KALIDOR.jpg(Red Sonja)

de Richard Fleischer (USA)

avec Brigitte Nielsen, Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, Paul L. Smith, Ernie Reyes Jr, Ronald Lacey, Pat Roach 

 

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Guerrière farouche des temps anciens, « Sonja la rouge », née sous la plume de Robert Howard en 1934, est souvent considérée comme une version féminine de Conan. Les dessinateurs de Marvel Comics ne s’y tromperont pas, puisqu’ils reprendront à leur compte le personnage et l’intègreront dans l’univers du barbare Cimmérien à partir de 1973. Avec le succès du film de John Milius et celui – plus modeste – de sa séquelle, Dino de Laurentiis décida de battre un fer encore chaud et propulsa la « diablesse à l’épée » sur le grand écran.

 

Arnold Schwarzenneger reprend du service, non dans le rôle de Conan (des problèmes juridiques s’interposèrent), mais dans celui du guerrier Kalidor (depuis Terminator, le suffixe « or » lui sied plutôt bien !). Pour donner corps à la fière barbare en armure rouge, on opta pour une athlétique Danoise d’un mètre 85 répondant au nom rugueux de Brigitte Nielsen. Effectuant là ses premiers pas devant une caméra, cet ex-mannequin allait accéder à la célébrité dès l’année suivante en épousant Sylvester Stallone. Car il faut bien avouer que Kalidor n’a pas fait d’elle la star que De Laurentiis escomptait. La belle s’en sort pourtant bien sous le bikini cuirassé de Sonja, mais le scénario a bien peu d’intérêt et le pauvre Richard Fleischer, qui nous offrit tant de joyaux, s’essouffle définitivement, hélas ! Notre héroïne cherche ici à se venger de la maléfique reine Gedren (Sandahl Bergman, elle aussi échappée de Conan).

 

Celle-ci a en effet tué ses parents et sa sœur pour pouvoir s’emparer d’un talisman possédant un terrible pouvoir de destruction. Alors que des prêtres étaient sur le point de détruire cette dangereuse relique, Gedren et son armée les massacrent impitoyablement et récupèrent le précieux objet. Désormais, rien ne semble pouvoir empêcher la redoutable mégère d’asservir le monde. Et pour bien nous faire comprendre que c’est elle, la méchante du film, on nous la montre chouchouter un étrange animal de compagnie – une araignée grosse comme un chien ! – tout en arborant un glacial masque doré, tandis que son alchimiste semble capable de voir partout grâce à une machine complexe de son invention. Sonja se forme alors au combat auprès d’un vénérable maître asiatique, avant que le valeureux Kalidor ne rallie sa cause.

 

Dans leur quête, ils sont bientôt accompagnés par un prince enfant insupportable (jouant le rôle bien inutile de faire-valoir comique) et par son massif serviteur. Il faut tout de même reconnaître à Kalidor quelques atouts, comme ses combats bien troussés, quelques séquences audacieuses (notamment l’attaque d’un serpent de mer géant) et des décors grandioses souvent conçus à l’aide de matte-paintings et de maquettes d’avant-plan. On se souviendra en particulier de cette statue géante qui orne le camp d’entraînement du maître asiatique, cette colossale sculpture en forme de bovidé, ou encore ce squelette d’animal géant qui sert de pont au-dessus d’un précipice. Le film bénéficie également d’une entraînante partition d’Ennio Morricone. Mais sous cette patine cosmétique, Kalidor fait bien pâle figure et restera d’ailleurs sans suite.

 

© Gilles Penso
Thema: Heroïc Fantasy
Tag(s) : #FILMS