Maitres-de-l-univers.jpg(Masters of the Universe) 

De Gary Goddard (USA)

Avec Dolph Lundgren, Frank Langella, Meg Foster, Billy Barty, Courteney Cox, Robert Duncan McNeill, Jon Cypher

 

Au départ, les Maîtres de l’Univers sont des jouets extrêmement populaires vendus par millions aux quatre coins du monde par Mattel. Face à un tel succès, une série animée ne tarda pas à envahir les petits écrans pour narrer les exploits du valeureux Musclor et les méfaits de l’affreux Skeletor. Flairant là la poule aux œufs d’or, Menahem Golan et Yoram Globus, à la tête de la légendaire société de production Cannon, décidèrent d’en tirer un long-métrage qu’ils confièrent au débutant Gary Goddard.

 

Le générique de début, sur fond étoilé, plagie gentiment les partitions de John Williams pour Superman  et La Guerre des Etoiles . Le compositeur Bill Conti en profite pour se laisser une fois de plus influencer par « Mars » (extrait de « La Symphonie des Planètes ») de Gustav Holst, après son fameux « Conquest » écrit pour la saga Rocky. Lorsque nous découvrons la salle du trône de l’infâme Skeletor, qui arpente dans sa grande cape noire un hall empli de centurions casqués au son d’une marche impériale, la référence à  Star Wars  est frappante. Skeletor (l’excellent Frank Langella, hélas extrêmement sous-exploité ici sous son masque en caoutchouc peu convaincant conçu par Michael Westmore) a kidnappé la sorcière de Greyskill. Avec l’aide de la belle et maléfique Evil-Lyn (Meg Foster), il veut mettre la main sur la clef cosmique créée par le serrurier Gwildor (un nain avec un visage de troll qu’on croirait échappé de Legend).

 

Les guerriers Teela et Drunkan rejoignent alors Gwildor et Musclor (He-Man en VO) pour stopper ce plan démoniaque. Musclor est incarné par Dolph Lundgren, qui fait ici sa troisième apparition sur grand écran après  Dangereusement Vôtre  et Rocky IV. Epaulé par pas moins de cinq assistants (un professeur de comédie, un répétiteur, un coach de langage, un entraîneur sportif, un conseiller artistique et un styliste/coiffeur), Lundgren a rarement été aussi inexpressif, et sa longue perruque blonde ne renforce guère sa crédibilité. Ses compagnons d’armes et lui se retrouvent bientôt propulsés vers une planète inconnue qui s’avère être la Terre (d’où un gag embarrassant au cours duquel ils rencontrent une vache) et y croisent la mignonne Julie (Courtney Cox, pas encore starifiée par la série Friends). Bientôt, Skeletor et son armée débarquent à leur tour sur Terre, prélude à un combat épique avec des guerriers montés sur disques volants.

 

Supervisés par le vétéran Richard Edlund, les effets visuels sont souvent réussis, à l’exception de quelques incrustations ratées et d’effets rotoscopiques maladroits (notamment le fouet en dessin animé qu’agite un des belligérants). Le char volant de Skeletor s’avère particulièrement impressionnant (on croirait voir Cléopâtre en apesanteur !), les maquettes de Boss Film, les designs de Moebius et les décors de Bill Stout emportent l’adhésion, bref Golan et Globus ont mis beaucoup d’atouts de leur côté. Dommage qu’ils n’aient pas consacré suffisamment de temps et d’énergie à l’écriture du scénario. Du coup, toute cette belle énergie mue Les Maîtres de l’Univers en sympathique nanar de luxe, inepte et convenu mais plutôt distrayant, d’autant que l’humour involontaire y est souvent savoureux.

 

© Gilles Penso
Thema: Super-Héros, Extra-Terrestres, Space Opera

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