leatherface_texas_chainsaw_massacre_3_poster_02.jpg(Leatherface : Texas Chainsaw Massacre 3)

de Jeff Burr (USA)

avec R.A. Milhailoff, William Butler, Viggo Mortensen, Ken Foree, Kate Hodge, Toni Hudson, Joe Unger

  

Avec Massacre à la Tronçonneuse 2, Tobe Hooper avait prouvé que sa famille de cannibales texane pouvait être affublée d’un second film, pour peu que le réalisme glauque cède quelque peu le pas au second degré. Détenteur de la franchise, New Line décida évidemment de ne pas en rester là et envisagea de confier à Hooper la réalisation d’un troisième épisode, offre que le cinéaste déclina en partie à cause d’une incompatibilité de planning due au tournage du Feu de l’Au-Delà. Avec à son actif une poignée de films d’horreur pas vraiment marquants, Jeff Burr hérita du bébé.

 

En guise de prologue, un résumé nous apprend que la seule survivante du massacre raconté dans le premier film est morte dans un hôpital psychiatrique, et que le dangereux Leatherface est toujours en liberté. Le scénario semble donc faire abstraction du second film. Michelle et Ryan, un jeune couple en villégiature dans les bois, fait une halte dans une station-service peu engageante où, d’emblée, le film s’offre une référence à Psychose, via un détraqué qui s’est ménagé un trou dans le mur pour espionner les filles aux toilettes. Ce peu recommandable individu menace ensuite ouvertement nos tourtereaux, qui prennent la fuite et sont bientôt attaqués en pleine nuit par Leatherface. Jeff Burr concocte à l’occasion une séquence de suspense plutôt réussie, nos infortunés protagonistes s’efforçant de changer au plus vite le pneu crevé de leur voiture tandis que le tueur approche inexorablement en faisant grincer sa jambe équipée d’une atèle.

 

Ce troisième épisode se permet par ailleurs quelques moments de poésie macabre du plus étonnant effet, comme cette maison jonchée d’ossements dans laquelle une petite fille joue avec une poupée dont la tête a été remplacée par un crâne humain. Le film nous gratifie aussi d’un brin d’humour noir plutôt bienvenu, comme lors de ce dialogue surréaliste entre un cannibale et l’une de ses victimes potentielles : « pourquoi vous ne nous foutez pas la paix ? » - « On a la dalle ! »  - « Vous n’aimez pas la pizza ? ». Mais pour le reste, Leatherface se contente des sentiers battus : l’héroïne est capturée par la famille anthropophage, le grand-père momifié est nourri avec du sang, les victimes sont accrochées à des crocs de bouchers…

 

Rien de bien nouveau, donc, malgré l’ajout de nouveaux membres à cette joyeuse sarabande, notamment une marâtre sur un fauteuil roulant et un manchot dont le faux bras fait office de pince ou de torche. Leatherface lui-même, surnommé « Junior » pas sa famille, n’a plus aucune aura. Ce n’est qu’un vulgaire psychopathe affublé d’un masque hideux qui s’amuse à jouer au chat et à la souris dans les bois avec ses victimes. Au détour du casting, on reconnaît Ken Foree (héros de Zombie) en randonneur, et Viggo Mortensen (pas encore intronisé par  Le Seigneur des Anneaux) dans le rôle du cowboy Tex. Le climax se déroule dans un marécage où Leatherface arbore fièrement la tronçonneuse flambant neuve que sa famille lui a offert, sur laquelle on peut lire lrinscription « The Saw is Family ». Et tandis que tout le monde se bat et hurle dans l’hystérie générale, le film s’achemine vers un épilogue un tant soit peu ridicule.

 

© Gilles Penso
Thema:
Cannibales, Tueurs
Tag(s) : #FILMS