Evil Twins(Simon Says)

de William Dear (Etats-Unis-

avec Crispin Glover, Margo Harshman, Greg Cipes, Kelly Vitz, Artie Baxter, Carrie Finklea, Lori Lively, Bruce Glover, Blake Lively


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Le DVD est disponible ici

Evil Twins est la « traduction » française de Simon Says, les distributeurs ayant jugé que le recours au cliché du jumeau maléfique sonnait mieux que « Jacques a dit » pour un film d’horreur. Sans doute ont-ils eu raison, d’autant qu’il est bien question de gémellité et de perversion dans ce slasher qui fleure bon les années 80. Deux noms rattachés aux eighties se détachent d’ailleurs de l’équipe du film : le réalisateur William Dear, dont on n’avait plus de nouvelle depuis Bigfoot et les Henderson, et le comédien Crispin Glover, inoubliable George McFly dans Retour vers le Futur. Mais si ces deux comédies fantastiques touchaient un public large et familial, Evil Twins donne quant à lui dans l’horreur la plus débridée, comme si nos deux hommes se défoulaient des deux côtés de la caméra, loin des sentiers « mainstream ».


Les premières scènes du film accumulent sans vergogne tous les poncifs hérités de Massacre à la Tronçonneuse et Vendredi 13 : le van empli de jeunes lycéens stéréotypés partis camper dans la montagne, les autochtones patibulaires, la légende urbaine inquiétante, rien ne semble manquer à l’appel… Mais dès qu’un tueur psychopathe entre en jeu, le gore outrancier transforme l’addition de lieux communs en jeu de massacre franchement réjouissant. Car notre psychopathe, dont le frère jumeau travaille à la station service la plus proche, concocte des pièges complexes à base de pioches, de mécanismes et d’objets tranchants divers, provoquant toutes sortes d’amputations, de démembrements, d’éventrements et de décapitations extrêmement graphiques, toutes ces joyeusetés étant confiées aux bons soins du maquilleur spécial Michael Broom (qui a fait du chemin depuis, concevant notamment les créatures de The Mist, Aliens contre Predator Requiem, Starship Troopers 3 et le futur Predators de Nimrod Antal).


Les effets visuels, les décors, la direction de la deuxième équipe et les cascades, de leur côté, sont signés Oliver Dear, un homme-orchestre qui n’est autre que le propre fils du réalisateur. Quelques visions macabres additionnelles parsèment le métrage, en particulier des cadavres décomposés grimaçants, une fille transformée en poupée mange-disque horriblement surréaliste ou encore un brûlé vif très impressionnant. Evidemment, la gratuité d’un tel étalage de viande saute aux yeux, comme en témoigne cette scène parfaitement inutile – d’un point de vue scénaristique – au cours de laquelle tous les membres d’une équipe de paintball se font massacrer à tour de rôle.


Mais plus le film avance, plus il gagne en intérêt, et le dernier tiers, qui évoque non seulement le dîner lugubre deMassacre à la Tronçonneuse mais aussi le climax de Psychose, bénéficie d’une intensité dramatique indéniable et de moments de suspense franchement éprouvants. Partagé entre l’épouvante psychologique, l’horreur visuelle et l’humour noir, Evil Twins se déguste sans modération. Dommage que Crispin Glover, qui nous offrit des prestations si remarquables dans Charlie Angels, Willard et Beowulf, en fasse ici des tonnes, amenuisant par son absence de retenue le caractère effrayant de sa double interprétation.

 

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