TexasChainsawMassacreTheNextGeneration.jpg(Texas Chainsaw Massacre: The Next Generation)

de Kim Henkel (USA)

avec Renée Zellweger, Matthew McConaughey, Robert Jacks, Tonie Perensky, Joe Stevens

 

Producteur associé et co-scénariste du premier Massacre à la Tronçonneuse, Kim Henkel a décidé de passer derrière la caméra 20 ans plus tard pour réaliser le premier remake « officiel » du classique de Tobe Hooper. Mais son Texas Chainsaw ressemble surtout à une énième séquelle qui semble hésiter entre la parodie et le sérieux sans parvenir à se décider. Les quatre jeunes amis qu’on nous présente au cours du prologue sont affligeants de stupidité, battant en quelques secondes tous les records du genre (et pourtant la « saga » Vendredi 13 avait placé la barre assez haut en la matière).

 

Témoin l’une des répliques de la conductrice : « Vous ne voulez pas qu’on prenne une voiture de plein fouet et qu’on y reste tous ? Peut-être qu’on écrira une chanson sur nous ! » Ces joyeux drilles sont en partance vers un bal de fin d’année, d’où des smokings et des robes de soirées d’un goût fort discutable. Dans les bois, ils entrent en collision avec un jeune automobiliste qui perd connaissance. Tandis que nos héros s’en vont quérir du secours à pied, notre conductrice continue sur sa lancée : « une fois j’ai rêvé qu’un maniaque me poursuivait » lâche-t-elle, « sûrement un rêve prémonitoire ! ». Ce quatrième opus s’annonce donc affligeant, et la suite ne dément pas cette première impression, mais le film présente tout de même un intérêt mineur pour les spectateurs curieux : il donne la vedette à Renée Zellweger et Matthew McConaughey, qui n’étaient alors que des comédiens débutants, et qui ont probablement rayé depuis ce film d’horreur embarrassant de leurs filmographies respectives.

 

Tandis que Zellweger joue Jenny, la blonde nunuche aux grosses lunettes reprenant vaguement le rôle tenu par Marilyn Burns en 1974, McConaughey est Vilmer, un tueur affublé d’une prothèse articulée en guise de jambe et conduisant une vieille dépanneuse. Ce dernier, en totale roue libre, fait à peu près tout et n’importe quoi en un festival de séquences absurdo-hystériques. A leurs côtés s’agite une galerie de personnages tout aussi grotesques : la réceptionniste exhibitionniste, le redneck amateur de citations littéraires et un Leatherface qui se travestit en grosse bonne femme tout en poussant des mugissements pathétiques ! Kim Henkel reprend très maladroitement la séquence du frigo et du croc de boucher, n’hésitant devant aucune scène ridicule.

 

La palme en la matière revient peut-être à l’affrontement sur le toit, au cours duquel Jenny, au lieu d’ouvrir la fenêtre, décide de passer à travers dans un grand fracas de verre brisé, tandis que Leatherface, énervé, tronçonne la cheminée ! Et tandis que notre « masque de cuir » rêve d’un nouveau visage, lorgnant sérieusement sur celui de Jenny, d’étranges commanditaires sadomasochistes entrent dans la danse, jusqu’à un climax absurde et incompréhensible. Lorsqu’à la fin un policier déclare « j’aimerais bien comprendre quelque chose à cette histoire », les infortunés spectateurs sont très tentés de répondre « Nous aussi ! ». Texas Chainsaw est donc l’assassinat en règle de la franchise, et il faudra attendre le remake de 2003 pour que Leatherface fasse enfin le come-back qu’il mérite. 

 

© Gilles Penso
Thema:
Cannibales, Tueurs
Tag(s) : #FILMS