Jeudi 29 mai 2008
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(The Amazing Spider-Man)
de B.W. Swackhamer (Etats-Unis)
avec Nicholas Hammond, Lisa Eilbacher, Michael Pataki, David White, Bob Hastings, Thayer David, Robert F. Simon
Voir la bande annonce (document rare !)
Le comic original (en VF) est
disponible ici
Alors que les DC Comics allaient connaître la consécration sur grand écran avec la grandiose adaptation de Superman par
Richard Donner et les frères Salkind, la firme concurrente Marvel se devait de réagir en proposant une version filmée de son héros le plus populaire : le bien nommé Spider-Man, dont l’adaptation
sous forme de série animée au milieu des années 60 avait connu un immense succès. Faute d’ambition ou de budget ? Toujours est-il que L’Homme-Araignée n’a connu sa première aventure live que sous
forme de téléfilm, pilote d’une série TV tellement peu mémorable que personne ne semble s’en souvenir. Ce premier épisode, curieusement, a connu les honneurs du grand écran chez nous, accompagné
d’un slogan tonitruant : « enfin au cinéma les aventures du super-héros Spider-Man ! ».
Nous sommes à New York, où le jeune Peter Parker (un Nicholas Hammond fade et guère expressif), photographe amateur passionné d’expériences scientifiques, s’aperçoit qu’après avoir été piqué par
une araignée plongée dans un champ radioactif, il a le pouvoir de grimper le long des murs et de marcher au plafond. A cette agilité proprement arachnéenne, il va ajouter un fluide capable de se
transformer en toile qu’il va projeter par les poignets. Il se tisse alors un costume rouge et bleu et combat les forces du mal. Judy Tyler (Lisa Eilbacher, une jolie blonde qui sert ici de
substitut à la Gwen Stacy de la bande dessinée originale), dont le père est accusé à tort de meurtre, fait appel à lui. Il se retrouve ainsi confronté à une secte d’hypnotiseurs qui incite ses
victimes au suicide et réclame à la ville de New York une rançon de 55 millions de dollars.
Au vu de ce piètre téléfilm, une question taraude tout le monde : comment diable Stan Lee et Steve Ditko, créateurs de la meilleure BD de super-héros du monde, ont-ils pu accepter pareille
adaptation ? Les personnages sont outrancièrement caricaturaux, les acteurs ne ressemblent que de très loin à leurs ancêtres dessinés, et l’intrigue vaguement policière évacue toute possibilité de
mettre en scène un super-vilain digne de ce nom. Le grand méchant, un certain Edward Byron incarné sans saveur par Thayer David, est ici réduit au rôle de gangster hypnotiseur… Et il faut bien
avouer que la mise en scène d’E.W. Swackhamer, vétéran de la série TV américaine des années 60/70 (Bonanza, Ma Sorcière Bien Aimée, M*A*S*H, Anna et le Roi), ne cherche jamais à rehausser le
niveau général, assurant le service minimum d’un téléfilm dénué de la moindre ambition artistique.
Quant aux effets spéciaux, ils sont tellement ridicules qu’ils entraînent systématiquement l’hilarité en cascade, notamment lorsque ce Spider-Man maladroit aux collants plissés et au masque trop
serré est censé grimper aux murs, via d’abominables incrustations sur fond bleu inlassablement répétées. Fous rires assurés ! La partition funky de Johmire Spence, quant à elle, se laisse
volontiers inspirer par le « Gonna Fly Now » de Rocky. Bref L’Homme Araignée est un nanar, un vrai, dont le seul intérêt aura été de nous montrer pour la première fois notre
monte-en-l’air favori en chair et en os.
Par Gilles Penso
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