Lundi 26 mai 2008
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20:10
de Tim Burton (Etats-Unis)
Avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Pat Hingle, Billy Dee Williams, Michael Gough, Robert Wuhl
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Le DVD est disponible ici
Batman s’anima dans deux serials des années 40 avant de devenir le héros d’une série TV semi-parodique au milieu des années 60. Pour relancer la franchise, les studios Warner décidèrent de
revenir aux sources du comic book de Bob Kane, situé dans une cité inquiétante aux architectures staliniennes. Fort du succès inattendu de Pee Wee et Beetlejuice, Tim Burton fut
sollicité pour traduire cette vision gothico-futuriste. Les producteurs convoquèrent deux superstars, Jack Nicholson dans le rôle du Joker et Kim Basinger pour incarner la journaliste Vicki Vale.
En acceptant un tel casting, Burton put imposer son acteur principal : Michael Keaton, qui fut le fantôme hystérique de Beetlejuice. Là où l’on attendait un athlète musclé (Alec Baldwin, Mel
Gibson, Charlie Sheen et Pierce Brosnan furent tour à tour envisagés), le cinéaste nous prend ainsi par surprise et nous offre le super-héros le plus humain qui soit.
Et de fait, les meilleures scènes du film sont probablement celles qui mettent en scène Bruce Wayne sans son masque. Un déséquilibre se fait d’ailleurs sensiblement sentir tout au long du film,
Burton alternant les séquences de comédie presque intimistes avec des passages mouvementés obligatoires certes bien menés mais cruellement dénués de personnalité. Par moments, on croirait avoir
affaire au montage de séquences extraites de deux longs-métrages distincts. D’un point de vue visuel, Batman est une pure merveille, assumant l’influence du Los Angeles de Blade Runner pour composer un Gotham City magnifique mis en forme par le directeur artistique Anton Furst. A cette époque, Burton
storyboardait encore tout ce qu’il filmait. « Je dessinais le moindre cadrage, le moindre mouvement de caméra, le moindre regard des personnages », raconte-t-il. « Aujourd’hui encore,
je continue à dessiner des choses et d’autres tout au long de la préparation des films. Je fais quelques aquarelles montrant les personnages principaux. Ça m’aide dans mes recherches, ça fait
partie du processus ». (1)
Aux décors presque monochromes de Batman s’ajoutent une panoplie aux allures d’armure sombre et deux véhicules racés indissociables de l’homme chauve-souris : la batmobile qui fonce dans les rues
nocturnes de la cité avec beaucoup d’allure, et la batwing qui traverse les cieux et passe devant la pleine lune avant de se crasher un peu trop prématurément pour que le spectateur puisse en
profiter. Danny Elfman se met au diapason, troquant la chanson pop « Batman » qui était jadis sur toutes les lèvres contre un thème menaçant et alerte très inspiré. Pour que Batman soit une
pleine réussite, il aurait sans doute fallu que Burton s’intéresse autant à son héros qu’à son vilain, car on sent bien une prédilection du réalisateur pour le Joker, lequel vole systématiquement
la vedette au justicier masqué et le transforme trop souvent en pantin insipide. Le combat final, qui aurait dû être épique, n’est donc qu’une bouffonnade digne d’un cartoon et se prive d’enjeux
dramatiques dignes de ce nom. Finalement, ce sont les créateurs de l’excellente série animée dérivée du film qui allaient trouver la véritable alchimie entre une direction artistique somptueuse et
des scénarios en béton armé.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en janvier 2008
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Tim Burton
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