L’univers de Clive Barker a souvent été comparé à celui de Stephen King, mais au milieu des années 80, l’écrivain n’avait pas encore eu les adaptations cinématographiques qu’il méritait
(Transmutations et Rawhead Rex de George Pavlou n’étaient pas d’exemplaires réussites). Alors, prenant le taureau par les cornes, Barker décida, après avoir tourné deux
courts-métrages, de réaliser lui-même un film tiré de son roman « The Hellbound Heart ». Tourné en Angleterre sous le titre de travail « Sadomasochists from Beyond the Grave » (« Les
sado-masochistes d’outre-tombe » !), Hellraiser raconte l’emménagement de Larry Cotton (Andrew Robinson) et de sa femme Julia (Clare Higgins) dans une maison délabrée où est mort quelques
années plus tôt Frank (Sean Chapman), le jeune frère de Larry. Julia se laisse convaincre en se remémorant la violente passion qu’elle avait vécue avec Frank.
Or ce dernier n’a pas tout à fait passé l’arme à gauche. Hantant le grenier dans un état embryonnaire, il est ranimé par une goutte de sang de Larry. La résurrection de Frank est l’un des moments
forts du film, sollicitant les talents variés du créateur d’effets spéciaux Bob Keen. A l’aide d’effets de plateau, de maquillages spéciaux, de marionnettes et d’animation image par image, une
créature poisseuse et squelettique émerge du plancher puis se recouvre progressivement de chair gluante. C’est sous forme d’un écorché digne du Monstre qui vient de l’Espaceque le revenant apparaît à Julia. « J’ai besoin de sang pour retrouver mon apparence » brame-t-il avec une voix gutturale. « Ça nourrit mon
corps. S’il te plaît, guéris moi ! »
Julia se met alors à draguer des hommes dans les bars du coin, les ramène chez elle puis les assassine à coup de marteau. Alors que Frank reprend peu à peu forme humaine, nous apprenons qu’il
revient d’une dimension parallèle peuplée de démons, les Cénobites, lui ayant fait découvrir les joies du plaisir mêlé à la douleur. C’est en faisant l’acquisition d’une boîte mystérieuse en forme
de casse-tête chinois qu’il a ouvert la porte de ces monstres qui, désormais, sont sur ses traces…
Particulièrement sanglant, Hellraiser anticipe sur les excès gore des Saw et Hostel en nous montrant sans concession des crochets s’enfonçant en gros plan dans des chairs ou
des cadavres salement décomposés. Les clous du spectacle sont bien entendu les Cénobites, qui apparaissent ici sous quatre visages différents : une créature obèse arborant des lunettes de soleil,
une espèce d’alien aux dents qui claquent, un androgyne adepte du piercing et le célèbre Pinhead au visage recouvert de clous. Dans le registre des monstres, on se souviendra également de cette
bestiole innommable qui poursuit la jeune Kirsty (Ashley Laurence) dans une chambre d’hôpital. Tourné pour un budget d’à peine un million de dollars, Hellraiser n’est pas exempt de
maladresses et souffre d’un scénario quelque peu filiforme. Mais l’univers qu’il décrit est suffisamment intrigant pour emporter l’adhésion et susciter la curiosité. Rapportant vingt fois sa mise,
il devint dès lors le premier épisode d’une longue saga horrifique.
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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