(Zombieland)

de Ruben Fleischer (Etats-Unis)

avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Emma Stone, Abigail Breslin, Bill Murray

 

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Après Shaun of the Dead, il semblait difficile de se lancer dans une nouvelle comédie autour des zombies sans craindre une comparaison défavorable. Ruben Fleischer a pourtant tenté sa chance, et bien lui en prit, car Zombieland est un véritable régal foisonnant d’idées folles et de péripéties endiablées. Le narrateur du film est « Columbus » (Jesse Eisenberg), un jeune homme un peu phobique qui s’est constitué un guide survie méthodique pour éviter de tomber entre les dents des zombies arpentant depuis peu les rues dévastées de la planète. Chacune des règles de ce « code de conduite » apparaît régulièrement à l’écran sous forme de gimmick visuel, dédramatisant avec panache les attaques de morts-vivants qui, par ailleurs, ont un véritable potentiel horrifique.


Par la force des choses, Columbus fait équipe avec « Tallahassee » (Woody Harrelson), un vieux loup solitaire qui arbore un look de cowboy sur le retour et s’est spécialisé dans le « zombicide ». Le film prend dès lors les allures d’un road movie mâtiné de buddy movie, ces deux hommes que tout oppose partageant un véhicule et empruntant la même route en quête d’une hypothétique oasis où les zombies n’auraient pas droit de cité. Leur chemin croise bientôt celui de deux jeunes filles (Emma Stone et Abigail Breslin) qui leur réservent bien des surprises… Si le réalisateur Ruben Fleischer, qui signe là son premier long-métrage, et les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick, spécialisés dans la sitcom et l’humour, débutent dans l’univers de l’horreur, force est de constater qu’ils ont intégré avec beaucoup d’intelligence la mythologie popularisée par George Romero et remise au goût du jour par Danny Boyle.


Certes, leurs morts-vivants ne traînent plus la patte mais ont tendance à piquer des sprints comme ceux de Zack Snyder. Pour autant, Fleischer refuse superbement l’emploi du shutter et de la shaky cam, gimmicks habituellement utilisés par les réalisateurs pour doter leurs zombies de mouvements saccadés et frénétiques. Le réalisme des créatures en est accru, d’autant que le vétéran Tony Gardner (Le Blob, L'Armée des Ténèbres) a concocté pour le film des maquillages spéciaux impressionnants. Du coup, malgré le ton général du film, la menace représentée par les monstres cadavériques est palpable et le sentiment de danger quasi-omniprésent.


Le contexte étant en place, le scénario de Zombieland peut s’en donner à cœur joie, multipliant les situations comiques inventives, cultivant un sens du plaisir coupable parfaitement assumé (entre deux frayeurs, nos héros se défoulent en démolissant un magasin de souvenirs), s’agrémentant de quelques flash-back réjouissant (notamment la séquence où Columbus rencontre sa charmante voisine de palier) et ne reculant devant aucun clin d’œil cinéphilique. Le climax, situé dans une fête foraine nocturne abandonnée, donne lieu à des séquences d’action inédites (des zombies dans une maison hantée, il fallait y penser !), à des images iconiques d’une grande force évocatrice (la vision d’une horde de morts-vivants s’agglutinant devant la grande roue éclairée est sacrément cinégénique) et à un joyeux gunfight final.

 

 

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