ghostpoker2008_dvd.jpg(Dead Man’s Hand : Casino of the Damned)

de Charles Band (2007) – USA

avec Was Armstrong, Michael Berryman, Kristyn Green, Sid Haig, Jack Maturin, Jessica Morris, Lily Rains, Kavan Reece

 

Avec plus de 250 titres à son actif, le producteur/réalisateur Charles Band est l’un des plus grands pourvoyeurs de films d’horreur de tous les temps, alignant depuis les années 70 les shockers à petit budget avec une assiduité confinant à la boulimie. Parmi ses titres de gloire, on se souviendra surtout de  Re-Animator  , From Beyond, Dolls ou encore la « saga » Puppet Master. Titanesque, sa filmographie est surtout constituée de curiosités s’efforçant d’exploiter des concepts originaux sans vraiment parvenir à s’en donner les moyens.  

 

Ghost Poker, 29ème long-métrage de Band en tant que réalisateur, appartient délibérément à cette catégorie certes sympathique mais très anecdotique. Les prémisses se laissent gagner par un certain esthétisme, mais à force d’attarder sa caméra dans des décors décrépits emplis de toiles d’araignée et baignées d’une chiche lumière lugubre, à force de laisser ses protagonistes y errer, une lampe de poche à la main, pendant d’interminables minutes dénuées de la moindre action, le prolifique cinéaste engourdit les sens de ses spectateurs. Certes, les deux morts violentes qui marquent la fin du prologue (le visage effrayé d’une victime qui se mue quasiment en plan-séquence en crâne décharné, la tête d’une femme qui heurte à plusieurs reprises un hublot dans d’abondantes gerbes de sang) ne manquent pas d’impact, mais est-ce suffisamment prometteur ?

 

La brochette de héros que le film nous présente ensuite (le beau gosse qui a hérité d’un vieux casino de Las Vegas, sa jolie petite amie, le geek idiot, l’intellectuelle à lunettes, le macho impuissant, la bimbo échaudée) plonge tête baissée dans un tel amas de clichés absurdes qu’elle ne laisse rien augurer de bon. Bientôt, le concept de Ghost Poker se fait jour. Le casino en question fut jadis le théâtre d’un véritable massacre. Mais les joueurs et mafieux qui y trépassèrent hantent encore les lieux, avides de vengeance. Or Matthew Dragna, « l’heureux » héritier, se trouve être le descendant de l’homme qui tua tout ce beau monde. Un joli carnage s’annonce donc au milieu des jackpots rouillés et des tables de jeu branlantes. Hélas, le film s’avère extrêmement bavard, gorgé de dialogues insipides soutenus par une musique synthétique omniprésente, et finalement très avare en séquences choc.

 

A peine retient-on quelques visions surprenantes, comme ce spectre hurlant dont les yeux s’animent à la manière des écrans d’une machine à sous ou ce croupier qui se mue en créature obèse au regard fluorescent. Pour égayer un peu la morosité ambiante, Charles band fait appel à deux seconds couteaux savoureux, Sid Haig (le clown tueur de The Devil’s Rejects) et Michael Berryman (le mutant anthropophage de La Colline a des Yeux), sans que le métrage n’y gagne sensiblement en intérêt. Le seul véritable mérite du film aura été d’intégrer les codes du film d’horreur à un contexte nouveau, en l’occurrence celui du jeu de poker, qui sévissait jusqu’alors dans d’autres univers cinématographiques (de L’Homme au Bras d’Or à  Casino Royale en passant par Le Kid de Cincinatti, Il était une fois dans l’Ouest, L’Arnaque, Casino, Titanic ou Ocean’s Eleven).

 

© Gilles Penso

Thema: Fantômes

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