hidden_poster_02.jpg(The Hidden)

De Jack Sholder (Etats-Unis)

Avec Kyle MacLachlan, Michael Nouri, Claudia Christian, Clarence Felder, Clu Gulager, Ed O’Ross, William Boyett 

 

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Hidden ne partait pas forcément avec de bons atouts : un scénario recyclant à priori le concept de The Thing , un réalisateur tout juste sorti du médiocre La Revanche de Freddy… Qui aurait pu prédire que nous aurions affaire là à l’une des séries B de science-fiction les plus réjouissantes de la décennie ? Tout commence sur des chapeaux de roue, par le biais d’une séquence d’action hallucinante au cours de laquelle Jack de Vries (Chris Mulkey), un homme d’affaires californien apparemment sans histoire, se mue soudain en dangereux criminel.

 

Il braque une banque sans préavis, abat froidement des gardiens, puis fonce dans un barrage de police à l’issue d’une course poursuite échevelée. Grièvement blessé après son incompréhensible odyssée criminelle, il est gardé à l’hôpital sous surveillance. Mais la nuit venue, une affreuse créature translucide surgit de son corps et s’engouffre dans la bouche de son voisin de lit, un certain Jonathan Miller (William Boyett). Aussitôt, celui-ci s’échappe de l’hôpital, adoptant un comportement aussi agressif et illogique que son prédécesseur. Tom Beck (Michael Nouri), l’inspecteur de police qui enquête sur cette affaire, se voit obligé de collaborer avec Lloyd Gallagher (Kyle MacLachlan), une jeune recrue du FBI qui semble en savoir bien plus que ce qu’il ne dit…

 

Avec une redoutable efficacité, Jack Sholder et son scénariste Jim Kouf placent la narration de Hidden sur deux niveaux, selon le principe éprouvé du montage parallèle. D’un côté, le spectateur suit une enquête policière empruntant la voie balisée du buddy movie, en accord avec les grands succès contemporains du genre (L’Arme Fatale en tête). Michael Nouri, impeccable en vieux de la vieille à qui on ne la fait plus, est ainsi contraint de faire équipe avec un Kyle MacLachlan lunaire dont les méthodes fort peu orthodoxes annoncent le personnage mythique qu’il campera dans Twin Peaks. Quant aux scènes d’action, elles se calquent sur les thrillers musclés du moment, ne rechignant devant aucune fusillade ou poursuite automobile. De l’autre côté, les évolutions du parasite extra-terrestre sont contées avec un certain humour, dans la mesure où l’envahisseur aime les belles voitures, les jolies filles et le hard-rock (en contrepartie, il déteste la country !).

 

La créature elle-même, qui voyage d’un corps à l’autre par voie buccale en s’inspirant quelque peu d’Alien, semble avoir été conçue pour réunir tout ce qui, dans le règne animal, provoque une répulsion viscérale : corps spongieux d’invertébré, mandibules crochues d’insecte, pattes velues de tarentule et tentacules grouillants de céphalopode ! Elle n’apparaît sous sa forme complète que dans une seule scène (qui emploie la bonne vieille animation image par image pour lui donner vie), mais cette vision est suffisamment marquante pour rester dans la mémoire du spectateur tout au long du film. L’objectif final du monstre n’est pas sans évoquer le dénouement de Dead Zone, tandis que la chute de Hidden, joliment métaphorique, s’ouvre sur une note d’espoir. En 1994, Seth Pinsker en réalisera une séquelle sans éclat, directement destinée au marché de la vidéo, qui réutilisera un bon quart d’heure d’images du film de Jack Sholder pour sa séquence d’ouverture.

 

© Gilles Penso
Thema: Extra-Terrestres
Tag(s) : #FILMS