griffes-de-la-nuit-a-nightmare-on-elm-street-06-03-1985-16-(A Nightmare on Elm Street)

De Wes Craven (USA)

Avec Heather Langenkamp, Robert Englund, John Saxon, Ronee Blakely, Amanda Wyss, Johnny Depp, Jsu Garcia

 

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Le DVD est disponible ici

 

Wes Craven a créé un petit événement en lâchant sur les écrans Les Griffes de la Nuit. Les spectateurs n'étaient tout simplement pas préparés à un tel choc. Pourtant, le scénario recycle un certain nombre d'éléments connus, en particulier les meurtres de teenagers hérités d’Halloween, le héros contraint de rester éveiller comme dans L'Invasion des Profanateurs de Sépulture, ou les interactions entre réalité et rêve traitées la même année dans Dreamscape. L'originalité du film réside dans l'agencement savant de ces idées. « Je me souviens avoir lu une histoire terrible dans le journal »,raconte Craven. « Un jeune homme de 22 ans souffrait de cauchemars tellement réalistes qu’il refusait de s’endormir. Il se maintenait éveillé et crachait en douce les somnifères que lui donnaient ses parents. Après quatre ou cinq jours de veille, il a fini par s’endormir et est tombé raide mort au milieu de son sommeil, sans explication » (1). De ce fait divers est née l’idée des Griffes de la Nuit.

 

L’infortuné jeune homme s’est mué en une adolescente américaine, Nancy (Heather Langenkamp), hantée par des cauchemars où elle est traquée par un tueur armé de griffes métalliques. Lorsqu’elle se confie à ses amis, ces derniers avouent être tourmentés par le même rêve. Or chacun d’entre eux va mourir violemment en plein sommeil. Bouleversée, Nancy apprend que le coupable est Freddy Krueger, un assassin de petites filles brûlé vif par des parents vengeurs, qui réapparaît désormais sous la forme d’un démon aux griffes d’acier dans les rêves des jeunes gens du quartier d’Elm Street. S’il réussit à les assassiner pendant leur rêve, les dormeurs meurent pour de bon. Après la mort de ses camarades, Nancy est à son tour pourchassée par le monstre… « Certains philosophes russes ont développé l’idée que plus l’homme est conscient, plus il souffre de sa condition », explique Craven. « D’où sa propension à enfouir de nombreuses choses dans son subconscient. J’ai donc imaginé le personnage de Nancy, une jeune fille qui rêve d’un tueur effrayant. Ses parents savent que cet homme a existé dans la réalité, mais il en ont évacué le souvenir. Et lorsque Nancy leur en parle, ils refusent de la croire, se voilant la face » (2).

 

Les Griffes de la Nuit tire son efficacité de la mise en image saisissante de son concept, paré d’idées visuelles fortes : l’étudiante arrachée à son lit par une force invisible qui la fait ramper sur les murs, la griffe qui jaillit dans le bain, le corps de Tina dans son suaire (un mille-pattes s’échappant de sa bouche et des serpents boueux rampant à ses pieds), le  garçon aspiré par son lit qui rejette ensuite un impressionnant jet de sang, la langue qui surgit du téléphone, le plafond mou d’où émerge le visage du tueur… A l’avenant, Charles Bernstein compose une partition synthétique particulièrement efficace. Interprété par un Robert Englund qu’on connut plus avenant (notamment dans la série V), Krueger fait vraiment peur, contrairement aux films suivants qui le relègueront au rôle de clown farceur et grimaçant. On note également la présence du vétéran John Saxon dans le rôle du policier et d’un Johnny Depp débutant à peine sorti de la puberté !

 

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en octobre 2005

 

© Gilles Penso

Thema:  Rêves

Saga: Freddy

Tag(s) : #FILMS