frequence_interdite.jpg(Frequency)

de Gregory Hoblit (USA)

avec Dennis Quaid, Jim Caviezel, Shawn Doyle, Elizabeth Mitchell, Andre Braugher, Noah Emmerich, Melissa Errico

 

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La trilogie Retour vers le Futur donnait clairement la sensation d’avoir exploré toutes les situations possibles liées aux paradoxes temporels mêlant parents et enfants. Le réalisateur Gregory Hoblit et son producteur/scénariste Toby Emmerich prouvent que non, en signant ce magistral Fréquence Interdite très injustement ignoré au moment de sa sortie, malgré la présence en tête d’affiche du toujours pétillant Dennis Quaid. Vétéran de la série télévisée policière (Hill Street Blues, New York Police Blues), Hoblit parfait ici son passage au grand écran, après les deux solides thrillers que furent Peur Primale et Le Témoin du Mal.  

 

« Le travail sur une série télévisée et sur un long-métrage est sensiblement identique », nous explique-t-il. « Mais je crois être plus à l’aise au cinéma, car chaque film me permet d’explorer de nouveaux personnages, de nouveaux univers et de nouvelles thématiques » (1). L’argument de départ de Fréquence Interdite veut qu’en 1999, une aurore boréale permette au jeune policier John Sullivan (Jim Caviezel, futur Jésus dans La Passion du Christ de Mel Gibson) de discuter avec son père pompier (Dennis Quaid), mort dans un incendie, à l’aide d’une vieille radio des années 60. Contrairement à l’épisode « Night Call » de La Quatrième Dimension, qui utilisait un postulat assez proche en permettant à une femme de parler au téléphone avec son fiancé décédé grâce à une ligne téléphonique tombée sur un cimetière, le père de Fréquence Interdite ne communique pas avec son fils par le biais d’une voix fantomatique. Nous le voyons physiquement, en 1969, quelques jours avant l’incendie fatal.

 

Le scénario s’attache ainsi à nous décrire en parallèle la vie de John dans les années 90 et celle de Frank dans les années 60, le premier s’efforçant de sauver la vie du second en lui donnant les indices qu’il récolte dans les journaux de l’époque. Petit problème : s’il sauve son père, l’équilibre des événements sera bouleversé, ce qui risque d’allonger dangereusement la liste des victimes d’un tueur en série. Le récit s’amuse ainsi à multiplier les paradoxes temporels, à illustrer avec beaucoup de minutie d’intéressantes variantes autour de la théorie du chaos et à entremêler les époques, en montrant par exemple un John âgé de huit ans qui communique avec lui-même, plus vieux de trente ans, via la fameuse radio.

 

D’autres idées étonnantes ponctuent le film, comme lorsque Frank grave un message sur la table en bois ou camoufle un portefeuille derrière une pierre pour que son fils puisse les trouver dans le futur tout en communiquant avec lui en temps réel. Mais le summum est probablement atteint au cours de ce climax incroyable où le même tueur attaque à la fois le père en 1969 et le fils en 1999. De quoi donner le vertige ! Et puis, au-delà de son caractère purement fantastique, Fréquence Interdite s’attache aussi à raconter de manière très émouvante les retrouvailles d’un père et de son fils après trente ans de séparation. Et c’est probablement cette approche émotionnelle, magistralement imbriquée dans la structure d’un thriller de science-fiction, qui donne au film tant de saveur.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur

 

 

© Gilles Penso
Thema: Voyages dans le Temps
Tag(s) : #FILMS