Mercredi 28 mai 2008
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23:47
de Sam Raimi (Etats-Unis)
avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Alfred Molina, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Donna Murphy, Dylan Baker
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Après avoir si brillamment retranscrit l’univers de l’homme-araignée dans son extraordinaire Spider-Man, on imaginait mal
comment Sam Raimi allait pouvoir se prêter au jeu de la séquelle en évitant les redites. C’était compter sans son talent, son inventivité et son grain de folie. Car si Spider-Man 2 reprend à
son compte la quasi-totalité des composantes de son prédécesseur, c’est pour mieux les transcender. Plus drôle, plus émouvant, plus mouvementé encore que le premier film, Spider-Man 2
s’avère surtout plus profond. La première partie du scénario est une véritable épreuve émotionnelle, car notre pauvre Peter Parker y souffre le martyre, ballotté entre son incapacité à garder un
travail fixe, ses déboires amoureux avec Mary-Jane Watson, son amitié chancelante avec Harry Osborn, ses échecs scolaires et les problèmes financiers de sa tante. Bref, c’est un éprouvant parcours
du combattant, à l’issue duquel il accuse de tous les maux son alter-ego et décide d’abandonner le métier de super-héros.
D’où ce plan mémorable où la panoplie de Spider-Man gît dans une poubelle, tandis que Peter s’éloigne dans une ruelle sombre, de dos, abattu… Une image directement reprise à l’une des sublimes
vignettes dessinées par John Romita. Car ce second Spider-Man parvient aussi à coller davantage à l’esprit du comic book original, s’inscrivant d’ailleurs dans une atmosphère atemporelle et colorée
à mi-chemin entre le 21ème siècle et les années 60. D’où l’emploi du fameux tube « Raindrops Keep Fallin' On My Head » de Burt Bacharach. N’oublions pas que l’homme-araignée est avant tout une
incontournable icône des sixties, au moins autant que les Beatles, que Sean Connery dans les premiers James Bond ou que Raquel Welch posant en peau de bête sur l’affiche d’Un Million d’Années avant JC.
L’une des faiblesses du premier opus était l’apparence du Bouffon Vert, une espèce de Joker en résine peu fidèle à son modèle dessiné. La donne a changé ici, avec l’un des plus beaux super-vilains
de l’histoire du cinéma, un Docteur Octopus magnifiquement interprété par Alfred Molina, dont les redoutables tentacules télescopiques sont animés d’une vie propre et annihilent peu à peu sa
volonté. Cette véritable incarnation en chair, en os et en image de synthèse des dessins de Steve Ditko et John Romita, nous vaut quelques homériques séquences d’affrontements avec le tisseur de
toile, notamment une ébouriffante échauffourée sur le toit d’un métro lancé à vive allure.
Octopus permet à Sam Raimi de lorgner du côté du film d’horreur, genre qui l’a rendu célèbre, notamment au cours de la scène où les médecins tentent d’extirper les tentacules du torse du docteur.
Le cinéaste s’amuse d’ailleurs à cligner de l’œil vers certains titres phares de sa filmographie, notamment Evil Dead
(notre héros qui n’en finit plus de se prendre des meubles sur la figure), Evil Dead 2 (le combat à la tronçonneuse contre l’un des tentacules)
et Darkman (Octopus trouve refuge dans un entrepôt délabré et décide d’y reconstruire son laboratoire). Bref, Spider-Man 2 est une éblouissante réussite, qui s’achève à la fois sur une note
joyeuse (enfin !) et sur un cliffhanger inquiétant, prélude à un troisième opus inévitable.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Sam Raimi
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