Le succès d’Arthur et les Minimoysappelait inévitablement une séquelle, d’autant qu’il suffisait à Luc Besson de puiser dans le
matériau littéraire dont il abreuva les librairies pour concocter une nouvelle aventure avec l’auteur Céline Garcia. Mais si le premier opus surprenait agréablement par ses facéties et ses tours de
force techniques, celui-ci prend plus les allures d’une opération marketing que d’un film à part entière. Prenant exemple sur quelques prestigieux aînés, le réalisateur scinde en effet sa narration
en deux afin d’achever son film sur un climax appelant un troisième épisode prometteur. Le principe n’est pas mauvais en soi et a déjà largement fait ses preuves. Mais il ne fonctionne que si
chaque film possède de manière autonome une structure narrative complète et cohérente, une évolution des personnages, une progression des enjeux et un rythme allant crescendo.
Rien de tel ici, hélas. Arthur et la Vengeance de Maltazardressemble à un prologue qui n’en finit plus de mettre en place les
situations sans bénéficier lui-même d’une intrigue digne de ce nom, les véritables péripéties étant visiblement réservées à Arthur et la guerre des deux mondesdont la sortie est programmée pour octobre 2010. Lorsque le film démarre, Arthur (Freddie Highmore) est au comble de l’excitation, car la fin du dixième
cycle de la lune approche, ce qui va lui permettre de rejoindre enfin le monde des Minimoys et de revoir la charmante princesse Selenia. Or lorsqu’arrive le jour tant attendu, le père d’Arthur
(Robert Stanton) décide de plier bagage et de quitter plus tôt que prévu la maison de sa grand-mère (Mia Farrow), suite à une altercation avec le grand-père Archibald (Ron Crawford). Alors qu’il
s’apprête à partir à contrecœur, Arthur découvre un message de détresse inscrit sur un grain de riz et déposé par une araignée. Visiblement, les Minimoys sont en danger. Faisant fi de l’autorité
parentale, il décide de voler au secours de ses amis, quitte à tomber dans le piège de Maltazard qui semble prêt à tout pour prendre sa revanche.
Voilà un point de départ plutôt engageant. Or le scénario prend tout son temps pour raconter ce qui, honnêtement, aurait pu tenir sur quinze minutes de métrage. Lorsqu’enfin Arthur bascule dans
l’autre monde, l’intrigue continue à progresser à pas de fourmis. Car dès lors le mini-rasta Max prend la vedette, entraînant le jeune héros dans un quartier populaire et anachronique empli de
bestioles étranges avant de participer à un affrontement entre CRS et jeunes de banlieue – version Minimoys – assez édifiant. Certes, les idées visuelles foisonnent, notamment via les mille et une
manières de convertir les insectes en véhicules ou en machines aux usages divers, et quelques séquences d’action méritent le détour, en particulier une bataille aérienne mouvementée au cours de
laquelle Arthur et Bétamèche tentent d’échapper à de tenaces poursuivants. Il faut également souligner le remarquable travail de Buf, dont les images de synthèse rivalisent sans peine avec les
travaux de Pixar et Dreamworks. Regrettons simplement que toute cette énergie ne soit mise au service que d’un « demi-film ».
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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