Guerriers-du-Bronx-2.jpg(Fuga del Bronx / Bronx Warriors 2)

d’Enzo G. Castellari (Italie)

avec Mark Gregory, Valeria d’Obici, Timothy Brent, Henry Silva, Giancarlo Prete, Paolo Malco, Ennio Girolami, Antonio Sabato

 

Le succès inespéré des Guerriers du Bronx poussa Enzo G. Castellari à en réaliser une séquelle dans la foulée. Amateur de westerns spaghettis et de films d’action démarqués des grands succès américains, le cinéaste fut bien inspiré, car ce second épisode s’avère supérieur au précédent à bien des niveaux. Malgré les gangs qui continuent à y régner en maîtres absolus, le Bronx fait l’objet de la convoitise de la puissante société immobilière GC, qui envisage la réhabilitation complète du quartier. Pour y parvenir, les dirigeants n’y vont pas par quatre chemins : les habitants sont évacués de force.

 

GC s’efforce de faire croire à la presse et à l’opinion publique que les locataires du Bronx sont relogés dans des maisons solaires au Nouveau-Mexique, mais en réalité la population est déportée ou exterminée sur place. Les contrevenants ou les retardataires sont tout bonnement brûlés à coup de lance-flammes, une arme qui avait fait ses preuves à la fin du premier film. Ce massacre en règle est mené par Lloyd Warngler, un mercenaire sévèrement burné à qui Henry Silva prête son inimitable trogne. Dénué du moindre scrupule, ce dernier qualifie d’ailleurs son génocide de simple « désinfection ». Hétéroclites et toujours aussi improbables, les gangs trouvent refuge sous terre, menés par un Espagnol caricatural adepte du marché noir. Plus chevelu que jamais, Trash (Mark Gregory toujours) se lève contre l’envahisseur.

 

Dans une scène involontairement comique (mais le film n’en compte finalement pas tant que ça), il abat un hélicoptère d’un simple coup de pistolet, exploit qu’il réitèrera plus tard avec un camion. Lorsqu’il découvre ses parents calcinés, notre héros devient ivre de colère et de vengeance, et prend la tête de la résistance. Il est bientôt rejoint par la journaliste Moon Grey (Valeria d’Obici), bien décidée à prouver les exactions de GC, et dont le photographe vient à son tour de périr sous les flammes. Pour obtenir gain de cause et négocier avec les exterminateurs, Trash et Moon décident de faire enlever le vice-président en faisant appel aux services du cambrioleur Strike, ce qui nous vaut une excellente séquence de suspense. Au fil de l’intrigue, Les Guerriers du Bronx 2 semble se défaire de l’influence des Mad Max  pour mieux assumer celle de  New York 1997 , les similitudes entre Trash et Snake Plissken étant plus marquées que dans le film précédent.

 

L’action à base de combats et de fusillades ponctue le film sans discontinuer, et il semble que Castellari ait gagné en maîtrise depuis le premier Guerrier du Bronx. A cette amélioration de mise en scène s’ajoute un scénario bien plus captivant. Car aux errances pseudo-futuristes dans un monde bariolé et peu crédible vient ici se substituer une satire sociale pour le moins réjouissante. Et même si la lutte des classes est surtout prétexte à l’accumulation d’un maximum de bastons, de gunfights et d’explosions, Les Guerriers du Bronx 2 y gagne sérieusement en intérêt. Castellari s’en tiendra pourtant là, laissant son diptyque sans suite pour se consacrer à d’autres films de guerre, d’action et d’aventure.


© Gilles Penso
Thema: Futur

Tag(s) : #FILMS