlie et la Chocolaterie » n’est pas loin. Mais le conte de fées vire à l’horreur viscérale lorsque sa diabolique machination prend corps, à travers une séquence choc où un enfant coiffé d’un masque en forme de citrouille s’écroule au sol, son visage expulsant des cafards et des serpents venimeux qui assaillent ses parents terrifiés ! Malgré – ou à cause de – ses audaces, Halloween 3 désarçonna le public, qui ne lui réserva qu’un accueil mitigé. Michael Myers renaîtra donc de ses cendres dans un Halloween 4 beaucoup plus convenu.

 

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie

Tag(s) : #FILMS